Rue des Ecoles

Sur le plan cadastral de 1824, la rue n’est qu’un chemin vicinal à savoir le chemin de la Fosse de la Léverie à Lannoy. Ce n’est que sur le plan de 1928 qu’elle est répertoriée en tant que rue des Ecoles après la construction des écoles Paul Bert (pour les filles) et Jules Ferry (pour les garçons) au n°31 au début du vingtième siècle et l’inauguration de l’Eglise Paroissiale du quartier des Trois Baudets : l’Eglise Saint-Joseph à la même époque.

Extrait du plan cadastral de 1824 sur lequel on retrouve, reliant les 3 Baudets aux Hauts-Champs le chemin de la Fosse de la Léverie (Document archives départementales)

Malgré la construction de l’école et de l’église, la rue des Ecoles au début du 20ème siècle reste une rue de pleine campagne essentiellement bordée de champs et dépourvue tant d’habitation que de commerce. Les seules habitations isolées présentes sur la photo aérienne de 1933 sont les 3 Fermes qui ont donné leur nom à une rue et au quartier par la suite. (Sur ce sujet voir un précédent article paru sur notre site et intitulé Les 3 fermes).

Plan de 1928 (Document Historihem)
Vue aérienne de 1933 (Document IGN)

On y voit également le Parc du Château Olivier, aussi dénommé Château de la Lionderie, puisqu’il se trouve à l’angle que la rue des Ecoles fait avec la rue du même nom. Le château, qui sert de dépôt de munitions allemand est entièrement détruit durant la seconde guerre mondiale et c’est le lotissement de la Lionderie qui est construit sur ses terres. (Sur ce sujet voir un précédent article paru sur notre site et intitulé Période de guerre au Château Olivier).

Le Château Olivier (Documents Historihem)

En 1953, sans doute en raison du commencement du chantier, seule une alimentation générale est répertoriée au n°84 de la rue, dans les anciennes écuries du château, tenue par J. Picavet. Elle est ensuite reprise par les Van Vynckt Lehouck puis, dans les années 1960 par Paul Desmettre jusqu’au début des années 1970. C’est Ahmed Khalesse qui, au début des années 1980, sera le dernier à faire tourner cette épicerie de quartier. La maison abrite aujourd’hui une maison d’assistantes maternelles : Mes copains hémois.

Publicité des années 1950 puis des années 1960-1970 et photo de la maison en 2023 (Documents Historihem, Nord-Eclair et Google Maps)

Mais très vite le quartier change avec la construction de ce lotissement, situé entre la rue de la Lionderie et les 3 Fermes, et l’arrivée massive des nouveaux habitants, clients potentiels pour le petit commerce. Ces nouvelles familles s’ajoutent en effet à celles qui sont déjà logées dans les maisons des rue Ribot, Lemire et Foch. L’épicerie du quartier voit alors des voisins s’installer.

Construction du futur lotissement de la Lionderie en 1951 (Document IGN)
Le lotissement de la Lionderie en gros plan (Documents Histotihem)

Ainsi une entreprise de parquets apparaît dans le Ravet-Anceau de 1958, au nom de E. Dewitte, au n°81 de la rue des Ecoles, laquelle y restera en activité pendant plus de 20 ans avant que la maison qui l’abrite redevienne une simple maison d’habitation. La même année apparaît au n°88 le tabac-presse Lobry (Sur ce sujet voir sur notre site un précédent article intitulé Lobry-Milidée). Aujourd’hui ce bâtiment abrite les locaux d’Horizon9 : Association de prévention et d’éducation spécialisées intervenant auprès des jeunes de 11 à 25 ans et leur famille.

Le 81 rue des Ecoles, une ancienne publicité Lobry puis Mauricette Duquenne et le 88 en 2023 (Document Google Maps)

Puis c’est une alimentation générale, le magasin Hem-Service, qui ouvre ses portes. Sa publicité de 1961 spécifie que celui-ci se trouve face à l’église, ce qui n’est, de fait, pas du tout le cas puisque le magasin est en fait situé au coin de la rue des Ecoles et de la rue de la Lionderie. Au gré des annuaires il est ainsi référencé au 82 rue des Ecoles ou au 0 rue de la Lionderie. (Sur ce sujet voir sur notre site un précédent article intitulé Hem-Service)

Publicité pour le magasin d’alimentation générale au début des années 1960 et dans les années 1980 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

En janvier 1968, un groupe de 99 maisons, en accession à la propriété, construit par « la Maison Roubaisienne, est en voie d’achèvement face à l’église Saint-Joseph. Cette construction entraîne la création de 4 nouvelles rues : rue de Flandre, rue d’Artois, rue de Picardie et rue d’Alsace.

Le groupe de maisons construit rue des Ecoles et dans les 4 nouvelles rues situées derrière (Document Nord-Eclair)

Ce groupe s’ajoute au vaste lotissement des 3 Fermes, sorti de terre en 1 an, comprenant 264 logements neufs répartis dans les rues des Ecoles et des Trois Fermes ainsi que dans 3 nouvelles rues : Nadaud, Jules Watteeuw et Desrousseaux. La vue panoramique de janvier 1969 est à cet égard impressionnante car on n’y retrouve plus trace des 3 fermes de la rue ni de ses champs mais une ville semble sortie de terre.

Vue aérienne de la rue des Ecoles en janvier 1969 (Document IGN)

1968 est aussi l’année où apparaît, au n°43 de la rue, la bonneterie de Nicole Coquempot, boutique petite par la taille, mais où chacune trouve son bonheur pendant de nombreuses années, la boutique ne fermant ses portes qu’à la toute fin des années 1990. (Sur ce sujet voir sur notre site un précédent article intitulé Nicole Coquempot) Puis deux ans plus tard, dans le groupe de maisons créé en 1968 face à l’église Saint-Joseph, c’est un artisan peintre qui s’installe au n°4 à savoir Michel Decauchy. De nos jours, ces 2 maisons ont retrouvé leur usage d’habitation.

Publicité pour la boutique Coquempot et pour l’entreprise artisanale Decauchy (Documents Historihem)

Remerciements à l’Association Historihem

A suivre…

L’Ecole Publique aux Trois-Baudets

Le 20 mai 1900, Henri Delecroix est élu maire de Hem et un mois plus tard une commission des nouvelles écoles est créée pour étudier la question de la construction de nouvelles écoles, seul le centre de la ville en étant pourvu. Le Hameau des Trois-Baudets se trouve ainsi à plus de 3 kms des écoles actuelles. Un terrain de 2500 mètres carrés y est donc acheté par la commune à Mr Flipo.

Extrait du cadastre de 1829 (Document Historihem)

En novembre, le conseil municipal décide donc de la création sur ce terrain d’un groupe scolaire comprenant 2 classes pour chaque sexe. En janvier 1902, le Ministre de l’Instruction Publique donne son approbation à ce projet et accorde une subvention d’Etat à la commune qui reçoit également une aide du Conseil Général. Pour le reste des fonds nécessaires, la municipalité contracte un emprunt sur 30 ans auprès du Crédit Foncier.

Une adjudication est lancée pour les travaux de construction de 2 écoles avec habitations pour instituteurs. L’architecte désigné est Jules Derégnaucourt un architecte Roubaisien. Il est décidé que les classes seront éclairées au gaz et les maisons d’habitation auront un bec dans le couloir et 2 dans l’intérieur.

Adjudication de la ville de Hem (Document Historihem)

A cette époque, les élèves les plus déshérités se voient attribuer des vêtements au début de l’hiver à condition de pouvoir justifier de 6 mois de présence à l’école. Des galoches et des bas sont également distribués et font l’objet d’une adjudication et une dizaine de familles bénéficient d’une bourse communale.

Pour la première fois en 1904, le registre des délibérations mentionne 2 noms d’école en lieu et place du vocable de groupe scolaire des Trois-Baudets habituellement utilisé à savoir : Paul Bert ( physiologiste et homme politique, défenseur de l’école républicaine et laïque, ministre de l’instruction publique en 1881-1882) pour l’école des filles et Jules Ferry (avocat et homme politique, ministre de l’instruction publique de 1879 à 1888, qui attache son nom à la législation scolaire obligatoire, gratuite et laïque) pour celle des garçons.

Les 2 écoles se trouvent juste à côté de l’église Saint-Joseph, église paroissiale du quartier des Trois-Baudets, juste construite au début du siècle. A l’époque la future rue des Ecoles (à partir de 1928) le long de laquelle sont construites l’église et les écoles se nomme encore chemin de la Fosse de la Léverie.

En 1911, en raison de l’augmentation de la population scolaire, le conseil municipal décide la construction d’une classe supplémentaire à l’école des filles. Le même architecte est donc chargé de la surélévation de l’école Paul Bert, et c’est l’entreprise de Jules Willecomme, installée à Sailly, qui exécute les travaux.

Extrait de plan de Roubaix-Hem de 1919 (Document Historihem)
Les 2 écoles dans les années 1910-1920 (Document Historihem)

En 1914, le conseil municipal adopte un projet d’acquisition de terrain de 2500 mètres carrés auprès de Mr Flipo, pour y procéder à un agrandissement des jardins des écoles Paul Bert et Jules Ferry. Mais par suite des événements de guerre le projet ne peut être mené à son terme de suite et le budget prévu est affecté à l’achat de denrées alimentaires avant d’être à nouveau voté, 5 ans plus tard, pour la réalisation de son objet initial.

C’est ainsi qu’en 1921, en vue de l’application de la loi sur l’éducation physique, un projet d’aménagement du terrain sportif récemment acquis, attenant aux 2 écoles, est approuvé et le budget nécessaire à sa mise en œuvre est adopté. Dans les années qui suivent l’électricité est installée dans les écoles puis en 1926 un appareil de cinéma acheté par la municipalité est installé dans les écoles des Trois-Baudets.

En 1931, avec le développement intensif du quartier, 172 filles sont inscrites à l’école Paul Bert et, la moyenne réglementaire étant de 40 élèves par classe, une quatrième classe est ouverte. Après l’élection en 1935 d’un nouveau maire, Jules Delesalle, l’école est agrandie et aménagée (rehaussement) avec toutefois bien des difficultés, les travaux étant arrêtés pendant plusieurs mois faute de fonds pour payer les entrepreneurs. L’école Jules Ferry a désormais 4 classes tandis que Paul Bert en compte 5.

Photo aérienne de Paul Bert et Jules Ferry en 1933 presque face au château Olivier et en 1947 (Document IGN)

Pendant la 2ème guerre, le crédit pour la distribution de vêtements chauds aux enfants qui fréquentent les écoles est augmenté et celles-ci bénéficient du charbon gratuit au prorata du nombre d’élèves. Un grand poêle en tôle trône au milieu de la classe et une grosse buse la traverse pour rejoindre le conduit de cheminée au travers du mur du fond.

En 1943, des cantines sont créées grâce à un « comité des cantines scolaires » regroupant la commission municipale des écoles, messieurs les curés, le délégué du secours national, le président des familles nombreuses, le syndicat agricole et un représentant des bouchers.

L’une des 2 cantines crées l’est à l’école Paul Bert pour le groupe scolaire des 3 Baudets. Le secours national prête 2 cuisiniers et des demandes de vivres et de charbon sont faites. Le repas se compose d’un potage, d’un plat de légumes et d’un verre de bière pour un prix modique.

Par ailleurs, dès 1946, un dictionnaire est remis aux lauréats du CEP (Certificat d’études primaires) et une cuisinière et une batterie de cuisine sont attribués à Mme Dubois, directrice de Paul Bert pour les cours ménagers qui sont dispensés dans cette école de filles.

Photos de classe de Paul Bert et Jules Ferry après-guerre (Documents Historihem)

Après guerre, c’est sous la mandature du docteur Jean Leplat qu’une femme de service est affectée dans chacune des classes enfantines de l’école Paul Bert. En 1948, un incendie, de cause indéterminée, endommage gravement une aile du bâtiment de l’école des filles dont les travaux de réfection sont confiés à 2 entrepreneurs hémois : Jules Constant pour la charpente et menuiserie et Eugène Dewailly-Farvacq pour la couverture.

Photo de l’école en 1949 et au même endroit en 2012 (Document collection privée)

Puis en 1950, 2 classes meublées étant encore disponibles à l’école Paul Bert, une classe supplémentaire y est ouverte pour les filles et, plus étonnant, une classe supplémentaire pour les garçons, le manque de place empêchant son ouverture dans les locaux de Jules Ferry, et Paul Bert disposant par ailleurs de 2 cours de récréation ce qui permet d’assurer la séparation filles-garçons y compris hors temps de classe.

Et 2 ans plus tard, 2 classes supplémentaires sont ouvertes à Paul Bert, ce qui porte leur nombre total à 7. Les locaux existent déjà mais il faut procéder à l’acquisition de mobilier supplémentaire. La même année, 2 hémois sont poursuivis en justice pour avoir peint des inscriptions à la peinture blanche sur les murs de Jules Ferry. Par ailleurs une cinquième classe y est ouverte.

Fête de l’école Lafontaine en 1954 et 1956 (Documents copains d’avant)

Ensuite c’est l’école maternelle Jean de La Fontaine qui est ouverte en 1952, rue du Maréchal Foch (laquelle relie la rue des Ecoles et la rue Louis Loucheur), sur un terrain acheté par la municipalité en 1950. Elle comprend 3 classes, une salle de repas, une salle de propreté, un couloir et un bureau de direction.

Par mesure d’économie le logement de l’adjointe, initialement prévu, n’est pas retenu et elle doit se contenter d’un logement HLM, mis à sa disposition par la ville. Le matériel de la classe enfantine de l’école Paul Bert est donc transféré dans la nouvelle école, laquelle s’avère vite trop petite. Dès 1954, une quatrième classe y est ouverte dans la salle de jeux.

CPA photo aérienne dans les années 1960 (Document collection privée)
Classe de Paul Bert en 1964 avec la directrice Mme Vantorre (Document Historihem)

                                                                                                                                  A suivre…

Remerciements à la ville de Hem et l’association Historihem, et à Jacquy Delaporte pour son ouvrage sur les écoles de Hem