L’histoire de la musique à Hem 3

3ème partie : la clique « La Gauloise »

Elle est issue d’une formation familiale, crée en 1923, par Mr Sueur, sous le nom d’Amicale d’Hem, reprise ensuite par son fils Gaston, puis, en 1969, par son petit-fils René. La clique elle-même est fondée plus tard, en 1936, par Mrs Charlet et Sequin.

La Gauloise en 1932, devant l’estaminet Corteville sur la place de la République (Document Historihem)

Après-guerre, la Gauloise se reconstitue et, dans les années 1950 elle est de toutes les fêtes, notamment la Sainte-Cécile. Ainsi, en 1956, la clique scolaire défile dans le quartier des Trois-Baudets avant de se réunir autour d’un banquet servi au Saint-Louis, rue Jean Jaurès avec de nombreuses personnalités de la ville.

La Gauloise en 1949 et 1956 (Documents Historihem)

Raymond Guyssens est nommé directeur chef de la clique en 1959, succédant ainsi à Gaston Vandecasteele, tandis que Jean Sequin reste président. Et c’est une clique renforcée de nombreux jeunes qui défile lors de l’inauguration officielle du groupe scolaire de Beaumont. Mr Jean Sequin est nommé quant à lui chevalier dans l’Ordre des Palmes Académiques.

Nomination de Raymond Guyssens, les jeunes cliquards et Jean Sequin à l’honneur en 1959 (Documents Nord-Eclair)

C’est le directeur de l’école Jules Ferry , René Birembaut, qui succède à Jean Sequin, en tant que président, en 1964, jusqu’à son départ en retraite quatre ans plus tard. La clique est alors forte de 35 instrumentistes et de 40 tambours et clairons. L’ambition affichée est de multiplier le nombre de sorties et de renforcer le succès déjà prometteur de cette fanfare scolaire. Cela n’empêche pas la clique, l’année suivante, d’honorer Jean Sequin, son ancien président actif devenu président honoraire.

Nomination de René Birembaut à la présidence en 1964 et son départ en retraite en 1968 et Jean Sequin mis à l’honneur en 1965 (Documents Nord-Eclair)

C’est Emile Taeckens qui lui succède à la présidence en 1969. Au cours de la réception organisée pour fêter l’événement, le maire, Jean Leplat indique l’espoir qu’il fonde dans « la Gauloise », surtout après la disparition de l’Harmonie. 2 ans plus tard, c’est Gaston Vandecasteele qui est le président de la formation.

Réception en 1969 et soirée de la Gauloise en 1971 avec les majorettes d’Hellemmes (Documents Nord-Eclair)

Notons que dans les années 1970, le chef est alors René Sueur et le tambour majeur Gaston Sueur petit-fils et fils du fondateur de la formation initiale. Jean-Pierre Sueur est, quant à lui, instructeur des fifres. La société compte alors un effectif de 50 membres, composé en grande partie de jeunes de moins de 20 ans, et participe à de nombreuses sorties dans la région. Le décès de Jean Sequin, l’un des fondateurs, survient en 1977.

Photo des minimes en 1974, la société au complet, lors du tournoi des minimes en 1976 et le décès de Jean Sequin en 1977 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

1978 marque l’année du cinquantenaire de la Gauloise. A cette occasion est organisé un brillant gala de variétés à la salle des fêtes de Hem. C’est René Sueur qui en est alors le président actif et Mr Segard, président de la délégation des fanfares du Nord Pas-de-Calais, lui remet la médaille de la fédération des musiques de France. Notons la présence de la Musique Municipale de Wattrelos, du Musical Group’parade de Phalempin accompagné de ses majorettes.

Photo des minimes en 1974, la société au complet, lors du tournoi des minimes en 1976 et le décès de Jean Sequin en 1977 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

A l’occasion du tournoi national des cadets, en 1985, la Gauloise défile à travers la commune, en compagnie des majorettes d’Hellemmes et du géant hémois Gustave le Teinturier. A partir de la rue Jean Jaurés, le défilé passe par la Tribonnerie et la rue du Général Leclerc jusqu’à Hem Bifur puis la place de la République avant de revenir par le parking de la mairie au stade Dubus.

Un ballon de bonne humeur en 1985 (Document Nord-Eclair)

Dans les années 1990, la Gauloise, qui possède un répertoire très varié : variétés, jazz, rock et morceaux militaires assure tous les défilés officiels de la ville de Hem. En 1994, elle est sélectionnée par le Conseil Général et la chaîne de télévision France 3 pour animer le départ à Lille du Tour de France cycliste. Elle est alors rhabillée de neuf et défile dans un uniforme rouge qui lui donne fière allure. Elle compte à son actif de nombreuses coupes et trophées dans diverses régions en France mais aussi à l’étranger.

Une prestation à la mairie en 1993 et un défilé dans Hem en 1994 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

En 2002, témoignant de sa vitalité, la fanfare, qui a participé à de nombreuses manifestations l’année précédente, procède à un gros achat d’instruments. Une salle va lui être attribuée, pour ses répétitions, dans le nouvel aménagement du site de la salle Blaise Pascal. La bonne nouvelle est annoncée lors de l’Assemblé Générale de la Fraternelle Laïque.

Assemblée générale de la Fraternelle Laïque en avril 2002 (Document Nord-Eclair)

En ce début du 21ème siècle, la Gauloise compte 18 musiciens auxquels s’ajoute une formation de 4 filles au maniement « du fusil ». Son président est René Sueur et son directeur chef Jeremy Sol. La fanfare continue à défiler lors de manifestations telles que la cérémonie du souvenir en novembre 2012 où elle emmène le cortège de la mairie au cimetière ou le défilé du carnaval la même année.

La Gauloise et le groupe de filles au maniement du fusil (Documents You tube)

En 2013, la fanfare La Gauloise et son Drum and Bugle Corps, dirigés par René Sueur, président, depuis 45 ans, peut avoir la satisfaction d’enregistrer de nouveaux jeunes inscrits dans toutes les sections, clavier, cuivres, percussions. Le renouvellement est en marche, puisque René Sueur laissera sa place, en décembre, à Jérémy Sol.

Une réunion de la fraternelle laïque en juin 2013 comprenant la section de la fanfare la Gauloise avec René Sueur et une photo de la Gauloise nouvelle version (Documents Voix du Nord et Historihem)

René Sueur prend donc sa retraite en 2013 après 60 années de bons et loyaux services : il y a fait ses premiers pas en qualité de tambour à l’âge de 5 ans, avant d’y jouer du clairon puis de la trompette, avant d’être chef, directeur et enfin président. Les musiciens, dirigés par Jeremy Sol, lui rendent hommage avant que le maire Francis Vercamer lui remette la médaille de la ville.

Le départ en retraite de René Sueur en décembre 2013 (Document Ville de Hem)

Après son départ, la fanfare continue dans la même lignée, comme en novembre 2014 où elle interprète l’hymne national pour clôturer la cérémonie du souvenir qui a lieu face à la stèle du général De Gaulle, au jardin des perspectives. C’est aussi le cas le 8 mai 2018, pour la commémoration de l’armistice du 8 mai 1945, en présence du maire Pascal Nys, des élus, des représentants d’associations d’anciens combattants et de nombreux hémois, lorsque le traditionnel dépôt de la gerbe de fleurs se déroule au son de la fanfare qui a emmené le cortège.

La fanfare en mai 2018 (Document Voix du Nord)

Remerciements à l’association Historihem et la Ville de Hem

à suivre…

Fête de la navette

Du 9 au 14 juin 1987, la municipalité roubaisienne organise une première fête de la « navette », vaste fête populaire, accessible à tous, et permettant la participation de nombreuses associations de l’agglomération. Le nom choisi pour cette nouvelle fête est celui d’un emblème roubaisien :

« dans le métier à tisser, instrument formé d’une pièce de bois, d’os, de métal, pointue aux extrémités et renfermant la bobine de trame, qui se déplace de la longueur de la duite en un mouvement alternatif », selon la définition du Petit Robert. Quel meilleur nom aurait on pu donner à cette nouvelle fête de l’ancienne « capitale du textile » ?

Programme de la fête de la navette en 1987 (Document archives municipales)

Pour l’occasion 2 auteurs roubaisiens bien connus : Denyse Soubrie (pour les paroles) et Jean Prez (pour la musique) réalisent un 45 tours au rythme trépidant interprété par Jean Prez avec l’apport d’Yvon Juillet à l’accordéon. Sur la 1ère face on trouve « la navette en fête » :

« Chantez aujourd’hui c’est la fête,

la fête de la navette,

elle est jolie ma chansonnette,

on l’a tous dans la tête.

C’est aujourd’hui journée de liesse,

et la foule dans l’allégresse,

au son d’un orchestre musette,

fêtera la navette »

Disque créé pour l’occasion et photos de Jean Prez et Denyse Soubry et d’Yvon Juillet (Documents collection privée)

Le coup d’envoi a lieu le 06 juin, dans la prestigieuse salle Pierre de Roubaix de la mairie, par la remise des prix aux lauréats de divers concours : photo, dessin, plus beau bébé. Les œuvres, photos et dessins, y restent quant à elle exposées jusqu’au 14 juin, date de clôture des festivités.

Une pluie de cadeaux s’abat sur les bambins et leurs mamans, les premiers de chaque catégorie recevant de surcroit la plaquette du Conseil Général des mains de Bernard Carton, son vice-président. Quand au sénateur maire de Roubaix, André Diligent, il tient à dire « son plaisir de voir un tel concours, que l’on disait dépassé, retrouver une nouvelle jeunesse.

Remise des prix aux plus beaux bébés et un dessin de Teel représentant l’événement (Documents Nord-Eclair)

Pour le programme, la municipalité a vu grand : un podium sur la Grand Place, pour des démonstrations de danse, des clowns, des magiciens, des musiciens, un concours de chant, des orchestres, mais aussi des manèges, structures gonflables et stands de confiserie, des fanfares, des sociétés musicales, des défilés avec chars et géants à grosse tête et des spectacles de marionnettes.

Dès le 1er jour Jumbo Fun, l’éléphant gonflable de 5 mètres de haut accueille les enfants qui se baignent dans les balles de son estomac. Le lâcher de ballons organisé par Kiabi emporte les cartons bleus et blancs sur lesquels figurent leurs adresses et chacun espère que c’est le sien qui ira le plus loin.

Jumbo Fun et les balles de son estomac (Document Nord-Eclair)

Sur le podium Nounours et ses clowns assurent les entractes, les fantômes d’Ecosse prennent le relais des danseurs de Manou, et l’Association Visages en fête maquille les enfants qui le souhaitent, avant de laisser place dans la soirée aux différents groupes de musique : Husch, Joël Matysiak, Bâton Rouge, Dynam’s et Insomnie.

Nounours et ses clowns, les danseurs de Manou et Husch et Insomnie (Documents Archives municipales et Nord-Eclair)

Le week-end de clôture est le point d’orgue de la fête et le programme est à la hauteur : le samedi commence avec l’aubade aux mariés par l’orchestre Musette Duo, puis sur le podium : Bambou, le Liberty Club de Roubaix, le groupe yougoslave Shumadia, le groupe de la maison d’Espagne, Essence d’Andalousie, l’Ancienne, les enfants du Massif Central, le Grupo Folclorico Portugues et le groupe Evasion avant le grand bal de l’orchestre Les Leaders.

L’Ancienne, Shumadia, Liberty Club, Evasion, Essence d’Andalousie (Documents archives municipales et Nord-Eclair)

En parallèle, toute la journée une exposition vente de produits régionaux se déroule dans la salle Pierre de Roubaix à l’Hôtel de Ville : bières, gaufres, fromages, confiseries, alcools, confitures, chocolats fins, plats traiteur, linge de table et de maison et vêtements imprimés, sans oublier bien sûr une exposition de navettes et de pendules anciennes.

Le dimanche est le jour du défilé carnavalesque qui part du carrefour Gounod pour rejoindre la Grand Place, avec ses géants, ses chars et ses Gilles, ainsi que ses fanfares, avant un lâcher de navettes (petits gâteaux ) du haut de l’Hôtel de Ville, avec le concours du Syndicat des Boulangers de Roubaix. Par ailleurs dès l’après-midi, sur le podium se succèdent : l’Orphéon Jazz Band, les Joyeux Bituriers et le groupe folklorique de la jeunesse polonaise.

Le géant de Roubaix, les Gilles et différentes fanfares participant au défilé (Documents archives municipales)

Si le temps n’est pas toujours au rendez-vous, puisqu’il pleut des cordes la plupart du temps, et si, de ce fait, la foule n’est pas aussi nombreuse et enthousiaste qu’attendu, le dernier dimanche fait le plein, en partie grâce au soleil. Le final est donc une réussite et la fête bat alors vraiment son plein.

Défilés, chars, lancer de navettes et confettis et Poppins épeulois en délire (Documents Nord-Eclair)

En 1988, entre le 4 et le 19 juin se déroule d’abord une grande tombola à l’échelle de la commune avec le concours de la quasi totalité des commerçants roubaisiens. Le tirage au sort des gagnants a lieu à la salle Watremez et 36.000F de lots et bons d’achat sont distribués, ainsi qu’un total de plus de 600 couplés gagnants à toucher dans les PMU de la ville, au cours d’une petite réception organisée dans le salon d’honneur de la mairie.

Tirage au sort et remise des lots (Documents Nord-Eclair)

Si la première fête, en 1987, a permis « d’essuyer les plâtres », l’année suivante c’est gagné : Roubaix tient sa grande fête populaire et les quartiers, tout comme le centre en profitent. Cette fois, forte de la leçon de l’année précédente, la municipalité dresse un chapiteau à côté de l’Hôtel de Ville, pour le week-end, au cas où…

C’est l’Orphéon Jazz Band qui lance les festivités le vendredi soir sous le chapiteau. Puis le samedi c’est le tour de l’illusionniste Jean Frédéric puis Bambou ouvre la danse sur des rythmes africains avant de laisser la place à de la danse classique et moderne par les élèves de l’école Françoise Vizor du Boulevard de Cambrai. Pendant ce temps des groupes costumés défilent dans le quartier du Moulin-Potennerie.

Le défilé au Moulin Potennerie et la danse par l’école Vizor (Documents Nord-Eclair)

Enfin le dimanche, la musique de la FAL (Fédération des Amicales Laïques) anime un concert apéritif en fin de matinée, avant de laisser la place au spectacle Grain de Folie (parodies burlesques) et au groupe Czardas. Puis le grand cortège carnavalesque constitué d’une trentaine de groupes, chars, sociétés musicales et attractions, part de la place du Travail jusqu’à la Grand Place où la fête se termine par le désormais traditionnel jet de navettes depuis la mairie.

Char des commerçants de la rue Jules Guesde, enfants de l’école Saint-Eloi chantant l’hymne de la navette, cosaques de la Ferme aux Loisirs, Poppins de l’Epeule, Dames de Calais et groupe Belle Epoque de Comines (Documents Nord-Eclair)

L’adjoint au maire de Roubaix Mr Brillon a droit à un tour de piste devant les tribunes officielles, invité dans la sarabande par un groupe de joyeux lurons puis donne de sa personne en compagnie du sénateur maire André Diligent depuis la tribune lors du lancer de navettes attendu avec impatience par la foule en cette fin de journée riche en attractions diverses.

Tour de piste, lancer de navettes et la foule à la réception de celles-ci (Document Nord-Eclair)

A suivre…

Remerciements aux archives municipales de Roubaix