Boulevard Clémenceau/ avenue De Gaulle (suite)

Qu’en est-il des commerces alors ? Si l’on revient au document 3 à savoir la CPA colorisée du boulevard côté Jules Guesde : au premier plan de la carte postale on voit une maison blanche qui se situe au n°2 du boulevard et qui abrite une maison d’habitation. En 1955 c’est celle de l’industriel Duquesne-Joveneau puis du placier en laines Ch. Delemme avant qu’il ne s’installe au n°66.

CP moderne des années 1960 avec le carrefour Clémenceau Guesde et, au 1er plan, la café des Fleurs (Document collection privée)

Ce n’est qu’en 1958 que Léopold Duquesnoy y installe son commerce de cycles et également, comme il est d’usage à l’époque, un café mais aussi un hôtel. L’établissement est aussi le siège du club des « Dingos » qui réunit, en 1960 et 1961, une quarantaine d’anciens pour un banquet en présence du maire le Dr Jean Leplat.

Le repas des anciens en 1960 et 1961 au café sis bd Clémenceau (Document Nord-Eclair)

Repris en 1965 par Albert Verhille, le commerce à l’enseigne Hôtel des Fleurs, poursuit une activité de café-hôtel-restaurant mais aussi de vente et réparation de cycles et cyclos. Il continue également son œuvre de comité d’entraide aux anciens et devient le siège de l’USH (Union Sportive Hémoise).

Publicité de l’hôtel des Fleurs en 1968 (Document Nord-Eclair)

L’établissement continue ensuite son activité de café, hôtel et taxi dans les années 1970 sous la gérance de Mrs Everharde puis Delepau. S’y succédent également les Choteau-Benoit qui mettent l’accent sur les jeux automatiques pour cafés et J.Y.Briche. Ensuite, le café-hôtel des Fleurs est repris par le couple Henri Pollet-Moncheaux puis par Danièle Pollet.

Publicités de l’Hôtel des Fleurs en 1972 et 1974 et photo de l’établissement en 1977 ; publicités des années 1980 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

Par la suite, le commerce perd son activité hôtellerie mais le café des Fleurs perdure au 21ème siècle et s’enrichit d’une activité friterie dans une annexe au bâtiment principal. A partir de 2000, plusieurs gérants vont se succéder à la tête du café-brasserie et de la friterie jusqu’aux années 2020 au cours desquelles la restauration est assurée par Sophie Destailleurs à la tête de Basilik Pizza et Arnaud Lamblain qui gère la friterie O Clémenceau.

Publicité du café des Fleurs en 2000, façade du café en 2008 et 2025 (Documents guide pratique de Hem et Google Maps)
La friterie en 2008, 2016 et 2022 (Documents Google Maps)

A la même époque, à l’autre extrémité du boulevard, au rond-point des 3 Baudets, au n°252, une alimentation générale épicerie ouvre ses portes. Géré par H. D’Hoedt-Maubrun puis par Mrs Macquet puis Dufaye le petit commerce cède la place à la banque Scalbert au début des années 1970. Dès 1972, la succursale bancaire fait l’objet d’une tentative de hold-up qui se solde par un échec…La voiture volée ayant servi au forfait est retrouvée très vite sur Roubaix.

Publicité du guide hémois en 1970 ; la tentative de hold-up à la banque Scalbert en 1972 (Document Nord-Eclair)

Devenue ensuite Scalbert-Dupont la banque effectue des travaux, 20 ans plus tard pour continuer à recevoir la clientèle dans des locaux modernes et fonctionnels en offrant tous les services d’une banque moderne tels qu’un guichet automatique utilisable 7 jours/7 et 24h/24. Lors de l’inauguration, en 1993, l’établissement accueille un public ravi: conseillers municipaux, chefs d’entreprise du secteur et nombreux clients. L’agence est toujours en activité de nos jours sous l’enseigne CIC.

Publicité de 1978 et inauguration de la banque Scalbert-Dupont en 1993 et photo de l’agnec CIC dans les années 2020 (Documents Nord-Eclair et Google Maps)

Au n°70, on trouve, durant quelques temps dans les années 50, les Declercq-Goditiabois, commerçants en articles de ménage, avant que la maison ne devienne le domicile de l’industriel J Duhot-Pau,et au n°93 le négociant Flipo-Verspieren dans les années 60 à 80. En 1989, un foyer de l’enfance est ouvert dans cette magnifique bâtisse.

« Les 4 saisons » y hébergent une quinzaine d’enfants sous la responsabilité de Mme Barbedette. C’est OPHLM (Office Public de l’Habitat à Loyer Modéré) qui a racheté l’immeuble, l’a rénové et le loue à l’EPDSAE (Etablissement Public Départemental pour Soutenir Accompagner Eduquer).

Le n°93 devient le deuxième foyer de l’enfance du boulevard en 1989 (Document Nord-Eclair)
le n°93 en 2008 et 2019 (Documents Google Maps)

Le commerce de produits laitiers de Marie-Louise Doutreligne au n°61 est en activité dans les années 1940. La crémerie Debuy se situe au n°224 durant la décennie 60, et le glacier J. Walczak au 61 bis de la fin des années 60 à 1985. Il y a également le tailleur Lepers-Fontaine au n°194. Plus insolite, face au n°190 de l’avenue De Gaulle, au début des années 1990, Jean-Luc Provost installe sa friterie.

Située à la sortie de la voie rapide, à proximité d’une station-service, la petite baraque se fait vite une clientèle d’habitués venant de Hem, Lys et Roubaix. Les automobilistes et routiers de passage et les ouvriers d’usines alentours trouvent là une halte sympathique pour manger un morceau le midi ou le soir.

La carte professionnelle de Marie-Louise Doutreligne dans les années 1940 ; la friterie Provost en 1994 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

Depuis 20 ans en effet une station-service Total a ouvert ses portes au 186-188 avenue De Gaulle. Le Relais des Trois-Baudets, tenu par différents gérants, assure à la fois la vente de carburants, d’accessoires mais aussi le lavage et le graissage des véhicules. Depuis quelques années l’établissement, qui existe toujours, a été « relooké » Total Energies.

Publicités du relais des 3 baudets dans les années 1970-1980 ; Station-service Total en 2008 et 2025 (Documents Historihem, guide hémois et Google Maps)

Enfin, pendant quelques années, durant les années 1980, Marie Freté tient le salon Parenthèse, au n°113. Elle y propose : soins esthétiques, relaxation, séances de bronzage, et y assure la vente de cosmétiques. Après cette activité la maison retrouve son usage d’habitation.

Publicité du salon Parenthèse dans les années 1980 et la maison en 2008 (Documents Historihem et Google Maps)

En ce qui concerne les services : avec la croissance rapide de la ville de Hem, un nouveau bureau de poste, répondant aux besoins d’une ville moyenne, est mis en chantier au n°122, à l’angle du boulevard Clemenceau et de la rue Jean Jaurès en 1968 pour être ouvert au public au début de l’année 1969. Le nouveau bureau de poste bénéficie de places de parking ainsi que d’un distributeur de billets de manière à améliorer la vie des habitants du quartier des 3 Baudets, où un nouveau lotissement vient de voir le jour en face de l’église Saint-Joseph. (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site).

chantier de la nouvelle poste en 1968 et bureau finalisé en 1969; photo couleur des années 1970 et photo en 2025 ( Document Nord-Eclair et bulletin municipal de Hem, collection privée et Google Maps)

Une seule entreprise industrielle à savoir Damart, s’installe sur le boulevard. Le centre d’expédition y ouvre ses portes en septembre 87 et son inauguration a lieu en Novembre en présence de nombreuses personnalités : parmi elles, Mr Longuet, ministre délégué chargé de la Poste et des Télécommunications, Mr Aurousseau, préfet de la région, Mr Diligent, sénateur-maire de Roubaix, et bien sûr Mme Massart maire de Hem. (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site).

Photos de l’inauguration et de la coupure du ruban (Documents Nord-Eclair)

De nos jours les boulevard Clémenceau et avenue De Gaulle sont toujours essentiellement résidentiels et les quelques champs qui demeuraient entre la rue de la Tribonnerie et Damart disparaissent depuis peu pour laisser place à un chantier de construction d’ immeubles collectifs de standing et maisons individuelles. La photo aérienne de 2025 montre encore la présence des champs avant la mise en œuvre du chantier.

Vues aériennes de 1981 et 2025 (Documents IGN et Google Maps)

Malgré la bétonisation croissante et la disparition des champs qui la bordaient cette artère de la ville fait encore la part belle aux arbres et aux fleurs, comme c’était déjà le cas en 1989 lorsqu’elle avait été récompensée par la plaque de la rue fleurie ajoutée près de la plaque classique portant son nom.

L’avenue Clémenceau est la plus fleurie en 1989 et bordée d’arbres en 2025 (Document Nord-Eclair)

Damart Hem partie 2

Damart Hem partie 2

Le centre d’expédition n’ouvre donc ses portes qu’en septembre 87 soit plus de 5 ans après la cession des terrains destinés à sa construction et son inauguration a lieu en Novembre en présence de nombreuses personnalités : parmi elles, Mr Longuet, ministre délégué chargé de la Poste et des Télécommunications, Mr Aurousseau, préfet de la région, Mr Diligent, sénateur-maire de Roubaix, et bien sûr Mme Massart maire de Hem.

Photos de l’inauguration (Documents Nord-Eclair)

C’est Paul-Georges Despature, président du directoire de la SA, qui accueille les prestigieux invités en compagnie des « pères fondateurs » de Damart : Joseph, Jules et Paul Despature, et de Xavier Ruyant, directeur du nouveau centre hémois. Sont également de la fête Nicolas Hulot, journaliste-aventurier, et Hubert de Chevigny, pilote d’ULM, ayant vaincu début 87 le pôle nord en ULM, équipés de sous-vêtements thermolactyl et sponsorisés par la Poste.

Lors de la visite Mr Longuet découvre la partie stockage cartons entièrement automatisée, la galerie de liaison où est coupé, à cette occasion, le traditionnel ruban, l’unité de prélèvement où le ministre s’entretient avec quelques ouvrières, l’unité d’emballage avec ses nouvelles machines automatiques, et enfin la zone d’expédition avec la toute nouvelle peseuse-affranchisseuse spécialement mise au point pour l’usine hémoise.

Le traditionnel ruban (Document Nord-Eclair)

Pour commémorer l’événement de l’inauguration d’un centre de vente par correspondance par le ministre de la Poste, un bureau de poste provisoire est installé où est apposé le cachet commémoratif de la manifestation, reprenant, comme il se doit, le désormais fameux slogan Damart « froid moi jamais ».

Cachet commémoratif (Document collection privée)

Au cours de son discours Mr Despature souligne la qualité des liens que son entreprise entretient avec la Poste « maillon vital, fournisseur indispensable et souvent unique pour la VPC (Vente Par Correspondance) » ajoutant que « pour que la Poste et la VPC restent compétitives il importe que l’évolution générale des tarifs s’oriente vers la stabilisation». Chez Damart en effet le budget annuel dédié à l’affranchissement dépasse l’investissement consenti pour la construction des bâtiments hémois soit quelques 100 millions de francs.

En réponse Mr Longuet s’engage donc, tant sur la fiabilité du service que sur la compétitivité des tarifs, avec en point de mire, l’horizon 92 et le marché unique européen, et se déclare désireux de rendre hommage par le biais de Damart à la VPC en général laquelle représente 10% du chiffre d’affaires de la Poste.

Photo aérienne du centre d’expédition en 1988 (Document IGN)

Ainsi que le souligne Mme Massart dans son discours ce bâtiment, très moderne, ne fait pas l’unanimité et représente la « cathédrale du thermolactyl » pour les uns et le « Beaubourg d’Hem » pour les autres, l’important étant que le dynamisme de Damart pourrait permettre aux hémois de bénéficier de nouveaux emplois.

Photo de Damart Hem (Document collection privée)

Quelques temps plus tard, un transporteur de la Somme perd le contrôle de son poids-lourd et , juste devant l’usine flambant neuve, finit sa course dans le fossé. Bilan de cet accident impressionnant: plus de peur que de mal pour le chauffeur, une circulation interrompue pendant 3 heures à hauteur de Damart en fin de voie rapide, et un pylône d’éclairage public renversé…

Photos de l’accident en 1987 (Document Nord-Eclair)

Soucieux de rassembler toute son activité logistique à Hem l’entreprise réalise en 2009 un agrandissement considérable du site inauguré en grande pompe 22 ans plus tôt. Deux bâtiments sont ajoutés : le premier, de 4.000 mètres carrés, doit permettre le stockage de catalogues et le routage des mailings. Le second, sur 10.000 mètres carrés, doit servir à la préparation des colis.

L’extension de 15.000 mètres carrés porte donc l’ensemble de l’usine à 50.000 mètres carrés. C’est désormais de Hem que partent toutes les commandes pour les clients de la VAD (Vente A Distance), les stocks pour les différents magasins et points de vente, ainsi que les 140 millions de catalogues envoyés chaque année en France et à l’étranger.

Un tel flux nécessitant de meilleures conditions d’accès aux axes routiers un aménagement de la voie rapide a été réalisé par le Département afin que le site hémois lui soit désormais directement raccordé.

Extension du site originel en 2009 (Document VDDT Architectes)

A l’occasion de l’inauguration du nouveau site c’est le premier ministre François Fillon en personne qui se rend sur place accompagné de deux de ses secrétaires d’état: Valérie Letard et Laurent Wauquier. Une salariée, parmi les 500 personnes (essentiellement des femmes) désormais employées sur la plate-forme, leur explique l’organisation mise en place pour éviter aux préparatrices de commandes de trop se déplacer. A l’issue de la cérémonie le 1er ministre rencontre les professionnels de la VAD en mairie de Hem puis prononce un discours à la salle des fêtes.

Inauguration de l’extension du site en Octobre 2009 (Document Alamy Banque d’Images)

Puis en 2015, dans l’optique de doper de 25 % ses performances opérationnelles et de diviser par deux ses délais de livraison, Damart annonce un investissement de 5 millions d’euros dans la modernisation de sa plate-forme logistique de Hem. Ce site doit en effet accompagner la croissance du réseau de magasins. De 85 points de vente en 2015, Damart devrait compter plus de 125 implantations en France d’ici huit ans.

De plus, les ventes sont très liées aux variations climatiques. Si chaque année 4 millions de Thermolactyl sont vendus, l’usine doit pouvoir faire face lors de grands froids à des pics atteignant 30.000 commandes par jour ! Le projet consiste donc en la mise en place d’un système de type « trieur à pochette ».

Enfin, cette mécanisation accrue doit permettre aux 450 salariés de la plate-forme de bénéficier de meilleures conditions de travail : réduction du nombre de tâches répétitives, diminution des ports de charges, simplification de l’organisation des ateliers…

Nouvelle machine à colis (Documents la Voix du Nord)

Comme le montre la photo aérienne de 2020 la physionomie du boulevard Clémenceau à hauteur de la sortie de la voie rapide a bien changé en presque 40 ans et les champs ont donc laissé la place à un énorme site industriel sur lequel plusieurs centaines de salariés travaillent.

Site Damart à Hem en 2020 (Documents Google Maps)

Damart Hem partie 1

Héritiers d’une usine de draperie et tissage fondée en 1850 à Roubaix, et face au déclin du secteur textile, trois frères, Joseph, Paul et Jules Despature, recherchent une idée de génie pour sauver leur entreprise. Elle leur est soufflée par leur vieille tante, qui, victime de rhumatismes, ne jure que par les vertus de la triboélectricité (phénomène créé par la mise en contact de deux matériaux de nature différente).

En 1953, ils ont donc l’idée de créer des sous-vêtements réchauffant à partir d’une fibre synthétique, la chlorofibre, très efficace contre le froid, l’humidité et les rhumatismes. Par une alchimie savante, les micro-frottements du tissu créent, au contact de la peau, une énergie qui génère une chaleur électrostatique. Ils appellent leur création : le Thermolactyl et, comme leur entreprise se situe rue Dammartin à Roubaix, choisissent comme nom pour leur marque : Damart.

les frères Despature (Document site Damart)

L‘entreprise a alors la bonne idée de faire contrôler son nouveau produit par le milieu médical avant son lancement, puis d’éditer un petit catalogue de vente par correspondance, afin de vendre ses produits en direct de l’usine. Et elle bénéficie de la grande vague de froid hivernal de l’hiver 1954.

La société s’installe au 25 rue de la Fosse-aux-Chênes à Roubaix et se spécialise dans la confection de vêtements, sous vêtements, corseterie pour les personnes de 50 ans et plus, ainsi que des chaussures, y compris pour enfants.

siège de la société de nos jours (Document Google Maps)

A la fin des années 50, la société Damart s’installe également au 160 boulevard de Fourmies à Roubaix, sur le site de l’ancienne usine Ternynck (usine aussi vieille que le quartier, construite en même temps que le Boulevard de Fourmies), et prolonge le bâtiment de la filature vers le Boulevard de Fourmies. Ce site abrite les services des expéditions, la majorité des ventes se faisant par correspondance, qui emploient à cette époque 200 personnes.

Damart au Nouveau-Roubaix (Document collection privée et Google Maps)

Damart soigne avec humour ses slogans publicitaires qui sont restés gravés dans les mémoires. Dès la deuxième moitié des années 1960, elle détourne, pour la radio, le célèbre tube de 1965 du chanteur français Henri Salvador, « Le travail c’est la santé », devenu « Le travail c’est la santé, Thermolactyl, c’est la conserver !« . Puis la marque invente, en 1971, pour la télévision, le célèbre « Froid, moi ? Jamais ! Je porte Thermolactyl de Damart !« .

Publicité 1965 et 1971 (Document site j’aime les mots.com)

En 1982, un nouveau projet d’implantation voit le jour : Damart projette de construire une nouvelle unité, sur un terrain de 53000 mètres carrés en bordure du boulevard Clémenceau, dans la commune voisine de Hem. Après deux ans de négociations l’acte administratif de cession du terrain est enfin signé même si le projet n’est encore qu’à l’état d’ébauche.

A cette époque, comme le montre la photo aérienne ci-dessous, le boulevard Clémenceau à Hem est encore bordé de champs du côté gauche en venant du centre ville juste au bord de la voie rapide. Or le problème de l’emploi y est le même que dans tout le versant nord-est de la métropole, à savoir un taux de chômage élevé qui touche plus de 10% de la population active.

Photo aérienne de Hem Clémenceau (Document IGN)

C’est la raison pour laquelle depuis 5 ans, le maire de la ville, souhaitant drainer des emplois sur Hem a créé la commission d’emploi, et la municipalité intervient ainsi dans des opérations destinées à favoriser l’implantation d’entreprises créatrices d’emplois pour la commune, le projet Damart représentant à cet égard une inestimable opportunité.

Quant à l’entreprise, à l’étroit dans ses locaux du boulevard de Fourmies à Roubaix, elle voit dans la construction de cette nouvelle unité beaucoup d’avantages :

  • d’une part la proximité des unités déjà existantes devrait permettre un déplacement des services sans trop de difficultés.

  • d’autre part, une bonne partie du personnel de Damart Roubaix est originaire de Hem et le transfert des activités représente un avantage certain pour ces employés.

    Finalement, ce n’est qu’en 1986 que tombe l’arrêté préfectoral créant la ZAC (Zone d’Aménagement Concerté) et permettant aux travaux de débuter. En juillet 1986, camions et bulldozers font leur apparition entre le boulevard Clémenceau et la rue de Beaumont.

    Deux immenses bâtiments sont construits : l’un réservé au stockage, d’une surface de 5000 mètres carrés sur 20 m de haut, l’autre destiné à l’exploitation, composé de 2 niveaux d’une surface de 8000 mètres carrés chacun. Les deux sont reliés entre eux par une galerie de 64 mètres de long.

A suivre. . . 

De Ternynck à Damart

353_001

Photo Collection particulière

La société Damart s’installe sur le site de l’usine Ternynck à la fin des années 50, et prolonge le bâtiment de la filature vers le Boulevard de Fourmies. Le site abrite les services des expéditions, (la majorité des ventes se faisant par correspondance), qui emploient à cette époque 200 personnes. Le nom de Damart vient du fait que les Etablissements Despature étaient installés à l’angle de la rue Dammartin et du boulevard de Paris. Damart est, à l’époque, renommé pour ses sous-vêtements dont le succès est dû à la fibre « thermolactyl » utilisée.

En 1960, Nord Matin et La Voix du Nord relatent la remise du diplôme « Prestige de la France » à Damart-Thermolactyl, rue David Dangers. A ce moment, le directeur général de l’entreprise est Jules Despatures. Joseph et Paul Despatures dirigent également. Lors de la cérémonie, des médailles du travail sont remises à 22 employés, dont le plus ancien avait 51 ans de présence dans l’entreprise.

Une grande partie des personnalités qui participaient à cette cérémonie ont fait le trajet Orly-Lesquin dans une Caravelle spécialement affrétée par Damart. Des motards ouvraient la route aux voitures officielles entre Lesquin et Roubaix. Après le cocktail servi dans l’entreprise, les personnalités se rendirent au Grand Hôtel, où un déjeuner leur fut servi, avant de reprendre leur vol jusqu’à Paris.

Un appel à vos souvenirs : Damart commercialisait dans les années 60 sous le nom de « Buimassor », un appareil destiné au massage et garni de boules en buis :

Le Buimassor – Photo coll. Particulière

Quelqu’un a-t-il utilisé cet appareil ? Avez vous des souvenirs relatifs à ces évènements ou à cette entreprise ? À vos claviers !