2 grands noms hémois de la boxe sur 2 siècles (2)

Partie 2 Daouda Sow au 21ème siècle (1)

Né le 19 janvier 1983 à Roubaix, il grandit dans le quartier des Hauts-Champs où, un peu par hasard, pendant la décennie suivante, il est repéré par le Boxing Club Hémois BCH), né en 1995 au sein du CASH (Centre d’Activités Sportives Hémois). Le BCH, présidé par Gilbert Lacroix et entraîné par Abdel-Hakim Zehrir, n’a, à l’époque pas de salle adaptée à son sport : les petits s’entrainent au Mail Dunant et les grands à la salle Leplat mais il leur manque le principal à savoir un Ring et de temps en temps l’entrainement a lieu sur Roubaix mais l’association veut rester hémoise.

Le boxing club hémois en 1995 et 1997 (Documents Nord-Eclair)

A 14 ans, Daouda y débute la boxe, en 1997, sous la houlette d’ Abdel-Hakim Zehrir. Deux ans plus tard il remporte le titre de champion de France dans la catégorie cadet, en poids mouche. L’année suivante il est champion de France junior en poids coq. En 2002, il intègre l’INSEP et dès l’année suivante, il obtient le 1er niveau du brevet d’état spécifique de boxe anglaise.

Champion de France catégorie cadet en 1999 (Document Nord-Eclair)

En 2004, il arrive finaliste du championnat de France amateur senior. Une victoire le qualifierait pour les championnats d’Europe et le propulserait favori pour la sélection des prochains jeux olympiques. Pour ça, il doit perdre du poids car, pour boxer dans la catégorie coq, il ne faut pas dépasser les 54 kgs et il est donc obligé de s’affamer. Finaliste également en 2005 il reste vice champion de France. Il ferme alors la parenthèse INSEP et acquiert le statut externe de l’équipe de France et commence à penser aux JO de Pékin de 2008.

Daouda en 2004 finaliste au championnat de France et en 2006 en route pour les JO de Pékin (Documents Nord-Eclair)

Pourtant, au printemps 2006, manquant de motivation, il lâche tout et se trouve un travail d’éducateur sportif à Marcq-en-Baroeul. Mais la boxe lui manque trop et il reprend l’entraînement dès la rentrée en vue du championnat de France au cours duquel il espère conquérir le titre et c’est avec la rage de vaincre à nouveau qu’il effectue un retour fracassant en 2007et devient champion de France senior. Pourtant aux mondiaux de la même année il est malheureusement éliminé dès le 1er tour.

Défi ardennais pour le Boxing Club et la rage de vaincre en 2007 et champion de France senior (Documents Nord-Eclair)

Enfin en août 2008, il vit son rêve : participer aux jeux olympiques. Il est à Pékin pour gagner, comme tous les athlètes engagés dans la compétition. Pour son 1er combat dans la catégorie des 60 kgs il affronte un adversaire de taille : Kim Song-Guk, nord-coréen, vice champion olympique à Athènes en 2004. A Hem, tout le monde est derrière lui et, pour le soutenir, deux associations retransmettent le combat devant une centaine de supporters.

Participation aux JO : le rêve et un 1er match retransmis devant une centaine de supporters hémois (Documents Nord-Eclair)

Malgré la réputation de son adversaire, il ne se laisse pas impressionner et signe une victoire aux points qui lui permet d’accéder aux 8èmes de finale où il rencontre le portoricain José Pedraza Gonzalez. Ses supporters, réunis pour l’occasion à la maison du foot où le match est retransmis, malgré la déception de ne voir que le dernier round retransmis par France 3, exultent de le voir à nouveau gagner aux points et se qualifier ainsi pour les quarts de finale.

Sow sort le grand jeu et accède aux 8èmes de finale avant d’atteindre les quarts devant des supporters hémois en délire (Documents Nord-Eclair)

Son adversaire, le chinois Qing Hu a bien évidemment toute une salle pour le porter mais, malgré les applaudissements de ses milliers de compatriotes et un match où les retournements de situation se succèdent, c’est bien Daouda Sow qui finit par l’emporter. Dans la salle de retransmission hémoise on hurle et on exulte : il est en demi-finale et ramènera pour le moins une médaille de bronze à la maison.

Daouda assure le show et ramènera au moins une médaille de bronze (Documents Nord-Eclair)

En demi-finale, il affronte le cubain Yordenis Ugas qu’il a déjà affronté à la Havane, lors d’un match de préparation et ce dernier, l’un des meilleurs techniciens du tournoi, avait alors pris le dessus. Pourtant, malgré un début de match compliqué, le boxeur hémois réussit à laminer son adversaire, se propulsant ainsi en finale devant un parterre de supporters hémois en liesse dans la salle Dunant.

Daouda Sow, du rêve à la réalité ? Sow must go on !

Le brillant sportif hémois savoure cette victoire même s’il sait qu’il sera opposé, en finale, au russe Alexey Tishchenko, champion olympique en titre, sacré à Athènes en 2004, champion du monde en 2005 et 3ème au championnat du monde de 2007. Plus de 500 personnes se réunissent au mail Dunant pour assister à cette finale de rêve. Hélas, Daouda Sow s’incline 11 touches à 9, face à son adversaire, et, si sa déception est visible sur la 2ème marche du podium, les hémois eux sont aux anges.

Incroyable arrivée en finale mais les jeux sont faits pour Daouda Sow sur la 2ème marche du podium (Documents Nord-Eclair)

La promesse de construire une salle de boxe à son nom, non loin du stade Hidalgo est déjà faite par le maire Francis Vercamer et la construction est déjà budgétisée. Amis, supporters, voisins, une centaine de supporters se précipitent à Roissy-Charles de Gaulle pour l’accueillir à sa descente d’avion et le porter en triomphe. Près de 500 personnes fêtent le retour des athlètes français sur les Champs-Elysées à Paris et Daouda Sow se retrouve avec les autres nordistes à l Elysée.

Hem l’accueille en héros à Roissy et il se prête à une séance de dédicace à Paris (Documents Nord-Eclair)

Le lendemain soir la ville d’Hem organise une réception pour son héros médaillé olympique dans son quartier Les Hauts-Champs: un véritable show avec podium, écran géant, feu d’artifice, jet de confettis et plus d’un millier d’Hémois sur l’esplanade du Mail Dunant. Il est interrogé en direct par France 3 devant une foule en délire puis se livre à une séance de dédicace pour le plus grand plaisir des enfants et la plus grande fierté de son entraîneur historique du Boxing Club Hémois.

Hem dit merci à Daouda Sow à l’issue des JO (Documents Nord-Eclair)

Le retour Triomphal de l’enfant du pays se termine par un tour d’honneur le jour d’Hem en Fête dans une voiture aux côtés de Francis Vercamer, maire de la ville. C’est durant cette même année, à l’issue des Jeux Olympiques que le Boxing Club Hémois obtient donc de la municipalité la décision de construire sur le site Hidalgo une salle de boxe de 260 mètres carrés, équipée de 2 rings à même le sol, de 2 vestiaires et d’un sauna. La salle est toute en bois, avec une façade revêtue d’un isolant couleur pistache que l’on apercevra encore à travers l’ossature bois qui la recouvrira, et une charpente en bois également. Cette salle, tant attendue par le BCH, est inaugurée en 2009 et porte bien sûr le nom de Daouda Sow.

La braderie en septembre lui permet de faire un tour d’honneur dans les rues de Hem aux côtés de Francis Vercamer (Documents collection privée)
Construction de la salle de boxe en 2008-2009, logo du BCH, le local rue des Trois Baudets et inauguration en 2009 (Documents Historihem, BCH, Ville de Hem et Voix du Nord)

à suivre…

Remerciements à l’association Historihem

Un premier titre de champion de France

Le championnat de France de football de l’époque n’est pas celui que nous connaissons de nos jours. Créé pour la saison 1898/99, il oppose les champions régionaux (Nord, Normandie, Centre Est, Paris…) jusqu’à une finale qui déclare le vainqueur champion de France.

Le RCR ne participe pas aux championnats de France de 1898/99, 1899/1900 et 1900/1901 pour d’obscures raisons. Pour ces saisons, les champions de France sont le Havre Athlétic Club pour les deux premières, le Standard Athlétic Club de Paris pour la troisième.

Le RCR fait son entrée dans le championnat de France pendant la saison 1901/1902. Il sera champion du Nord après avoir remporté la finale terriens/maritimes face à l’Union Sportive de Calais. Voilà les roubaisiens compétiteurs pour le titre de champion de France.

Une première demi-finale du championnat de France oppose le Sport Athlétique Sézannais (champion du centre-est) au Racing Club Roubaix (champion du nord). L’autre demi-finale, c’est le Havre Athlétic Club (champion de Normandie) contre le Racing Club de France (champion de Paris). Le 13 avril, le RCR bat le FC Sézannais (12-1) et le RCF l’emporte sur le HAC (5-1). La finale va donc célébrer les retrouvailles des deux Racing, RCF et RCR sur le terrain du Stade Français à Bécon les Bruyères.

L’équipe du RCR en 1902 doc AmRx

Devant 1500 personnes, les roubaisiens l’emportent par 4-3 après deux heures et demie de match. Albert Dubly marque, Ernest Lesur est blessé par un coup de tête involontaire, continue le jeu, a une défaillance, on le soigne, il reprend le match privé de l’usage d’un œil ! Paris marque trois fois après la reprise, Gadenne et Sartorius rétablissent l’égalité. Émile Lesur est un gardien héroïque devant Allemane et ses shoots merveilleux. Pendant les prolongations, Roubaix marque et gagne le match. Les parisiens portent leurs camarades roubaisiens en triomphe.

Les champions de 1902 Doc BNF La Vie au Grand Air

L’équipe du RCR était composée des joueurs suivants : Ernest Lesur, Émile Mongey, Peacock, Léon Dubly, George Scott, Émile Lesur, Henri Lesur. Assis : Émile Sartorius, J. Lefebvre, Albert Dubly, Gadenne, George Hargrave.

Un banquet amical réunit les compétiteurs au « Dîner français ». A l’arrivée en gare de Roubaix, une superbe réception attend les footballeurs roubaisiens. Tous les membres honoraires et actifs du RCR sont là, ainsi que des délégations des différentes sociétés sportives : l’Aviron, la Roubaisienne, la Boxe Française… Musique en tête, c’est un défilé jusqu’à l’hôtel Ferraille, où la fête se prolonge tard dans la nuit. Roubaix champion de France ! Avec cette victoire, c’est aussi le football qui a gagné ses lettres de noblesse.

René Libeer, champion d’Europe

René Libeer avec la ceinture de champion d’Europe après le match Photo NE

Né le 28 novembre 1934 à Roubaix, René Libeer est le dernier enfant d’une famille de huit, dont les garçons fréquentent la salle de boxe et il ne faillira pas à la tradition. Il livre son premier combat à l’âge de quinze ans. Il effectue son service militaire au bataillon de Joinville lequel vient d’être créé en 1956, pour accueillir les appelés sportifs de renom. La même année ont lieu les Jeux olympiques d’été à Melbourne, de fin novembre à début décembre. René Libeer alors âgé de 22 ans boxe dans la catégorie des « mouches », les moins de 51 kg. Il fait partie de la sélection française. Il va éliminer le Sud-Coréen Pyo Hyun-Ki puis le Japonais Kenji Yonekura pour accéder à la demi-finale. Mais il est battu aux points par l’Anglais Terence Sprinks, le futur champion olympique. Il reçoit donc une médaille de bronze, comme son compatriote le poids moyen Gilbert Chapron.

Après les Jeux, et après avoir rempli ses obligations militaires, René Libeer passe boxeur professionnel en 1958. Une belle série de douze victoires, dont cinq par KO, l’amène au titre de champion de France, qu’il remporte le 21 décembre 1959 face à Jean Guerard, au Palais des Sports de Paris.

Après une première tentative infructueuse en 1963, René Libeer finit par décrocher la ceinture européenne le 13 juin 1965 aux dépends de Paul Chervet à la Salle Roger Salengro de Lille. Il la perdra en 1967 face à l’Italien Atzori, de façon injustifiée selon la presse de l’époque. Ses demandes de match revanche resteront lettres mortes, aussi décide-t-il, le 2 novembre 1967, de tirer un trait sur sa carrière. Il devient un anonyme patron de bistrot à Tourcoing. René Libeer est décédé le 13 novembre 2006 à Roubaix.

D’après la presse de l’époque