Les plus anciennes maisons du boulevard

A la demande de la société Lemaire et Lefebvre, le conseil municipal permet l’ouverture du boulevard en 1892 depuis la nouvelle place du travail jusqu’au chemin d’Hem. Un plan de travail du service de la voirie daté de 1896, mais basé sur un état antérieur, ne montre que la ferme Cruque place du travail et la chapelle Vandamme, située le long d’un sentier au bord du ruisseau des trois ponts, près du coin de la rue Carpeaux.

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Les constructions ne vont pas tarder à s’y élever, et, en particulier, les usines. Carlos Masurel fait une demande de permis de construire dès 1893 pour sa filature, et Henri Ternynck a installé son établissement avant 1894. Les constructions particulières suivent, et notamment les estaminets qui s’installent en nombre aux portes des usines.

Le boulevard en 1899 et la numérotation actuelle
Le boulevard en 1899 et la numérotation actuelle

Les premières demandes de construction datent de 1894 avec, pour l’actuel numéro 104, une demande au nom du brasseur Guy Lefrançois, rue d’Inkermann concernant une maison à usage d’estaminet, mitoyen à propriété Carlos Masurel. Cet estaminet apparaît au Ravet-Anceau de 1898 au nom de H.Dubron. Il est situé entre les usines Carlos Masurel (puis Dazin-Motte) et Ternynck (puis Damart). On a gardé trace d’une demande de permis de construire pour les numéros 93-95 actuels, concernant plusieurs maisons, par la société Lemaire et Lefebvre en face de l’usine Masurel et près de la chapelle. Leur architecte est Louis Déferet.

Le 104, Plan d'origine et photo 1947. En bas les 93 et 95
Le 104, Plan d’origine et photo 1947. En bas les 93 et 95

Les demandes de construction suivantes datent de 1896, avec une demande permis au nom de O.Fievez au n°3, renuméroté 23, puis 63, la maison ayant été démolie ensuite. C’était, en 1901, l’estaminet Beauventre. Une autre demande cette même année au coin rue David Danger aujourd’hui numéro 135, c’est à dire le pâtisserie « La Florentine ». La demande est signée par M. Lefremouille (?), et ce sera l’estaminet Planckaert en 1901. De l’autre côté de la rue, au 143 la société Lemaire et Lefebvre demande, à l’angle de la rue David David D’Angers «prolongée vers briqueterie » l’autorisation de faire construire un estaminet, encore par l’architecte Déferet, qu’on retrouve sous le nom d’estaminet E.Leconte en 1901. Ce sera beaucoup plus tard « Jany fleurs ».

Les numéros 63, 135 et 143
Les numéros 63, 135 et 143

Le 147 abrite en 1901 l’estaminet O.Fievez (qui en possède un autre au 63). Sa date de construction manque sur la demande adressée à la mairie.

Par contre, et toujours en 1896, M. Mulle-Watteau, brasseur rue de Lille fait également une demande pour deux maisons attenantes où on retrouvera l’estaminet E.Duvillers en 1901. L’architecte en est J. Selle. De nos jours, elles portent le numéro149. Au 153 correspond une autre demande de permis de construire de la société Lemaire et Lefebvre. Cette construction, toujours de l’architecte Déferet, se trouve à l’angle G. Pilon, et c’est l’estaminet A Van Ost en 1901.

 

Document médiathèque de Roubaix
Document médiathèque de Roubaix

On reste en 1896 pour une demande de la brasserie Dazin pour un estaminet au 159, dont l’architecte est Louis Barbotin (l’estaminet L.Pennequin en 1901). Au 161, on trouve cette même année la demande émanant du brasseur Paul Desprets. Ce sera l’estaminet Bacro-Watteau en 1901

159-161-96dpiNous arrivons à l’année 1897, avec la demande d’Henri Deboschere, dont l’architecte est Achille Dazin pour un immeuble qui sera, plus tard, numéroté 114 – la future boucherie Dumeige, et, pour les numéros 118-120 une demande de permis de construire pour trois maisons formant l’angle de la rue Carpeaux (propriétaire Horent) vins spiritueux Desoubry en 1901, et tabacs Veuve Crepel en 1902 – le Flint aujourd’hui).

Du côté impair, au 163, A.Bacri fait une demande pour construire « après la dernière maison de la rue »

114-118-163-96dpiL’année suivante, voit se construire aux numéros 131 et 133 deux maisons au nom de Maurice Fievet. On trouvera au 133 une mercerie en 1901. Enfin, la société « La Ruche » demande la construction d’une maison à situer (sans doute au numéro 41, qui a longtemps abrité le directeur de l’usine Dazin-Motte). L’architecte en est A.Vaillant.

41-133-96dpiEncore quelques constructions côté pair, l’année suivante : en 1899 Jérémie Declerck demande pour Mme veuve Picavet l’autorisation de construire un groupe de trois maisons à usage de commerce. C’est, en 1901, l’épicerie Manche-Bruyelle (124, 126 ou 128), l’estaminet H.Herbaut (126, 128 ou 130) ; puis, en 1902, le commerce de fruits et légumes R.Tackens (124), la boucherie J.Declerck (126), l’estaminet Mme Marlier (128), et l’épicerie Manche-Bruyelle (130).

126-130-96dpiC’est donc, en peu d’années, une première vague de constructions. Il y en aura encore quelques unes vers 1910, le gros des bâtiments ne s’élevant que dans les années 20, après la guerre. Le boulevard n’évoluera pratiquement plus jusqu’à aujourd’hui, à part les façades des magasins, qui subiront des modifications au fil du temps.

Documents archives municipales. Photos Jpm

 

 

 

Le 104 boulevard de Fourmies

En 1946, Monsieur et Madame Delplace, propriétaires d’une papeterie-imprimerie située 48 avenue Jean Lebas, décident d’ouvrir un deuxième magasin. Leur choix se porte sur un ancien café situé au coin du boulevard de Fourmies et de la rue Puget, tout à côté de l’usine Dazin-Motte. Ce commerce, sans doute le plus ancien de la rue, était un estaminet en 1898, tenu par H. Dubron, et c’est la seule maison individuelle recensée dans le Ravet-Anceau cette année là. Ce commerce va ensuite évoluer et devenir une boutique de vannier en 1936, puis un commerce de meubles en 1939. En s’installant à cet endroit après la guerre, la famille trouve – vestige de l’estaminet – une bourloire dans la cour, le long du mur de l’usine.

La papeterie en 1946
La papeterie en 1946

 En 1946, la façade est dans son état d’origine. On distingue à droite le mur d’enceinte de l’usine Dazin-Motte. A droite, le terrain formant le coin de la rue Puget est fermé par une clôture de ciment. La boutique vend de la papeterie, des registres, des articles de bureau, des fournitures scolaires. Assez tôt, on associe à tout cela la vente de jouets éducatifs. Au début, le magasin est tenu par une des filles du couple, toute jeune, pendant que ses parents continuent à officier avenue Lebas, tout en logeant boulevard de Fourmies. Au bout de quelques années, ils laisseront l’ancien commerce de la rue de la gare à une autre fille, pour venir diriger le magasin du Nouveau Roubaix.

L'intérieur du magasin
L’intérieur du magasin

Le commerce évolue graduellement et se transforme. On commence par y vendre des journaux et des magazines. Par la suite, y trouve de plus en plus des jouets et la place manque pour exposer . On commence par agrandir la vitrine. Cette nouvelle vitrine intègre une porte en verre, et sa partie haute permet de présenter aux passants les jouets volumineux.

La deuxième vitrine
La deuxième vitrine

Mais la place manque encore. La jeune fille se marie et on construit, dans les années 50, le long de la rue Puget une maison pour loger les parents, et, sur le coin, un bâtiment bas qui permet d’augmenter la surface du magasin. A la même époque, on modifie la vitrine qui recule pour augmenter la surface d’exposition. Le renfoncement, offre aussi la possibilité d’exposer de la marchandise supplémentaire dans des présentoirs mobiles. On voit sur la photo des sacs à main ce qui montre que le commerce s’étendait également à la maroquinerie.

La nouvelle vitrine en retrait de la rue
La nouvelle vitrine en retrait de la rue

Par ailleurs, Mme Delplace fait creuser une ouverture sur le sous-sol, qui lui permet d’exposer les voitures d’enfants en contrebas. Un escalier permettait aux clients d’aller examiner ces objets de plus près. La vitrine du bâtiment bas formant le coin prend toute la surface possible, tandis que le magasin s’étend à tout le rez-de chaussée à la fin des années 50. Le premier (ancien et nouveau bâtiment) étant dévolu au logement des différents couples.

Le bâtiment formant le coin.
Le bâtiment formant le coin.

Dans les dernières années, l’imprimerie, encore sise avenue Jean Lebas, vient s’installer au boulevard de Fourmies. M. Delplace installe alors son atelier sur l’emplacement de l’ancienne bourloire.

Ce commerçant s’y entendait en fait de publicité, et n’hésitait pas à décorer sa camionnette pour attirer l’attention des clients potentiels lors des fêtes :

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Leur fille quitte le commerce en 1964, mais celui-ci continue quelques années encore, tenu par les seuls parents. Puis, vient l’âge de la retraite et le commerce est fermé en 1974. Monsieur et Madame Delplace vont s’installer dans une ferme et déménageront tout le mobilier du magasin, comptoirs compris, dans la camionnette ! C’est enfin un cabinet médical qui ouvre à cet emplacement en 1978.

Le magasin, dans son état final
Le magasin, dans son état final
 Nous tenons à remercier la fille de la maison, qui a tenu le commerce de longues années, et grâce aux souvenirs et aux documents de qui cet article a pu être réalisé.

 

 

 

 

 

 

La pharmacie depuis 1970

Mme CLERC et Mme DOOGBAUD témoignent

 On a agrandi assez vite, en 70. C’est une pharmacie qui se développait, et il n’y avait pas assez d’espace. On a élargi la vitrine en gagnant sur une pièce et en supprimant la fenêtre correspondante. La deuxième fenêtre est devenue une porte pour les livreurs, et le bureau restait sur l’avenue Linné. On a installé le chauffage central qui n’existait pas.

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L’officine en 1970 -photos collection particulière

 La façade a été agrandie, munie de deux portes, une pour la clientèle, et l’autre pour les livreurs, celle-ci donnant sur une pièce de déballage. Par ailleurs, l’espace client a été rendu plus spacieux par la suppression de la réserve attenante. Des petits comptoirs séparés ont été installés devant des armoires-tiroirs, nouveau mode de rangement des médicaments.

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L’aménagement dans les années 70

 En entrant dans la pharmacie, les clients avaient, sur la gauche, une partie en libre-service, signalée par « servez-vous », et une gondole tournante. A l’arrière, la petite cour couverte servait de réserve et de vestiaire pour le personnel. Les lois avaient évolué, et c’était devenu obligatoire.

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La vitrine dans les années 70 – photo collection particulière

 Au début des années 1980, on a créé une SCI, et on a racheté de l’immeuble, pour agrandir les locaux. On n’a pas touché à la façade, mis à part la modification du bandeau et l’ajout d’un pare-soleil : sur cette place il faisait très chaud ; on a aussi installé la climatisation, peu après. On a installé un escalier intérieur pour communiquer avec l’étage.

Au premier on a aménagé le préparatoire, le bureau et les réserves, ainsi qu’une chambre pour la garde. La réception des commandes continuait à se faire en bas. On a essentiellement fait des travaux à l’étage ; le rez -de- chaussée est resté inchangé, mise à part l’installation d’une réserve dans l’ancien bureau. A l’étage, il y avait le bureau sur la droite, puis la chambre pour la garde, le préparatoire sur la gauche suivi des réserves.

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Le plan de l’étage dans les années 80

 Auparavant, au premier, il y avait deux locataires, dont une vieille dame, qui y était déjà en 1936. On n’a jamais utilisé le deuxième étage. En 1990, on cède la pharmacie à M. Challiez. Il a racheté les murs par la suite. Il a pris sa retraite et a cédé aux pharmaciennes qui y sont actuellement. Depuis, il y a eu d’autres transformations, et, en 2013, la pharmacie a été transférée à la place du garage attenant.

La grande transformation aussi a été le passage du manuel à l’informatique dans les pharmacies. On l’a subi aussi… On a mis deux postes de travail pour la saisie. C’était imposant, ça prenait beaucoup de place. Je vois encore les gens qui me disaient « je suis dans l’ordinateur ! ». Au début, on a eu beaucoup de mal à s’adapter, ayant eu peu de formation. On a appris vraiment sur le tas. Mais on y est arrivé, parce qu’il le fallait bien. Il fallait tout entrer au clavier et ne pas oublier de sauvegarder chaque soir : il ne fallait surtout pas perdre le fichier clients !

C’était un handicap commercial, parce qu’on était tellement pris qu’on avait moins de temps pour écouter les patients. Ceux-ci devaient attendre. La carte vitale n’existant pas, on prenait une photocopie des renseignements concernant les assurés, qu’on entrait dans l’ordinateur par la suite. Ceci a modifié le temps de travail de la secrétaire qui est passé d’un mi-temps à un temps plein.

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Document Nord-Matin – 1952

Histoire d’une filature

Le 18 avril1893, Carlos Masurel-Leclercq, alors âgé de 31 ans et demeurant 78 boulevard de Paris, demande l’autorisation de construire une filature de coton sur le boulevard de Fourmies. Cette voie, récemment construite, s’arrête alors à la place de l’Avenir (future place Spriet).  Sa prolongation jusqu’à la future avenue Motte ne sera pas décidée avant 1896. L’usine sera construite sur un terrain situé à droite en venant de la place du Travail, et s’étendant jusqu’à la rue Henri Régnault. La façade de l’usine doit se prolonger vers la gauche par un mur de clôture interrompu par un portail d’accès, lui même suivi de la maison du concierge. Le bâtiment compte trois étages et six modules d’une fenêtre surmontés chacun d’un toit pointu, ainsi qu’une tour abritant un monte-charge.

Le plan original – Document archives municipales

Ce sont les premières années d’existence du boulevard, et on y trouve seulement l’usine Ternynck et fils, et l’estaminet Dubron. En 1903, notre filature prend le numéro 20, alors que le numéro 1, première maison sur le trottoir d’en face, abrite le directeur de l’usine H. Rive. Au 28, juste à côté de la maison du concierge, s’installe l’estaminet Herbaut.

En 1905, la filature change de raison sociale, et prend le nom de Dazin-Motte Fils. Le nouveau propriétaire demande en 1909 l’autorisation d’agrandir l’usine. Le plan joint à la demande prévoit 7 modules-fenêtres supplémentaires identiques aux anciens, mais sans la toiture en pointe correspondant. Une nouvelle demande d’agrandissement est faite en 1927. L’entreprise se préoccupe du bien-être de ses employées, avec une demande de construction pour une garderie d’enfants déposée en 1926. On distingue également sur les photos aériennes des jardins aménagés pour les ouvriers près de l’usine le long de la rue Bernard Palissy. Une photo datant des années 30 montre par ailleurs que la tour d’angle a été surélevée de deux étages.

Photo collection Bernard Thiebaut

Les photos aériennes depuis les années 30 montrent l’usine dans son état définitif. On y voit nettement deux extensions au bâtiment principal, ne comportant pas de toits pointus comme la construction d’origine. On distingue également les jardins ouvriers et la disposition interne de l’usine avec un bâtiment derrière la maison du concierge et deux bâtiments annexes situés le long de la rue Henri Régnault.

Photo IGN 1962

Cette photo nous montre l’usine à la fin de son existence, puisqu’elle va disparaître en 1963.Un reportage de la Voix du Nord de l’époque nous montre le bâtiment en cours de démolition et nous apprend que les travaux ont donné lieu à un accident puisque le vent, soufflant en tempête, a fait s’écrouler un mur affaibli par les travaux, tuant un ouvrier qui se trouvait là.

Photo La Voix du Nord

Le terrain de l’ancienne usine reste en friche très longtemps, et des photos de 1970 nous montrent cette zone transformée en terrain vague, les restes des anciens bâtiments, et de nombreux gravats. Cette situation perdure au delà de la construction de la résidence Palissy, érigée à l’emplacement du bâtiment principal de la filature.

Documents archives municipales

Ainsi se scelle le destin d’une des nombreuses entreprises textiles roubaisiennes, qui prélude à bien d’autres disparitions.

 

Un centre médico-social

Pendant très longtemps, la préoccupation du suivi sanitaire des enfants a été l’apanage des organismes privés ou des œuvres de charité. On trouve trace dans les documents d’archives, de crèches attachées aux usines. C’est le cas de l’usine Dazin Motte, située boulevard de Fourmies.

1 – Chambre d’allaitement de la filature Étienne Motte au début du siècle – coll. Particulière
2 –  Le foyer du vieillard boulevard de Reims – photo Nord Éclair 1947
 3 – Extrait d’une demande de permis de construire. Entreprise Dazin-Motte 1926 – document Archives municipales

 

Entre les deux guerres, la municipalité se préoccupe de favoriser de meilleures conditions de vie pour les classes laborieuses, et de traiter les problèmes d’hygiène : création du centre aéré et de l’école de plein-air, construction d’écoles claires et aérées, dotées de lavabos nombreux, établissements de bains, dispensaires. Mais aussi, rénovation de l’habitat et résorption des logements insalubres dans de vastes programmes de constructions. On trouve pèle-mêle dans le Ravet-Anceau de 1935, à la rubrique « établissements de bienfaisance » les crèches municipales des rues de Sébastopol et de Tourcoing, le dispensaire anti-tuberculeux de la rue des Longues Haies, et les différents hospices civils.

En 1946, M. Henri Quint, directeur du service d’hygiène et des sports publie un rapport visant la protection sanitaire des femmes enceintes, la protection sociale des futures mamans, la surveillance médico-sociale des enfants, la mise en place de consultations pour les nourrissons,et la création d’un service social de l’enfance. L’année suivante, Nord Éclair recense 12 foyers du vieillards dont un boulevard de Reims et un au Raverdi, alors que le Cavet-Anceau de 1955 indique des centres sanitaires et sociaux rue de Cassel, rue Decrême, au 209 rue Ingres, ainsi que rue Marie Buisine et rue de Tourcoing. Ils sont répartis sur le territoire de Roubaix de manière à desservir tous les quartiers. On recense aussi trois crèches municipales : rue Marie Buisine (quartier du Pile), rue de Tourcoing, et au 211 rue Ingres, au coin de l’avenue Linné.

Le conseil municipal décide en 1956, dans l’esprit du rapport de M. Quint, de développer un programme de constructions dans ce domaine, et, en 1950, on projette de créer un centre sanitaire et social boulevard de Reims à l’angle de la rue Jean-Baptiste Notte, à l’emplacement du château Bossut-Plichon, dénommé plus tard le château Droulers, sur un terrain resté libre après la construction de la Potennerie Blanche. Ce projet n’aboutira pas, et on construira finalement des immeubles sur ce terrain pour reloger les derniers habitants de l’îlot Edouard Anseele.

Mais le projet suit son cours. En 1960, on construit une série de centres sociaux : rue de Cassel à l’emplacement du château Wibaux, boulevard de Metz, rue Decrême, rue Marie Buisine et boulevard de Fourmies, de manière à desservir l’ensemble de la ville en évitant des déplacements inutiles. L’idée est de regrouper les services en ouvrant des centres polyvalents. C’est ainsi que le centre du boulevard de Fourmies doit comprendre des centres médico-scolaire, médico-sportif, de vaccinations, de protection maternelle et infantile, un centre social et de médecine du travail. A cela doit s’ajouter un foyer du vieillard et une crèche. Il sera bâti sur un terrain appartenant à la ville au coin de la rue Charles Fourrier.

Plan archives municipales

L’architecte H. Hache, déjà choisi pour la construction du centre préalablement prévu boulevard de Reims, est associé à P. Dessauvages pour la réalisation. Victor Provo inaugure cette année là un centre de désinfection quai de Gand et pose le même jour la première pierre du centre boulevard de Fourmies et de la crèche de la rue de Cassel. Les travaux de construction s’étendent sur l’année 61, et l’inauguration du centre est faite l’année suivante par Victor Provo, qui prononce son discours dans la nouvelle salle de restaurant du foyer du vieillard.

Le chantier – Photos Nord Éclair et Nord Matin

 

 

N°3 boulevard de Fourmies

le Boulevard de Fourmies reste peu construit dans la première partie de son existence et, en particulier, dans la partie proche de la place du travail. La première numérotation en 1903 place les numéros 1 et 3 après la rue Messonnier, la première construction étant ensuite le numéro 23. A la suite de plusieurs renumérotations, ce numéro 23 semble avoir été érigé là où se trouve aujourd’hui une banque au numéro 63.

Aucune construction donc dans le haut du boulevard en 1922, alors que Fernand Devaleriola, habitant 29, rue des Fleurs, dépose une demande de permis de construire pour une maison, dont il joint le plan. La maison n’est apparemment pas bâtie immédiatement ; elle n’apparaît dans le Ravet-Anceau au numéro 3 qu’en 1929. Y habite alors un monsieur A Joëts.

3bdFourmiesLe plan de 1922, le plan du magasin (Archives Municipales Roubaix) la vue 2011 (photo JPM)

Le rez-de chaussée de cette maison d’habitation est ensuite convertie en magasin : Fernand Devaleriola demande en 1931 l’autorisation de cimenter la façade et d’y placer une vitrine. Il joint un plan de la future façade.

En 1932 et 1933, le Ravet-Anceau indique G.Depaepe au 3 bis, et A. Joëts, lingerie au 3 ter. En 1939, on trouve J.Claeys, et le magasin est maintenant une chemiserie. De1955 à 1961, on retrouve F. de Valeriola, et, cette fois, un magasin d’électricité. De 1965 à 1978 Mme Brame Jacqueline y tient un salon de coiffure pour dames. Le commerce disparaît peu après, puisqu’on n’en trouve plus trace à partir de 1983.

La photo actuelle montre bien le peu de modifications apportées à l’immeuble depuis 1931 : la vitrine est semblable, et la façade a peu évolué : les fenêtres ont été changées, et celle du second semble avoir été légèrement déplacée vers la droite.

Qui pourra donner quelques précisions sur cette maison et sur les commerces qu’elle a abrités ? A vos commentaires…