Un marcheur roubaisien

Tout comme Maurice Garin dans un autre sport, Louis Lebacquer est un roubaisien d’adoption qui a déjà brillé dans sa discipline la marche, avant que la guerre n’interrompe sa carrière. Né à Paris en Janvier 1919, il a passé ensuite de nombreuses années à Le Cateau dans le Nord avant d’arriver à Roubaix. Louis Lebacquer est un artisan ravaleur de façades, il habitait était 6 rue Inkermann à Roubaix et il avait un garage rue Miln pour entreposer son matériel.

Louis Lebacquer ravaleur de façade en 1965 Photo NE

Le néo roubaisien devient membre de l’académie des sports de Roubaix où il peut ainsi reprendre la pratique de son sport, la marche, que les années de guerre et de captivité ont interrompue. Il participe aux 28 heures de 1961, et finit 4e alors que l’aulnésien Charles Guny réalise le triplé en remportant l’épreuve. Louis Lebacquer est alors âgé de 42 ans. En 1962, il mène l’épreuve de bout en bout et marchera 242 kms. C’est sa première victoire avec une tactique qu’il n’abandonnera pas les années suivantes.

Victorieux en 1962 Photo NE

En 1963, Louis Lebacquer gagne les 28 heures pour la seconde fois, un tantinet déçu de ne pas avoir battu le record de distance de Gilbert Roger (250 kms), il s’en faut de quatre kilomètres. En 1964, l’épreuve se déroule en juin et se trouve réduite à 22 heures. Louis Lebacquer l’emporte pour la troisième fois devant un autre membre de l’ASR, Francis Strunc. L’épreuve de 1965 retrouve le mois de septembre et un Louis Lebacquer arborant un beau maillot de champion de France. Bien qu’il soit l’homme à battre, il ne change rien à sa tactique, attaque très tôt et creuse l’écart. Il remporte les 28 heures pour la quatrième fois. En 1966, Louis Lebacquer, devenu Ptit Louis pour ses supporters, s’est fixé comme objectif de battre le vieux record de Gilbert Roger. Ce qu’il fera en remportant l’épreuve pour la cinquième fois et en parcourant 255,540 kms.

L’année du record 1965 Photo NE

En 1967, populaire et imbattable sur son épreuve de prédilection, Louis Lebacquer parle de retraite, il est vrai qu’il approche la cinquantaine. Néanmoins il remporte les 28 heures pour la sixième fois. En 1968, malgré des conditions atmosphériques difficiles, il est à nouveau vainqueur, pour la septième fois. 1969 est l’année de la transition pour les 28 heures. L’organisation de l’épreuve passe de la défunte Académie des Sports de Roubaix au toujours vaillant Racing Club Roubaisien. Louis Lebacquer a cinquante ans et il a déjà remporté quelques épreuves avant de s’aligner au départ des 28 heures. Subissant une défaillance, il est contraint à l’abandon. Il sera tout de même à l’arrivée pour féliciter le vainqueur, le normand Landreau. Ptit Louis sera au départ de l’édition de 1970. Après un beau duel avec le luxembourgeois Josy Simon qui restera toujours à une quinzaine de minutes de lui, Louis Lebacquer sera intraitable et remportera l‘épreuve pour la huitième fois. C’est là sa dernière participation en tant que marcheur.

La huitième victoire Photo NM

Mars 1900

01 Le Nord Touriste se réunit pour définir le tracé de la première route cyclable de Roubaix à Lille. Voici donc l’itinéraire : boulevard de Paris, à la Montagne prendre l’avenue droite et suivre l’ « avenue des cyclistes » qui commence à droite du kiosque du jardin de Barbieux pour aboutir près de l’ancien club hippique à la grande artère du beau jardin qui conduit sur la route de Lille au pont de Croix, soit directement ou par le chemin du nouveau club hippique, suivre la route de Lille jusqu’au pont du Broeucq tourner alors à droite et suivre le chemin vicinal venant de Wasquehal à Hem (Planche Epinoy) jusqu’au Recueil, estaminet du signal d’arrêt. Tourner à droite et suivre le trottoir de l’Hempempont à Flers et Fives. Pas de grand boulevard à l’époque, ni de tramway. On rejoint donc ce qu’on appelle de nos jours la vieille route de Lille.

01 Le Stade Roubaisien se réunit au café Belle Vue Grand Place à 20 h 30 pour évoquer son calendrier de rencontres.

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02 Malgré la dissolution de la société du Vélodrome Roubaisien, la grande épreuve Paris Roubaix aura bien lieu et l’arrivée se déroulera sur la piste du vélodrome. Les liquidateurs de la société ont accepté de la prêter au journal Le Vélo dont le directeur M. Paul Rousseau sera prochainement à Roubaix pour régler définitivement la question.

05 Le Moto Club Roubaisien récemment créé prépare une course de motocycles sur le parcours Roubaix Béthune. Les chauffeurs intéressés sont priés de se faire inscrire au siège du club, Café Léon Boulevard de Paris Roubaix.

05 La réunion générale des membres du Club l’Avenir Athlétique Roubaisien se fera à son local, 94 rue de France. Une démonstration du système d’entraînement Sandow par petites haltères y sera présentée.

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05 L’administration des Bains Roubaisiens (rue Pierre Motte) va inaugurer la saison par une fête nautique. Au programme une partie sportive de natation et une partie récréative, de sorte que tout le monde y trouve son compte !

06 Football. L’Institut Technique a battu l’équipe III du RCR par 3-1. Le Stade Lillois a battu le Stade Roubaisien par 5-3.

14 Le Contre de Quarte de Roubaix est invité à la fête organisée à Tournai par le Cercle d’escrime des artilleurs de la garde-civique. Les tireurs suivants ont été désignés, pour l’escrime MM Leriche fils, Faure, Dumas et Vanclef. Pour la boxe, MM Lorthiois, professeur et Huvenne, amateur.

19 Les courses de taureaux avec mise à mort sont déclarés interdits sur la voie publique ou dans des locaux ouverts au public, comme tous les combats, jeux ou spectacles dans lesquels des animaux sont destinés à être tués ou blessés. Paris 17 mars, sur proposition de loi de MM Bompard, Bertrand et Charles Bos. Amendes et emprisonnements sont prévus pour les participants ou entrepreneurs de tels jeux ou spectacles. Amendes à ceux qui les annoncent.

23 L’Association Sportive Roubaisienne organise un cross country de huit kilomètres réservé à ses membres. La course terminée, on se retrouve au local, 32 rue Jeanne d’Arc à Roubaix.

24 Les heures de départ du prochain Paris Roubaix sont fixées : pour les cyclistes 8 h 30 précises à Châtou, de façon à ce que le gros des arrivées se produise durant l’après midi. Pour les chauffeurs, ils ne partiront qu’à 10 h 30, compte tenu des vitesses obtenues dans les récentes courses de motocycles.

Jean Motte champion de France des poids lourds

Di Meglio à gauche et Jean Motte à droite Photo JdeRX

Le dimanche 12 février 1939 à Lille, après quatre minutes et trente cinq secondes de combat, un splendide crochet du droit met au tapis le marseillais Di Méglio. L’auteur de ce geste pugilistique est Jean Motte, qui devient ainsi champion de France au Palais des Sports de Lille, à la grande joie des supporters roubaisiens et de son manager Édouard Dubus.

Personne ne s’attendait à une victoire si nette et si rapide. Ce titre couronne la carrière d’un boxeur encore jeune, il a 25 ans, et il est plein d’avenir. Jean Motte confiera par la suite qu’il avait senti qu’il pouvait gagner dès le premier round, car Di Méglio avait accusé les premiers coups. Il a vu l’ouverture et saisi sa chance. Le combat était prévu en douze rounds de trois minutes et Jean Motte accusait quatre kilos à son adversaire, 85 kg contre 89. Les deux adversaires ne se connaissaient pas et pendant le premier round ils se testent, quoique Jean Motte, plus nerveux et plus agressif, marque deux fois le marseillais au corps et au visage par des droites. À l’entame du second round le roubaisien cherche le corps à corps et Di Méglio se dégage, mais à ce moment précis, Motte bondit et place un terrible crochet du droit. Le marseillais tombe sur le dos, tente de se relever mais n’y parvient pas, il est KO.

D’après la presse de l’époque

Praxille Gydé champion d’Europe

Praxille Gydé à gauche Willie Metzner à droite championnat d’Europe 1932 Photo JdeRx

Le 1er novembre 1932, se dispute un combat important à l’hippodrome lillois qui permettra d’attribuer le titre de champion d’Europe des poids mouches. Le tenant est le champion d’Allemagne Willie Metzner et son challenger est le roubaisien Praxille Gydé, dit Gydé jeune. L’allemand est plus grand que le français et plus près de la catégorie des coqs que des plumes. Il est d’ailleurs champion d’Allemagne de la catégorie coqs. Si la boxe du français est plus stylée, plus variante, plus étincelante, celle du champion allemand est plus mordante, plus vigoureuse, plus puissante.

Metzner arrive à Lille la veille du combat, accompagné de son manager et de M. Offermann juge allemand désigné pour donner une des trois décisions du combat. Praxille Gydé s’est entraîné au Mont de l’Enclus où il est resté le plus longtemps possible avec son entraîneur, le célèbre professeur Dubus. Il se présente à la pesée qui a lieu le matin à 11 heures.

Le match va se dérouler en quinze rounds de trois minutes. Outre Offermann le juge allemand, il y a aussi un juge belge De Munter et un juge français, Henri Decraene. C’est le juge belge qui arbitre la rencontre.

Praxille Gydé est alors champion du nord. Il est présenté comme un petit champion modeste, timide et travailleur, issu d’une famille nombreuse. Longtemps desservi par les juges parisiens qui l’ont privé selon la presse locale du titre national, le voici en lice pour championnat d’Europe.

Metzner, connu comme un boxeur dangereux et puissant, sera cependant battu. Gydé, rapide, doté d’un souffle inépuisable, boxe avec un allant et une précision admirables. Il va  littéralement écœurer le dur allemand, pris de vitesse, qui ne pourra rien contre la pluie de gauches décochés par son adversaire. Cela se traduit par un abandon à la huitième reprise.

Lors du premier round, Gydé touche plusieurs fois du gauche. Pendant la seconde reprise, c’est une bataille en corps à corps, l’allemand cherche à toucher en swing, mais Gydé esquive et touche encore du gauche. Au cours du troisième round, Metzner place quelques crochets du droit, Gydé riposte en courts swings du gauche et en directs, le match semble s’équilibrer. Quatrième round, l’allemand touche le français avec un dur crochet du gauche au visage, Gydé saigne du nez. Mais il ne ralentit pas pour autant, attaque toujours du gauche, Metzner encaisse. Cinquième round, l’allemand attaque, Gydé esquive, une droite pour l’allemand, contre de nombreux directs et crochets du gauche pour le français. Sixième round, Metzner toujours à l’attaque est arrêté par les gauches de Gydé, un coup de tête de l’allemand ouvre l’arcade gauche du français. Septième round, Metzner attaque toujours sans succès, Gydé l’arrête toujours et encore. Il touche plusieurs fois son adversaire au visage. Huitième round, les gauches au visage continuent, avec deux crochets au foie, l’allemand est acculé dans un coin du ring, le souffle coupé. Dures séries au corps et au visage. L’arbitre sépare les combattants, Metzner lève la main en signe d’abandon. C’est fini, Praxille Gydé est champion d’Europe.

d’après la presse de l’époque

Auguste Gydé, dit Gydé aîné

Auguste Gydé, dit Gydé aîné CP Méd Rx

Auguste Gydé est né le 24 juin 1904 à Roubaix, d’un père peigneur et d’une mère ménagère. S’il reste Gydé aîné pour la postérité des boxeurs de la famille, il n’est cependant que le second enfant de la longue fratrie des Gydé, après sa sœur Julie et devant son cadet Praxille.

Sa carrière pugilistique commence en 1923 dans le team du professeur Dubus au sein de l’Académie des Sports sise 41 rue du chemin de fer. Il boxe dans les poids moyens et s’affirme très vite comme un cogneur, ce qui lui vaudra la réputation d’être le roi du KO. On lui prête une carrière de plus de 500 combats, ce qui est énorme. En en peu plus de vingt ans de carrière, cela lui fait une moyenne de vingt à vingt cinq combats par an ! Mais il a fait de la boxe son métier, ce qu’il affirme sur son acte de mariage en 1926. Le métier de boxeur le fait-il vivre ? En tous cas, il le fait voyager.

Même s’il boxe beaucoup à Roubaix (Salle Watremez, Hippodrome Théâtre, salle de l’académie des sports), il est présent sur les rings de la région : Lille, Tourcoing, Armentières, Valenciennes, Douai, Denain, Liévin, Dunkerque, Boulogne sur mer, Calais, entre autres rencontres régionales. Il combat un peu partout en France : à Paris (Sporting Club de France, Ring de Belleville, Salle Wagram), à Marseille au Grand Casino, à Nîmes dans le cadre des arènes, à Brest au théâtre municipal. Il participe à de nombreux galas en Belgique : à Mouscron, Liege, Bruxelles, Courtrai, Ronse, à la Halle-aux-Draps de Tournai… Il tourne régulièrement en Grande Bretagne, où il ne gagne pas souvent mais où il est très apprécié : Northhampton, au Stadium de Liverpool, Holborn, à Portsmouth, Newcastle, au Ring Blackfriars Road de Southwark. Impossible de tout citer ! On le retrouve même à Barcelone.

Beaucoup de combats et au bilan un solde positif des victoires sur les défaites. Mais peu de titres : ainsi le 11 janvier 1929, il affronte Raymond Defer sur le ring de l’Hippodrome Lillois, pour le titre des poids plume. Il est battu aux points. Deux ans plus tard, le 11 août 1931, il enlève le titre de champion de France des poids léger après sa victoire aux points contre Marius Baudry le tenant du titre sur le ring de l’Hippodrome douaisien.

Auguste Gydé ne connut pas la gloire de son cadet qui fut champion d’Europe en 1932, mais il vécut plus longtemps que lui. En effet si Praxille décède en 1946, à presque quarante ans, l’aîné des Gydé vivra chichement jusqu’à son décès intervenu dans le Val d’Oise en 1984, soit à l’âge de quatre-vingts ans.

Fernand Detré, champion des Flandres

Fernand Detre Photo JdeRx

Fernand Detré est né en 1897 à Roubaix d’un père apprêteur et d’une mère soigneuse. L’occupation allemande de la première guerre diffère son appel sous les drapeaux. Il sera néanmoins mobilisé en 1919 et fera sa campagne de guerre entre le 5 juin et le 9 septembre avec les troupes d’occupation. Puis il exerce la profession de peintre en bâtiment. C’est un homme aux cheveux châtains et aux yeux marrons, dont le visage ovale laisse apparaître un menton saillant et de grandes lèvres épaisses. Il mesure 1,70 mètre et commence la boxe à l’académie des sports de Roubaix, dirigée par le déjà célèbre professeur Édouard Dubus. Il rejoint là un grand nombre de boxeurs débutants qui vont être formés par l’ancien sociétaire de l’école de Joinville.

On sait peu de choses sur sa carrière qui démarre vraisemblablement en 1920. Il combat régulièrement dans la salle des Orphéonistes, ou salle Watremez. Il apparaît aussi dans les galas de l’époque à Lille, Anzin, Tourcoing, Haubourdin. Il combat en Belgique, à Charleroi, Liège, Gand. Il devient très vite champion des Flandres. À l’époque, il habite rue des vélocipèdes à Roubaix dans une courée du quartier de l’épeule. Son heure de gloire intervient en mars 1923, date à laquelle Fernand Detré, toujours champion des Flandres, se voit classé premier de la catégorie des mi-moyens par la Fédération Française de Boxe. Il devance Young Travet qui fut boxeur professionnel de 1921 à 1927 et le champion de France de l’époque Raymond Porcher professionnel de 1918 à 1931. Pour cela, il aura livré 28 combats et concédé trois défaites, d’ailleurs contestées, dont l’une à Paris contre Young Travet sur le ring de Belleville, la décision des juges étant huée par le public. Detré a demandé plusieurs fois sa revanche auprès de Travet mais sans succès.

Fernand Detré reçoit donc la médaille d’or qui récompense le meilleur boxeur français de sa catégorie de la période et l’écharpe du journal l’Auto qui parraine l’épreuve. Il semble toutefois que sa carrière se soit arrêtée l’année suivante.