Le Mont à Leux

Rue du Mont à Leux CP Coll Particulière

J’ai grandi au Mont à Leux dans les années 50 et 60 dans une maison située à quelques mètres de la frontière. Nous n’avions pas de salle de bains et nous nous chauffions au charbon. Au bout du jardin, passait le riez qui débordait régulièrement en cas de fortes pluies. Les maisons de la rangée étaient souvent inondées et il n’était pas rare d’avoir la visite de rats de la taille d’un lapin !

La douane française du Mont à Leux CP Coll Particulière

Pour les courses, nous allions souvent en Belgique. La douane était tenue 24 heures sur 24 et les contrôles étaient quasi systématiques. Certains douaniers étaient très stricts et d’autres plus conciliants. Il fallait donc bien regarder qui était de service avant de passer la frontière. Il fallait aussi ruser. Pour aller acheter des chaussures en Belgique, on mettait de vieilles chaussures aux pieds et on les laissait chez le marchand. Au retour, on avait soin de salir les nouvelles chaussures avant de repasser la douane. Un jour, mon futur mari est allé acheter un imperméable. Il l’a mis, l’air de rien, sur son bras pour revenir en France. Comme c’était un jour de grand soleil, la sagacité du douanier n’a pas été prise en défaut et il a du payer une amende.

Après la douane belge, la grande rue du Mont à Leux et ses magasins Coll Particulière

Je me souviens aussi des gros camions qui stationnaient longuement devant la maison le temps des démarches administratives.

L’église St Gérard CP Coll Particulière

Pour les courses en France, nous avions une épicerie au bout de la rangée sur le même trottoir. Dans le proche quartier Saint Gérard, où l’église a été désacralisée depuis, nous trouvions boulangerie, boucherie, pharmacie, mercerie et papeterie. C’est dans ce quartier que j’ai fait ma scolarité primaire. Ensuite, pour aller au collège dans le centre de Wattrelos, notre quartier n’étant pas desservi par les transports en commun, je devais me rendre à pied au Sapin Vert.

Remerciements à  Chantal Vancaelemont pour son témoignage

Octobre 1900

Cyclisme : le Grand Prix de Roubaix au vélodrome roubaisien. C’est le départ des séries. Les amateurs de Roubaix et de la Région sont privilégiés car ils pourront voir s’affronter les deux premiers sprinters du monde, Jacquelin et le hollandais Meyers. Les portes du vélodrome seront ouvertes à une heure et un service d’omnibus et de tramways fonctionnera toutes les cinq minutes.

Edmond Jacquelin Dessin JdeRx

Escrime : l’union des sports athlétiques a organisé dimanche dernier une séance intime qui a remporté un franc succès. Les assauts ont été organisés par l’excellent professeur Dubar, ils ont opposé MM Léon Poissonnier et André Desreumaux, L. Cresson et René Dubrulle, H Cresson et Georges Schiller, A. Valcke et Jean Dubrulle. Les exercices d’athlétisme ont eu leur part de succès avec Achille Scrépel qui a soulevé toute la série des poids jusque 110 kilogs. Un jeune athléte, Monsieur Boussier, s’est également distingué. Pour terminer le programme, une partie de lutte s’est déroulée entre MM Dewas et Desmet. Les spectateurs se sont retirés enchantés.

Le vélodrome de Barbieux CP Méd Rx

Cyclisme : la reprise possible du vélodrome roubaisien. Suite à la liquidation judiciaire de la société anonyme du Vélodrome Roubaisien, Me Buns, huissier, procédera le lundi 12 novembre prochain à la vente aux enchères publiques de tous les bois dépendant de la construction des arènes et de tous les bois et objets mobiliers et matériel du Vélodrome. On parle d’une nouvelle société composée de sportsmen acharnés qui se formerait pour empêcher la disparition irrémédiable de la piste.

Football : sur le terrain du RCR, match comptant pour le championnat du nord entre les équipes premières du Sporting club Tourquennois et du Racing Club Roubaisien.

Joseph Charlemont

Escrime : la fête du contre de quarte accueillera le champion national de boxe Charlemont. C’est une fête qui est donnée au profit des pauvres et qui se déroule à l’Hippodrome le dimanche 4 Novembre. Le champion du monde Gustave Sandras sera également de la fête. On annonce également la présence du sympathiqe et intéressant « Broutteux ».

Cyclisme : une course Roubaix-Armentières est remise au 28 octobre pour cause de mauvais temps.

Tir : le tir national de Roubaix dont le stand se trouve au n°311 de la Grand Rue a organisé un grand concours le 28 octobre. Ce concours se déroule en deux catégories : les tireurs ayant été classés une fois dans les cinq premiers ou deux fois dans les dix premiers lors des concours fédéraux antérieurs. À Roubaix se trouvent dans ce cas, MM Arthur Desrousseaux, Victor Leclercq, Henri Vandaele et Gustave Vouzelle. La deuxième catégorie comprend tous les autres tireurs.

N° 1 boulevard de la République

Le N° 1 du boulevard de la République, est le premier bâtiment que l’on aperçoit, quand on arrive du Pont Saint Vincent, par la rue d’Alsace, en direction de Tourcoing.

( Photo BT et document P. Simoens )

Cet immeuble, assez imposant, sur 4 niveaux ( 1 rez-de-chaussée et 3 étages ), se trouve à l’angle du Boulevard d’Armentières. Le début de la construction date de 1878. En 1885, la brasserie Pollet-Jonville, sise au 52 rue de l’Espérance, se porte acquéreur du bâtiment, pour y créer un estaminet, car l’emplacement est idéal.

Estaminet Buyse en 1906 ( document collection privée )

Divers commerçants se succèdent alors pour gérer le café tenu par la brasserie : H. Liénard en 1900, Mlle Buyse en 1906, Ch Baillon en 1914, J Delbecq en 1928. En 1932, un incendie ravage une partie du commerce. La brasserie propriétaire des lieux qui s’appelle désormais Pollet-Watine, demande à l’entreprise d’André Dussart d’effectuer les travaux de rénovation. Ensuite, Mme Mullier gère le café à partir de 1937. Après la seconde guerre mondiale, Mlle Renée Desmul reprend le commerce, et le transforme en parfumerie-papeterie.

Publicité 1946 ( Document collection privée )
Publicité 1948 ( Document collection privée )

Renée Desmul s’occupe donc de 2 commerces différents, sous le même toit ; des articles de parfumerie de grandes marques, des produits de beauté d’instituts parisiens, mais également des articles de papeterie : crayons, stylos, cahiers. A la fin des années 1950, le commerce de parfumerie-papeterie est géré par Mme Vve Dumonteil, et peu de temps après, par G Pinchart. Au milieu des années 1960, Amédée Henon-Doye reprend le point de vente, mais abandonne les articles de parfumerie, pour ne se consacrer qu’à son commerce de librairie-papeterie. Christian Pezellier rachète l’immeuble en 1979. Le rez de chaussée commercial est occupé en 1982 par un fournituriste de bureau : Buro-Service et, en 1987, par une agence de travail intérimaire : Flandres Interim.

Travaux de 1989 ( document archives municipales )

En 1989, le propriétaire entreprend de gros travaux de rénovation du bâtiment, et, après quelques mois, en 1990, la façade est entièrement rénovée : le résultat est magnifique. Le rez de chaussée peut être remis en location.

Document archives municipales 1990

Au début des années 2000, une agence immobilière s’installe : Valeurs sûres.

Document Google Maps 2008

Puis au début des années 2010, lui succède un salon de coiffure : L’esprit coiffure.

Document Google Maps 2011

En 2014, Philippe Simoens, gérant de l’entreprise Arliane, ( diagnostic immobilier ), dont les bureaux sont installés au 25 rue d’Alsace, souhaite déménager pour trouver un meilleur emplacement, plus spacieux . Il déménage ses locaux au rez de chaussée du 1 Bld de la Republique

Photo BT

Philippe Simoens rachète l’immeuble en 2018 et demande à son architecte de transformer la salle d’accueil pour en faire un lieu plus accueillant, plus chaleureux et sympathique.

Documents P Simoens

Remerciements aux archives municipales et à Philippe Simoens

La ligne 3

En mars 1861 François Henri met en place un service de voitures publiques comportant 10 places entre Roubaix et Lannoy. On voit bien l’importance de la demande pour des transports en commun entre ces deux villes, et il n’est pas étonnant qu’une quinzaine d’années plus tard, dès que la concession des tramways est attribuée à la Compagnie des Tramways de Roubaix et Tourcoing, 21 rue du grand Chemin, les projets étudiés prévoient 3 lignes dont la troisième doit justement relier les grand-places de Roubaix et de Lannoy. La construction des lignes débute en février 1877, et l’exploitation débute mars 1878 sur les premiers tronçons posés, avec des départs toutes les 10 minutes. L’inauguration de la ligne 3 jusqu’à la place de Lannoy a lieu en octobre 1879. Les voitures sont traînées par des chevaux. Elles comprennent un compartiment central fermé et des plate-formes extrêmes, ouvertes, où officie le cocher.

Ci-dessous une voiture à cheval qui stationne devant le kiosque formant salle d’attente devant l’église St Martin.

Document collection particulière

En mars 1879, la ligne, qui, venant de la grand place, se détache de la ligne 2 grand rue au niveau de la place de la Liberté, ne dépasse pas encore la traversée de la rue du Tilleul après 900 mètres sur les 2700 prévus. Elle suit le trottoir de la place de la Liberté avant de s’en écarter pour prendre l’alignement du centre de la chaussée de la rue de Lannoy.

La voie poursuit sa route au centre de la chaussée. Jusqu’au hameau de Bury, aujourd’hui dans le quartier de la Fraternité. Ensuite, le ministère autorise le tracé en accotement, mais la voie suivra finalement l’axe de la chaussée de bout en bout. On double la voie à certains endroits, notamment sur la place St Elisabeth, la place de la Liberté, la Justice devant l’octroi, de pour permettre le croisement des voitures.

En même temps, la ville demande la concession d’une partie « suburbaine », pour prolonger la ligne au-delà des limites de Roubaix jusqu’à la place de Lannoy. Dans ce tronçon, la pose de la voie ne pose pas de difficultés, mis à part au droit de l’estaminet Lienard, qu’on finira par exproprier parce qu’il dépasse de deux mètres l’alignement, et dans l’étroite rue menant à la place de la mairie. L’ensemble est mis en exploitation à la fin de l’année 1879, bien que la compagnie ait anticipé sur l’autorisation officielle d’ouverture des travaux !

En 1882, la compagnie fait faillite, et les travaux d’extension du réseau sont arrêtés, mais l’exploitation continue sur les lignes existantes, sous la direction du syndic. Cette situation va durer plusieurs années. Enfin la situation se débloque et en 1894, la Compagnie Nouvelle des Tramways de Roubaix et Tourcoing reprend la concession. Elle se propose d’électrifier la traction et de changer l’écartement de la voie, qui était à 1 mètre 44 pour la passer à un mètre. La ligne 3 est mise en service en janvier 1895. Elle prend l’indice C en 1905. Son tracé qui partait de la place de la Liberté est modifié pour, au sortir de la grand place, emprunter la rue Pierre Motte et le boulevard Gambetta avant de tourner dans la rue de Lannoy. Son terminus est maintenant la gare qu’elle rejoint par l’avenue Lebas. En 1909, la ligne est prolongée jusqu’à la douane de Toufflers, alors qu’une autre ligne, dénommée C barré, s’arrête à la Justice.

On voit ici un ancien tramway hippomobile, alors transformé en remorque, stationner sur la grand-place

Suivons maintenant la ligne. A son extrémité, la voie dessine une sorte de raquette devant la gare, contournant le kiosque au centre de la place, pour permettre aux trams d’effectuer un demi-tour avant d’arriver à l’arrêt, placé le long du trottoir. Elle se dirige ensuite vers la grand place en empruntant la double voie récemment posée le long de l’avenue de la Gare, comme on l’appelle à l’origine. Une motrice, probablement de type 51 à 62 de 1894, et sa remorque type B 100 attendent au terminus de la ligne C devant la gare. Une autre, de la même série mais en état d’origine, descend l’avenue Lebas.

Documents collection particulière

Arrivée à la grand place, la ligne, au lieu de tourner tout de suite à gauche pour s’arrêter devant l’église St Martin, comme elle le faisait auparavant, traverse la place en parcourant un « S » pour se ranger face à la bourse, le long des voies de la ligne des TELB. Les deux photos suivantes nous montrent une voiture de type 250 de 1897. qui vient de la gare et se dirige vers l’arrêt devant la bourse et la rue Pierre Motte, et une motrice série 1 à 18 de 1895 qui arrive à ce même arrêt.

La ligne suit d’abord la rue Pierre Motte, où elle voisine avec la ligne F des Tramways de Lille et de sa Banlieue (TELB), puis emprunte le boulevard Gambetta à contre sens. Elle rencontre un premier arrêt offrant l’abri d’un kiosque aux voyageurs sur le terre plein du boulevard. Cette portion de voie est emprunté par d’autres lignes de la compagnie des TRT. Elle tourne ensuite à 90 degrés en coupant la voie du Mongy pour entrer dans la rue de Lannoy en passant devant le café de la Tonne d’Or.

Ci-après une motrice Buire 500 de 1910 rue Pierre Motte, et une motrice 600 ELRT de 1927 suivie de sa remorque de la série 800 vue dans les années 50 devant le kiosque de l’arrêt de la Tonne d’Or, puis une motrice 300 TRT de 1906 et sa remorque qui amorcent la courbe place de la Liberté, et enfin une motrice série 1 à 18 de 1895 qui s’engage dans la rue de Lannoy.

A suivre.

Les documents proviennent de la médiathèque de Roubaix et des archives municipales.

Pelotes de Laine, chaussettes et vinyles.

Henri Bausier est commerçant. Il gère un commerce Phildar, à Tourcoing, dans les années 1950. Il devient dépositaire Pingouin-Stemm, en 1960, et s’installe à Roubaix au 3 rue Pierre Motte. C’est un endroit idéalement bien placé, car situé dans une artère très commerçante de la ville, à 10 mètres de la Grand-Place. Le 3 rue Pierre Motte est un ancien café-friture, qu’Henri fait transformer en magasin de détail des produits Pingouin-Stemm, qui sont, bien sûr, les célèbres marques de la  »Lainière de Roubaix », leader en pelotes de laine Pingouin et en chaussettes Stemm.

Façade ( documents archives municipales )

 

Publicités ( documents collection privée )

Il fait construire un mur de séparation à l’intérieur, entre le couloir et le magasin, de façon à ce que les propriétaires du bâtiment, les deux sœurs Victorine et Jeanne-Alphonsine Van Weynsberger, puissent regagner leur habitation à l’étage, sans devoir traverser le magasin. Les travaux sont confiés à l’entreprise d’Isidore Baseotto à Tourcoing.

Ouverture du magasin ( document Nord Eclair Nov 1960 )

L’ouverture a lieu début Novembre 1960. Les roubaisiens découvrent un magasin accueillant et chaleureux : les comptoirs sont en laque, les pelotes de laine aux coloris infinis sont exposées sur toute la longueur du mur, les chaussettes sont vendues en libre-service. L’inauguration se fait en présence de Mr le maire, Victor Provo. Pendant toute la semaine d’ouverture, Henri Bausier offre des louis d’or, à la clientèle, par tirage au sort.

Henri Bausier dans son magasin ( document JJ Bausier )

Le démarrage de l’activité est satisfaisant. Henri Bausier est bon commerçant, très sensible au service apporté à la clientèle, et passionné par la publicité qu’il utilise très régulièrement, dans la presse locale.

( documents Nord Eclair )

Henri développe ensuite une gamme de produits complémentaires : les bas, collants, cravates, les tapis Pingouin à faire soi-même et également les machines à tricoter. Gisèle, son épouse, lui apporte une aide précieuse à la tenue du magasin et à l’accueil de la clientèle principalement féminine. A côté de son magasin, au 1 bis, se trouve une mini-cave. Henri Bausier connaît bien son voisin M Delepierre, commerçant en légumes. Les deux hommes vont créer ensemble, un commerce de tricots, pour distribuer dans ce point de vente, des produits de la marque Rodier en 1967, à l’enseigne  »Jeune ».

Le magasin  »Jeune » au 1 bis – Façade et intérieur ( documents JJ Bausier)

Henri Bausier confie à son fils, Jean-Jacques et à une jeune vendeuse, la gestion du magasin. Le succès n’est pas vraiment au rendez-vous, car les tricots Rodier sont peut-être un peu trop haut de gamme pour les roubaisiens. Ils décident donc d’arrêter leur activité en 1968. Jean Jacques Bausier a 20 ans ; jeune et passionné de musique, il propose à son père d’ouvrir un magasin de disques vinyles dans cette cave qui est un endroit plutôt sympa pour les jeunes. La façade extérieure est en bois ; 7 marches seulement sont nécessaires pour descendre au niveau intermédiaire ; 3 petites pièces se succèdent sur toute la longueur du magasin ; le plafond est en lambris acajou vernis. L’ouverture de la  »Discocave » a lieu, cette même année : 1968.

( document collection privée )

Jean Jacques se spécialise en musique Pop, Rock, Variétés. La vente se fait essentiellement en disques vinyles et surtout en 33 tours. Les deux hommes communiquent alors ensemble, par des publicités communes pour les deux magasins, dans la presse locale.

Publicités communes ( documents Nord Eclair )

En 1973, le succès aidant, Henri et Jean-Jacques décident d’ouvrir un second magasin de disques, dans le tout nouveau centre commercial Roubaix 2000. L’enseigne sera : Discocave 2.

Discocave 2 à Roubaix 2000 ( documents JJ Bausier et Nord Eclair )

Le père et le fils se relaient pour assurer une présence permanente, dans les deux magasins de disques. Jean-Jacques est spécialisé en musique Pop Rock. Henri préfère plutôt la variété française.Le magasin Discocave 1 ferme ses portes, en 1977, car Jean Jacques Bausier choisit une autre orientation pour sa carrière et part dans le domaine des photocopieurs. Henri continue le magasin Discocave 2, jusque la fin du centre commercial Roubaix 2000. Il continue ensuite de gérer son magasin Pingouin Stemm de la rue Pierre Motte avec son épouse, jusqu’au milieu des années 1980, date à laquelle ils prennent une retraite bien méritée.

Henri Bausier ( document JJ Bausier )

Remerciements aux Archives Municipales, et à Jean Jacques Bausier.

Un abattoir à Roubaix (fin)

Du centenaire à la disparition

L’abattoir vient de fêter le centenaire de sa construction quand le constat est fait de sa vétusté et de l’impossibilité d’une réfection totale de ses locaux car il est à présent situé quasiment en centre ville. Un projet de nouvel abattoir coûtant trois millions de francs est à l’étude. On pense à l’implanter en lieu et place de l’ancien dépôt de tramways rue de Mascara au Laboureur devenu propriété communale. La voie de chemin de fer toute proche est un argument pour cette implantation. Finalement en 1974, par arrêté du préfet, les abattoirs de Roubaix et Tourcoing sont condamnés, ils ne feront pas partie de la liste des neuf abattoirs du nord qui subsisteront à savoir Dunkerque, Hazebrouck, Valenciennes, Saint Amand, Douai, Avesnes, Maubeuge, Caudry et Lille.

Dernières images de l’abattoir Photo NE

Tous les abattoirs non autorisés doivent cesser de fonctionner au plus tard dans les quatre ans (1978 pour Roubaix et Tourcoing) avec une prime incitative pour fermeture de 334.160 francs. Il est vrai que les tonnages abattus étaient en baisse. Le reclassement du personnel est prévu : 22 personnes à Roubaix iront dans d’autres services, d’autres sont proches de la retraite, d’autres iront à Lille, ce sont principalement des chevillards.

Le lycée professionnel rue Lavoisier Photo VDN

L’abattoir fut démoli en 1978 et on établit sur son emplacement un lycée d’enseignement professionnel, dont la construction démarra en décembre 1978 pour s’achever en novembre 1980. Cet établissement propose aujourd’hui des filières vers un CAP ou un Bac pro dans les domaines de la restauration ou des services à la personne. La fonction de l’établissement jouxtant la Place ayant changé, le nom de la Place en fit autant : elle fut rebaptisée Place Jean Baptiste Clément, du nom de l’auteur du « Temps des cerises » le 28 février 1979.

Le lycée a remplacé l’abattoir plein centre de la photo Vue IGN 1982

Espierre et Mousserie

Après que le CIL ait défini par son bureau d’études en 1953 le type de construction prévu pour la Mousserie, il reste cependant un problème à régler sur le terrain. Il s’agit des travaux de dérivation et de couverture du ruisseau de l’Espierre là où sera bâtie la nouvelle cité de la Mousserie. L’Espierre n’est plus la petite rivière saine et poissonneuse qu’elle fut autrefois. Elle est en effet plus proche d’un égout à ciel ouvert dont les odeurs pestilentielles se répandent régulièrement sur la campagne environnante. Qui plus est, elle déborde souvent, créant des inondations dévastatrices sur tout le territoire wattrelosien.

La Mousserie vue IGN 1950

Selon la presse, le CIL a donc demandé à la ville de participer à ces travaux qui concernent la Mousserie, c’est à dire à la réalisation d’un aqueduc de 658 mètres de long. Le montant est évalué à 59 millions de francs et la quote part de la ville de Wattrelos s’éléverait à 21 millions, celle de la ville de Roubaix à 20 millions, et le solde serait couvert par le CIL qui en assurerait la réalisation technique confiée au service des Ponts et Chaussées. Nous sommes en novembre 1953 et la question est débattue dans une réunion du conseil municipal. Le principe de deux emprunts pour couvrir la participation de la ville est mis au vote. Si tout le monde est d’accord sur l’utillité des travaux, la quote part de Wattrelos est estimée énorme par certains, d’autres exprimant les craintes devant le mécontentement des habitants du Laboureur, également concernés par les débordements de l’Espierre. Le maire répond que ces travaux n’auraient jamais pu être réalisés sur la ville de Wattrelos seule avait dû financer. Une occasion se présente dont il faut profiter.

Vue générale chantier de la Mousserie vue IGN 1957

En octobre, les travaux de la couverture de l’Espierre sont en cours et l’on prévoit l’élargissement du pont des couteaux qui assurera une liaison directe entre le boulevard de Metz à Roubaix et le quartier de la gare à Tourcoing. La couverture de l’Espierre s’effectue sur plus de 600 mètres pour faire de la Mousserie un quartier parfaitement sain. En décembre 1954, le nouvel aqueduc qui remplace le nauséabond riez a été mis en service. Henri Leconte ingénieur des travaux publics de l’État a dirigé la réalisation d’un aqueduc sur toute la largeur de la Mousserie en supprimant ses nombreuses sinuosités. Le but est d’emprisonner sous une voûte de 642 mètres une portion de cours d’eau de 775 mètres, sinuosités comprises. Les travaux commencés le 8 mars 1954 viennent de s’achever. On peut à présent voir le large dos de l’aqueduc à travers le sol bouleversé. L’ouvrage relie le pont des couteaux aux abords de la ligne de chemin de fer que l’on trouve derrière les bâtiments de la Lainière.

La mise en aqueduc de décembre 1954 Photo NE

Cet aqueduc se présente sous la forme d’un vaste couloir rectangulaire de trois mètres de large sur 2,30 m de hauteur. L’Espierre n’est pas le cours d’eau tranquille que l’on suppose, il faut donc anticiper ses colères qui le font s’élever de plus d’un mètre en moins d’une heure ! L’aqueduc a été mis en service au cours d’une cérémonie d’inauguration en présence de MM Albert Prouvost président du CIL, André Lefebvre , président de la société d’HLM « le bien être » et « le bien de famille » qui construit la cité de la Mousserie. Jules Mullié conseiller général, André Thibeau adjoint au maire de Roubaix, Guétemme secrétaire général de la mairie de Wattrelos, M Lancry directeur des travaux municipaux wattrelosiens, et de nombreux autres techniciens. Après que les visiteurs aient pénétré dans l’énorme boyau sous la conduite de M. Leconte, et qu’ils en soient sortis admiratifs des proportions et du gabarit, M. Blondeau chef de chantier donne l’ordre aux ouvriers de pénétrer dans le riez et d’enlever les batardeaux qui forment barrage. Peu à peu les eaux limoneuses de l’Espierre s’engouffrent dans l’aqueduc où elles évolueront désormais.

D’après la presse de l’époque

U.R.S.A.

L’Union Roubaisienne des Sports Athlétiques (U.R.S.A.) a été fondée en 1892 par Edmond Desbonnet, le « père de la culture physique en France »1. Elle fut longtemps basée au 28 de la rue Jeanne d’Arc avant la disparition de la rue pour cause d’urbanisme. Quelques points de repére pour lancer la recherche historique.

Les premiers champions de la belle époque s’appelaient Raoul le boucher ou Constant le marin, noms qui les situaient entre les forains et les sportifs. Ils levaient la fonte et pratiquaient la lutte.

Les champions URSA 1912 Photo JdeRx

Les champions d’avant 1914 s’appelaient Goudnis, Charles Vanwinsberghe, Alphonse Pesez, Liévin Demey, Victor Lefebvre, Pierre Bogaert, Louis Vasseur. Le dernier nom de cette liste est sans doute le plus connu.

Passée la première guerre, l’URSA reprend ses activités et ce sera l’époque des Gaston Buter, Alfred Lounck, Démosthène Faith, Monnet, Léon Vandeputte, Vereecken, Jean Populier et Pierre Allène. La section de lutte compte aussi les César Luc, Charles Pâcome, Desnoullet, Stanys et Théo Drymala. La section haltérophilie est plus nombreuse encore. Citons Legleye, Herbaut, Debuf, Robert Cocheteux. En 1920, signalons deux adhésions importantes : Marcel Dumoulin et Georges Grisagelle.

Trois époques de l’URSA: Louis Vasseur, Charles Pacôme et Marcel Dumoulin Ph Coll Particulière

Tous ces noms vont de pair avec de nombreux titres de champions et des participations à des prestigieuses compétitions, du championnat de France aux Jeux Olympiques. Tout cela sera détaillé avec les portraits des différents membres.

Les champions URSA de 1953 Photo NE

Le comité de l’URSA en 1953 : Démosthène Faith président d’honneur, Marcel Dumoulin président actif, Georges Grisagelle secrétaire, Jean Populier, trésorier. En 1953 l’URSA compte une section haltérophilie, un groupe de judokas et des catcheurs. Le 27 septembre en la salle watremez à l’occasion d’un gala de catch, les professionnels viennent aider les amateurs et l’URSA, reconnu comme le plus ancien club de force de France.

d’après Louis Lampe NE

1Voir notre article à son sujet

U53 à Wattrelos

Il ne s’agit pas d’une histoire de sous marins ni même d’objets volants non identifiés. Il s’agit d’un nouveau type de logement réalisé par le bureau d’études du CIL dans le cadre de la loi Courant, du nom du ministre qui fit voter en 1953 une loi facilitant la construction de logements tant du point de vue foncier que du point de vue du financement et de l’appareil de production. Le projet U53 est également établi dans la perspective des travaux du quartier de la Mousserie, qui seront adjugés en mai-juin 1953 : 1600 logements prévus sur 50 ha, 30 % collectifs et 70 % de maisons individuelles.

Le type U53 bureau d’études CIL vise à la fois à faire baisser les coûts de production et le prix de la maison. Les portes et fenêtres préfabriquées permettent un achat en nombre qui entraîne une baisse des coûts. Par ailleurs, l’utilisation de l’aluminium en tôle pour les toitures a pour conséquence l’allègement des charpentes ce qui représente de sérieuses économies, avec des matières isolantes de qualité supérieure. Les plomberies et tuyauteries également préfabriquées facilitent une pose rapide, soit 40 % d’économie ! La maison U53 offre une baignoire, un chauffe bain, un évier en grès dans la cuisine.

Le plan U53 publié par NE

Comment se présente un U53 ? C’est une maison d’une architecture un peu différente, avec une toiture en pente très faible, 5 degrés seulement, qui suffit à assurer l’écoulement des eaux, surmontée de cheminées très basses. De larges baies facilitent l’entrée de la lumière au rez de chaussée dans un living room de 18 m² avec une cuisine et la salle d’eau. À l’étage, il y a trois chambres bien éclairées et la maison dispose d’une cave. Le prix de revient d’un U53 a été abaissé à moins de 1.700.000 francs.

Les deux U53 de la rue du Commandant Bossut Photo NM

Des prototypes sont en construction au Brun Pain (Tourcoing) et rue du Commandant Bossut (Wattrelos). Le jeudi 16 février premier coup de pioche sur le chantier de la rue du Commandant Bossut. Neuf semaines après, soit quarante jours de travail ouvrables, deux unités de U53 sont construites. C’est une performance ! Des cinq semaines pour le gros œuvre, il n’en a fallu que quatre, les portes et cloisons ont été posées dès leur arrivée, cloisons mises au point d’après un brevet anglais qui servit pendant la guerre à bord des avions de la RAF. Les plafonds sont constitués par des plaques de 3,60 m, l’encadrement des fenêtres est en alliage d’aluminium absolument indéformable et l’équipement sanitaire se monte comme les pièces d’un véritable meccano.

Les deux maisons U53 de la rue du Commandant Bossut sont ouvertes à la visite dès le vendredi 8 mai. Près de huit mille personnes viendront les découvrir. Le succès est tel que le ministre d’État Édouard Bonnefous ne put y accéder.

Ces modèles de maison sont destinés à la Mousserie et la Tannerie pour un millier d’exemplaires. À la Mousserie il y aura aussi un certain nombre de maisons de type W construites selon le principe hollandais c’est-à-dire comprenant deux logements superposés. on pourra devenir propriétaire en 25 ans (apport initial 50.000 francs, mensualité de 5000 francs).

Square des platanes 1952

Le platane commun est largement utilisé comme arbre d’alignement pour orner les places et les rues, nous dit le dictionnaire. Ce sont des arbres qui supportent bien l’élagage et les conditions de vie en milieu urbain.

Le square des Platanes en 1951 doc IGN

Pas une commune en France qui n’ait son square ou sa rue des platanes. Pour Wattrelos, le square des platanes établit la jonction entre la rue des poilus, et se séparant en deux voies avec vers la gauche l’avenue Henri Carrette, et vers la droite se scinde en deux vers la rue des fossés et une dernière dérivation en impasse. Vu du ciel, ce square présente la forme d’un arbre.

Le chantier de 1952 Doc NE

C’est en mai 1952 qu’on apprend par voie de presse que la société de HLM La Maison Roubaisienne, créée en 1925 et basée rue de Roubaix à Tourcoing, réalise un ensemble de douze maisons le long des voies du square des Platanes. L’article annonce la bonne tenue du chantier. Ces maisons sont placées sous le régime de l’accession à la propriété et seront sans doute occupées en octobre.

Le square des platanes aujourd’hui doc google maps

Elles se répartissent de la manière suivante : deux maisons juste avant la branche gauche qui rejoint l’avenue Henri Carrette. Juste en face trois autres maisons. Puis dans l’impasse formée par le square des Platanes, cinq autres maisons, trois d’un côté et deux de l’autre. Enfin les deux dernières se situent après l’impasse, sur la droite, dans la partie qui rejoint la rue des fossés.

Il n’y a plus de platanes dans le square. De fait on les trouve maintenant sur le terre plein de l’avenue Henri Carrette.