Tout comme Maurice Garin dans un autre sport, Louis Lebacquer est un roubaisien d’adoption qui a déjà brillé dans sa discipline la marche, avant que la guerre n’interrompe sa carrière. Né à Paris en Janvier 1919, il a passé ensuite de nombreuses années à Le Cateau dans le Nord avant d’arriver à Roubaix. Louis Lebacquer est un artisan ravaleur de façades, il habitait était 6 rue Inkermann à Roubaix et il avait un garage rue Miln pour entreposer son matériel.
Louis Lebacquer ravaleur de façade en 1965 Photo NE
Le néo roubaisien devient membre de l’académie des sports de Roubaix où il peut ainsi reprendre la pratique de son sport, la marche, que les années de guerre et de captivité ont interrompue. Il participe aux 28 heures de 1961, et finit 4e alors que l’aulnésien Charles Guny réalise le triplé en remportant l’épreuve. Louis Lebacquer est alors âgé de 42 ans. En 1962, il mène l’épreuve de bout en bout et marchera 242 kms. C’est sa première victoire avec une tactique qu’il n’abandonnera pas les années suivantes.
Victorieux en 1962 Photo NE
En 1963, Louis Lebacquer gagne les 28 heures pour la seconde fois, un tantinet déçu de ne pas avoir battu le record de distance de Gilbert Roger (250 kms), il s’en faut de quatre kilomètres. En 1964, l’épreuve se déroule en juin et se trouve réduite à 22 heures. Louis Lebacquer l’emporte pour la troisième fois devant un autre membre de l’ASR, Francis Strunc. L’épreuve de 1965 retrouve le mois de septembre et un Louis Lebacquer arborant un beau maillot de champion de France. Bien qu’il soit l’homme à battre, il ne change rien à sa tactique, attaque très tôt et creuse l’écart. Il remporte les 28 heures pour la quatrième fois. En 1966, Louis Lebacquer, devenu Ptit Louis pour ses supporters, s’est fixé comme objectif de battre le vieux record de Gilbert Roger. Ce qu’il fera en remportant l’épreuve pour la cinquième fois et en parcourant 255,540 kms.
L’année du record 1965 Photo NE
En 1967, populaire et imbattable sur son épreuve de prédilection, Louis Lebacquer parle de retraite, il est vrai qu’il approche la cinquantaine. Néanmoins il remporte les 28 heures pour la sixième fois. En 1968, malgré des conditions atmosphériques difficiles, il est à nouveau vainqueur, pour la septième fois. 1969 est l’année de la transition pour les 28 heures. L’organisation de l’épreuve passe de la défunte Académie des Sports de Roubaix au toujours vaillant Racing Club Roubaisien. Louis Lebacquer a cinquante ans et il a déjà remporté quelques épreuves avant de s’aligner au départ des 28 heures. Subissant une défaillance, il est contraint à l’abandon. Il sera tout de même à l’arrivée pour féliciter le vainqueur, le normand Landreau. Ptit Louis sera au départ de l’édition de 1970. Après un beau duel avec le luxembourgeois Josy Simon qui restera toujours à une quinzaine de minutes de lui, Louis Lebacquer sera intraitable et remportera l‘épreuve pour la huitième fois. C’est là sa dernière participation en tant que marcheur.
Les parents de René Ost n’étaient pas musiciens. Pourtant, sa mère a voulu qu’il apprenne l’accordéon. C’est ainsi qu’il a commencé en 1949, à l’âge de huit ans, l’apprentissage de cet instrument avec un professeur. A 12 ans, il enchaîne avec la clarinette, puis à 15 ans, le saxophone. René pratique donc les trois instruments, et passe ses brevets. Il obtient une médaille d’or de clarinette et de saxophone en 63, après son service militaire qu’il passe en Algérie. Il se souvient que c’étaient des professeurs du conservatoire de Lille qui se déplaçaient pour faire passer une quarantaine de candidats.
René forme alors un orchestre de variétés dont il prend la direction. L’époque est favorable au développement de ces formations musicales et les engagements affluent très vite. « On faisait énormément de choses à l’époque : les réveillons, les bals, les soirées de mariage. On jouait souvent aux messes de mariage, et ensuite, on enchaînait, on faisait la soirée. On faisait de l’accompagnement de clowns, de danseuses, au music-hall. Il y avait énormément de travail… »
Selon les circonstances et les demandes, le nombre de musiciens varie de trois à huit. A plein effectif, il comprend un piano, une batterie deux saxophones alto, un saxophone ténor, un baryton, une trompette et souvent un trombone, alors qu’à trois, c’est normalement batterie, accordéon et saxophone. Dans la petite formation, chacun est capable de jouer de l’accordéon, ce qui permet de prendre l’instrument à son tour pour reposer les autres. En effet, certaines soirées sont très longues : « à un réveillon, on a joué à l’apéritif à Denain, à partir de 10 heures, puis on a commencé le réveillon à 11h et demi sur Douai, et on a joué jusqu’à huit heures du matin. Donc, à trois, si on ne tournait pas… » L’accordéon, c’est lourd, surtout ceux de l’époque. Ceux d’aujourd’hui ils sont plus légers !
René poursuit : « Tout ça ramenait quand même pas mal d’argent ; on était smicards à l’époque, et c’était intéressant, c’était un gros complément. Une année, j’avais fait le réveillon de Noël et celui de l’An, ainsi que le jour de l’an : Sur les trois, j’avais gagné autant que mon mois.
Au début, j’étais pris cinq jours par semaine. Le Vendredi et le samedi, on faisait la répétition de la petite formation, et le lundi de l’orchestre complet, et ça prenait beaucoup de temps. Au fur et à mesure, on jouait de plus en plus dans des soirées privées, mais auparavant on faisait des bals, à la salle Wattremez, dans les grandes salles à Wattrelos, au Familia, partout… On nous appelait même pour les soirées de Ste Cécile des harmonies, à Wattrelos, à Leers ! Au début, pour le réveillon de l’An, on était retenu un an à l’avance.
De temps en temps j’étais appelé dans d’autres orchestres : il manquait un premier alto, alors j’allais donner un coup de main. On jouait de tout. Beaucoup de variétés, mais aussi on faisait de l’opérette, du classique, du Jazz, un peu de tout… Il fallait s’adapter à tout, on avait appris à jouer énormément de choses.
J’ai failli partir comme professionnel aussi quand je suis rentré de l’armée. J’avais un de mes bons accordéonistes qui était parti en Angleterre dans un orchestre de cirque, et, comme il manquait un premier alto, il était venu me chercher en disant : viens, il y a du boulot pour toi là bas…, mais je venais de rencontrer ma future épouse, et j’ai refusé. C’était vraiment partir loin ; il a fait toute l’Europe après, en tant que professionnel… J’avais le niveau, j’ai intégré la grand harmonie de Roubaix, c’était quand même du haut de gamme ; et à Kain, la troisième harmonie Belge en niveau qualité… J’étais parfois parti pendant trois semaines tous les soirs. Avec la notoriété, on est appelé partout ! »
René joue avec différents orchestres pendant une douzaine d’années. Vers la fin, il se limite au saxophone, alto et ténor ; il lui a fallu faire un choix, faute de temps, car, parallèlement le travail devient de plus en plus prenant. Il devient directeur commercial et ses semaines de travail sont généralement de 50 heures, souvent 60, voire plus, jusqu’à 70, et il ne peut plus faire de musique. « D’ailleurs, on avait moins de travail, et il fallait aller très loin pour jouer : on devait faire parfois 200 kilomètres, ça n’était plus possible. »
Vers 35 ans il arrête ses activités musicales sauf pour une messe de mariage chez des amis ; il joue seul, avec l’orchestre c’est fini.
Une fois à la retraite, il est pressenti pour jouer dans la grande harmonie du conservatoire de Roubaix, et dans l’harmonie de Lys lez Lannoy : « J’ai repris l’instrument, j’avais le temps de travailler, mais il a fallu retravailler beaucoup quand-même ! »
Un dernier souvenir : « J’ai repris une seule fois mon accordéon pour les dix huit ans de ma petite fille : elle ne savait même pas que je jouais de l’accordéon. On a fait un anniversaire surprise : elle pensait aller au restaurant et, quand elle est entrée, j’ai commencé à jouer. Elle était vraiment surprise ! »
Merci à René pour avoir partagé ses souvenirs avec nous. Les photos proviennent de sa collection personnelle.
Le ministre à l’entrée de la caisse d’épargne Photo NE
C’est le dimanche 23 mars 1958 que M. Garet, alors ministre de la reconstruction et du logement, vient entre autres choses inaugurer la caisse d’épargne de Wattrelos. Il sera passé au préalable par le Fer à cheval à la limite de Croix et de Roubaix, puis il aura inauguré le groupe Ternynck à Roubaix (l’immeuble surnommé la Banane du Nouveau Roubaix), aura survolé du regard la plaine des Hauts Champs et celle des Trois Ponts, futurs emplacements de cités nouvelles.
Il va ensuite inaugurer la nouvelle caisse d’épargne de Wattrelos et Monsieur Watine président de la Caisse lui remet une plaquette d’honneur ainsi qu’à MM. Provo et Delvainquière, respectivement maires de Roubaix et de Wattrelos. Suivra une réception à l’hôtel de ville, où une nouvelle plaquette, celle de la ville de Wattrelos lui est offerte. Il est 17 h 40 et le cortège quitte Wattrelos en passant par le groupe CIL du Laboureur. Après un crochet par le Galon d’eau et le square des Mulliez, Monsieur Garet fait ensuite le tour des chantiers de la Mousserie, du Tilleul et du sapin vert avant de se diriger vers le fort Frasez avant de rejoindre les bureaux du CIL rue Saint Vincent de Paul.
La succursale de la Caisse d’épargne de Wattrelos est due à l’architecte Lescroart. Elle se situe alors à l’angle de la rue Jean Jaurès et de la rue Gustave Delory, là où se trouvent à présent les locaux d’un cabinet médical de dentisterie. On peut apercevoir derrière le ministre en pleine inauguration les maisons de la rue Florimond Lecomte, qui vont disparaître lors de la construction de l’actuelle caisse, ainsi que le salon de coiffure Fernande et la droguerie herboristerie Couvreur. Auparavant, cet angle de la rue Jean Jaurès et Florimond Lecomte était occupé par le magasin de vêtements « Au Grand Chic ». La caisse d’épargne a donc traversé le carrefour pour venir s’installer au côté de la Trésorerie Principale.
Football : match décevant entre le RCR et l’UST, pluie, nombreux blessés. Le RCR gagne 3-1.
Joseph Charlemont Art de la Boxe Française Et de la Canne: Nouveau Traité Pratique Et Théorique. Paris. Domaine public
Boxe : le maître Charlemont est à Roubaix à l’invitation du professeur Jean Desruelles. Cela se déroule à l’hippodrome où Charlemont et Desruelles font ensemble un assaut de canne et un assaut de boxe française. Gustave Sandras champion du monde de gymnastique, le lieutenant Sée et JJ Renaud escrimeurs d’élite sont également au programme, ainsi que les haltérophiles Deroubaix et Jules Lesauvage. La partie comique est réservée au Broutteux.
Victor Castérès https://jossavate.com
L’Union des sports athlétiques organise une grande fête de bienfaisance le 11 novembre au profit des blessés des armées de terre et de mer. Elle se déroule dans la salle de la Société Artistique sous la présidence d’honneur de M le commandant Dubrulle, chevalier de la Légion d’Honneur. Escrime, boxe, gymnastique, athlétisme et lutte sont au programme. Victor Castérés l’émule de Charlemont sera présent.
Le wattrelosien Dhulst remporte la course Lille Templemars.
Raoul le Boucher en pleine action doc Gallica
Match de lutte entre le champion russe Pytlasinski et Raoul le boucher organisé par l’Union des sports Athlétiques de Roubaix dans la salle artistique rue de l’alouette.
Eugène Nizette, l’un des fondateurs de la société de gymnastique La Roubaisienne est conduit à sa dernière demeure par l’ensemble des gymnastes de la société. Parmi les anciens, Clément Florin, Henri Valcke, Jean Frère, Paul Ducatteau tenaient les coins du poële. Lucien Mouraux président et Paul Durand membre du comité les accompagnaient.
Maurice Garin doc wikipedia
Maurice Garin confirme auprès du Journal de Roubaix qu’il est et restera installé boulevard de Paris 17, la société La Française lui ayant renouvelé sa confiance.
Une place du quartier de l’Epeule porte désormais son nom, mais qui était donc Victor Vandermeiren ?
Victor Vandermeiren est né à Croix le 6 mars 1915 d’un père chauffeur et d’une mère soigneuse. De profession comptable, il aime à rendre service et son plaisir est de faire plaisir. Il habite 184 rue de l’industrie à Roubaix. Pendant toute sa vie, il mettra ses talents d’organisateur et de conseiller au service des gens de son quartier.
Très jeune il s’occupe de l’organisation des loisirs : en 1933, il est secrétaire de la section de basket de l’amicale des arts, il est aussi l’adjoint de son père, alors capitaine de route à la section cyclotouriste du Nord Touriste, pour l’organisation des itinéraires de randonnées.
Il était volontiers facétieux Photo NE
Il fait son service militaire en Moselle au 168e RI, après ses classes il est sergent et il participe à l’organisation du foyer du soldat. En 1939, au moment de la déclaration de guerre, il est affecté comme sergent chef comptable. Fait prisonnier, il connaît la captivité dans le camp du Limbourg où il se signale par l’organisation de tournois de football, de basket. Il fait ses débuts de speaker au stalag dans un spectacle de variétés monté avec des gars du nord.
Rentré de captivité, il devient commerçant dans le quartier de l’épeule. Il est sollicité par le directeur de l’école de la rue Brézin qu’il fréquenta pour remonter l’amicale des anciens élèves. Il organise bals, kermesses, excursions, arbres de Noël. Il favorise l’arrivée du cinéma à l’école et organisa le foyer Van Der Meersch inauguré en présence de Mme Van Der Meersch, mère de l’écrivain, également ancien de l’école.
Parallèlement il participe à l’UCEA (union commerciale de l’épeule alouette) dès sa remise en marche de 1947, il en sera le vice président de 1950 à 1959. Il participe à toutes les organisations des manifestations sportives et musicales du quartier. Il devient ensuite secrétaire du comité d’entraide des fêtes de l’épeule alouette trichon en 1952. Il est un des éléments fondateurs des 28 heures à la marche de Roubaix dont il deviendra le speaker attitré.
Il n’est plus commerçant en 1959 mais son activité d’organisateur se poursuit. Secrétaire du comité des fêtes et d’entraide de l’épeule alouette trichon, il participe à la création de réalisations qui obtiennent un grand succès, comme les six jours de trottinettes, le rallye automobile, le critérium cycliste en nocturne. Il est également secrétaire du Kart club roubaisien depuis sa fondation en 1959.
Médaillé de la jeunesse et des sports Photo NE
Secrétaire de la section du Nord Touriste depuis 1960, membre du comité directeur des festivités de la ville, membre du comité de la section épeuloise des anciens combattants, il est partout sur la brèche. Il est de bon conseil et ses avis sont appréciés. Commissaire aux comptes de l’OMS (office municipal des sports) depuis sa création en 1965, il est l’un des membres fondateurs du comité de jumelage de Roubaix Europe dont il est un administrateur et un conseiller technique.
Il appartient depuis 1963 à l’Harmonie des anciens et jeunes soldats musiciens français, dont il est le vice-président en 1965, et au populaire orchestre des Bleus Sarraus. Ardent propagateur de l’art musical, il sera fait chevalier des arts, sciences et lettres. Il est déjà commandeur du mérite philanthropique, croix du mérite humanitaire et croix du dévouement civique !
Photographié par Guy Sadet
Celui qu’on appelait affectueusement le maire de l’épeule était capable, selon son ami André Diligent, des pires coups de gueule (et puis) on redevenait amis comme si de rien n’était. Il avait une réputation de blagueur, de plaisantin, mais il aimait la fête et surtout l’organiser et l’animer. Il nous a quittés en septembre 1997.
En 1987, Bernard Grimbert est manipulateur en imagerie médicale, à l’hôpital de la Fraternité. L’hôpital Victor Provo s’est ouvert récemment, mais une grande partie des services de l’établissement de l’avenue Julien Lagache fonctionne encore.
Hôpital La Fraternité
Bernard Grimbert doit effectuer la radiographie d’un enfant malade. Ce garçon est angoissé face à cette machine monstrueuse. Pour le rassurer et rendre l’examen moins stressant, Bernard lui offre un jouet. Bien inspiré, il se rend compte que l’effet est immédiat, car l’enfant retrouve le sourire, ne pleure plus, et l’examen se déroule normalement.
Bernard Grimbert
C’est la révélation. Il faut absolument trouver des jouets, pour permettre aux enfants d’oublier l’examen, en détournant leur attention. Bernard propose à Maurice Titran, le directeur du centre d’action médicale d’offrir un jouet à tous les enfants qui font un séjour à l’hôpital de Roubaix, même court, mais il n’existe pas de budget pour financer l’achat de jouets neufs. Bernard fait donc une razzia de jouets, dans sa famille, chez ses amis, chez ses collègues. Plusieurs d’entre eux, emballés par son idée, lui viennent en aide. Les jouets commencent à s’entasser.
Bernard Grimbert crée alors une association, pour pouvoir être reconnu, et pour bénéficier d’éventuelles subventions. Il en est le Président, Daniel Pattyn le secrétaire, et Jean-Pierre Mosnier le trésorier. Le nom de l’association est trouvé immédiatement, c’est Ludopital.
Des bénévoles se proposent pour aider à réceptionner les jouets de plus en plus nombreux. Devant ce succès, il faut trouver un local, car le service de radiologie s’avère très rapidement trop petit. On trouve une salle, un étage plus bas, toujours à l’hôpital de la Fraternité, avenue Julien Lagache, dans les anciens services de dialyse, puis au pavillon 9 dans les anciens services ORL, ensuite dans le pavillon 2, quelques temps après dans le pavillon 4, malheureusement destiné à la démolition.
Fresque murale
Dans les années 1990, Ludopital se développe de façon importante et rapide : grâce à la distribution de jouets, bien sûr, mais également des fresques murales dans les salles de soins, des animations dans les hôpitaux, des séances de maquillage, des spectacles de marionnettes, des créations d’espaces de jeux, du matériel audiovisuel aux urgences et en chirurgie, des collectes de pièces jaunes, etc. Bref : tout ce qui peut améliorer l’accueil des enfants hospitalisés, dans de nombreux établissements à Roubaix, mais également à Tourcoing, Lille, Wattrelos et Mouscron.
Les Foulées Jaunes 1995
En 1995, Jean-Luc Scotté crée »les Foulées Jaunes » : une course au parc de Barbieux, ouverte à tous. Les inscriptions permettent de récupérer de l’argent entièrement reversé aux enfants malades, sous forme de jouets ou d’actions dans les hôpitaux. C’est une belle histoire de générosité, de solidarité et d’humanité des Roubaisiens.
Hospice Barbieux
A la fin des années 1990, Ludopital doit déménager de l’hôpital de la Fraternité pour des raisons de sécurité. Un local de 1000 m2 est offert, au 3° étage de l’hospice Barbieux, au 35 rue de Barbieux. Certes, le bâtiment peut paraître un peu vieillot, mais les 40 bénévoles s’investissent pleinement pour aménager l’accueil de façon fort chaleureuse et sympathique. L’emplacement est idéal, car tout proche du service pédiatrie de l’hôpital Victor Provo. Le déménagement se déroule en 1999 ; 40 camions sont nécessaires pour transporter les jouets de la Fraternité à l’hospice Barbieux.
Le Vert Pré
Les déménagements ne sont malheureusement pas terminés, car, en début d’année 2006, une commission de sécurité constate que les locaux de l’Hospice Barbieux ne sont plus aux normes. Il faut alors songer à trouver un nouveau local ! La direction de l’hôpital propose un local de 400 m2 au centre médical du »Vert Pré » rue Pierre de Coubertin, plus petit mais plus fonctionnel. Le déménagement, financé par la Mairie, se déroule en fin d’année 2006.
Après une année 2007 financièrement très difficile, la nouvelle présidente, Jeanine arrive à mobiliser, une fois de plus, tous les bénévoles et à sauver Ludopital qui était voué à disparaître.
Dans les années 2010, c’est le développement dynamique, grâce à l’arrivée de bénévoles compétents et énergiques. De nombreuses animations se mettent en place, pour financer les actions Ludopital (Fait Rarissime avec le club Ferrari, des motos pour Ludo, le golf de Brigode, les Foulées de Bondues, les spectacles par des artistes bénévoles)
Ludopital sollicite les entreprises pour trouver des fonds, les commerces pour placer des boîtes bleues et récupérer des pièces de monnaie, les écoles pour présenter son action et y organiser des collectes de jouets.
Les 5 présidents de Ludopital. De gauche à droite : Jean-Luc Scotté, Jean-Marc Brisy, Jeanine Vanderplancke, Bernard Grimbert, Hubert Ythier
En 2017, Ludopital fête ses 30 ans et le bilan est très positif car plus de 2 millions de jouets en parfait état ont été offerts aux enfants hospitalisés. C’est l’occasion également de fêter l’événement avec tous les bénévoles à la salle Richard Lejeune rue d’Anzin. C’est aussi le moment de pouvoir regrouper les 5 présidents qui ont dirigé l’association au fil des années.
Aujourd’hui, Ludopital c’est :
– Plus de 100 bénévoles, 3 salariées dont 1 à temps plein
– 53 000 jouets »courage » ( en parfait état, désinfectés et reconditionnés ), offerts annuellement aux enfants hospitalisés
– Des actions dans 44 hôpitaux de l’Eurométropole lilloise : des aménagements de salles d’attente et de chambres d’enfants, des décorations de blocs opératoires par des colonnes à bulles, des plafonds lumineux etc
– Une écoute attentive des besoins du personnel soignant des hôpitaux
– Une sensibilisation des généreux donateurs, en organisant des visites des locaux
– Un développement important depuis plusieurs années, grâce à l’hôpital Victor Provo et à la Mairie de Roubaix
– Le 25° anniversaire des Foulées Ludopital qui attire 2400 personnes en 2019
– Des spectacles, des concerts
– Une communication sur les réseaux sociaux.
Aménagement d’une salle d’attentePlafond lumineux à l’hôpital Victor ProvoLes foulées Ludopital au parc de BarbieuxLe sourire d’un enfant
Remerciements à Jeanine Vanderplancke, Bernard Grimbert, Laetitia Perez et à toute l’équipe des bénévoles de Ludopital.
Tous les documents de cet article proviennent de l’association.
Le 6 Janvier 2002, la société « Les Compagnons Menuisiers du Nord » rue de Naples, est fermée car c’est dimanche. Vers 15h30, le feu se déclare dans l’entreprise. Les riverains alertent les secours. Les pompiers arrivent rapidement et commencent à arroser le foyer. Le feu se propage et les fumées noires sont épaisses.
Document Nord Eclair
Au moment où les sapeurs arrivent à pénétrer dans l’entreprise, on entend des craquements et le commandant donne l’ordre de repli. Un pompier n’a pas le temps de reculer : la façade et une partie de la toiture s’effondrent sur lui. Il est mortellement blessé. Michael Dufermont avait 27 ans.
Document Nord Eclair
C’est la stupeur dans toute l’équipe des pompiers, mais il faut continuer à combattre l’incendie qui risque de se propager aux maisons à proximité, et surtout au dépôt de pneus de l’entreprise « Crépy pneus »
La façade ( Document Nord Eclair )Le mur de la menuiserie s’est effondré dans l’entreprise » Crépy Pneus » ( Document Nord Eclair )
Le feu est maintenant maîtrisé. Mais cette énième victoire contre le feu a un goût amer. Le commandant Bruno Moulard est effondré. Il vient de perdre un de ses hommes. Et pourtant le sinistre n’était pas un feu exceptionnel d’après lui. C’est presque un cas d’école : un local industriel très enclavé, dans un tissu urbain, comme c’est souvent le cas en ville. Le feu a été violent, les poutres métalliques brûlantes ont fait vaciller toute la structure de briques et de béton.
Michel Leminque ( Document Nord Eclair )
« Les Compagnons Menuisiers du Nord » est une SCOP : une coopérative dont le capital appartient aux ouvriers. C’est « leur » entreprise. La menuiserie a été créé en 1985. Michel Leminque, le gérant, est particulièrement choqué par le désastre, mais ce n’est rien par rapport à la mort de ce jeune pompier.
Michael Dufermont ( Document Nord Eclair )
Michael Dufermont avait 27 ans. Il devait se marier en Juin avec sa compagne Cécile Huygue qui attend son enfant pour le printemps. Quelques jours plus tard, a lieu la cérémonie, empreinte d’émotion, à l’église Saint Pierre de Croix. Daniel Vaillant, le ministre de l’intérieur et Noël Dejonghe le directeur de la SDIS ( Service Départemental d’Incendie et de Secours ) ont surtout mis en avant l’altruisme, la générosité et la motivation de Michael Dufermont.
Photos BT
Michael est en quelque sorte, un compagnon du devoir et, les Compagnons Menuisiers savent bien ce que ce mot veut dire.
Quelques temps après, une plaque est apposée sur la façade de la menuiserie. Elle y figure encore de nos jours.
Aussitôt parvenue dans la rue de Lannoy, la voie suit l’axe de la chaussée. Cette option a été choisie de manière à laisser de la place pour le stationnement le long de chaque trottoir. Les zones à deux files de rails permettant le croisement, peu nombreuses au début de l’exploitation, augmentent ensuite en nombre au fur et à mesure des besoins.
La photo suivante nous montre l’entrée de la rue avec, à droite, l’estaminet de la Tonne d’Or. Tout au fond à gauche, on devine le cabaret de la planche trouée. Le fil de contact qui amène l’électricité aux trolleys des motrices est suspendu par des câbles transversaux aux façades des maisons.
La voie unique traversait ainsi la rue de la Tuilerie avant qu’un dédoublement n’y soit établi, fournissant de ce fait l’occasion d’un déraillement spectaculaire au passage de l’aiguille d’entrée. Ici une motrice ELRT de type 600 en fâcheuse posture à cet endroit : Le premier essieu a pris la voie de gauche, et l’autre a suivi la voie de droite, sans doute à cause d’une aiguille entre-baillée !
Photo Nord Matin
Nous voici maintenant au carrefour de la rue Edouard Anseele où la voie est contrainte de former un S pour rattraper un défaut d’alignement de la rue. C’est là qu’on va installer l’aiguillage d’entrée d’un garage : la voie se dédouble pour permettre le croisement des rames circulant en sens inverse. Le stationnement est donc sacrifié côté gauche de la rue. Voici le carrefour vu dans les deux sens, d’abord en direction de la Justice, puis vers le boulevard Gambetta. Au premier plan sur les deux photos l’aiguille d’entrée du garage.
La zone de garage est courte. Les deux voies se rejoignent peu après, bien avant le boulevard de Belfort. Une motrice type 300 se dirige vers le boulevard Gambetta sur cette autre photo, prise en direction de Lannoy.
La voie, redevenue unique au sortir du garage, arrive au carrefour du Boulevard de Belfort et de la rue St Jean. Ici deux lignes se séparent : la ligne H quitte la ligne C par une aiguille à gauche pour se diriger vers la gare du Pile. Sur les photos, montrant le carrefour vu vers le boulevard Gambetta, puis vers le boulevard Beaurepaire, l’estaminet Debosshere porte l’inscription « arrêt tramway ».
La photo suivante, prise après ce carrefour vers le boulevard Gambetta, nous montre la partie de la rue après le croisement du boulevard de Belfort, qu’on identifie grâce à l’estaminet du Moulin à mi hauteur de la photo. La voie est unique, comme le fil de contact de trolley.
La ligne poursuit alors sa route jusqu’à l’église Ste Élisabeth, où un autre garage occupe la largeur de la place. On voit sur la voie directe une motrice de type 1 à 18 en état d’origine se dirigeant vers la Justice.
Photo collection particulière.
On aborde maintenant le croisement avec la rue rue Jules Guesde où, encore, la voie se dédouble sur quelques dizaines de mètres. La première photo montre le carrefour vers la Justice, la seconde, un peu plus loin vers Gambetta. La troisième, prise dans la même direction, mais encore plus loin après le garage, montre en premier plan une motrice de la première série (numéros de 51 à 62) en état d’origine. Le receveur regarde le photographe depuis la plate-forme arrière. Au fond, le clocher de Ste Élisabeth.
Le long de la place de la Fraternité, la voie se dédouble une fois encore. Une motrice de type 600 et sa remorque, en route vers Lannoy, accueillent les voyageurs qui disposent à cet endroit d’un magnifique kiosque-abri datant de 1909.
Un peu plus loin, au pont rouge, une croix sur le pavé indique le lieu d’un accident survenu en 1930, alors qu’une motrice 600 se dirige vers Toufflers. La photo est prise vers Lannoy, au coin de la rue St Hubert. Les maisons basses visibles à gauche ont été démolies dans les années 70 et font place aujourd’hui à un jardin partagé après avoir été longtemps une étendue d’herbe. Ici aussi, la voie est double.
Photo l’Égalité, octobre 1930
Après la traversée de l’avenue Motte, la ligne atteint le quartier de la Justice et la limite de Roubaix. Là, face à l’ancien octroi, au coin de la rue du chemin vert, un dédoublement de la voie marque le terminus des tramways de la ligne C barré, sur laquelle ont circulé, dès leur mise en service, les « michelines » du type 200. La première de la série vue à la Justice, sans doute au terminus, un endroit où les constructions ont depuis complètement modifié le paysage…
Document collection particulière
A suivre.
Les documents proviennent des archives municipales et du site de la médiathèque numérique de Roubaix.
C’est en septembre 1962 que l’ancien cinéma Jacobs dit le Métro est reconverti en magasin. En effet la chaîne des super-marchés Libéral vient s’installer rue Carnot à Wattrelos, après avoir ouvert à Lille, Lambersart, Faches-Thumesnil, Quiévrechain, Calais et Armentières. La surface de l’ancien cinéma dancing est adaptée et on y installe les différents rayons suivants : alimentation, boucherie, charcuterie, plats cuisinés, crémerie, volailles, fruits et légumes, vins, confiserie. Auprès desquels on trouvera la droguerie, parfumerie, les articles de vaisselle, linge, chaussures, jusqu’aux disques et aux livres ! Dans les projets de la direction du Libéral, la création d’un stand ressemelage et d’un rayon nettoyage vêtements.
L’entrée rue Carnot du Libéral Photo NM
Le gain de temps et d’argent est l’argument fort du nouveau super-marché qui possède deux entrées : l’une donne sur la rue Carnot, l’autre sur la rue Faidherbe. Six caisses enregistreuses permettent d’éviter les longues attentes de certaines supérettes. Ce magasin Libéral fonctionne en mode libre service et ses prix défient la concurrence à qualité égale. Des cadeaux sont prévus pour remercier et fidéliser la clientèle.
Au cours de l’inauguration du Libéral Photo NM
Lors de l’inauguration, parmi les personnalités on pouvait remarquer MM. Missu père et Pierre et Serge Missu, respectivement président directeur général et gérants des établissements Libéral, ainsi que les représentants de la municipalité, adjoints au maire et conseillers municipaux. Des représentants de la marque Copelait, de l’Indépendante et du Crédit du Nord étaient également présents. Une foule d’acheteurs se précipite dès l’ouverture pour découvrir ce superbe magasin dont la formule de vente se généralise, annoncée comme plus pratique et plus économique dans le souci de « vivre mieux et moins cher ».
Le marché métro en 1966 Photo NE
C’est l’une des transformations de l’ancien cinéma Jacobs qui en connut plusieurs et non des moindres. Ainsi en 1966, l’enseigne a-t-elle déjà changé et le supermarché est devenu le Marché Métro, retrouvant ainsi une partie de son passé. Ravivez vos souvenirs et n’hésitez pas à témoigner !
S’il est une famille qui a beaucoup donné pour le football roubaisien et en particulier pour le Racing Club de Roubaix, c’est bien la famille Dubly. Le négociant Henri Dubly (1842-1918) et son épouse Hermance Parent (1850-1922) ont en effet eu neuf enfants dont la plupart ont pratiqué ce digne sport. Suivons donc chronologiquement leur descendance et évoquons les souvenirs qu’ils ont pu laisser.
Il faut tout d’abord préciser que ces jeunes gens n’étaient pas que des footballeurs. En effet, une fois la saison terminée, ils s’adonnaient à d’autres activités sportives telles que la course à pied, l’aviron entre autres sports. Ils incarnaient alors la figure des sportsmen, et cela leur valait une condition physique irréprochable.
Léon Dubly photo Bibliothèque Nationale de France
L’aîné, Léon Dubly né le 23 septembre 1874, fut le capitaine de l’équipe du RCR qui fut cinq fois championne de France, en 1902, 1903, 1904, 1906 et 1908. Maurice Dubly né le 17 juillet 1876, fut international, c’était un joueur fort brillant doué d’une force herculéenne. On n’a pas d’information précise sur les cinq suivants : Léon Ernest né le 29 mars 1878 est voyageur de commerce pour la maison parentale, il se marie à Lille en 1904. Paul Louis né le 17 janvier 1880 s’est marié au Havre en 1910. Albert né le 3 septembre 1881 était docteur en médecine. Pierre Raymond né le 13 septembre 1883 était agent de change. Rien de particulier sur André né le 17 novembre 1884. Il est probable que ces jeunes gens sont passés par le RCR avant d’aller construire leur vie sous d’autres cieux.
Par contre Jean Dubly, né le 9 août 1886 à Roubaix, évoluait au poste de défenseur au RCR de 1908 à 1909. Durant cette saison, il connaît sa première sélection en équipe de France de football qui lors des Jeux olympiques de 1908 rencontre l’équipe du Danemark de football le 22 octobre. Les Danois s’imposent largement sur le score de 17 à 1. Il sera équipier de Bradford City lorsqu’il partira s’installer en Angleterre.
Raymond Dubly photo site Le Ballonrond.fr
Puis sans doute le plus connu, Raymond Dubly né le 5 novembre 1893, le cadet de la fratrie. Il pratique le football en Angleterre de 1909 à 1910 à Uckfield FC durant ses études. De retour en France, il rejoint le club de ses frères en 1911 : le Racing Club de Roubaix. Il s’impose rapidement comme un titulaire de l’équipe première. L’USFSA le sélectionne dès 1911 pour affronter la Bohème. Raymond Dubly comptera 31 sélections en équipe de France entre février 1913 et mai 1925 pour 4 buts et 16 passes décisives. En plus de ces matchs « officiels », il convient d’ajouter les Jeux Interalliés et les tournées de l’équipe de France restées officieuses en Yougoslavie (1921) et en Norvège (1922). Dubly était alors capitaine des Bleus.
Un Jules Dubly était membre de l’Union Sportive Tourquennoise, autre grand club de l’époque. C‘était sans doute un cousin. On imagine sans peine une équipe spécifiquement Dubly, n’était-ce la différence d’âge entre les membres de la fratrie.