Il y a bien un marché à Leers, dont on pourrait penser qu’il est récent. Situé sur le côté de l’église Saint Vaast, sur la place Sadi Carnot, il a lieu le samedi et souffre du peu de place laissé par les automobilistes leersois.
Mais ce marché date de l’année 1960 ! De nombreux habitants de la commune demandaient la création d’un marché hebdomadaire et le Conseil Municipal approuva ce vœu à l’unanimité. Et par un samedi matin du mois de juillet 1960, une trentaine de marchands forains étaient à pied d’œuvre et attendaient la clientèle. Durant toute la matinée ce fut un va et vient incessant de ménagères allant et revenant de la place du marché.
Le marché de Leers ouvert en 1960 Photo NE
On se rendait au marché soit à Roubaix, soit à Wattrelos, et à l’époque plusieurs fois par semaine. La création d’un marché leersois permit bien des économies de transport. Comme elle permit sans doute d’influer sur le marché des prix en y trouvant du choix et de la qualité.
Sans doute y eut-il autrefois un marché à Leers mais il n’existait plus que dans les souvenirs des plus anciens. Celui-ci, que nous connaissons encore, est donc âgé de plus de soixante ans et mérite sans doute qu’on en prenne soin.
En juillet 1991, intervient l’ouverture de l’office du tourisme de Wattrelos. L’office de tourisme ou office du tourisme est un centre d’information dont la mission est « l’accueil, l’information et la promotion du tourisme » sur le territoire concerné à destination du public ou des visiteurs, allant des simples habitants locaux aux excursionnistes en passant par les touristes.
La création officielle des offices de tourisme date de la promulgation de la loi du 10 juillet 1964. Le gouvernement, ayant pris conscience des enjeux économiques liés au tourisme, décide d’autoriser les conseils municipaux des stations classées de tourisme, à créer des offices si elles le désirent. L’accueil et la promotion touristique commencent à être perçus comme un service public. La création de ces structures doit être entérinée par le préfet. Il s’agit alors d’établissements publics à caractère industriel et commercial ayant vocation de promouvoir le tourisme dans la station […], assur[er] la coordination des divers organismes et entreprises intéressés au développement de celle-ci. »
L’office du tourisme en 1991 doc Journal Mun Wos
C’est donc pour se faire mieux connaître que Wattrelos se dote d’un office du tourisme. En 1991, la ville présente de nombreux arguments : le sens de la fête et de la convivialité qui s’expriment lors du carnaval, des Berlouffes, de la fête des écoles ou des ducasses de quartier. Un parc urbain de 35 hectares, deuxième espace vert de l’agglomération lilloise. Une ferme pédagogique, un étang de pêche et le musée des arts et des traditions populaires. Une vie culturelle et associative particulièrement riche avec des manifestations régulières : saison musicale, grand cabaret wattrelosien, festival international du cinéma et de la vidéo. Wattrelos envisage la mise en place du tourisme industriel dont le but est d’être la vitrine des activités de la ville en montrant le savoir faire des entreprises locales. Ainsi la GBM et la Redoute participent. C’est aussi un outil au service des wattrelosiennes et wattrelosiens qui disposeront d’un centre d’information pour leurs vacances et leurs distractions.
Ses prestations et activités diverses se sont largement étoffées depuis 1991.
Adresse: Office de Tourisme de Wattrelos
189 rue Carnot – 59150 WATTRELOS
+33(0)3 20 75 85 86
Bureaux sont ouverts du mardi au samedi de 10h à 12h et de 14h à 18h (fermeture à 17h du 15 juillet au 31 août), de 10h à 12h le dimanche. Fermé les lundis et les jours fériés.
E mail : contact@wattrelos-tourisme.com
le site https://www.wattrelos-tourisme.com
Sources : Wikipédia, Le Journal Municipal de Wattrelos
C’est dans l’annuaire de 1893 que le nombre de brasseries à Hem passe de 3 à 5 avec la brasserie d’Henri Delecroix. Né en 1861, de parents cultivateurs, et de santé fragile il passe son enfance sur la côte où il fait ses études. Rentré à Hem il y crée en 1888 une brasserie dotée d’un outillage moderne qui prend rapidement de l’extension dans les environs. Installée rue du Rivage, l’entreprise prend le nom de brasserie du Rivage.
CPA de la brasserie du Rivage (Documents collection privée)Facture de 1893 (Document Historihem)
Comme la plupart des brasseurs de l’époque Henri Delecroix est propriétaire de plusieurs estaminets sur la commune. Ainsi on peut citer le café brasserie du Rivage situé au coin de la rue du même nom, le Franc Bouleux au 244 rue de Lannoy (actuelle rue Jules Guesde), la Halte au Petit Lannoy, l’Hermitage rue Poivrée (actuelle rue du Général Leclerc), la Paix (au bout de la rue du Cimetière), le Pinson (au coin de la rue de la Vallée et de la rue de Lannoy…
Quelques estaminets appartenant à Henri Delecroix : le Rivage, le Franc-Bouleux, la Paix et le Pinson (Documents collection privée)
Entré au conseil municipal dès 1896, Henri Delecroix est élu maire de la ville (d’Union Républicaine) en mai 1900 et reste à la tête de la commune jusqu’en 1925. Les journaux de l’époque le décrivent comme bienveillant : « il n’est vraiment heureux que lorsqu’il peut donner satisfaction…sincèrement démocrate il accorde toute sollicitude aux humbles, aux travailleurs ». Les caricatures le représentent assez petit mais râblé, cheveux en brosse, belle moustache et barbe en pointe.
Caricature représentant Henri Delecroix et photo des membres du Conseil Municipal (Documents Historihem)
C’est l’époque où est votée la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat de Mr Waldeck-Rousseau. Mr Delecroix est de la même tendance républicaine de gauche et répercute donc son programme au plan local, si bien que ses rapports avec les catholiques se durcissent, notamment lorsqu’il réclame la clef de l’église au curé : Edmond Pollet.
Rapports tendus avec le clergé (Document Au Temps d’Hem)
La gestion de l’équipe Delecroix marque la vie municipale d’une très large empreinte sociale (assurance accidents des employés communaux, consultations pour nourrissons, fourniture de livres aux indigents…) Il fait aussi établir avant la 1ère guerre un projet de distribution d’eau potable « sur évier » par la société des Eaux du Nord et met en place un service d’ébouage.
Photos d’Henri Delecroix (Documents Historihem)
Le progrès technique facilite également la vie de tous les jours et un avis favorable est donné par le conseil municipal suite à l’enquête sur la création d’une ligne de tramways électriques à travers Hem. C’est la ligne Roubaix Hem qui entre en service la 1ère suivie de la ligne de Lille à Leers.
La ligne de tramways (Document Au Temps d’Hem)Document de 1914 (Document Historihem)
En Octobre 1914, avec le début de l’occupation allemande, comme tous les autres maires, Henri Delecroix reçoit un ordre d’évacuation du préfet pour tous les hommes mobilisables encore dans leurs foyers sauf les fonctionnaires qui restent à leur poste. Les vexations journalières commencent et la ville est soumise à un pillage filtré et méthodique qui fait le vide partout.
Des ouvriers hémois sont incorporés de force dans des bataillons civils et expédiés dans les Ardennes pour du travail obligatoire pour les occupants. L’autorité allemande ajoute à la déportation des hommes celle des femmes, expédiées dans les villages désertés des Ardennes ou réquisitionnées pour la moisson.
Jeunes hommes déportés et jeunes filles d’Hempempont réquisitionnées pour la moisson (Documents Hem d’hier et d’aujourd’hui)
La commune doit quant à elle subvenir au logement, au bien-être et à la nourriture de l’ennemi. La population est réquisitionnée à tout moment pour travailler suivant le bon vouloir des allemands et ne peut pas quitter la ville comme elle le veut. La commune fournit chaque jour du bois à brûler aux troupes allemandes. En revanche, les écoles et les églises ne peuvent pas être chauffées.
Avertissement et appel à la population (Documents Hem d’hier et d’aujourd’hui)
4 ans plus tard les troupes allemandes évacuent et en décembre 1918, Henri Delecroix peut réunir son conseil municipal. Le conseil a la possibilité d’ ouvrir à nouveau les dossiers laissés pour compte pendant la guerre et de prévoir un budget spécial pour faire face à toutes les dépenses concernant les dommages de guerre avec une aide préfectorale.
Au début des années 1920, le projet relatif à l’établissement de la distribution d’eau potable dans toute la commune est relancé et en 1926 les canalisations sont implantées et 22 bornes fontaines installées. Puis c’est l’éclairage public de la commune qui est soumis au vote du conseil municipal et l’installation du réseau d’électricité pour tous usages dans la commune est réalisée par la société Tricoit de Lannoy.
Borne fontaine (Document Hem mille ans d’histoire et document au temps d’Hem)
Puis, en 1925, Henri Delecroix perd son mandat de maire au profit de Julien Lallart. Il décède en 1933 d’une longue maladie à son domicile, 11 place Verte (actuelle place de la République).
Domicile de Henri Delecroix sur la place d’Hem (Document Historihem) et photo aérienne de la demeure en 2020 (Document Google Maps)
A suivre…
Remerciements à l’association Historihem, André Camion et Jacquy Delaporte pour leurs ouvrages Hem d’hier et d’aujourd’hui et Hem 1000 ans d’histoire ainsi qu’à Jacquy Delaporte, Christian Teel et Chantal Guillaume pour leur bande dessinée Au Temps d’Hem
Une actualité récente a mis en évidence la fermeture annoncée à Leers d’un service public d’une notoire utilité, la poste. Mais depuis quand existe-il une poste à Leers ?
Une correspondance de 1900 dans le Journal de Roubaix nous renseigne sur le service postal de l’époque. « Près de nous, les habitants de Leers et de Lys, qui pourtant n’ont pas de bureau de poste dans leur commune, ont su obtenir que deux distributions par jour soient faites par le bureau de Lannoy ».
La poste de Leers en 1931 doc Jal de Rx
Il semble que la première poste de Leers a été construite en 1931, elle se trouvait sur la place. En septembre 1931, une coquette construction s’élève sur la place de Leers, destinée aux installations du bureau de poste. Le bâtiment se compose de deux parties distinctes : le bureau de poste et l’habitation du facteur-receveur. Au dessus de la porte d’entrée, on peut lire « Leers » et sur le renflement de la salle d’attente : Caisse nationale d’épargne-Chèques Postaux, et sur le côté : Poste, Télégraphe, Téléphone. Au rez-de-chaussée, une salle d’attente avec pupitre pour les correspondances., banc de repos et cabine téléphonique. Les appareils de cette cabine ne seront toutefois posés que le jour où l’administration des postes aura fait du bureau de Leers une recette de plein exercice, dans quelques années. En attendant il n’y aura ni télégraphe, ni téléphone. Le téléphone de la mairie restera le seul moyen de correspondre durant les heures d’ouverture des bureaux.
la poste en fonctionnement Coll Fam
À droite de la salle d’attente et toujours front à la Place, le bureau des facteurs avec deux guichets. Derrière, la salle de service pour le facteur-receveur ou le directeur de la poste. Une porte donnant accès à l’habitation se trouve à droite des bureaux. Il reste encore quelques travaux à faire et l’architecte compte que le tout sera achevé vers la fin du mois d’octobre. Et si l’administration des postes fait diligence, l’ouverture pourra se faire vers la mi-novembre. Finalement l’ouverture de la poste aura lieu le 1er décembre, les travaux ayant pris du retard : il reste en effet le chauffage central et l’éclairage à installer. Les habitants de Leers qui attendent depuis vingt ans cette installation indispensable devront patienter encore un peu. La maison Emile Duquesne de Roubaix s’est chargée du terrassement, de la maçonnerie et du bétonnage. La firme Remy et Pierre Welden de Roubaix a exécuté les travaux de charpente et de menuiserie. L’importante maison Brutin Cardon de Roubaix s’est chargée des travaux de couverture et de plomberie. Les carrelages céramiques et les inscriptions sur la façade sont l’oeuvre de l’entreprise Martinage de Tourcoing.
Plans de la nouvelle poste doc NE
Quarante quatre ans plus tard, le Conseil Municipal a émis un vœu pour la construction d’un nouveau bureau de PTT pour remplacer celui de la place Carnot. Le lieu d’implantation a finalement été choisi, ce sera rue du Général de Gaulle, et l’avant projet a été établi par M. Patrick Forest architecte DPLG. Un terrain qui sert actuellement de parking convient parfaitement. La nouvelle poste se situera ainsi au centre de la commune. Le chantier est ouvert au début de l’année 1976. En juillet la construction est bien avancée et l’inauguration ne tarde pas.
Et voilà qu’on parle de fermer ce bureau. Selon la Poste, une baisse d’activité de moins 15 % en moyenne a été constatée depuis 2018. Et la commune n’est pas une exception. Comme dans de nombreuses villes, la Poste réaménage ses horaires, voire ferme le service.
La poste aujourd’hui vue Google Maps
Mais le maire de Leers l’assure, il n’est pas question de déplacer le service comme cela a pu se faire à Lannoy. « Cela n’aurait pas de sens… Nous avons des personnes âgées qui se déplacent à pied. Notre mairie est bien trop excentrée pour y envisager une agence postale. »
Un pétition circule qui a déjà recueilli plus de 4 000 signatures. Affaire à suivre.
C’est le 18 septembre 1811 que Napoléon, qui vient de peu d’échapper à un incendie lors de son mariage, décide de professionnaliser l’action contre le feu dans la capitale française et confie cette mission à un corps militaire : le bataillon des sapeurs pompiers de la ville de Paris, en remplacement du corps des gardes pompe créé dans la capitale au 18ème siècle.
Il prévoit que le cadre communal s’impose pour mettre en œuvre les moyens humains et matériels pour faire face aux risques. C’est une loi de 1831 qui institue la constitution de corps communaux de sapeurs-pompiers. En 1907, la ville de Hem édifie un bâtiment communal face à l’église Saint-Corneille comportant morgue, prison et pompe à incendie.
Emplacement du bâtiment communal (Document Historihem)
Le bâtiment (Document Nord-Eclair)
Le bâtiment (Document Au Temps d’Hem)
Au début du vingtième siècle les compagnies et escouades de sapeurs-pompiers volontaires de province sont principalement équipées de pompes à bras : engin hippomobile ou tiré à bras dont leservice nécessite un personnel nombreux (au moins une vingtaine de personnes) pour approvisionner la cuve en eau (chaîne humaine) et pour pomper (équipes de 4 ’’batteurs’’ qui se relaient après une ou deux minutes de battage.
Pompes à incendie début 20ème siècle à Hem (Document au temps d’Hem)
A l’époque la commune de Hem, dont la population compte environ 5.000 habitants, dispose d’un corps de sapeurs-pompiers composé de 23 hommes. Ils sont peu rémunérés, dispersés dans la commune, sans lien entre eux, et ne disposent que d’un matériel extrêmement vétuste et concrètement la ville ne dispose donc d’aucun moyen sérieux de lutte contre l’incendie.
Lors du tournage, dans les années 1960 du feuilleton « En famille » qui reconstitue la lutte contre un incendie fin 19ème, on peut se faire une idée claire des faibles moyens de l’époque face à un incendie qui fait rage. Une pompe à bras d’époque est intégrée au tournage pour rendre la scène crédible.
Tournage du feuilleton et usage d’une pompe à bras (Document Nord-Eclair)
Dès 1925, le Conseil Municipal s’occupe de la question de la protection des pompiers. Il contracte une assurance minimale pour chaque homme, non assuré jusque là contre les accidents possibles, et le pourvoit d’un casque, les soldats du feu ne disposant jusqu’alors que d’une vareuse et d’un képi. Malheureusement les disponibilités budgétaires ne permettent pas, de suite, l’achat d’une autopompe.
Fin 1926, le corps de pompiers est réduit de 23 à 12 hommes dont la commune s’engage à fournir l’habillement et l’équipement. Elle s’engage également à pourvoir à l’entretien du matériel et à contracter des assurances pour chacun contre les accidents et la mort pouvant subvenir durant l’exercice de ses fonctions.
Nouvelle autopompe garée devant l’église (Documents Historihem et Au temps d’ Hem)
Un sergent mécanicien est recruté pour l’entretien de l’autopompe qui est finalement acquise en 1927 grâce à une souscription lancée par l’amicale des sapeurs-pompiers juste fondée. Pour ce faire il est autorisé à construire un petit atelier de planches attenant à la caserne qui lui permet d’effectuer des travaux accessoires pour gagner sa vie.
L’inauguration du nouveau matériel a lieu le 22 mai 1927 sous la présidence d’honneur du commandant Mahieu, inspecteur du corps des sapeurs-pompiers du Nord Pas-de-Calais et la nouvelle auto défile au son de la Marseillaise exécutée par la musique municipale.
Inauguration du nouveau matériel d’incendie (Documents Historihem et Le Dimanche de Roubaix-Tourcoing)
Puis le cortège se rend à l’ Hempempont pour assister à une manœuvre de la pompe et à divers exercices de sauvetage et d’escalade, puis à un banquet à l’Auberge et enfin au grand carrousel monté qui a lieu dans la cour de l’estaminet Boussemart à la Place où la journée se termine par un grand bal familial.
A suivre…
Remerciements à Historihem, la Ville de Hem et André Camion et Jacquy Delaporte pour leur ouvrage Hem d’Hier et d’Aujourd’hui ainsi qu’à Jacquy Delaporte, Christian Teel et Chantal Guillaume pour leur bande dessinée Au Temps d’Hem
Marguerite Boucicaut (née Guérin) est la fondatrice, avec son mari Aristide, du premier grand magasin « Le Bon Marché » à Paris. Elle meurt en 1887. Par testament en décembre 1896, elle a désigné l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris comme légataire universel. Parmi ses nombreux legs, l’un concerne l’établissement d’une « maison refuge » pour jeunes mères en difficulté (des filles mères) dans les environs de Lille. L’Assistance Publique acquiert un terrain boulevard de Cambrai à Roubaix et réalise la construction d’un établissement dénommé « Fondation Boucicaut », inauguré le 5 juillet 1897. Il deviendra ensuite une maternité, puis une crèche et enfin « La Pouponnière Boucicaut », structure sociale importante et paradoxalement assez peu connue des roubaisiens.
Le buste de Mme Boucicaut, veillant sur le jardin d’enfants Photo IsaVanspey
Appuyée sur ma modeste expérience en tant qu’auxiliaire de puériculture à la Pouponnière Boucicaut, service du Centre Communal d’Action Sociale de la Ville de Roubaix, je vous propose de vous faire visiter les lieux. La pouponnière est un lieu d’hébergement et de soins pour les enfants placés sous sauve garde de justice ou présentant un handicap. Les parents bénéficient de visites, sur place et parfois selon, les situations, d’une journée ou week-ends à domicile. Il s’agit d’un service émanant de la DDASS (Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales). Les enfants porteurs de handicap, n’ont alors que très peu de lieu d’accueil. Il existera par la suite un lieu d’accueil de jour, pour eux, appelé « la marelle » au sein même de l’établissement. Les enfants mis sous protection ont pour profil : des orphelins, des enfants abandonnés, nés sous X , souffrant de négligence et/ou de mauvais traitements. Plus, rarement à cette époque ceux dont les parents n’ont plus de domicile et dont « la mise à l’abri » est provisoire.
La maison des gardiens Photo IsaVanspey
Le bâtiment est situé au 60 boulevard de Cambrai à Roubaix. Juste après les grilles, sur la droite, la maison des gardiens M et Mme Lambert. M Lambert est le monsieur PLUS de cet établissement. Toujours bienveillant et souriant, les enfants l’adorent. Il occupe de multiples fonctions, chauffeur, réparateur, coursier, gardien animalier.
Plaque du CCAS Phot IsaVanspey
Le bâtiment est composé de 3 étages, le rez- de- chaussée est destiné au secteur social ; le 1er étage, au secteur sanitaire, le logement de fonction de la direction et le 2ème étage les chambres des infirmières de garde. Plus précisément, au rez-de-chaussée, en entrant à gauche le bureau du secrétariat/accueil, en face celui de la direction. Après les portes vitrées le bureau de consultation des pédiatres, les chambres munies de points d’eau pour les changes et d’armoires pour ranger le linge, de lits à barreaux et pour les plus grands de lits au ras du sol. Au fond, à droite, une salle d’animation, une salle de psycho motricité, un bureau de psychologue et une salle de bains collective, une tisanerie, un réfectoire collectif, une cuisine et une buanderie. Le schéma est à peu près à l’identique au 1er étage mise à part la cuisine et il est réservé au secteur sanitaire (enfant porteur d’handicap). Parfois les secteurs se mélangent selon les entrées et les places disponibles.
Vue du jardin de la pouponnière Coll particulière
A l’arrière du bâtiment, un grand jardin et sur le côté droit un poulailler où se croisent, poules, paons, cochons d’inde.
La friche industrielle des anciens établissements Leclercq Dupire a été appropriée en un grand ensemble commercial et culturel inauguré au mois d’octobre, l’Espace Carnot. Toute la friche ? Non. La partie située de l’autre côté de la rue Stalingrad (ex rue de l’Industrie) a été entièrement équipée par la ville de Wattrelos, pour y accueillir diverses administrations et leurs services. Le projet wattrelosien a pu se réaliser grâce à la participation du Conseil Général.
L’entrée du nouveau centre Photo NE
Cela a permis de réaliser 2.000 m² de bureaux dans lesquels cohabitent des administrations aussi variées que le centre d’information et d’orientation scolaire au premier étage, l’inspection départementale de l’Éducation Nationale au second, ainsi que des permanences de conseillers municipaux, de la Caisse Régionale d’Assurance Maladie, de la CICAS, de la Caisse Primaire d’Assurance Maladie, du centre d’information sur l’habitat et de l’association des Mutilés du travail. Tous les locaux ne sont pas occupés, et des permanences d’autres associations pourraient s’y tenir.
Les nouveaux locaux du CIO Photo VdN
Le rez-de-chaussée est réservé à des permanences d’ordre social : aide sanitaire et sociale, protection maternelle et infantile. Un parking de cent places permet d’accueillir les visiteurs. Une plaque en souvenir de cette inauguration qui s’est déroulée le 8 novembre 1988, est toujours visible sur le mur à gauche de l’entrée.
Plaque d’inauguration du centre Photo PhW
Ont participé à cette inauguration MM. Faugaret, maire de Wattrelos, Derosier, président du Conseil Général du Nord, Carton député du Nord, Helm, inspecteur départemental, entre autres personnalités. Présenté comme un exemple parfait de reconquête d’un site industriel, le Centre Stalingrad est appelé à devenir un des catalyseurs de la vie sociale wattrelosienne. Signe des temps, une Marianne républicaine a remplacé la statue patronale de la Sainte Vierge.
Les officiels à l’hôtel de ville après l’inauguration Photo NE
Considérée comme un fleuron de l’architecture industrielle du Nord, l’usine Motte-Bossut est inscrite au titre des Monuments Historiques dès 1978, ce qui la préserve d’une éventuelle démolition. L’entreprise dépose le bilan en 1981 et cesse ses activités en 1982. La ville de Roubaix rachète alors le bâtiment pour ses projets de restructuration du centre. En 1983, une mission interministérielle est créée reprenant le nom de l’association des deux architectes et urbanistes Roland Castro et Michel Cantal-Dupart « Banlieues 89 ». En 1984, deux consultations sont lancées en direction des architectes, urbanistes, paysagistes et plasticiens afin de proposer des projets de rénovation de la banlieue en France. Plus de deux cents projets sont retenus sur l’année 1984. Dès le mois de mars, Roubaix répond à l’appel de Richard Castro, lequel est séduit par le château usine roubaisien. Une équipe de Roubaisiens aidés par des architectes se met au travail et il en ressort un projet de centre international des communications et des technologies nouvelles. Les orientations sont les suivantes : un centre régional de ressources et d’échanges avec production d’outils de communication, un projet régional de création d’un fonds d’archives du monde du travail, des clubs pro-électroniques, un relais privilégié du centre international de communication de la Défense à Paris, et l’appropriation des nouveaux médias par le grand public. Il s’agit aussi de faire la promotion des nouvelles technologies autour des activités qui ont fait la réputation de Roubaix. On parle du Centre national de promotion textile, de nouveaux services urbains, d’un institut de gestion urbaine, d’une société de développement local, d’une banque du développement, et d’un centre d’initiation aux langues étrangères. Sous l’ancienne municipalité, il y avait déjà eu de nombreux projets : station de métro, gare des autobus, construction d’un hôtel, un musée du textile et le fameux centre national de promotion textile.
Monsieur Leman de l’APU présente le programme des films Photos NE
Février 1986, deux projets nordistes de télévision locale voient le jour : la société lilloise vidéo-system et l’atelier populaire d’urbanisme de roubaix. Le projet NTV de Lille travaille sur le dessin animé et l’image de synthèse, pour les chaînes de service public. L’APU est une télévision associative, présentée comme télé Monsieur le Maire, porte voix des élus locaux et gadget pour les associations de quartier. Les financeurs sont le Conseil Régional, la ville de Roubaix, EDF, Velec et la Redoute. Modèle de la télévision de proximité, le projet APU ne peut espérer voir le jour que dans l’optique d’une diffusion sur réseau câble. En mars 1986, c’est la signature par le ministre des P et T M. Mexandeau, de la convention qui va permettre le câblage de l’agglomération de Roubaix Tourcoing. Le château de l’industrie devient un centre international de la communication d’où partiront images et données qui alimenteront le réseau. Le 22 Mars 1986, c’est la première séance de la télé de quartier de l’APU en trois séances successives. Maquette de télé locale en 52 minutes. TV Roubaix est du travail de pro. Production d’une série de huit films de 5 à 10 minutes, avec des thèmes sur le quartier de l’Alma, la ferme des enfants, le soutien à la lecture, des actualités locales, le club de badminton et ses champions de France, un vidéo clip de danse maghrébine par le groupe Cirta. Coût 350.000 francs pour deux minutes de programme.
Dès juin 1986, le château de l’industrie se transforme en bastion avancé des technologies du futur. Le projet a été retenu dans le cadre de la mission Banlieues 89 aux côtés de villes comme Bordeaux, Nancy sur une liste qui compte 70 opérations. La locomotive du projet est sans conteste le centre De la ferme au supermarchéinter-régional des archives du monde du travail, mais l’ambition est plus vaste. Il s’agit de créer un important centre de la communication, avec la création d’un centre de production et de ressources audiovisuelles, un réseau de télévision par câble, un port électronique transmettant images et informations par fibres optiques, des ateliers d’initiation aux nouvelles technologies, un exploratorium, qui soit un relais du musée de la Villette. Ajouté à cela un centre d’initiation aux langues étrangères, un centre d’essai des nouvelles technologies du commerce, et le fameux centre de promotion textile.
Les travaux de 1986 Photo NE
En Septembre 1986, interviennent les premiers coups de pioche, et les premiers bâtiments démolis du côté de la rue de Lannoy. Ce n’est plus un projet, proclame André Diligent, le point de non retour est atteint ! Les bâtiments donnant sur le boulevard Leclerc sont donc réhabilités et accueillent le Téléport et le Centre International de la Communication. Le projet est novateur et s’inscrit dans une politique d’ouverture et de mutations des activités roubaisiennes vers le secteur tertiaire de haut niveau. France Télécom installe un centre numérique et une salle de visioconférence. Centre numérique, salle de vidéo-conférence, chaînes câblées et studio de télévision locale C9 prennent possession d’une partie de l’usine après la réhabilitation des façades sur le boulevard et la transformation des anciens ateliers pour construire des bureaux adaptés aux nouveaux usages.
En novembre 1987, Gérard Longuet, secrétaire d’état aux P et T, vient annoncer la création sur place d’une zone de télécommunications avancées. Vous aurez onze ans d’avance ! s’exclame-t-il. Trois zones en France, Roubaix, Metz et Poitiers. On les nomme téléports mais le ministre n’emploie pas le mot. Le centre roubaisien sera néanmoins l’Eurotéléport. L’inauguration prévue par le premier ministre Jacques Chirac, le 7 décembre. Un projet en entraîne un autre : un important groupe immobilier la SARI, va construire à Roubaix sur le site Motte Porisse 18.000 m² de bureaux intelligents, on prévoit la construction d’un Novotel, d’un centre d’affaires actif qui dès l’été 1988 accueillera la tête de réseau recevant les programmes du câble. En Décembre 1987, pas de Chirac, ce sera Michel Noir, ministre du commerce extérieur. On pose néanmoins la première pierre.
Michel Noir pose la première pierre Photo NE
Mai 1988, l’Eurotéléport sera une réalité dans six mois, grâce à la signature de la convention entre France Telecom et la ville. Quatre conventions de ce genre ont été signées, à Metz, Poitiers, Sophia-Antipolis et Roubaix. André Diligent compare l’ensemble du projet au « tunnel sous la manche ou au TGV, même s’il coûtera moins cher à la collectivité ». En attendant, il s’agit d’offrir des services aux entreprises, et notamment le raccordement téléphonique haut de gamme le RNIS (réseau numérique à intégration de services), le star direct com intra-entreprises à l’échelon international. L’investissement de France Télecom se monte à 20 millions de francs et l’opérationnalité est prévue pour le premier semestre 1989.
Les travaux de 1988 Photo NE
Juillet 1988 : les travaux ont commencé de façon spectaculaire. Le CIC se divise alors en trois grands pôles : grand public, formation, économie. En sous sol, on trouve la tête de réseau câblée du VNE, et dans l’enceinte du vieux bâtiment, 1300 m² ont été attribués pour une partie culturelle équipée avec le matériel ultra performant de l’INA, murs d’images, videothèque pour les étudiants, visiteurs, écoliers puis un centre de télécommunication France télécom pour les entreprises. La formation est représentée par l’école supérieure de création en communication et l’UFR de langues étrangères appliquées.Un centre Atria, centre d’affaires comme à Grenoble, Saint Etienne ou Montpellier, est programmé sur le site Motte-Porisse.
L’abattoir vient de fêter le centenaire de sa construction quand le constat est fait de sa vétusté et de l’impossibilité d’une réfection totale de ses locaux car il est à présent situé quasiment en centre ville. Un projet de nouvel abattoir coûtant trois millions de francs est à l’étude. On pense à l’implanter en lieu et place de l’ancien dépôt de tramways rue de Mascara au Laboureur devenu propriété communale. La voie de chemin de fer toute proche est un argument pour cette implantation. Finalement en 1974, par arrêté du préfet, les abattoirs de Roubaix et Tourcoing sont condamnés, ils ne feront pas partie de la liste des neuf abattoirs du nord qui subsisteront à savoir Dunkerque, Hazebrouck, Valenciennes, Saint Amand, Douai, Avesnes, Maubeuge, Caudry et Lille.
Dernières images de l’abattoir Photo NE
Tous les abattoirs non autorisés doivent cesser de fonctionner au plus tard dans les quatre ans (1978 pour Roubaix et Tourcoing) avec une prime incitative pour fermeture de 334.160 francs. Il est vrai que les tonnages abattus étaient en baisse. Le reclassement du personnel est prévu : 22 personnes à Roubaix iront dans d’autres services, d’autres sont proches de la retraite, d’autres iront à Lille, ce sont principalement des chevillards.
Le lycée professionnel rue Lavoisier Photo VDN
L’abattoir fut démoli en 1978 et on établit sur son emplacement un lycée d’enseignement professionnel, dont la construction démarra en décembre 1978 pour s’achever en novembre 1980. Cet établissement propose aujourd’hui des filières vers un CAP ou un Bac pro dans les domaines de la restauration ou des services à la personne. La fonction de l’établissement jouxtant la Place ayant changé, le nom de la Place en fit autant : elle fut rebaptisée Place Jean Baptiste Clément, du nom de l’auteur du « Temps des cerises » le 28 février 1979.
Le lycée a remplacé l’abattoir plein centre de la photo Vue IGN 1982
Cet abattoir fut agrandi plusieurs fois (1894, 1908 et 1925), modernisé en 1899 et équipé de chambres froides en 1919. Cette année là, un peu partout, les municipalités des grandes villes installent des services frigorifiques pour maintenir les produits congelés importés à basse température jusqu’au moment de leur consommation. Roubaix ne fait pas exception. Un projet d’installation pouvant abriter 200 tonnes de viandes est examiné. Il s’agirait de transformer une écurie de l’abattoir en un frigorifique et en une anti chambre de décongélation. La salle des machines serait établie sur un petit terrain libre à côté dépendant de l’abattoir.
Le quartier se développe autour de l’abattoir. Parmi ses riverains, on trouve deux tailleurs, deux estaminets, dont l’un s’appela un temps A la vache d’or, et bien sûr deux bouchers. La Place de l’Abattoir reçut sa disposition actuelle en 1925 : elle fut composée de deux terre-pleins plantés de tilleuls argentés, agrémentés de bancs pour les promeneurs, et elle fut alignée en son centre avec la rue de l’abattoir (future rue Léon Allart).
L’abattoir des années trente CP Méd
À cette époque, l’Abattoir communal est ouvert de 6 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures, du 1er Avril au 30 Septembre. De 7 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures, du 1er Octobre au 31 Mars. L’établissement est fermé les dimanches et jours de fêtes.
L’abattoir accueille un grand nombre de professions : bouchers, charcutiers, chevilleurs, tripiers, fondeurs de suif et leur accès est sévèrement réglementé. MM. le Vétérinaire Inspecteur de l’Abattoir, le Directeur du Bureau d’Hygiène et le Commissaire Central de Police, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du règlement.
L’Administration Motte avait projeté en 1909 la construction d’un nouvel abattoir aux Trois-Ponts près du Tir National. Ce projet avait plusieurs gros inconvénients : il portait préjudice au commerce du quartier. Trop éloigné du centre, il perdait une partie importante de sa clientèle de bouchers qui se seraient rendus aussi rapidement à Lille ou à Tourcoing. D’où augmentation de dépenses et diminution des recettes.
L’abattoir modernisé CP Méd Rx
En 1925, on fait le choix de la modernisation. Les travaux vont pourvoir l’abattoir d’un outillage moderne et des perfectionnements pour l’hygiène : aqueducs, eau saine et abondante sous forte pression, lumière électrique dans les halls d’abattage, échaudoirs lambrissés en grès émaillés, monorails avec crocs ou baquets suspendus pour le transport, augmentation du nombre de pendoirs, salles de grattage et de dégraissage conformes aux exigences de l’hygiène, écuries, étables, bergeries, vestiaires et lavabos pour le personnel. Partout de l’air et de la lumière. Les recettes, loin de diminuer vont augmenter. Double bénéfice pour la Ville. Et pas de perte pour le commerce du quartier. L’abattoir sera complètement modernisé en 1928.