Depuis des décennies, les emplacements de la rue de la Halle ont toujours été occupés par des estaminets ou des grossistes en fruits et légumes. En 1968, sur 14 maisons, on dénombre 11 grossistes et semi-grossistes en fruits légumes et 3 cafés.
Citons entre autres, quelques entreprises de l’époque : Seynave, Mathis, Divol, Florin, VandenBroeke, Valcke, VanMoer, Prevost, Tack-Boutten-Kuhn, Ferreira.
la rue de la Halle ( documents archives municipales )
Les conditions de travail sont de plus en plus difficiles pour cette activité de gros, en plein centre ville :
– La rue de la Halle est toujours très animée aux premières heures du jour et donc très bruyante
– Les problèmes de stationnement sont récurrents
– Le manque de place se fait cruellement sentir pour le stockage
– Les chariots élévateurs ont beaucoup de difficultés à manoeuvrer pour charger et décharger les camions
De ce fait, la concurrence du nouveau marché de gros de Lomme est d’autant plus vive, car certes, il est plus éloigné mais beaucoup plus facile d’accès et donc plus pratique pour les commerçants.
La ville souhaite effectuer une opération d’aménagement et de restructuration de cette partie du centre ville en Mars 1980 : rajeunir le triangle se trouvant en face de la Poste, et délimité par les rues de la Halle, Pierre Motte et par le boulevard Leclerc à savoir « l’Ilot de la Halle ».
le café de la Poste et la rue de la Halle ( document archives municipales )
Du côté du boulevard Leclerc, la Banque Populaire du Nord s’est déjà implantée à la place du café « La Rotonde ». Des bureaux sont programmés pour remplacer l’ancienne carrosserie « Van Den Hende ».
Pour la rue de la Halle, ce n’est pas une réhabilitation qui est envisagée mais un véritable curetage pour faire oublier les dents creuses correspondant aux anciens magasins de grossistes en fruits légumes, primeurs, beurre, œufs et fromages.
En 1982, les grossistes quittent la rue pour le Marché d’intérêt local du Pile rue de Valenciennes ( voir sur notre site un précédent article intitulé « Le Marché des Halles s’en va au Pile »)
document Nord Eclair 1982
Le projet initial prévoit la démolition de 22 immeubles sur les 3 rues, soit au total une superficie de 4983 m2. Sont concernés : les n° 5 au 29 rue de la Halle, les n° 10 et 12 rue Pierre Motte, et les n° 35 à 43 du boulevard Leclerc
document archives municipales
Finalement, la démolition ne concernera que la rue de la Halle et le n° 41 du boulevard Leclerc ainsi que le café de la Poste. Sur les plans ci-dessous on peut constater en effet que les 2 immeubles de gauche (grisés sur le 1er plan) ont été conservés.
document archives municipales
65 logements, bureaux et commerces sont construits par la Société d’HLM : « Le nouveau logis », pour un budget de 48 millions de francs. L’hôtel Ibis est construit à l’emplacement du café de la Poste. Les travaux s’étalent sur une durée de deux ans en 1987 et 1988.
Les travaux pendant la construction ( documents b.n.r Daniel Labbé )
Après l’achèvement des travaux en 1989 ( documents b.n.r Daniel Labbé )
André Dekimpe est né en Belgique en 1909. Au début des années 1920, il devient apprenti boucher, formé par son frère Aurèle Callens dans une boucherie située Grand Place à Wattrelos puis un commerce de la rue du Collège à Roubaix. André termine son apprentissage dans un établissement à Lille et s’occupe ensuite de l’entreprise de salaisons créée par son frère Aurèle à Lys lez Lannoy.
André et Yvonne Dekimpe ( document famille Dekimpe )
André décide de s’installer à son compte au dernier trimestre de 1953. Il arrive à Leers avec son épouse Yvonne et 4 de leurs enfants, Claude, Andrée, Jean-Pierre et Alain ( la fille aînée Jeanine, mariée récemment a déjà quitté le foyer familial ) Ils reprennent le commerce de boucherie-charcuterie d’Aimé Cnudde sur la grande place de Leers, plus précisément au 1 rue Jean Jaurès, à l’angle de la rue du général De Gaulle. André et Yvonne auront un 6° enfant, Francis, quelques temps après.
plan cadastralla boucherie Cnudde ( document famille Dekimpe )
Le bâtiment doit dater des années 1820, c’était auparavant l’estaminet de la famille Meurisse. Un superbe balcon en fer forgé d’époque, existe toujours à la fenêtre du 1° étage. Le magasin est assez étroit, mais le bâtiment est grand et s’étale sur une surface de 210 m2.
Plan de la maison ( document famille Dekimpe )André Dekimpe devant son billot ( document famille Dekimpe )
Dans les années 1960, Claude Dekimpe, le fils le plus âgé reprend un commerce de boucherie situé au 25 rue Joseph Leroy à Leers, et ce, pendant plusieurs années. Jean-Pierre, Alain et Francis, après un CAP de boucherie à Tourcoing, deviennent apprentis puis commerçants. Andrée s’occupe de la vente de produits à la clientèle, avec son frère Jean-Pierre. Puis les trois garçons se marient et quittent le domicile parental, pour vivre avec leurs épouses respectives. Seule Andrée reste vivre dans la maison familiale.
Yvonne Dekimpe et son fils Claude ( document famille Dekimpe )
En 1963, ils décident de moderniser le magasin : chambre froide et vitrine extérieure agrandie et modernisée. En 1965, ils démolissent un mur pour créer un nouveau laboratoire conforme aux normes sanitaires obligatoires.
la nouvelle vitrine élargie ( document famille Dekimpe )
Les affaires fonctionnent très bien, grâce à l’expérience et au sérieux d’André Dekimpe et de son épouse. En 1965, ils ont l’occasion d’acheter l’immeuble qu’ils louaient jusqu’à présent, ainsi que le commerce voisin au n° 3 de la rue Jean Jaurès, qui était occupé par un salon de coiffure. Ce petit local leur permet de stocker du matériel, et de décorer de superbes vitrines réalisées par Andrée, pour les grandes occasions : Pâques, Noël, etc
Le 1 et 3 rue Jean Jaurès ( document famille Dekimpe )
Andrée est spécialisée dans la préparation et la présentation de la charcuterie, elle est également une artiste douée dans l’art décoratif. A l’époque de Noël, elle se consacre avec une merveilleuse inspiration et une patience exemplaire, à la reproduction d’un édifice ou d’un monument. Elle crée l’église de Leers en saindoux et l’installe dans sa vitrine pour les fêtes de fin d’année 1966.
l’église de Leers en saindoux, devant le cochon de lait ( document famille Dekimpe )
En 1967, Andrée jette son dévolu, sur le château d’ Azay le Rideau qu’elle réussit à merveille en saindoux. Elle reçoit de très vives félicitations et le journaliste de Nord-Eclair ne manque pas l’occasion d’en faire l’éloge, même s’il commet une erreur sur le nom du château.
le château d’Azay le Rideau en saindoux ( document Nord Eclair )
La famille Dekimpe a l’occasion de louer un petit local à deux pas, en 1970, au 9 de la rue du général De Gaulle qui était auparavant la boucherie Verriest. Ce magasin n’ouvre que le lundi, puisque c’est le jour de fermeture hebdomadaire du magasin principal. Cela leur permet de satisfaire la clientèle 7 jours sur 7.
le magasin au 9 rue Charles De Gaulle ( document famille Dekimpe )sac publicitaire avec les deux adresses ( document famille Dekimpe )
André Dekimpe décède en 1972 : Jean-Pierre, Andrée, Alain et Francis continuent l’activité du commerce. Il n’est pas toujours très facile de travailler en famille, mais l’ambiance est bonne entre les 3 frères et leur sœur : les garçons au laboratoire et Andrée aidée d’une vendeuse au magasin pour servir la clientèle.
à suivre . . .
Remerciements à tous les membres de la famille Dekimpe
Ce n’est qu’en 1957 que le projet y est lancé pour la construction d’une école maternelle de 2 classes comportant un logement, et de 2 écoles primaires comprenant chacune 3 classes et un logement, ces 3 écoles devant former le groupe solaire d’Hem Centre. Etant donné l’état du terrain et notamment une forte dénivellation due à un trou de bombe (en 1944) des fondations spéciales et des travaux de drainage sont nécessaires, accroissant le coût de l’opération.
Photos aériennes de 1951 puis 1962 (Documents IGN)
En 1958, le groupe scolaire du Centre est inauguré par le maire Jean Leplat, dans le cadre verdoyant du parc de l’ancien château Catrice, nouvelle mairie de Hem en présence de nombreuses personnalités. La Marseillaise est interprétée par l’Harmonie Municipale et la Clique La Gauloise avant que l’Inspecteur d’Académie ne coupe le cordon symbolique.
Inauguration de l’école du Centre et discours du maire Jean Leplat (Document Nord-Eclair)
Jean Leplat insiste dans son discours sur « les classes spacieuses et bien aérées de cette nouvelle école où les enfants verront petit à petit les corbeilles se garnir de fleurs et les terre-pleins se transformer en gazons parsemés d’arbustes bordant les allées bien soignées… ».
Le journal Nord-Eclair se fait l’écho de la foule nombreuse ayant participé à la cérémonie, tels les enfants des 3 écoles agitant joyeusement des petits drapeaux et la foule en chemin pour visiter les classes après les discours officiels.
Photos de la journée d’inauguration du groupe scolaire (Documents Nord-Eclair)Le restaurant scolaire en 1973 (Document Nord-Eclair)
En 1973, désireuse que les enfants scolarisés prennent leurs repas dans de bonnes conditions, décide de la construction de 3 restaurants scolaires. Le 1er a être construit pour recevoir 160 enfants est celui du Centre au « parc de la Marquise », comme il est encore d’usage à l’époque d’appeler l’ensemble du parc appartenait à la Marquise d’ Auray de Saint Pois.
L’adresse de l’établissement est le 71 rue de Beaumont, l’entrée officielle se faisant par cette rue même si l’école est accessible également par la mairie. Dans d’autres bulletins municipaux, quelques années plus tard la seule adresse spécifiée est le parc de la mairie. Le cadre dans lequel se situe l’école se prête à merveille aux activités de plein air.
Une sortie vélo en 1975 (Document Historihem)Photos de classe de 1976 (Documents Copains d’Avant)
En 1981, à l’occasion du centenaire des lois laïques, la ville d’Hem offre à ses écoliers une véritable classe 1900. Les organisateurs dénichent dans les greniers d’école et de mairies de la régions des bouliers, bureaux, une carte de France où l’Alsace n’est pas française et un orgue d’accompagnement. Les élèves de CM1-CM2, vêtus de sarraus noirs confectionnés avec l’aide des parents se retrouvent comme par magie au début du siècle.
Photo de l’école rétro organisée à l’école du Parc (Document Nord-Eclair)
Puis dans la semaine, les élèves de la classe rétro reçoivent la visite de Mme Pisani-Ferry, petite nièce de Jules Ferry, qui vient leur parler de l’amour de son grand-oncle pour l’école et de son respect pour les enseignants. Elle leur explique comment il a créé l’école gratuite pour que tous puissent en profiter, avant de la rendre obligatoire. Mme Pisani-Ferry est également reçue en mairie par Jean-Claude Provo.
Photos du passage de Mme Pisani-Ferry à l’école et en mairie (Documents Nord-Eclair)
Photos de l’école en 1982 (Document Hem d’hier et d’aujourd’hui et Office Municipal d’information de Hem)
En 1984, une association de parents d’élèves décide d’offrir une bibliothèque à l’ensemble des classes. Pas de salle à y consacrer et dans un premier temps les quelques 500 livres qu’ils espèrent recueillir grâce à un appel au don vont être répartis entre les classes pour que les élèves les aient sous la main et retrouvent petit à petit le goût de la lecture.
En mai 1994, est posée la 1ère pierre de la nouvelle école maternelle qui sera achevée en novembre. A la rentrée de Septembre, les élèves doivent donc se serrer un peu dans leurs anciens locaux avant de pouvoir intégrer à la rentrée des vacances de Toussaint la nouvelle partie de l’école actuellement en finition.
La nouvelle partie de l’école est un habile mélange d’espaces spécialement conçus en fonction des activités, de pièces de toutes tailles et de recoins secrets. Tout est aménagé en fonction des enfants et les volumes adaptés à leur taille. A la place du préfabriqué qui abritait la quatrième classe, une toute nouvelle partie en briques est sortie de terre.
Le nouveau bâtiment sort de terre (Document Nord-Eclair)
Puis l’ancienne partie fera peau neuve et tout devrait être fini pour la rentrée de janvier 1995. La façade du bâtiment central a été refaite et une rampe d’accès pour les personnes handicapées a été aménagée. L’ancien bâtiment de 4 classes sera transformé en 2 salles de classe très spacieuses, une bibliothèque, des sanitaires, un bureau pour la directrice, une tisanerie, une salle d’évolution pour les enfants et différents locaux de rangement.
Le bâtiment central avec sa nouvelle rampe d’accès (Document Nord-)Photos du bâtiment rénové et d’une des nouvelles salles de classe (Documents Nord-Eclair et la Voix du Nord)
La nouvelle école s’étend sur une superficie totale de 750 mètres carrés dont 445 mètres carrés de bâtiments neufs dans ce milieu très verdoyant et calme qu’est le parc de la mairie. L’inauguration a lieu en mai 1995 en présence de Mme Massart maire de Hem.
Photos de l’inauguration (Documents Historihem)
Pourtant l’école primaire Victor Hugo dite « du Parc » reste à reconstruire et c’est chose faite à l’été 2000. L’architecte signe un projet qui allie tradition des matériaux et originalité du concept. C’est une école symétrique qui ressemble un peu à un papillon avec, dans chaque aile 4 classes et 2 salles d’activité, le grand hall étant le corps du papillon et assurant la distribution vers les 2 ailes.
Mr Vercamer, maire de la ville visite le chantier avec ses adjoints une fois le gros œuvre terminé (Documents Nord-Eclair)Nouvelle visite de la municipalité alors que le chantier est presque terminé (Documents Nord-Eclair)
Durant cet été alors que l’école maternelle Victor Hugo accueille, comme tous les ans, un centre de loisirs, un incendie s’y déclare un dimanche après-midi alors que le centre est donc désert. Deux trans-locaux préfabriqués, utilisés auparavant par les élèves de l’école primaire en travaux sont donc mis à disposition du centre de loisirs jusqu’à sa fermeture.
Enfin pour la rentrée 2000, la nouvelle école primaire Victor Hugo est inaugurée. Toute en briques, tuiles et baies vitrées, grande de 1.000 mètres carrés, elle possède une BCD (Bibliothèque Centre de Documentation), une salle d’arts plastique, une salle d’informatique et une salle plurivalente. Une fresque avec toutes les mains des élèves apposées en peinture à l’entrée de l’école est dévoilée pour l’occasion.
L’inauguration de l’école primaire (Documents Nord-Eclair)
En 2013, la municipalité inaugure le nouveau restaurant scolaire ultra-moderne et après une visite des cuisines le maire et sa suite ont droit à une chanson à entonner avec les écoliers. Puis les petits se ruent à table et les visiteurs au buffet. Les enfants y vont de leurs commentaires élogieux : trop bien et super-cool. Quant au personnel, il le trouve très fonctionnel et beaucoup plus conforme en termes de surface : 415 mètres carrés pour accueillir chaque jours 200 petits gourmets.
En 2017, la municipalité fait aménager un parking rue de Beaumont qui doit servir aux usagers des équipements sportifs mais surtout aux parents d’élèves de l’école. Ce parking compte une quarantaine de places, est doté d’un portail et surveillé par des caméras. L’année suivante l’école bénéficie d’une rénovation de façade et d’un nouveau sol souple pour la garderie. Enfin en 2020, les travaux d’aménagement du parc de la mairie se poursuivent avec la construction d’une allée menant de la mairie à l’école Victor Hugo.
L’école dans son écrin de verdure en 2017 (Documents site internet , APE et ville de Hem)
Remerciements à l’association Historihem, André Camion et Jacquy Delaporte pour leurs ouvrages Hem d’hier et d’aujourd’hui
Un blockhaus se trouve à hauteur du N° 130 de la rue de Cartigny à Roubaix , entre le cimetière et la rue d’Alger, curieusement posé, comme en équilibre sur le mur.
le blockhaus rue de Cartigny ( document BNR Daniel Labbé 1982 )
Il a été construit par les allemands au début de la seconde guerre mondiale. Les sentinelles étaient chargées de surveiller la rue, les soldats étaient équipés de mitrailleuses. Nul doute que cette casemate protégeait un lieu sensible derrière le mur, certainement un dépôt de munitions, ou le garage de véhicules militaires ou bien un atelier de réparation du matériel de défense anti-aérienne de la Luftwaffe. C’est l’une des rares constructions de la guerre 39-45 à Roubaix.
document archives municipales
En 2001, l’état du mur qui supporte le blockhaus n’est pas brillant, il y a des risques pour les piétons, et la mairie envisage de le détruire purement et simplement.
Une association est créée dont le but est de sauvegarder le blockhaus, vestige de la guerre et qui, de plus, fait partie du paysage du cimetière.
document Nord Eclair 2001
Au mois de Juin 2001, Thierry Delattre, conservateur du patrimoine de la ville, Jean-Louis Denis, membre de l’association Espace du Souvenir, Evelyne Delannay, conservateur du cimetière, Pierre Leman, membre de la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) se réunissent sur place avec le propriétaire des lieux José Baptista.
document Nord Eclair 2001
L’accès au blockhaus se fait par un bâtiment industriel désaffecté. Une échelle de fer rustique et vacillante mène à la plate-forme de l’ouvrage. La construction est faite de plaques de béton. Des meurtrières offrent une vision rare des deux côtés de la rue et du cimetière.
document Nord Eclair 2001
Il faut absolument que le site soit classé au titre du patrimoine. On envisage même de le faire visiter par les roubaisiens, pour les prochaines journées du patrimoine du mois de Septembre. Certes, quelques travaux sont nécessaires : remplacer l’échelle, nettoyer l’accès, poser une porte et surtout consolider le mur du soutien…
Malheureusement deux années plus tard, la mairie décide de raser le blockhaus ! La demande de permis de démolir signée par J.F. Boudailliez le 30 Août 2003, est acceptée en Septembre pour risque de « péril ». On imagine donc que les commissions de sécurité ont estimé que le mur de soutien sur lequel est posée la casemate est trop fragile, et qu’il y a donc un risque grave d’effondrement sur le trottoir et la chaussée. Le blockhaus est démoli en fin d’année 2003.
la flèche rouge indique l’endroit où se trouvait le blockhaus ( Photo BT )
Le général de Gaulle a invité N.S. Khrouchtchev en France. Le voyage se déroule du 23 mars au 3 avril 1960. Nikita Khrouchtchev, alors Président du conseil des ministres de l’URSS, est le premier chef d’État soviétique reçu officiellement par le Président de la République française depuis la révolution de 1917. Né le 3 avril 1894 à Kalinovka, dans l’Empire russe, et mort le 11 septembre 1971 à Moscou, Nikita Khroutchev est un homme d’État soviétique qui dirigea l’URSS durant une partie de la guerre froide. Il fut le premier secrétaire du Parti communiste de l’Union soviétique de 1953 à 1964 et président du conseil des ministres de 1958 à 1964. Il joua un rôle important dans le processus de déstalinisation, dans le développement du programme spatial soviétique et dans la mise en place de réformes relativement libérales en politique intérieure. Il fut remplacé en 1964 par Léonid Brejnev au poste de premier secrétaire et par Alexis Kossyguine à celui de président du conseil des ministres.
M. K et Albert Prouvost doc NE
Les hôtes soviétiques ont donc visité en douze jours un grand nombre de villes françaises : Paris, Bordeaux, Lacq, Tarbes, Pau, Istres, Pichegu, Nîmes, Arles, Marseille, Dijon, Metz, Verdun, Reims, Épernay, Lille, Roubaix, Serqueux, Rouen, Flins et Rambouillet. Lille et Roubaix sont sur le parcours et plus particulièrement Wattrelos, du fait de l’implantation des usines Prouvost, le Peignage Amédée-Prouvost et la Lainière de Roubaix.
M. K en visite au Peignage doc NE
Le mercredi 30 mars a lieu la visite de M. Nikita Khroutchev à Wattrelos au Peignage Amédée-Prouvost et à la Lainière de Roubaix. Venant de Lille, il a gagné Roubaix par le grand boulevard. Il tourne à la Laiterie et remonte l’avenue Delory jusqu’au rond point des Trois Baudets. Puis il emprunte l’avenue Motte, longe les Hauts Champs. Il sillonne ensuite les rues du Nouveau Roubaix pour rattraper le boulevard de Paris, le boulevard Gambetta, la Place Nadaud, le boulevard de Strasbourg. Passe le canal rue de la vigne, se dirige vers les rues du Cartigny et d’Alger. Manifestement on lui aura fait visiter tous les nouveaux ensembles immobiliers du coin avant d’arriver aux sites industriels.
M. K et Albert Prouvost doc NE
Il arrive au peignage Amédée Prouvost avec vingt minutes de retard sur l’horaire. Il y a beaucoup de curieux. Il est accueilli par Albert Prouvost fils et François Lefebvre, gérants. La petite fille des concierges Françoise Engelbert, 9 ans, s’avance avec un bouquet de violettes de Toulouse qu’elle remet à Mme Khroutchev qui sourit et embrasse l’enfant. Albert Prouvost découvre que Mme Khroutchev parle parfaitement l’anglais, c’est elle qui servira d’interpréte1. Elle s’intéresse aux pulls Rodier et au prix modique des repas à la cantine. M. K qui suit le même périple que celui de la Reine en 1957, s’intéresse au matériel dont l’automatisme réduit la peine des ouvrières. Dans la salle du conseil d’administration, poignées de main, rencontre du personnel, le président et Mme signent le livre d’or, puis c’est au tour de M. Kossyguine et M. Gromyko ministre des affaires étrangères. La visite de l’usine se fait au pas de course. Albert Prouvost saisit une mèche de peigné et donne quelques explications à M. K. C’est la cohue des photographes. La visite aura duré une vingtaine de minutes.
M. K et Jean Prouvost doc NE
À la Lainière, c’est Jean Prouvost qui accueille M. K qui traverse successivement le secteur finition teinture, filature, la salle de tricotage. M. K est décrit par la presse comme pesant, trapu, solide, marchant à pas vifs en roulant ses épaules massives. Il parcourt le temple de la chaussette et à la sortie l’attend une haie d’honneur formée par les apprenties toutes vêtues d’un seyant tablier bleu.
Passage en trombe à la Mousserie doc NE
Après la Lainière, par la rue des Patriotes à Wattrelos et la rue Richard Wagner il gagne la Mousserie où il s’arrêtera devant une maison de son choix, selon Albert Prouvost. Un ménage d’âge moyen nous accueille, un peu surpris par l’impromptu de la visite. Au rez-de-chaussée, salon, salle à manger, cuisine, vestiaire et toilettes. À l’étage la chambre des parents avec meubles en bois verni et le couvre-pieds de satin, deux chambres pour les enfants, une salle de bains avec douche. Quel est votre métier ? Demande M. K. Je suis mécanicien, monsieur le Président2.
Ensuite il reprend le boulevard des Couteaux, le pont des Couteaux et le boulevard de Metz, rejoint les boulevards de Strasbourg, Gambetta, Leclerc, de Paris, Jean Jaurès vers Lille.
M. K et une ouvrière du Peignage doc NE
Ont accompagné le leader soviétique pendant la visite, Mme Joulia Nikititchna, Mme Rada Nikititchna, M.Serguei Nikititch, Mlle Elena Nikititchna et M. Adjoubei. Les quatre premiers sont la femme et les enfants de Nikita Khrouchtchev et M. Adjoubei est l’époux de sa fille Rada. Ensuite, les personnalités, ce sont MM. A.N. Kossyguine (Vice-Président du Conseil des Ministres de l’URSS), A.A. Gromyko (Ministre des Affaires Etrangères de l’URSS), G.A. Joukov (Président du Comité d’Etat pour les relations culturelles avec l’étranger), V.S. Emelianov (Chef de la Direction pour l’utilisation de l’Energie atomique près le Conseil des Ministres de l’URSS), O.I. Ivatchenko (Député du Soviet Suprême de l’URSS) et A.M. Markov (Membre du Collège du Ministère de la Santé de l’URSS)3. On imagine bien que ce ne fut pas qu’une visite touristique !
1Mémoires d’Albert Prouvost : Toujours plus loin éditions La Voix du Nord
Les organisateurs de la fête de l’entente leersoise font appel à l’occasion de la soirée du mois d’août 1960 à un orchestre de choix ! Jean Prez, dit Jean de Leers, se produira pour la première fois dans la salle des fêtes de la commune. Tous les leersois connaissent bien ce sympathique musicien issu d’une famille leersoise bien connue.
Jean Prez doc BNRx
Jean Prez est en effet fils et petit fils de maçons leersois. Son grand-père Henri Prez habitait hameau de la longue rue et il eut pas moins de treize enfants ! Son père Jean Louis Prez fut terrassier, maçon et cafetier, il habitait le hameau de la petite frontière et il eut trois enfants, (Jules, Jean, Thérèse), Jean étant né en 1922 à Leers-Nord.
Jean Prez 1960 doc NE
Jean de Leers est un artiste dont la virtuosité est reconnue depuis longtemps, il sera même professeur d’accordéon, compositeur et éditeur de musique. Il vient à Leers avec son accordéon, son bandonéon, sa flûte, son piano, son vibraphone, sa voix et il est accompagné par une formation qui comprend Ferdinand Craye à l’accordéon et au bandonéon, Paul Marescaux à la trompette, au violon et au chant, Georges Bart, trompette, piano, accordéon, congas, Germain Froment, à la clarinette et au saxophone, Théo Juillet à la contrebasse, André Merckx à la batterie.
Jean Prez et son orchestre doc NE
Ils vont animer un bal qui amènera de la joie pour tous, anciens et jeunes danseurs, et amateurs de musique d’orchestre. Le bal de l’entente leersoise a lieu le 14 août et le bénéfice de la soirée permettra aux dirigeants du club d’assurer à toutes les équipes une très belle saison. Des tables sont en location au café Loy 2 rue de Néchin, chez Desmet face à la salle des fêtes. Le retour vers Roubaix, Toufflers, Lys, Lannoy, Wattrelos est assuré par autocar. Le prix d’entrée est à 2,50 francs.
L’après-midi, à 15 heures et à 17 heures 30 et le lendemain après-midi du lundi se déroulera un tournoi de football au stade Léo-Lagrange avec la participation du Capreau de Wasquehal, du FC Annappes, de l’ASPTT de Lille.
C’est en 1841 qu’une école communale pour garçons est construite sur la Place d’Hem, dénommée ensuite école Victor Hugo. Auparavant l’école était assurée dans une pièce de la maison du maître qui enseignait tout en faisant la cuisine et en soignant ses enfants ; s’il disposait de plusieurs pièces il pouvait enseigner aux 2 sexes dans des classes séparées.
L’école Victor Hugo vue de la place, la façade en gros plan et l’arrière de l’école et le mur d’enceinte de la cour de récréation vus de la rue du Cimetière (Documents collection privée)
Toujours pas question cependant, pour le moment, d’une école pour les filles « qui n’ont pas besoin d’instruction pour tenir leur ménage » de l’avis général, la municipalité n’ayant pas les moyens financiers suffisants pour ouvrir 2 écoles.
Pas d’école pour les filles ! (Document Au Temps d’Hem)
Toutefois la salle de l’école comprend une seule pièce pour recevoir les élèves des deux sexes qui se trouvent séparés par une cloison. Au milieu se trouve le ponton du maître où est établie une tribune d’où il peut surveiller les élèves des deux sexes. Il existe une porte d’entrée dans le corridor afin que les élèves de chaque sexe puissent se rendre dans la partie de la salle qui leur est destinée.
Les heures d’entrée et de sortie sont différentes d’une demi-heure pour les garçons et les filles car tout est fait pour parer à l’inconvénient de la réunion des élèves des deux sexes. Ainsi, si les latrines se trouvent au même endroit, les 2 cabinets sont séparés et ont chacun leur porte, une pour les garçons et une pour les filles, et le règlement ne permet pas la sortie des 2 élèves à la fois.
La commune fait compléter le mobilier de bancs, tables, ponton neuf et tribune du maître. Quant aux tableaux de calcul ils sont au complet et appartiennent à l’instituteur, Mr Dardenne.
Plan de l’école avec ses 2 classes (Document Historihem)
Au début de l’année 1858, en raison du grand nombre d’élèves qui fréquentent l’école, un instituteur adjoint est nommé pour seconder le 1er. Il est nourri par celui-ci, lequel perçoit une indemnité supplémentaire à charge pour lui de rétribuer son adjoint. A la même époque une pompe à eau en bois est installée chez l’instituteur aux frais de la commune, charge à lui d’entretenir le mouvement du piston et du levier.
Exemple de pompe à eau en bois du 19ème siècle (Document site Proantic)
Mr Dardenne est un bon instituteur et obtient des résultats plus que satisfaisants de ses élèves. Au concours du canton de Lannoy, c’est le jeune Valentin Bonnet, élève de l’école communale de Hem qui obtient le 1er prix. En 1867, Mr Dardenne est nommé dans une autre ville et c’est Mr Cantin qui le remplace, lequel n’est toutefois plus tenu de loger et nourrir son adjoint qui l’est dès lors par la commune.
Une enquête préfectorale de 1869 fait ressortir l’insuffisance des salles de classe à l’école des garçons. La 1ère classe n’a qu’une superficie de 41 mètres carrés pour 103 élèves et la seconde une superficie de 30 mètres carrés pour 43 élèves alors que le règlement prévoit 1 mètre carré par élève.
Toutefois le conseil municipal s’oppose à la construction d’une 3ème classe au motif que l’enquête a été faite en hiver alors qu’en été les élèves sont beaucoup moins nombreux en raison de leur occupation aux travaux des champs. Il ajoute que sur les 130 élèves de la grande classe bon nombre n’écrivent pas et n’ont donc pas besoin de place puisque sans table…
En 1871 toutefois, un projet de construction de nouvelles classes dans la cour de l’école des garçons est adopté par le Conseil Municipal. L’année suivante c’est Mr Monnier qui devient instituteur titulaire et son traitement est revu à la hausse. Quant aux travaux, après approbation par le Ministère ils sont réalisés en 1874.
Les enfants de l’école avant 1900 avec leur maître Mr Monnier (Document collection privée)
A l’école de garçons la cour de récréation a une superficie de 300 mètres carrés et le jardin potager 415 mètres carrés. A l’époque une circulaire ministérielle appelle « l’attention sur la nécessité de prendre des mesures pour que les jardins annexés aux écoles rurales rendent les services qu’on peut en attendre au point de vue de l’enseignement horticole et plus particulièrement de l’arboriculture ».
En 1877, l’école communale de garçons compte 209 élèves pour 3 maîtres. Si Mr Monnier reste fidèle au poste il est à noter que les 2 instituteurs adjoints, quant à eux, semblent faire leurs premières armes à Hem mais ne restent pas plus d’une année en poste. En 1880, c’est le 1er certificat d’études que 10 élèves hémois passent avec succès à Lannoy.
En 1883, la 3ème classe étant surchargée d’élèves, 140 en moyenne, le Ministre de l’instruction publique autorise la création d’un 3ème poste d’adjoint et la 4ème classe est installée dans le préau qui précédemment servait d’entrée. Le nouveau couloir par lequel les élèves entrent dorénavant est très large et peut servir de préau en temps de pluie.
La cour de l’école est en mauvais état et 3 solutions sont à l’étude : l’emploi de scories, le pavage « en briques de champs au sec » ou l’emploi de petits graviers blancs. L’emploi de scories, déjà testé, produisant beaucoup trop de poussière noire, et le pavage engendrant une dépense beaucoup trop importante, c’est l’emploi de petits graviers blancs qui est retenu. Ce n’est qu’en 1895 que le pavage de la cour a lieu, les finances étant plus saines. C’est à cette même époque que l’éclairage au gaz est installé dans toutes les salles de classe.
Reconstitution d’une classe de 1900 dans la nouvelle école Victor Hugo en 1982 ( document Copains d’avant)
A l’époque l’instituteur en titre est également secrétaire de mairie, un véritable notable de la commune comme en témoigne l’allocution faite par le maire, Mr Delecroix, lors du départ en retraite de Mr Monnier, directeur de l’école du centre en 1906 et qui s’est toujours acquitté, depuis sa nomination en 1871, avec honneur et compétence de sa double et délicate tâche. Mr Monnier décède en 1911.
Les enfants de l’école en 1910 avec leur instituteur (Document Historihem)
En 1907, un budget est voté pour la construction d’un préau. En revanche la demande de surélévation de l’école du centre pour y faire une salle des fêtes est rejetée en 1914. La commune juge en effet préférable d’envisager la construction d’une salle spéciale au centre de la commune pouvant servir à toutes les œuvres post-scolaires.
Le projet reste en suspens avec la déclaration de la guerre puis la fermeture des écoles en 1917 par manque de chauffage et pour cause de réquisition pour l’hébergement des troupes allemandes. Les bâtiments communaux, dont les écoles, sont sérieusement endommagés et une grande partie du mobilier scolaire détruit ou brûlé.
Les enfants de l’école en 1922 (Document collection privée)
En 1930, l’école est restaurée et la cour de récréation revêtue d’un nouveau pavement spécial, insonore et ne blessant pas les genoux. Puis, en 1946, l’assemblée municipale décide l’acquisition de la propriété Catrice au 42 rue de Lille (actuellement rue du Général Leclerc). La maison de maître va être aménagée en Mairie et 2 écoles seront aménagées dans le parc : l’une pour remplacer l’école Victor Hugo, trop vétuste, et l’autre pour remplacer l’école Pasteur, endommagée lors de la guerre.
Les enfants de l’école après la 2ème guerre mondiale (Document Historihem)
A suivre…
Remerciements à l’association Historihem, André Camion et Jacquy Delaporte pour leurs ouvrages Hem d’hier et d’aujourd’hui et Hem 1000 ans d’histoire ainsi qu’à Jacquy Delaporte, Christian Teel et Chantal Guillaume pour leur bande dessinée Au Temps d’Hem
Hélène Lobel naît à la fin des années 1890 à Roubaix. C’est une artiste qui se passionne pour les arts, chante et fait du théâtre. C’est également une artiste sur un plan professionnel puisqu’elle est une couturière talentueuse.
le 127 rue de Charleroi de nos jours ( photo BT )
Hélène et son mari Christian font l’acquisition d’une maison spacieuse au 127 rue de Charleroi. Elle y installe son atelier de couture à l’étage côté jardin, la chambre d’Hélène et de Christian se trouve côté rue et celles des deux enfants Jacques et Claudie, sont au 2° étage.
L’atelier de couture est une grande salle, ce qui lui permet de créer 4 à 5 postes de travail pour ses couturières. On y trouve 2 machines à coudre, une table de travail pour la couture, une pour le repassage, et une pour les fournitures avec d’innombrables bobines de fil. Les essayages des clientes se fait dans le salon, au rez de chaussée.
L’expérience et le talent d’Hélène, lui ont permis d’acquérir une solide clientèle bourgeoise, et en particulier les épouses des grands industriels textiles roubaisiens. La meilleure publicité étant le bouche à oreille, toutes ces femmes élégantes et distinguées se pressent pour se faire confectionner de magnifiques robes et de somptueux manteaux.
Hélène Lobel porte une robe qu’elle a confectionnée pour le mariage de sa fille ( document L. Vandergut )
Lucienne Vandergut se fait recruter par Hélène Lobel, en 1942, à l’âge de 15 ans. Elle est apprentie et particulièrement douée pour la couture. Elle devient rapidement ouvrière, puis première ouvrière de l’atelier. La création de robes, de bustiers ou de manteaux n’a pas de secret pour elle.
C’est d’ailleurs toujours Lucienne que le chauffeur personnel de Mme Lepoutre, en livrée et gants blancs, vient chercher à l’atelier pour la livraison d’une tenue, à leur domicile de la place de la Fosse aux Chênes, en vue d’une soirée mondaine roubaisienne.
Les affaires d’Hélène fonctionnent très bien. Son mari Christian est ouvrier mécanicien chez Stein et Roubaix à Lys-lez-Lannoy. Le soir, il est régulièrement mis à contribution, pour les livraisons, ou pour les achats de mercerie, chez Ducroquet.
L’atelier d’Hélène continue à fonctionner jusqu’au début des années 1970, quand elle prendra une retraite bien méritée.
Roubaix connaîtra différents groupes de chanteurs italiens dont « les Sunligths », les « Carré d’as »et les « Chocolat’s ». A noter : Alain Delorme et son groupe Crazy horse est également natif de Roubaix où il résidera rue de Lille. Il fera l’objet d’un prochain article.
Le groupe appelé au départ Variance, puis Chocolat’s boys, est composé de trois roubaisiens Salvatore Acquaviva rue Daubenton, Christian Zeroual et Lucciano Cilli tous deux du quartier de l’Hommelet. Ces deux derniers ne continueront pas longtemps le groupe préférant retourner dans leur vie professionnelle et familiale. Le groupe est repéré par le producteur Jean Vanloo de l’agence artistique Unidans à Mouscron (qui mettra en piste Patrick Hernandez. « born te be a live ») qui leur proposera l’enregistrement du titre « bimbo » sous le nom de chocolat’s boys.
Fin 1975, Gino, le frère de Salvatore Acquaviva le remplace, car ce dernier rejoint le service militaire. Le groupe s’appelera les « Chocolat’s » et sera composé de 5 musiciens et de cinq danseuses. Les danseuses seront intégrées suite à une volonté de l’animateur Guy Lux qui n’accepte leur passage télévisé qu’à ce prix. (émission Ring Parade)
Brasilia Carnaval par les Chocolate boys Coll particulière
Le groupe deviendra populaire grâce aux chansons « El bimbo » puis « Brasilia carnaval » »Rythmo Tropical. Marcel De Keleulaire de la maison Elver éditera les tubes des Chocolat’s, il est également le producteur et l’éditeur d’un tube très connu (la danse des canards). Ils réalisent une tournée en Italie. Puis ils se produisent à Bruxelles, c’est alors que Jean Vanloo (le producteur) imagine un nouveau concept pour le groupe. Il décide que seuls les deux frères Gino et Salvatore et les 5 danseuses recomposent le groupe. S’en suivront des cours de danse avec Amédéo, chorégraphe de renommée mondiale et acteur principal de la comédie musicale West Side Story.
Au festival de San Remo Coll Particulière
Le groupe tournera à l’international (festival de St Remo, invités d’honneur en compagnie de Barry White, tour d’Europe, Italie, Espagne, Hollande). Ils enchaîneront les émissions de télévisions avec leurs tubes « Rythmo Tropical » et « Brasilia carnaval ». En 1978, le groupe connaît un grand succès. Ils s’orienteront même sur une musique disco « the kings of clubs », tube qui deviendra l’hymne du Giro d’Italia, (en français, le tour d’Italie).
Après une période en stand by, ils reviennent en 1986 avec un chanteur et musicien italien supplémentaire, Bruno Del Vento. En 2010, les frères décident de se séparer mais les concerts se poursuivent suite à une nouvelle organisation et réorchestration de leurs tubes. Gino créera son groupe sous le nom de Gino et Nono (Bruno) des Chocolat’s. En 2019, ils sont les invités de l’émission de Michel Pruvot « envoyez la musique »
La Place de la République, autrefois appelée Place Verte, au centre du village de Hem, a toujours été très commerçante et le numéro 4 de la Place a abrité des commerces variés. Au début des années 50, c’est une épicerie qui s’y trouve, gérée successivement par les couples Berton-Ducatillon puis Bazin-Mory.
Photo des numéros 4 à 6 Place de la République durant les années 1950 (Document collection privée)
A la fin des années 60 c’est Mme Despret qui s’y installe ; elle est alors répertoriée dans le Ravet-Anceau à la fois dans les catégories légumes et poissonnerie. Puis le commerce devient : Desprets fruits et primeurs dans les années 1970 et pendant près de 30 ans.
Photo de la place dans les années 1980 (Document Hem 1000 ans d’histoire)
Instantané de mémoire: « Lorsque je m’installe à Hem, fin 1986, à deux pas de la Place de la République, pas d’hésitation à avoir, pour les fruits et légumes, je passe chaque semaine chez Desprets. Quelque soit l’heure où je choisis d’y aller je dois faire la queue car le magasin ne désemplit pas. Tout le monde y va ; c’est une institution du centre ville ».
Le journal Nord Eclair publie régulièrement des publicités et lui consacre même un encart publicitaire avec photo en 1979. Par ailleurs les Ets Desprets font leur publicité dans différentes parutions notamment publiées par la municipalité hémoise.
Publicités classiques et encart publicitaire avec photo (Documents Nord-Eclair)Publicités insérées dans différentes parutions (Documents Historihem)
En Mai 2004, c’est un tout jeune fleuriste : Nicolas Pomart, qui reprend l’ancienne boutique de fruits et primeurs pour y installer son commerce de fleurs à l’enseigne : « Ancolie ». Au fil des ans et de l’évolution de sa fibre artistique, Nicolas Pomart fait évoluer la devanture de son commerce ainsi que l’aménagement intérieur de celui-ci et cherche toujours à y proposer des nouveautés.
Photos de la devanture du commerce en 2008, 2013, 2016 et 2018 (Documents Google Maps)
Photos de l’intérieur du magasin en 2022 (Documents Facebook Ancolie)
Il y a déjà plusieurs fleuristes à Hem, dont Jean-Michel Clarisse, installé 208 rue Jules Guesde depuis 1979, au moment de l’ouverture d’Ancolie à Hem Centre. Ce fleuriste qui fait partie de l’Union des Commerçants Hem J’aime et qui propose les services de livraison Interflora a une très bonne renommée dans la ville et fait de la publicité dans le journal Nord-Eclair.
Publicité (Document Nord-Eclair) et photo du magasin dans les années 1980 (Document Historihem)
Instantané de mémoire :« De la même façon que pour les fruits et légumes, en ce qui concerne les fleurs j’ai pour habitude de me tourner vers Jean-Michel Clarisse chez qui mes parents, demeurant rue des Ecoles, ont toujours plaisir à se fournir. C’est ce fleuriste qui décore d’ailleurs la voiture de mon père le jour de mon mariage et me fait mon bouquet de mariée » .
Décoration de la voiture et bouquet pour le mariage (Document collection privée)
Jean-Michel Clarisse et son épouse restent pendant près de 40 ans dans leur joli commerce où, tandis que Jean-Michel compose de magnifiques bouquets dans son atelier, son épouse sert la clientèle avec professionnalisme et une gentillesse exceptionnelle. Leur magasin est très coloré et attirant.
La boutique Clarisse en 2008 et 2016 (Documents Google Maps)
Lorsque le couple cède son commerce pour prendre une retraite bien méritée, Nicolas Pomart le reprend, fort de son expérience à Hem centre et, après quelques travaux d’aménagement, ouvre sa deuxième boutique de fleurs à Hem à l’enseigne : Au jardin d’Ancolie, embauchant au passage 2 personnes expérimentées pour l’assister sur les 2 points de vente.
Publicités pour le nouveau magasin (Document Facebook)
Nicolas Pomart modernise la boutique aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur et lui apporte sa touche personnelle. Il crée également un profil Facebook pour chacun des 2 magasins afin de pouvoir y présenter en temps réel toutes les nouveautés à la fois florales et décoratives qu’il propose à sa clientèle en fonction des saisons.
La boutique vue de l’extérieur en 2018 et 2020 (Documents Google Maps)Nicolas Pomart dans sa boutique (Document Facebook Jardin d’Ancolie)