Les magasins L. Lagache ( suite )

En 1972, l’entreprise Lagache continue son expansion. Elle reprend les n° 226 et 228 de la même rue. Des travaux d’aménagement de façade sont réalisés de façon à ce que les 226 et 226 soient réunis en un seul magasin de 210 m2.

Le 226 228 rue de Lannoy ( document archives municipales )

Les meubles  »contemporains » haut de gamme sont présentés dans ce point de vente du 226-228. Le 1° étage est également aménagé», ce qui permet de doubler la surface de vente. L’entreprise Lagache est alors adhérent à « Europe Meubles » en 1973.

Publicité 1973 ( document Nord Eclair )

Cette même année 1973, L. Lagache ouvre un point de vente supplémentaire au 197 de la rue de Lannoy. Tous les articles d’électro ménager y sont présentés , de façon à libérer de la place pour l’exposition de meubles  »traditionnels » au 183-185.

En 1974, ce sont donc 5 magasins de meubles et d’électroménager qui font partie de l’entreprise L. Lagache. Ils sont tous situés dans la rue de Lannoy : au 183, 185, 226, 228 et 197.

Publicité 1974 ( document Nord Eclair )

Lucette recrute sa petite fille, Cécile ( 4° génération Lagache ) et fille de Jean-Luc, pour des tâches administratives au départ, puis lui confie des responsabilités commerciales. L’entreprise fonctionne alors à plein régime. La réussite a toujours été au rendez vous depuis une vingtaine d’années. Lucien et Lucette songent sérieusement à regrouper tous ces points de vente de la rue de Lannoy. Ils sont ambitieux et confiants. Pourquoi, par exemple, ne pas ouvrir un supermarché de meubles et d’électro-ménager d’environ 2.000 m2 dans une zone commerciale, en périphérie de la ville ? En 1978, le couple est informé que la clinique Descarpentries de 2.500 m2, située au 75 boulevard de la République, est à vendre.

document collection privée

Lucien et Lucette visitent l’ancienne clinique et tombent sous le charme de cet immense bâtiment. La vente est signée. Le coût de l’opération est assez vertigineux : les magasins Lagache ( fonds de commerce et stocks ) seront vendus pour financer l’acquisition.

Lucien et Lucette Lagache devant la clinique Descarpentries ( document Nord Eclair )

D’importants travaux d’aménagement sont évidemment nécessaires, ils seront réalisés en grande partie par le personnel des magasins. Le concept est intéressant et original. L’idée est de proposer des meubles de très haut de gamme, de grande qualité et de finition parfaite à la clientèle, en conservant l’architecture et l’agencement intérieur. Lucette Lagache passionnée de décoration, veut que chaque meuble soit présenté un peu « comme chez soi ». Les chambres de la clinique deviennent des salons, des salles de séjour ou des cuisines. Il est nécessaire que le meuble soit présenté dans une ambiance adéquate, comme par exemple un meuble Louis XV dans une pièce de couleur vieux rose, un style Empire dans un décor vert. Le nom choisi est « La Châtellenie ».

document Nord Eclair

Lucien dirige les travaux sont réalisés en 1981 : rénovation de la façade et peintures intérieures. L’emplacement des deux maisons situées au 71 et 73 du Boulevard, qui avaient été rasées, devient le parking clients pour le magasin. Une mini cafétéria sera créée prochainement.

Publicité 1981 ( document Nord Eclair )

Le démarrage est difficile : retard dans les travaux, manque de trésorerie, peu de rotation des stocks, tracasseries administratives etc Lucien perd peu à peu tous ses anciens clients de la rue de Lannoy, car la gamme de produits haut de gamme ne leur convient pas. Lucien se démène pour s’en sortir. Il trouve un accord avec son ami Henri Deconinck, directeur du Fresnoy tout proche, pour exposer et solder les meubles provenant des anciens magasins et depôts L. Lagache. Mais cette vente qui devait durer deux semaines, ne peut malheureusement pas se réaliser pour des raisons administratives.

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Deux ans plus tard «La Châtellenie» dépose le bilan. En 1986, celui-ci est assorti d’un concordat en vue de l’apurement des dettes. En 2001, le bâtiment est vendu aux enchères. S’en suit alors un imbroglio juridique sur les actes de propriété du bâtiment, qui va durer quelques années, Lucien et Lucette continuent à se battre. Ils ouvrent alors une agence immobilière pour essayer d’éponger les dettes, puis quittent la région pour le Lubéron.

Agence immobilière ( document JL Lagache )

A leur retour à Roubaix, Lucette transforme le bâtiment vide en location de bureaux, avec succès. Jean Luc, le fils, continue seul à gérer l’agence, il devient un peu plus tard agent immobilier à Lannoy.

Les magasins Lagache de la rue de Lannoy ont tous été cédés entre 1978 et 1980 ; les 183-185 aux Ets Caron ( cheminées Philippe ), le 176 à la quincaillerie Gamin, le 226 228 à « Sud-Ouest à Roubaix », le 197 à l’armurier Derly. Il ne reste rien des anciens points de vente.

Le magasin du 183-185 fermé en 1978 ( document JL. Lagache )

Lucien bouleversé par les tracasseries, les constats d’huissier, les saisies, fait plusieurs infarctus, et décède en 2015. Lucette continue à se battre seule, fait appel à de nombreux avocats pour défendre sa cause mais sans succès. Elle décède en 2021.

Leur fils, Jean-Luc Lagache se souvient : Mon père était un homme simple, il a fait un métier qu’il adorait ; la vente bien sûr, mais surtout le contact humain, il considérait ses clients comme des amis, des gens qu’il respectait.

Remerciements à Jean-Luc Lagache, ainsi qu’aux archives municipales

Les magasins L. Lagache

Lucien Lagache est électricien, dans les années 1950, il habite rue Marceau dans le quartier du Pile à Roubaix, avec son épouse Lucette, secrétaire dans une entreprise textile roubaisienne. Pour arrondir les fins de mois, le couple vend quelques produits électriques ( piles, lampes de poche, radio-transistor etc ) exposés et présentés à la fenêtre de leur petite habitation. Cette activité se développe fort bien, car Lucien a le sens du commerce. Le succès aidant, Lucien et Lucette songent sérieusement à ouvrir leur commerce et souhaitent trouver un magasin situé dans une rue commerçante. L’occasion se présente en 1959, lorsqu’ils trouvent leur local au 183 rue de Lannoy. C’était auparavant le commerce de jouets de Mme Choquet. Lucien entreprend quelques travaux d’aménagement nécessaires et peut enfin ouvrir son point de vente. Il garde la confiance de ses fournisseurs, puisqu’il est dépositaire des produits Grammont, célèbre marque française de téléviseurs. Le succès est immédiat, car tous les anciens clients du quartier du Pile continuent de lui accorder leur confiance.

Publicité 1959 ( document Nord Eclair )

Leur fidèle fournisseur Grammont est d’ailleurs heureux d’amener une partie de l’équipe cycliste Libéria-Grammont, au magasin du 183 rue de Lannoy, lors du Paris Roubaix 1960.

Lucette et Lucien Lagache au centre, entourés des coureurs cyclistes de Liberia Grammont, et de quelques clients ( document JL Lagache )

En 1961, Lucien et Lucette Lagache obtiennent le statut de dépositaire exclusif des produits Brandt sur la ville de Roubaix et environs. C’est encore l’occasion de développer leur affaire. Le couple embauche du personnel ; vendeur, livreur, technicien SAV.

Publicité 1961 ( document Nord Eclair )

Un an plus tard, le couple Lagache décide de proposer à la clientèle, des meubles de qualité et de tous styles ( salles à manger, salons, cuisines, chambres à coucher etc ). La surface de vente de leur magasin de 385 m2 est certes importante, mais le manque de place commence à se faire sentir. Lucien propose alors à ses clients la vente sur catalogue, et même de les emmener dans son véhicule, chez un fournisseur à Lille, afin de pouvoir conclure la vente. Il accorde des facilités de paiement à ses clients fidèles, propose des ventes à crédit en 3 ou 4 fois, et lorsque la dernière traite arrive, il leur rend visite pour leur proposer d’autres produits.

Publicité 1963 ( document Nord Eclair )
Le 183 rue de Lannoy ( document JL Lagache )

Le développement des produits proposés, c’est encore l’occasion de communiquer par voie de presse. Leur slogan publicitaire en cette année 1965  : Un seul nom pour toute votre maison.

Publicité 1965 ( document Nord Eclair )

Lucien et Lucette Lagache sont des commerçants dynamiques. Ils font venir la caravane Grammont à Roubaix, composée d’un car-podium et de 6 voitures publicitaires qui circulent dans toute la ville, distribuant des catalogues, et provoquant partout de l’intérêt et de la curiosité, légitimes bien entendu.

Caravane Grammont – Publicité 1966 ( document Nord Eclair )

L’entreprise fonctionne à plein régime et, pour le stockage des meubles, ils louent des entrepôts dans les rues A. de Musset, Victor Hugo et La Fontaine. Ils ouvrent, en 1967, au 176 rue de Lannoy, un magasin de Camping-Caravaning. C’était auparavant une droguerie. Les vastes locaux couvrant une surface de 400 m2, permettent d’exposer de façon permanente, ce qui se fait de mieux dans ce domaine du camping-caravaning. Des marques très connues sont ainsi proposées ; les caravanes « Baillou », « Le Cardinal », les tentes « Messager ».

Publicité 1967 ( document Nord Eclair )

Le succès de ce commerce de Camping-Caravaning étant mitigé, le couple Lagache décide très vite de cesser cette activité et de créer un magasin de bricolage à enseigne « Multi-Service ». Il finance le magasin et les stocks et propose la gestion de ce commerce, au frère de Lucette, Roger Delemarre.

Multi Service – Publicité 1968 ( document Nord Eclair )

Au début des années 1970, ils ouvrent un autre point de vente au 138 de la rue de Lannoy ( sur la place de l’église Sainte Elisabeth ) pour y proposer des articles d’électro-ménager. C’est l’occasion de publier une publicité commune aux 3 magasins.

Publicité commune ( document Nord Eclair )

Lucien et Lucette Lagache continuent de développer leur entreprise, ils reprennent également la maison voisine du premier magasin, au 185 de la rue de Lannoy, autrefois occupée par la librairie de Mme Vve Vergote, et ceci dans le but d’agrandir l’établissement. Ils organisent alors, une vente avec des remises de 30% sur tout le magasin, pour liquider les stocks avant travaux.

Le 183 et 185 de la rue de Lannoy avant travaux ( document Nord Eclair )

Les travaux d’agencement sont confiés à l’entreprise Delcour de Wasquehal, la surface de vente totale est désormais de 570 m2. Le premier étage du 185 leur permet également d’y emménager avec leur petite famille.

La façade avant et après ( document archives municipales )

Pour faire face à leur expansion, Lucien et Lucette recrutent à tour de bras : une secrétaire, 2 vendeurs, 2 à 3 livreurs, 4 à 5 techniciens SAV qui disposent de véhicules publicitaires pour leurs déplacements. Leur fils, Jean-Luc Lagache, est recruté comme commercial puis vient aider ses parents en s’occupant de la gestion du personnel et des achats. Lucien continue son activité de vendeur, Lucette s’occupe de l’agencement, de la déco des magasins, de la publicité de l’administratif et de la comptabilité. Une quinzaine de personnes y travaillent à présent en permanence.

Les véhicules ( document JL Lagache )

à suivre . . .

Remerciements à Jean-Luc Lagache, ainsi qu’aux archives municipales

Symphonie

Alfred Gabriel naît en 1920 à Roubaix. Passionné de musique, il poursuit ses études et devient facteur de piano, c’est à dire qu’il construit, répare et entretient tout type de piano. Son travail concerne toutes les parties de l’instrument, structure, mécanique et meuble. Après la seconde guerre mondiale, il installe son atelier dans un tout petit local, au 145 de la rue Jules Guesde, à l’enseigne « Symphonie », avec l’aide de son père Léon Gabriel.

le 145 rue Jules Guesde de nos jours

Dans les années 1950, les affaires s’avèrent un peu difficiles. Alfred décide donc, pour compléter ses revenus, de proposer à la clientèle, la vente de disques microsillon Pathé Marconi, en 33t et 45t, ainsi que des électrophones et tourne-disques.

Publicité 1956 ( document collection privée )

Cette activité complémentaire lui convient parfaitement, mais le manque de place se fait cruellement sentir. Ambitieux, Alfred cherche à trouver un local plus spacieux, dans une rue plus commerçante, afin de pouvoir se développer. Il trouve un local de 84 m2, au 115 rue de Lannoy, à l’angle de la place de l’église Sainte-Elisabeth, en 1958.

Plan Cadastral

C’était auparavant l’estaminet de Jules Ducoulombier dans les années 1920-1930, puis de Mr Dannequin dans les années 1940-1950.

Estaminet de Jules Ducoulombier années 1920 ( document archives municipales )

Par l’entreprise de Désiré Delfosse rue de la Potennerie, il fait transformer complètement la façade, et fait aménager une entrée de garage.

Modification de la façade en 1958 ( document archives municipales )

D’un local délaissé, il crée un commerce confortable et pimpant avec des couleurs fraîches et gaies. Le local très spacieux lui permet de proposer la vente de différents instruments de musique, en plus des disques vinyles. Il garde la même enseigne « Symphonie » que précédemment rue Jules Guesde, et continue bien sûr son activité de facteur de pianos. C’est un véritable palais de la musique. De très nombreux disques vinyles sont présentés dans des meubles modernes et attendent d’être écoutés par la clientèle, sur des électrophones mis à leur disposition.

Document Nord Eclair 1958

De nombreuses personnalités sont présentes pour cette inauguration de la Maison du disque et de la musique. Notons la présence de Mr le chanoine Carissimo, de l’église Ste Elisabeth, Mr VanHove, président de l’Union des Commerçants de la rue de Lannoy, et Francis Waeterloos, le principal confrère voisin.

Publicité ( document collection privée )

Pendant de nombreuses années, Alfred communique par de la publicité dans la presse locale, et se spécialise dans la vente de disques. Il bénéficie alors des différentes modes de musique qui se succèdent dans les années 1960 1970 : jazz, rock, yéyé, pop, disco, et informe ses clients lorsque des grandes vedettes de la chanson sont de passage dans les grandes salles de spectacle de notre ville.

Publicité Nord Eclair

Alfred décide de donner un coup de jeune à son magasin en 1984. Il fait repeindre complètement la façade par l’entreprise de Jean Marie Verguchten, au 93 rue d’Italie : les boiseries en blanc, et les murs en blanc également mais avec de longues bandes diagonales de haut en bas de couleurs flashy vertes et rouges. En 1985, Alfred alors âgé de 65 ans, prend sa retraite et ferme définitivement son magasin.

Document Nord Eclair 1985

L’entreprise Ecco, société de Travail Temporaire, reprend le local en 1988 pour y installer ses bureaux. Ecco garde les couleurs de la façade de l’étage.

document archives municipales

Jérôme Andrieux reprend le bâtiment, en 2003 pour y créer 2 logements à l’étage. Le commerce du rez-de-chaussée, quant à lui connaît différents changements d’orientation, dans les années suivantes.

documents Google Maps

Remerciements aux archives municipales

Lysia 130 rue de Lannoy

Emile Vanhonsebrouck et son épouse Germaine, née Pluquet, habitent à Lys lez Lannoy, au 146 rue du Vert Pré, à l’angle de la rue Franklin. Dans les années 1940, Emile travaille aux PTT, Germaine fabrique des canadiennes et des imperméables reversibles à la marque « Pile ou Face », dans son petit atelier de la rue du Vert Pré, pour sa clientèle fidèle.

document Ravet Anceau 1947

A la fin des années 1940, Emile souhaite ouvrir un commerce de vêtements pour son épouse Germaine, dans une rue très commerçante, dans une ville plus importante, tout en gardant son propre emploi à La Poste. L’occasion se présente lorsqu’on leur propose un commerce situé au 130 rue de Lannoy à Roubaix, à l’angle de la rue Sainte Thérèse. C’était un ancien estaminet tenu dans les années 1920-1930 par Mr Delmarle, et inoccupé depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

plan cadastral

Le local est très vaste. Le rez-de-chaussée de 105 m2 permet d’aménager un magasin de vêtements, et l’étage d’installer un atelier de confection, pour continuer à produire les canadiennes mais également à développer la production d’autres vêtements ( manteaux, robes, complets etc ).

document collection privée

Emile et Germaine commencent leur activité, après de gros travaux d’aménagement intérieur. En 1954, ils font transformer une partie de la façade en abaissant la vitrine et en posant une vitre convexe anti-reflet, côté rue de Lannoy, de façon à attirer le regard des passants. Ils gardent leur habitation de Lys lez Lannoy avec leurs deux enfants Yves et Yvette.

document Y. Vanhonsebrouck

Le couple commence à communiquer par de la publicité dans la presse locale dans les années 1950. Ils proposent de nombreuses possibilités de financement pour la clientèle : « Le vêtement de votre choix pour 3000 Frs et le reste à crédit en 6 mois ». Germaine reste fidèle à son principe : proposer des manteaux, pardessus, imperméables, vestons, parkas à des prix bas en proposant des moyens de paiement à l’amiable, c’est à dire des prêts personnels sans passer par une société de crédit.

document Nord Eclair 1955

En 1959, c’est la façade, côté Sainte Thérèse qui est modifiée. Les 5 petites fenêtres sont remplacées par 3 magnifiques baies vitrées. Huit personnes travaillent désormais dans le commerce : une vendeuse au rez-de-chaussée, et à l’étage, un coupeur et des ouvrières sur machines à coudre. Emile abandonne son emploi à La Poste pour se consacrer à plein temps au commerce de son épouse.

documents Nord Eclair 1964 et 66

Emile communique sur son magasin en annonçant le « Super Marché du Vêtement » car en effet, il propose un choix immense de complets à des « prix usine » défiant toute concurrence. C’est donc toujours avec surprise qu’il constate des actes de vandalisme, lorsque la vitrine est brisée pour le voler et s’habiller encore à moindre coût.

document Nord Eclair 1966

En 1982, Emile 68 ans, et Germaine 64 ans prennent une retraite bien méritée. Leur fille Yvette reprend le commerce cette même année. Son frère Yves quant à lui souhaite continuer dans une carrière professionnelle technique.

document collection privée

Yvette continue sur la même lancée que ses parents : proposer des vêtements de qualité à des prix bas en organisant des promotions régulières comme : la braderie de la rue de Lannoy en Septembre, la fête des mères et la fin d’année.

document Nord Eclair années 1990

En 2002, Yvette Vanhonsebrouck pense à prendre sa retraite à son tour. Elle communique pour annoncer la liquidation totale du magasin et cesse son activité en 2003, après 55 années d’existence.

document Nord Eclair 2002

Le magasin deviendra ensuite successivement un commerce de vêtements de type oriental, puis rapidement une agence de voyages « Cap découverte », puis une supérette, et depuis 2018, c’est une boulangerie qui est installée et toujours en activité de nos jours.

document Google maps 2008
Photo BT

Remerciements à Yvette Vanhonsebrouck, ainsi qu’aux archives municipales.

La Maison du Baptême

Au début des années 1900, Henri Carpentier est cartonnier. Il réalise dans son atelier, au 80 rue de Lannoy à Roubaix, des contenants luxueux ( boîtes, étuis et cornets ) composés de plusieurs éléments en carton, qu’il plie ou découpe à l’aide d’un massicot, Ces boîtes en carton sont livrées aux nombreux confiseurs pour la vente de dragées.

Publicité ( document collection privée )
boite en carton ( document collection privée )

Les affaires fonctionnent très correctement, l’activité est florissante car des dragées, on en distribue alors à toutes occasions : les baptêmes bien sûr, mais aussi les mariages, les communions et certaines manifestations officielles. Dans les années 1930, Henri et son épouse ont une idée pour développer encore davantage l’entreprise : c’est de vendre eux-mêmes des boîtes remplies de dragées directement aux particuliers. Ils trouvent un fournisseur de dragées et commencent leur activité dans leur point de vente de la rue de Lannoy.

La façade du 80 rue de Lannoy ( document archives municipales )
publicité de l’époque ( document collection privée )

Le commerce s’appelle désormais « La Maison du Baptême ». Henri et son épouse soignent particulièrement leur vitrine. De grandes bonbonnières en verre sont exposées, pleines de dragées. Dans la vitrine, un décor suranné est aménagé pour mettre les produits en valeur : une procession de petits personnages dans des couleurs pastelles, rose et bleu.

bonbonnière de présentation en vitrine ( document collection privée )

La boutique fait partie du paysage commercial de la rue de Lannoy, au début des années 1950, parce qu’elle est unique dans son genre, et que son activité la met de toutes les fêtes, joyeuses, forcément ! « La Maison du Baptême » devient une référence dans toute la ville, en matière de dragées.

Henri et son épouse devant leur magasin ( document Nord Eclair )

Au décès d’Henri, sa fille, Renée, prend le relais. Les affaires restent encore satisfaisantes au début des années 1960. Mais en 1965, la portion de la rue de Lannoy où se trouve le commerce, disparaît. C’est la catastrophe. Une bonne centaine de commerces sont expropriés pour laisser place au centre commercial Roubaix 2000. Renée trouve fort heureusement un local à proximité, au 2 et 4 boulevard de Belfort, en 1965 et s’y installe.

Publicité ( document Nord Eclair )
La façade du 2 boulevard de Belfort ( document archives municipales )

Dans les années 1970 1980, les affaires deviennent de plus en plus difficiles. Renée doit affronter la concurrence des pâtissiers qui se mettent à vendre des dragées et puis, il faut bien reconnaître que les cérémonies religieuses perdent de leur faste. Mais Renée reste fidéle et continue seule l’activité, envers et contre tout, avec une obstination qui ressemble presque à de l’entêtement car elle n’entend pas fermer boutique.

Renée décède en Décembre 1991, à l’âge de 81 ans, dans son arrière boutique. Le magasin n’ouvrira plus.

La façade ( avec la plaque cuivrée sur la porte ) définitivement fermée( document Nord Eclair )
Renée Carpentier ( document collection privée )
Photo BT 2024

Remerciements aux archives municipales

Entreprise Vantieghem

Suite d’un précédent article édité et intitulé : « Une entreprise Leersoise »

Achille Vantieghem et son épouse Marcelle, née Moreels, créent leur entreprise de fabrication de fleurs artificielles, à Leers, à la fin des années 1940. Les affaires fonctionnent parfaitement bien et leur petite maison de Leers s’avère rapidement trop petite.
En 1950, Achille et Marcelle décident donc de transférer leur entreprise à Roubaix. Ils s’installent dans un bâtiment au 31 boulevard de Paris. Sur la photo ci-dessous, Marcelle se trouve sur le pas de la porte ; la rue perpendiculaire est la rue Chanzy, et le bâtiment de l’autre côté de la rue, est le magasin de meubles Mac Mahon de Louis Delescluse.

Le 31 boulevard de Paris ( document R-M Renard )

L’entreprise continue de fabriquer ses fleurs artificielles de façon artisanale. Elle découpe les matières : du tissu, du rhodoïd, du celluloïd. Les fleurs sont faites à la main avec des moules et les pétales sont fixés sur une tige.

document R-M Renard

Les affaires continuent de se développer, et le local, si grand soit-il, ne convient plus, ni pour l’atelier, ni pour le stockage. Achille et Marcelle déménagent leur entreprise et leur domicile au 172 174 et 176 rue Jouffroy, en 1961. C’était auparavant la manufacture de bonneterie G. de Brauwere. La surface importante du lieu, de 300 m2, leur permet de tenir quelques années, face au développement de l’entreprise.

Marcelle supervise la production avec l’aide de sa sœur Gisèle, Achille quant à lui, développe le service commercial. Il prospecte la clientèle et en particulier les entreprises de pompes funèbres. Ils proposent un choix considérable de fleurs, plantes, gerbes et couronnes d’une qualité irréprochable. Des représentants sillonnent les routes de nombreuses régions pour proposer les produits chez les fleuristes, les entreprises de Pompes Funèbres, et autres commerces.

Composition florale Vantieghem ( document R-M Renard )

Dans les années 1970, les époux Vantieghem ont une cinquantaine d’années. Ils n’ont pas eu d’enfants, mais ils pensent à l’avenir, car ils souhaitent plus que tout, que l’entreprise reste familiale. Ils proposent alors, en 1975, à leur neveu Marc Hubrecht et leur nièce Rose-May Renard de les rejoindre dans la société.

En 1981, vu le développement des affaires, les locaux de la rue Jouffroy deviennent trop exigus. l’entreprise trouve alors un bâtiment beaucoup plus spacieux au 118 rue Decrème, autrefois occupé par l’entreprise Carissimo qui fabriquait des tissus d’ameublement.

document R-M Renard
document archives municipales

La production a évolué : à Leers, c’était plutôt des fleurs montées à la main avec du tissu, puis boulevard de Paris c’était l’époque du celluloid avec des moules, une découpeuse et des gaufroirs. Rue Jouffroy c’était le plastique de la région d’Oyonnax, et les premières fleurs en tissus importées de Chine. Rue Decrême, beaucoup moins de plastique et plus de fleurs et de plantes en tissu (polyester notamment). L’usine de Roubaix se spécialise donc en montage de compositions florales.

atelier ( document R-M Renard )
carte de visite ( document R-M Renard )

Malheureusement, dans la nuit du 14 au 15 Août 1991, un incendie ravage les locaux du 118 de la rue Decréme. Les pompiers, arrivés rapidement sur place, découvrent un véritable brasier. L’atelier et la salle de stockage ont été très endommagés. Seule la salle d’exposition des produits et échantillons a été épargnée par le feu. C’est un gros coup dur pour l’entreprise familiale, car les fleurs artificielles étaient prêtes pour être expédiées dans les points de vente, pour la Toussaint toute proche.

document Nord Eclair 1991

Tous les membres du personnel sont bien décidés à repartir. D’importants travaux de rénovation sont alors entrepris pour redémarrer l’activité. Achille et Marcelle prennent leur retraite, Rose-May Renard et Marc Hubrecht, leur nièce et neveu, deviennent alors co-gérants de l’entreprise. Malheureusement, un deuxième incendie intervient en Mai 1992. L’atelier de confection est anéanti, le stock est parti en fumée. C’est de nouveau la désolation. Selon les pompiers, cela ne fait aucun doute : l’incendie est d’origine criminelle. La production va cependant continuer dans une autre partie des bâtiments. Tout le personnel va s’atteler à nettoyer, réparer, reconstruire et redémarrer .

document Nord Eclair 1992

La direction s’efforce de maintenir le cap. Elle prend la décision de négocier directement les achats, lors des déplacements chez les gros fournisseurs en Chine, et développe le marché commercial, lors de différents salons comme à Villepinte en région parisienne.

document R-M Renard

En 2005, un important promoteur immobilier propose aux dirigeants de l’entreprise Vantieghem de racheter les locaux du 118 de la rue Decrême, car il a un projet ambitieux pour la création de 35 lofts : « Factory 118 ».

document Nord Eclair 2005

L’affaire est conclue en Mars 2005 par l’intermédiaire du cabinet Immo Saint Martin de la Grand’Place. L’entreprise Vantieghem déménage à nouveau et part au 128 rue de la Vallée à Hem, dans un local en location de taille plus modeste et plus fonctionnel, pour aménager l’atelier et le stockage sur un seul niveau.

Cependant, dans le secteur du funéraire, les ventes de fleurs s’effondrent, car les familles des défunts choisissent de plus en plus la crémation plutôt que l’enterrement. Les fleurs disparaissent des cérémonies. Puis les départs en retraite sont envisagés. L’entreprise ferme définitivement ses portes en 2009.

Remerciements à Rose-May Renard ainsi qu’aux archives municipales

Alain Dequeker

Le 170 rue de Lannoy se trouve entre la place de l’église Sainte Elisabeth et la rue Jules Guesde.

Plan cadastral

Il est occupé depuis très longtemps par un commerce ; dans les années 1930 par L Gheysen boucher, puis au début des années 1960 par la poissonnerie D. Davoine-Bulvestre avec l’enseigne « Au Phare »

documents archives municipales

Alain Dequeker fait des études de charcutier traiteur, en Belgique, dans la banlieue bruxelloise. Après sa formation il devient apprenti dans des charcuteries à Lomme et Hazebrouck. En 1971, Alain a 22 ans. Il souhaite absolument créer son commerce en tant qu’artisan indépendant. Avec son épouse Edith née Parent, il reprend le commerce du 170 rue de Lannoy et s’installe en tant que : charcutier- traiteur.

Les époux Dequeker font appel à une entreprise belge : Insta Design à Bruges pour transformer la façade et l’intérieur du point de vente. La façade extérieure est très étroite, mais la profondeur du bâtiment est importante, car le terrain s’étale sur 196 m2. Alain et Edith habitent à l’étage et possèdent un garage rue Thiers, à deux pas.

document archives municipales
document A. Dequeker

Alain se spécialise en production de boudin, choucroute, foie gras, galantine, plats cuisinés tels que veau marengo, couscous, carbonades flamandes etc. Il devient rapidement un charcutier traiteur réputé.

document archives municipales
document archives municipales

Le commerce fonctionne très correctement, grâce au savoir faire d’Alain, toujours intransigeant sur la qualité de ses produits, sur la propreté de son laboratoire et du magasin tenu par Edith. Ils sont surtout très fiers de dire que « tout est fait maison ». Ils emploient deux personnes : une vendeuse et un apprenti charcutier.

documents A. Dequeker

Les mois de Novembre et Décembre sont particulièrement chargés, pour préparer les commandes de repas de fin d’année, Noël et Nouvel An. Les époux Dequeker ne comptent pas leurs heures.

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document A. Dequeker

Alain et Edith entretiennent d’excellentes relations avec leurs confrères et commerçants. Edith est vice présidente de l’UCRL Union des Commerçants de la rue de Lannoy.

En 1995, Alain devient Maître artisan charcutier traiteur et reçoit deux « Mercure d’Or » : un régional et un national. C’est une superbe consécration de son métier, de son expérience et de son savoir-faire

document A. Dequeker
Reçus en Mairie par René Vandierendonck ( document A. Dequeker )

documents A. Dequeker

Alain et Edith, en 2000, avec l’Union des Commerçants de la rue de Lannoy, de la chambre de commerce et de la Mairie, organisent le jeu « Recor » REconquête du COmmerce Roubaisien. De nombreux cadeaux dont des crêpières Tefal sont offerts aux clients, en la présence de M le Maire René Vandierendonck.

document Nord Eclair

En Septembre 2001, ils quittent Roubaix pour s’installer à Annoeulin. Une réception est organisée en Mairie pour Alain et Edith Dequeker qui ont occupé leur commerce pendant 30 années. Françoise Thilliez, maire de quartier, évoque alors la vie professionnelle des époux Dequeker et Francine Priego présidente de l’UCRL souligne leur grande conscience professionnelle.

document Nord Eclair

Quelques années plus tard, le commerce de la rue de Lannoy est transformé par Bektes Oztorun en 3 appartement locatifs.

Photo BT

Le 5 Octobre 2001 Alain et Edith installent leur commerce au 15 rue Pierre Ogée à Annoeulin et continuent l’activité de traiteur charcutier.

 

document Google Maps

Alain et Edith prennent une retraite bien méritée le 29 Juin 2009. Ne trouvant pas de repreneur, ils vendent l’immeuble d’Annoeullin qui devient une « Festi Pizza » depuis 2010.

Remerciements à Alain et Edith Dequeker ainsi qu’aux archives municipales.

87 rue de Lannoy

Le 87 rue de Lannoy à Roubaix se situe à l’angle du boulevard de Belfort. C’est un endroit idéalement bien placé pour la création d’un commerce, entre deux artères importantes de la ville.

Plan cadastral
document archives municipales

Cet emplacement est occupé, au début des années 1920, par J. Carette maître-tailleur. Il a bonne réputation sur la place car il propose des costumes sur mesure, d’excellente qualité à des prix très abordables. Après 35 ans d’activité, J. Carette prend sa retraite en 1956.

documents collection privée

En 1957, sa fille, Michèle Carette, reprend le commerce et le transforme en bonneterie, elle propose des blouses et chemisiers pour dames.

Publicité ouverture 1957 ( document Nord Eclair 1957 )

Très rapidement elle développe sa gamme de produits, et ajoute pantalons, robes, jupes, ensembles, tricots, tailleurs.

document Nord Eclair 1976

En 1978, Félix Campion, le responsable du magasin Foucray d’Hénin-Beaumont, reprend le commerce pour y installer un point de vente supplémentaire à Roubaix. Il fait entreprendre des travaux d’aménagement intérieur et extérieur afin de proposer une gamme complète de produits de décoration ; papiers peints, peintures etc

Publicité Foucray ( document collection privée )

Quatre années plus tard, un incendie se déclare au magasin Foucray en 1982. Le commerce est complétement détruit. Rapidement, la direction fait le nécessaire pour installer des palissades sur les deux côtés, rue de Lannoy et boulevard de Belfort. Ces clôtures sont recouvertes peu de temps après, par de grands panneaux publicitaires.

document bnr

Deux ans plus tard, en 1984, rien ne bouge et pourtant l’Union des commerçants de la rue de Lannoy alerte la municipalité car il y a un risque important d’effondrement de l’immeuble.

En Juin 1986, l’immeuble s’écroule en pleine nuit, sans faire de victimes fort heureusement, mais le carrefour est encombré de gravas et la rue de Lannoy est fermée.

document Nord Eclair 1986
document archives municipales 1986

Vu l’urgence, la municipalité rédige un arrêté de mise en péril qui ne sert à rien puisque dès le lendemain une entreprise arrive sur place pour commencer les travaux de démolition et de déblaiement. Une nouvelle palissade est alors posée pour encadrer le terrain vide, par mesure de sécurité.

document archives municipales 1986

Ce terrain situé au 87 de la rue de Lannoy à l’angle du boulevard de Belfort reste alors vide pendant plusieurs années.

document Google Maps 2008
document Google Maps 2022

Cependant, plusieurs dossiers ont été déposés en mairie pour une demande de permis de construire sur ce terrain inoccupé depuis 1986 :

– En 2006, Salvatore Ferrante de Marcq-en-Baroeul dépose une demande pour une construction neuve.

– En 2008, la SARL Promovert de Douai reprend le même projet mais il ne sera accordé.

Projet de construction 2008 ( document archives municipales )

En 2010, Djamel Yamani de Bondues dépose un permis pour un projet plus futuriste qui n’aboutira pas non plus.

Projet de construction 2010 ( document archives municipales )

Enfin, en 2018, la SCIBELFO de Roubaix dépose un projet plus traditionnel, un immeuble destiné à la location d’appartements. Les travaux commencent en 2023 et sont toujours en cours de nos jours.

Photo BT 2024

Remerciements aux archives municipales.

Relais Masséna

En Aout 1965, un permis de démolir est accordé pour 4 maisons, rue de Lannoy à Roubaix ( les numéros 326 328 330 et 332 ) pour raisons de vétusté. Sur la photo ci-dessous, on distingue les 4 maisons du 326 au 332 de la rue de Lannoy. A droite, au 322 324 se trouve le siège des Ets Carrez Bernard, et à gauche au 334, l’électricien Alfred Derly.

les 4 maisons du 326 au 332 ( document archives municipales)

André Carrez, PDG des Ets Carrez Bernard, au 322 324 rue de Lannoy est grossiste en épicerie, torréfacteur de cafés et fabricant de savons mous ( voir sur notre site un article précédemment édité et intitulé Carrez Bernard ).

Publicité Carrez Bernard ( document collection privée )

En mai 1966, l’emplacement des 4 maisonnettes étant libre, André Carrez dépose une demande pour construire une station-service de distribution de carburants, sur ce terrain de 450 m2 lui appartenant.

plan de la station ( document archives municipales)

Le cabinet d’architectes J. Delrue à Lille, dresse les plans de la station essence avec un bâtiment de 142 m2 abritant : une piste pour le graissage des véhicules, une piste pour le lavage, le bureau d’accueil pour la clientèle, le dépôt du compresseur, l’atelier et une pièce vestiaire-toilettes pour le personnel.

publicité ouverture du Relais Masséna ( document Nord Eclair )

Les travaux se terminent, la station-essence ouvre alors en 1969 sous l’enseigne « Relais Masséna ». C’est une station ultra-moderne qui propose un matériel performant pour les vidanges, les réparations de pneus, l’équilibrage des roues, mais surtout le fleuron de la station, c’est le bloc-lavage qui permet à tout usager de faire laver son véhicule sans en sortir, dans un temps record de 2 minutes et pour la modique somme de 5 Francs. Trois pompes distribuent les carburants ; super, essence et gas-oil, et une pompe pour le 2 temps est à disposition des clients, en libre service. M Waquier et sa fille accueillent chaleureusement les clients. Leur sourire sympathique et leur compétence permettent de répondre aux plus grandes exigences de la clientèle.

En 1979 la direction décide de faire construire un auvent de 40 m2 ( de 6m sur 7m ) au dessus des 3 pompes, de façon à abriter la clientèle des intempéries surtout par temps pluvieux.

Auvent ( document archives municipales)

La station essence ferme au milieu des années 1980, et en 1991 l’entreprise de Pompes Funèbres Lemaitre qui se trouve juste en face au 271 rue de Lannoy, reprend le terrain et décide de construire un funérarium pour pouvoir agrandir et développer son activité.

L’architecte Jean Michel Vergne de Croix établit le projet : le bâtiment de l’ancienne station essence est conservé, les 3 pompes de distribution de carburants sont supprimées et remplacées par la construction du funérarium accolé à l’ancien bâtiment, avec deux salons funéraires.

( documents archives municipales)

photo BT et publicité Nord Eclair

En moins de 3 décennies, quatre maisons ont disparues, remplacées par une station essence, puis par un funérarium.

Document PF Lemaitre

Remerciements aux archives municipales.

Les Derasse : tailleurs de père en fils.

Ferdinand Derasse est né en 1881.Il est propriétaire d’un magasin à Tournai : « La vierge Noire », célèbre commerce de vêtements, draperies, lainages et soieries.

La vierge noire ( document famille Derasse )

Au début des années 1900, il se rend à Roubaix pour rejoindre son frère Amédée, arrivé en 1898. Il s’installe à son compte en tant que maître tailleur au 243 rue Decrême.

le 243 rue Decreme de nos jours ( photo BT )
Ferdinand Derasse ( document famille Derasse )
document famille Derasse

Ferdinand se marie et a trois enfants : Clémence née en 1913, Fernand né en 1914 et Albert né en 1927

Clémence se marie avec Jules Leclerc qui est tailleur sur la Grand Place de Reims. Albert se dirige vers une carrière en banque. Fernand travaille avec son père, devient apprenti et s’installe ensuite également à son compte, au 26 rue de Beaurewaert.

Au rez de chaussée de cette immense maison, se trouvent l’habitation et un salon de réception pour que les clients puissent essayer leur costume sur mesure. Les chambres sont à l’étage. L’atelier très vaste, se trouve au fond de la cour, dans lequel on trouve les tables de travail mais également 5 à 6 machines à coudre professionnelles. Fernand embauche trois ouvriers, et fait travailler des personnes à l’extérieur à domicile, pour des travaux de couture sur des pantalons.

Fernand Derasse est particulièrement doué pour la création de costumes pour hommes. Pendant la période d’après guerre, les usines textiles sont à l’arrêt, les tissus sont rares et les roubaisiens ont peu d’argent. Fernand est ingénieux : il est le premier tailleur à récupérer des costumes usagés pour les retourner sur l’envers et leur donner une seconde vie.

Comme son père, Fernand est passionné par son travail. Il crée des costumes, des modèles sur patrons. Sa quantité de travail ne l’empêche cependant pas de se distraire, en effet Fernand a la réputation d’être un bon vivant.

Publicité 1974 ( document Nord Eclair )

Dans les années 1960, une partie de la rue de Beaurewaert ( qui fait partie du quartier des Longues Haies ) est rasée. Fernand, exproprié, décide donc de s’installer un peu plus loin au 151 de la rue Jules Guesde à deux pas de la rue de Saint Amand.

le 151 rue Jules Guesde de nos jours ( photo BT )

Fernand a trois enfants : Francis, Michel et Bernard. Francis s’installe artisan-tailleur à Mouscron, Michel devient directeur chez Mr De Fursac et installe des unités de production. Bernard, quant à lui, devient comédien à la Comédie Française et effectue de nombreux voyages en particulier au Canada.

Fernand Derasse cesse son activité dans les années 1980 – Ci-dessus, photo des années 1990 ( document famille Derasse )

Malheureusement, comme de nombreuses professions, les tailleurs disparaissent peu à peu suite au développement des magasins de prêt-à-porter. D’après le Ravet Anceau, on dénombre 189 artisans-tailleur en 1928 à Roubaix. Ils ne sont plus que 54 en 1968, et ont pratiquement tous disparu à ce jour.

Remerciements à Bernard et Christine Derasse