La démolition du Théâtre

Le 5 novembre 1882, un nouveau théâtre, d’initiative privée, est inauguré, il s’agit de l’Hippodrome Théâtre. Il se situe sur le boulevard Gambetta, à côté de l’Usine Motte Bossut que l’on distingue sur le document ci-dessous.

document archives municipales 1882
La façade ( document collection privée )

Cette salle de spectacle, qui peut contenir entre 1500 et 1800 personnes, accueille des représentations très diversifiées, entre opérette et opéra, théâtre dramatique et comédies, vaudevilles et grands drames. Le célèbre Cirque Franco-Belge y vient chaque année au moment de la grande foire. Des meetings politiques, conférences et débats électoraux s’y déroulent également. Pendant des décennies, l’Hippodrome théâtre devient une scène d’audience nationale, qui reçoit des artistes prestigieux.

La salle de spectacle en 1936 ( document collection privée )

Voir sur notre site l’article sur l’histoire de l’Hippodrome, en cliquant sur le lien :

https://ateliers-memoire.com/themes/commerces/ah-lhippodrome-theatre/ 

Après la seconde guerre mondiale, le Grand Théâtre change de direction : Angèle Vandorselaere et Léon Delmulle qui l’ont dirigé jusqu’ici, laissent la place à Jean Dubois qui arrive avec de l’expérience et des projets de programmes de variétés. En 1947, M. Dubois a pour projet de transformer le grand théâtre en Capitole, et de passer du théâtre lyrique à des programmes plus variés.

Transformation L’Hippodrome devient le  Capitole ( document collection privée )
Rénovation ( document collection privée )

Des travaux énormes sont engagés : réfection de la façade, élargissement des portes d’entrée, installation de véritables sièges pour remplacer les banquettes des premières galeries. On souhaite moderniser la décoration de la salle, en blanc et rouge, avec des éclairages et installations électriques conformes, et du chauffage au mazout. On supprime les anciens décors et on les remplace par des toiles de fond. La réouverture a lieu en Janvier 1948.

Le capitole ( document collection privée )

Voir sur notre site, l’article sur le Capitole, en cliquant sur le lien : 

https://ateliers-memoire.com/roubaix/centre/et-lhippodrome-devint-le-capitole/

Le début des années 1950, s’annonce difficile. Mr Catriens directeur du Capitole, nommé en 1951, s’interroge. Pourquoi les spectateurs boudent-ils les spectacles proposés malgré les gros travaux de rénovation. La désaffection croissante du public envers les spectacles lyriques rendent l’entreprise hasardeuse. On tente de le moderniser, un écran de cinéma est installé, on organise même des combats de catch. En 1957, la situation se dégrade encore, la municipalité reproche au Capitole sa vétusté et en particulier l’inconfort des sièges ainsi que sa forme de rotonde qui l’empêche d’accueillir des spectacles nouveaux.

document Nord Eclair 1957

Pour sauver le Capitole, l’hypothèse la plus réaliste reste celle des galas : quelques vedettes connues et un choeur d’amateurs comme le CAR, Cercle Artistique Roubaisien, mais l’argent manque. La solution la plus radicale serait alors, de fermer le Capitole !

Un dimanche de mai 1957, le rideau du Capitole théâtre tombe définitivement sur la dernière représentation des « Mousquetaires au Couvent ». C’est le dernier spectacle. La vénérable salle s’endort alors d’un sommeil pesant : le brouhaha, les applaudissements, les strophes vocales, tout cet aspect merveilleux du théâtre s’enlise doucement dans l’indifférence, après une carrière longue de 80 années. L’évolution des mœurs, le tourisme, la télévision, le cinéma ont été cités comme responsables de cette fermeture.

La société Le Capitole est dissoute le 16 avril 1964. En Juillet de cette même année, le bulldozer arrive et massacre tout. Il ne lui faut que peu de temps pour jeter bas toute la structure du bâtiment, la façade monumentale s’écroule sous les coups de boutoir des engins. Il ne reste plus qu’un terrain vague jonché de gravats et de débris de toutes sortes.

la démolition du théâtre 1964 ( document Nord Eclair )

La COMIF, Compagnie d’Investissements Fonciers, reprend le terrain ainsi que le café voisin. Un projet immobilier voit le jour pour la construction sur cette surface de 2700 m² d’un immeuble de dix étages baptisé « La Résidence du théâtre », aligné sur le boulevard Leclerc, et d’une station service « Total ».

La construction de la « Résidence du théâtre » en 1975
Document Nord Eclair 1977
La station « Total » boulevard Leclerc

Ainsi disparaît à jamais un des grands lieux culturels et historiques de notre ville.

Remerciements aux archives municipales

L’ inauguration du monument Eugène Motte

Eugène Motte est né en 1860. Industriel et fils d’industriel, enfant de Roubaix, marié à vingt-quatre ans, il prend la succession de l’entreprise au décès de son père Alfred Motte en 1887. Il est, à quarante et un ans, responsable de neuf usines donnant du travail à 8.000 ouvriers et père de huit enfants. Il a, en outre, fondé deux usines en Pologne.

Eugène Motte est un homme très simple. On le décrit aussi comme « sachant parler aux ouvriers avec leur langage » et peu enclin à envisager une carrière politique.
Il devient pourtant maire de Roubaix en 1902 et le restera jusqu’en 1912. Il est député de 1898 à 1906 et membre du Conseil général de 1895 à 1907.

Eugène Motte décède à Roubaix le 23 Octobre 1932. En 1935, la municipalité décide d’ériger un monument en sa mémoire sur lequel apparaît l’effigie de celui à qui la ville accorde officiellement l’hommage du souvenir.

Le monument ( document collection privée )

Le monument se trouve à l’angle du boulevard Gambetta et de la rue de l’Union. Son emplacement n’a pas été choisi au hasard puisque le terrain appartient à la famille Motte. C’est en effet Louis Motte qui avait créé sur cet emplacement,  »la filature monstre » Motte Bossut vers 1850, ravagée par l’incendie de 1866.

document collection privée rectifié IA
document bnr – D. Labbé

C’est un monument en pierre de Boulogne et en marbre blanc, réalisé par le statuaire Raoul Bénard, Grand Prix de Rome et par l’architecte, Gustave Poubel.

photo BT
photo BT

De part et d’autre du monument, se trouvent deux allégories formant les bas reliefs : à gauche l’Abondance avec en arrière plan l’hôtel de ville et à droite Mercure se détachant sur un fond d’usines.

la cérémonie pendant les discours ( document le Grand Hebdomadaire illustré rectifié IA )

L‘inauguration du monument se déroule le Dimanche 22 Septembre 1935, sous la présidence d’ Armand Guillon, préfet du Nord et de Maurice Colrat, ancien ministre.

une partie de l’assemblée ( document Le Dimanche de Roubaix-Tourcoing rectifié IA )

Sur la photo ci-dessus, on distingue de gauche à droite : M. Nicolle député, Eugène Motte fils, Mme Eugène Motte, M. Guillon préfet du Nord, M. Colrat ancien garde des Sceaux, M. Carissimo président de la chambre de commerce de Roubaix et Robert Motte.

les nombreuses sociétés (associations) regroupées aux abords du monument ( document Le Dimanche de Roubaix-Tourcoing rectifié IA )
La partie gauche du monument ( Photo BT )

La partie gauche du monument, rappelle qu’en 1915, l’armée allemande impose aux usines la fabrication de vêtements de guerre et de sacs de tranchées pour ses soldats. Eugène Motte refuse alors de participer à cet effort de guerre : « Nous ne pouvons pas accepter le rôle de collaborateur de l’ennemi. Vous pouvez réquisitionner nos biens. Vous ne pouvez réquisitionner nos personnes. Notre conscience de Français s’y refuse ».

Carton d’invitation du repas offert par la famille ( document bnr )
le cercle de l’industrie ( document collection privée )

Pour clôturer la cérémonie, un banquet est ensuite servi dans la magnifique salle de réception du Cercle de l’Industrie de la Grande rue.

Le buste d’Eugène Motte ( document musée de La Piscine )

Remerciements aux archives municipales

« Au Carrefour » 84 Grande rue

Dans les années 1880, Jeanne Galpin est propriétaire de 4 parcelles de terrain au 84 de la Grande Rue à Roubaix. Elles sont situées les unes derrière les autres et se terminent de l’autre côté, au 53 boulevard Gambetta. Jeanne habite quant à elle au 66 de la rue de Lille.

Plan cadastral de 1884

Dans les années 1890, la parcelle 782 se trouve en front à rue au 84 de la Grand rue, la parcelle 781 est juste derrière, c’est une grande bâtisse de deux étages, elle-même suivie par la parcelle 780 où se trouve une bourloire. Le dernier morceau de terrain se trouve au 53 boulevard Gambetta, c’est une écurie. La façade de la parcelle 782 se compose d’une vitrine centrale et de deux portes latérales. Celle de droite le 84 est un long couloir qui aboutit à la parcelle suivante, celle de gauche, le 84 bis est un commerce qui bénéficie d’une vitrine sur la rue. Dans les années 1910, le 84 est occupé par l’école de couture du patronage Jeanne d’Arc et le 84 bis c’est le commerce de bonneterie de Mme Duforest et toutes deux vont occuper les locaux durant une trentaine d’années.

En 1938, une équipe de militants issus des mouvements ouvriers catholiques créent un lieu de rencontre baptisé « Carrefour » au 84 de la Grande rue. Cet organisme est composé de très nombreuses associations diverses : Amicale Photo, Mouvement Populaire des Familles, Aides familiales Populaires, Repos et Santé, Centre d’ Etudes et d’applications communautaires.

document collection privée
document collection privée

Les objectifs des bénévoles sont de développer l’entraide sociale, la culture sous toutes ses formes, l’éducation et les loisirs populaires. Dans notre ville, c’est répondre à d’immenses besoins.

En 1941, le Service Familial d’Entraide organise chaque jeudi un repas pour les enfants nécessiteux qui profitent ainsi d’un repas complet composé d’un potage, une viande, un légume et un dessert.

Document Journal de Roubaix 1941

Dans les années 1950, à la place de la bourloire, est créée la cafétéria « Au Carrefour » qui se développe rapidement. La salle est régulièrement réservée pour des banquets, des réveillons de Nouvel An etc

document Nord Eclair
document Nord Eclair

En Avril 1966, une superbe soirée est organisée par « Chez Nous Jeunes » et animée par un charmant et talentueux couple : Jean Pierre et Nathalie.

document Nord Eclair
document Nord Eclair

Dans les années 1970, la salle Au Carrefour devient dancing-discothèque : « Au Cross Streets ». De nombreux groupes de rock et disco viennent sur place pour que les jeunes roubaisiens puissent s ‘éclater sur le parquet.

document Nord Eclair

Le 84 bis est toujours occupé par des associations : Culture et Liberté, l’AFAD Association Aide A Domicile et l’ADAR Aide à Domicile Aux Retraités au début des années 1980.

document collection privée

Des travaux importants et coûteux sont entrepris en 1994 ( rénovation de la façade et aménagement plus fonctionnel ) mais cela n’empêche malheureusement pas l’exode quelques années plus tard de nombreuses associations qui souhaitent rompre le cordon ombilical et avoir pignon sur rue. En 2004, il ne reste plus sur place que l’ADAR et Culture et Liberté présidé par Lucien Delvarre.

document Nord Eclair 2004

En Avril 2004, le 84 de la Grand rue change de pavillon. En effet les administrateurs des différentes associations gestionnaires du bâtiment, ont décidé de leur dissolution et d’en faire don à titre gratuit à une association reconnue d’utilité publique : les Papillons Blancs. Sur la photo ci-dessous, le président, Maurice Morelle remet symboliquement les clés du 84 Grand Rue à Jean-Pierre Lannoo, président des Papillons Blancs.

Document Nord Eclair Avril 2004
La façade en 2008

Depuis 2010, le 84 de la Grande rue a été occupé par de nombreux commerces divers et variés. Notons entre autres : en 2013, la maison culturelle Franco-Kurde, en 2016 le boucherie Label Côte, en 2018 le salon de beauté Beauty Dolls, en 2020 le coiffeur barbier B et G et en 2026 le restaurant La Nonna.

Documents Google Maps
photo BT

La salle « Au Carrefour » quant à elle, après avoir été une bourloire, un restaurant, une discothèque, est devenue de nos jours : FIBR&CO. C’est un atelier de création de mobilier en bois et d’insertion sociale, dépendant de l’association Arcadis Roubaix, et qui bénéficie d’une vitrine en façade pour l’exposition des articles en bois produits sur place, au 53 boulevard Gambetta.

documents FIBR&CO

Remerciements aux archives municipales

Pierre Perret chez Devianne

Après quelques courtes semaines de travaux, Jean Devianne procède à la réouverture de son magasin du 70 Grande rue à Roubaix, en Mars 1967. Le point de vente est entièrement rénové et c’est une réussite. Tout a été étudié et mis en œuvre pour pouvoir présenter à la clientèle un magasin transformé tant par sa présentation que par sa surface, tant par son style que par le choix des articles.

Cette réouverture du magasin est donc saluée comme il se doit dans la région et marquée par un gala de grande classe, offert gratuitement au public, le mercredi 8 Mars 1967. Cette manifestation permet aux clients de profiter du parking neuf aménagé spécialement à l’arrière du magasin avec son entrée sur le boulevard Gambetta.

Document Nord Eclair

Sur la terrasse qui surplombe le parking, un défilé de mode présente les dernières créations « Printemps 1967 » de la maison Devianne. La deuxième partie de cette manifestation commerciale est assurée par Pierre Perret, invité pour l’occasion, à 18h30.

Document Nord Eclair

Le public accueille triomphalement le chanteur bien sympathique qui enchaîne ses chansons : Au Tord Boyau, les jolies colonies de vacances, et bien d’autres qui sont des charges gentilles, assaisonnées à la sauce de langue verte. Pierre Perret est un poète libertaire, jouant sur les mots et la musicalité de la langue française, mais avec son argot bien connu.

Document Collection privée

De plus, l’astuce de la maison Devianne, est de diffuser le spectacle en direct, par des téléviseurs situés dans le magasin et dans le hall de « Nord Eclair », juste en face au 73 Grande Rue.

Jean Devianne ( document collection privée )

Jean Devianne réussit ainsi, à nouveau, à créer un événement exceptionnel en organisant une manifestation commerciale bien préparée.

Championnat de dactylographie à Roubaix en 1908

C’est à Roubaix, que se déroule le 5 Juin 1908, le championnat de dactylographie du Nord de la France. Ce concours se déroule dans la nouvelle salle des fêtes rue de l’Hospice. Pendant cette journée, de nombreux jeunes gens et jeunes filles se trouvent réunis devant des machines à écrire, de toutes marques. Pendant 3 heures, tous et toutes pianotent à qui mieux mieux, sans lever la tête.

document Le Nord Illustré

Le concours est basé sur la rapidité d’écriture. A la fin de l’épreuve, pour la section Hommes, Edgar Verschore réalise le tour de force d’écrire à la machine 3000 mots à l’heure, soit une moyenne de 50 mots à la minute. Ce résultat spectaculaire indique de la part du lauréat une tension d’esprit et une souplesse de doigts remarquable. Pour la section Dames, c’est Mlle A. Tobie qui termine première.

document Le Nord Illustré

Le jury présidé par Albert Navarre, président de la Revue Dactylographique de Paris, décerne donc les diplômes à Edgar Verschore de Lille sur machine Remington et pour la section Dames à Mlle A Tobie de Roubaix sur machine Oliver.

document Le Nord Illustré

Tout autour de la salle des fêtes, sont installés les stands de fournisseurs de matériel de machines à écrire, de ronéo duplicateur etc.

Ce championnat permet aux entreprises de prendre conscience de l’utilité de la dactylographie. L’employé n’est plus obligé d’écrire à la main. C’est un gain de temps, d’autant plus qu’il est aisé de faire des copies en utilisant des carbones.

Remerciements aux archives municipales

80 avenue Jean Lebas

La rue de la Gare a été percée en 1882 pour relier la Grand Place à la future gare de Roubaix. Dès 1885, des constructions s’élèvent et très rapidement l’avenue, large de 25 mètres, est bordée de magnifiques immeubles occupés par des sièges d’entreprises textiles et par des banques.

Le 80 avenue Jean Lebas ( document plan cadastral )

Le numéro 80 de cette avenue est un immeuble cossu. Une porte cochère permet l’entrée de l’établissement occupé par la Banque Nationale de Crédit, au milieu des années 1880. Cet établissement bancaire propose toutes les opérations de bourse, de banque, de locations de coffre forts etc.

document collection privée
document collection privée

La Banque Nationale de Crédit ferme ses portes au début des années 1930, Le bâtiment est repris ensuite par le cabinet d’assurances d’André Piat. Il propose tous types d’assurances et, plus tard, se spécialise dans les contrats de l’assurance automobile, dans les années 1950.

document collection privée
document collection privée

Dans les années 1970 c’est le cabinet d’assurances Ricour qui est installé dans l’immeuble, jusqu’au milieu des années 1980.

document collection privée

L’E.R.J : Espace Ressources Jeunes est créé en 1988 et s’installe dans les locaux. L’ERJ permet à des jeunes ayant un projet de le développer. Si le projet est bien construit, il sera accepté et permettra aux jeunes d’avoir une insertion sociale, une prise de conscience, une autonomie et en définitive de leur donner confiance en eux et en l’avenir. Le C.L.A.P : le Comité Local d’Aide aux Projets, quant à lui, permet à des jeunes porteurs de projets de présenter leur action et d’obtenir des aides financières.

document archives municipales
document Nord Eclair

En 2005, Juliette Bughin ouvre son atelier créatif : la « Maison Marotte » et s’installe dans les locaux, car il se trouve alors en plein quartier des modes. C’est une enseigne qui permet d’apprendre à créer soi-même des objets, vêtements ou bijoux. Pourquoi Maison Marotte ? Maison, pour le côté désuet et Marotte pour le hobby avec un grain de folie en plus. L’idée créative bien que séduisante ne donne pas les résultats escomptés et Maison Marotte cède la place à un salon de coiffure.

Juliette Bughin ( document Nord Eclair )

En 2010, David Pollet, ancien commercial et autodidacte, cherche une entreprise à reprendre. Ce sera le salon de coiffure à enseigne « Le Monde Addict », au 80 de l’avenue Jean Lebas. Dans cet immeuble de cachet, c’est un salon atypique où les portes et le comptoir sont en bois massif, de l’époque de la Banque Nationale de Crédit, et même l’ancien coffre fort s’y trouve encore !

David y installe son propre salon avec du mobilier design créé par son frère, recrute une équipe fidélisée et crée une ambiance sympathique. Le démarrage est satisfaisant et très rapidement, David ouvre plusieurs autres salons de coiffure sur la métropole. Le Monde Addict est toujours présent dans les mêmes locaux après 16 années d’expérience.

David Pollet ( document Nord Eclair )
Le salon de coiffure ( document Nord Eclair )

Remerciements à Julien ainsi qu’aux archives municipales.

Jean-Baptiste Glorieux, aéronaute

Jean-Baptiste Glorieux naît à Tournai le 13 Juin 1834. Ses parents, Jean-Baptiste et Angélique Glorieux arrivent à Roubaix dix années plus tard. Leur fils reçoit une instruction élémentaire classique. A 15 ans, il exerce la profession de tisserand puis tourneur et entreprend son Tour de France en qualité de compagnon. Il est très curieux par nature et s’intéresse à plein de choses, il emploie ses loisirs à étudier la mécanique, la physique, la chimie et acquiert un solide bagage scientifique, toujours à la recherche de la perfection. Jean Baptiste adore également le théâtre, il fait partie de la troupe Roïau de Joseph Couvreur.

Théâtre Roïau – Jean-Baptiste Glorieux marqué d’une croix noire ( document collection privée )

Depuis son enfance, Jean-Baptiste est passionné par les ballons et répète toujours : « Si j’avais de l’argent, je ferais un ballon, et je monterais ». Avec quelques camarades, il achète de la toile de calicot et construit son sphérique.

Jean-Baptiste Glorieux ( document Nord Eclair )

Le 15 Août 1861, dans la rue d’Inkermann, ils allument des bottes de paille pour remplacer le gaz, mais malheureusement le ballon ne veut pas décoller ! Jean-Baptiste ne se décourage pas, cet échec galvanise sa volonté. Il recommence alors, fabrique un ballon dans la salle de la Grande Harmonie, l’emmène dans les champs le 12 Septembre 1861, et enfin il décolle et atterrit un peu plus loin à la Broche de Fer. Jean Baptiste est fou de joie et ne pense qu’à repartir. Il réalise une deuxième ascension à Tourcoing avec son ballon « Le Vengeur » qu’il monte sans nacelle, assis sur une planche de bois, ce qui fait frémir les foules quand il se balance sous le ballon. Il rejoint le plancher des vaches à Wasquehal. Cette deuxième ascension marque le début de ses succès, il devient alors très connu et fait partie des aéronautes les plus remarquables de la région. Ses premiers succès le motive encore davantage. Dans sa maison de la rue Decrême, il produit d’innombrables ballons : l’Hercule, le Titan, l’Eclair, le Zephyr et le Jupiter.

document Bernard Thiebaut

Dans les années 1860, Jean Baptiste multiplie les ascensions toujours couronnées d’un plein succès. Il est acrobate et talentueux, avec son sang-froid habituel, il exécute régulièrement des exercices de gymnastique périlleux, sur un trapèze placé sous la nacelle.

document Bernard Thiebaut

Les ascensions sont nombreuses dans toutes les villes de la région et même en Belgique. En Septembre 1868, à Tournai, Jean Baptiste annonce un vol en ballon avec largage d’un parachutiste ! La foule se presse sur la place Verte, pour assister à cet événement. Jean Baptiste est accompagné, cette fois-ci de son frère qui occupe une place sous la nacelle. Lorsque le ballon arrive à la hauteur de 600 mètres, sur la plaine St Martin, Jean Baptiste coupe la corde qui relie son frère. Il tombe rapidement d’une vingtaine de mètres, et le parachute s’ouvre. Les deux frères sont ovationnés pour cette action unique et courageuse. Cette démonstration exceptionnelle permet à Jean-Baptiste d’être applaudi par le public à chaque prouesse.

Il pousse parfois l’audace jusqu’à tirer un feu d’artifice depuis son ballon. Il effectue aussi parfois des ascensions, monté à califourchon sur un baudet, ce qui lui permet d’inscrire sur son papier à lettres : « ascensions équestres » !

document Bernard Thiebaut

Les ascensions se multiplient de plus en plus, et les aventures aussi. Lors d’une démonstration à Nantes, à bord du « Zodiaque », il s’aperçoit tout à coup, que son ballon va se poser sur une voie ferrée, alors qu’un train arrive à grande vitesse. Il a juste le temps de lâcher du lest, pour reprendre un peu de hauteur et échapper à une catastrophe, mais le ballon va s’accrocher au sommet d’un arbre, d’où il faut aller le retirer de sa fâcheuse position. Quelques années plus tard, Jean-Baptiste Glorieux part de Lille avec son « Jupiter » qui jauge 500 mètres cube, et se retrouve à une heure du matin au dessus de la Manche. Il lutte pour essayer de maintenir l’altitude nécessaire, mais se retrouve en difficulté et amerrit au large. Fort heureusement, un navire « Le Brighton » qui assure la liaison Newheaven-Dieppe passe à proximité. Le capitaine du navire aperçoit le ballon qui se trouve à une distance de 4 miles et fait descendre une chaloupe pour lui porter secours. Les hommes arrivent juste à temps, car la nacelle est déjà submergée. Jean-Baptiste est sauvé.

document Journal de Roubaix

Mais la plupart des ascensions se passent bien, sans problème particulier, et les quelques incidents relatés ne ralentissent en rien la volonté de l’aéronaute de continuer d’exercer sa passion. Sa gloire grandit à la mesure de son audace.

JB Glorieux au dessus de la nacelle ( document bnr )

à suivre . . .

Remerciements à Bernard Thiebaut ainsi qu’aux archives municipales.

La Maison du Tablier

Au début des années 1930, Suzanne Bossut reprend le commerce de ses parents. C’est une lingerie, située au 72 rue de Lannoy à Roubaix, une des deux plus grandes artères commerçantes de la ville. Suzanne est mariée depuis 1924, avec Albert Carette, négociant en tissus. Ils habitent ensemble au 294 de la rue de Lannoy.

Albert et Suzanne en 1926 ( document E. De Rycker )

Suzanne est douée pour la couture et la création de vêtements. Rapidement elle se spécialise, en fabriquant elle-même des tabliers. Son commerce prend alors l’enseigne « La Maison du Tablier ». Elle propose à la clientèle des tissus qu’elle négocie auprès des nombreux fournisseurs roubaisiens, et fabrique sur mesure toutes sortes de tabliers, pare-poussières, et même des peignoirs. Suzanne travaille seule dans son échoppe, coupe les tissus, les assemble et les coud sur sa machine à coudre.

La vitrine du 72 rue de Lannoy ( document E. De Rycker )

La clientèle féminine est ravie, car la proposition de Suzanne lui permet d’acquérir des vêtements personnalisés et uniques. Les affaires fonctionnent très correctement. Suzanne profite de quelques occasions, comme la braderie de la rue de Lannoy, pour communiquer par de la publicité dans la presse locale ou par la distribution de buvards publicitaires.

Publicité ( document Nord Eclair )
Buvard ( document E. De Rycker )

Suzanne et Albert habitent sur place, au 72 de la rue de Lannoy. Le commerce n’est pas très grand, la machine à coudre est placée dans l’arrière boutique. Au fond se trouve une cuisine et à l’étage la salle principale et les chambres. Suzanne, lors de ses rares moments de détente, confectionne des tabliers pour les poupées de ses petits enfants

Tablier de poupée ( document E. De Rycker )

En 1960, Suzanne prend sa retraite et sa fille Suzette reprend le magasin mais ferme peu de temps après. Le commerce ne sera pas cédé, car le projet de la mairie, dans le cadre de la rénovation urbaine du quartier, prévoit de raser toute cette partie de la rue de Lannoy. René Violette la chemiserie voisine au 70 de la rue, loue alors la vitrine pour y présenter ses chemises durant quelques temps.

Vitrine Violette ( document archives municipales )

Tous les commerces de la rue de Lannoy situés entre le boulevard Gambetta et le boulevard de Belfort sont rasés en 1965.

Remerciements à Evelyne De Rycker Carette ainsi qu’aux archives municipales

Tissus Delgrange

Pendant près d’un siècle, plusieurs générations de la famille Delgrange ont été commerçants en tissus à Roubaix, dans le quartier des rues de la Gare, de Blanchemaille et de l’Alma. Léonard Delgrange, né en 1849, est ouvrier dans une grande entreprise textile roubaisienne. Il décide de s’installer négociant en tissus dans une petite échoppe, au 3 rue de l’Hospice, en 1893, puis dans un commerce plus spacieux, au 35 rue de Blanchemaille. A son décès, en 1921, Alexandre, son fils, lui succède. Son deuxième fils, Eugène ouvre un magasin de tissus au 32 rue Blanchemaille. Un autre de ses fils, Léonard, s’installe commerçant en tissus à Lens. Son dernier fils Etienne-Paul tient le commerce de tissus situé au 54 56 rue de l’Alma. Ce dernier est capturé dans les rues de Roubaix par l’armée allemande, avec son fils Paul. Fort heureusement, Ils reviendront tous deux de captivité en 1915. Sa fille, Marie Delgrange, épousera Georges Dufermont et seront également commerçant en tissu au 106 de la rue de la Gare, commerce qui sera ensuite revendu pour devenir Bohin.

Ravet Anceau de 1914
Le 54 56 rue de l’Alma de nos jours ( Photo BT )
le 35 rue de Blanchemaille ( document archives municipales )

Etienne-Paul Delgrange décède en 1927. Sa veuve, Philomène Vanhautère – Delgrange, ouvre son commerce au 67 rue Nain. Lors de son décès, sa fille Elise Delgrange, épouse Ghesquières, reprend le commerce en 1947.

Publicité du 67 rue Nain ( document collection privée )

Paul Delgrange, le fils d’Etienne-Paul, né en 1895, décide à son tour de créer son commerce. Il trouve un local vide au 108 – 110 rue de la Gare, au début des années 1930. C’est un endroit idéal, à l’angle de la rue de Blanchemaille, dans un quartier où sont déjà implantés de nombreux négociants en tissus. Paul effectue quelques travaux de rénovation intérieure et commence son activité.

La façade du 108 rue de la gare ( document archives municipales )
Le plan du magasin ( document archives municipales )

En Septembre 1944, à l’issue de la seconde guerre mondiale, la liberté revient peu à peu sur la ville. Paul décide de rénover sa façade extérieure et de la transformer agréablement pour attirer l’œil des passants.

Façade ( document archives municipales )

Paul propose une gamme de tissus assez complète à sa clientèle, des draperies bien sûr, mais également des soieries, lainages, doublures etc Paul reprend ensuite le commerce voisin au 110 pour agrandir son point de vente.

Paul Delgrange ( document I. Delgrange )

Paul décède en 1961. Sa veuve cède alors l’affaire du 108-110 avenue Jean Lebas ( ancienne rue de la Gare ) à l’entreprise Fournier.

Ets Fournier ( document bnr D. Labbé )
Ets Fournier ( document collection privée )

Pierre Delgrange, le fils de Paul, devient ingénieur diplômé de l’ENSAIT en se spécialisant dans les teintures. Il sera d’abord ingénieur au secrétariat de la laine, puis sera directeur de production d’une usine de résines synthétiques à Béthune pour ensuite rejoindre le sud ouest de la France

Remerciements à Isabelle Delgrange ainsi qu’aux archives municipales

3 rue du Général Sarrail

Au début des années 1900, au N° 3 de la rue Saint Georges ( aujourd’hui, renommée rue du Général Sarrail ), est implanté le commerce de lingerie de E.Souty-Dupont, à l’enseigne « A la Petite Jeannette ». De nombreux produits sont proposés à la clientèle : draps, taies, serviettes, torchons, chemises de nuit, nappes, linge de toilette mais également des chemises pour hommes confectionnées sur mesure.

document collection privée

Au début des années 1910, le commerce est repris par Charles Poitevin-Aufort, qui garde bien sûr l’enseigne bien connue des roubaisiens, et tous les produits référencés jusqu’alors. Il développe fortement son affaire en y ajoutant un rayon complet de ganterie, chapellerie et toute une gamme de confections pour dames.

documents collection privée

Charles décède au début des années 1920 et son épouse continue alors seule l’activité du commerce qui est ensuite repris dans les années 1930 par le fils Jean Poitevin. Juste après guerre, Mr Levanbel reprend le fonds de commerce et crée une nouvelle enseigne « Pacherchic » qui comme son nom l’indique, propose des vêtements de qualité à des prix tout à fait raisonnables. La gamme de produits reste exclusivement féminine : dames et fillettes.

Publicité 1948 ( document collection privée )

André Picavet est né en 1916, il est mécanicien et bien décidé à créer son affaire. Il reprend donc le fond de commerce du 3 de la rue du Général Sarrail, au début des années 1950, pour y installer un magasin de cycles à enseigne Motoconfort.

Publicité Nord Eclair 1961

Au milieu des années 1960, André développe sa gamme de produits en ajoutant des accessoires pour Kart et des cyclomoteurs de la marque Motoconfort ( Mobylette et Cady )

Publicité Nord Eclair 1962
Publicité Nord Eclair 1967

En 1968, André est présent au salon du cycle à Roubaix avec ses deux roues : le cady pour les jeunes, et le SP 93 pour jeunes adultes.

Le SP 93 Motoconfort ( Publicité Nord Eclair 1968 )

Au début des années 1970, André propose la gamme complète de Motobécane-Motoconfort : bicyclettes, vélomoteurs, mobylettes, scooters et même les nouvelles motos de 125 cc.

document collection privée

Christian Trioux reprend le commerce de cycles en Mai 1976. Il est officiellement dépositaire MBK Motobecane diffusion. Il commercialise également des cyclomoteurs de marque Honda. Il poursuit son activité jusqu’en fin d’année 1990.

Publicité Nord Eclair 1978
Publicité Nord Eclair 1981
document archives municipales

Le coureur cycliste nordiste, Alain Bondue, a fait partie du Vélo Club Roubaisien, puis s’est lancé dans une longue carrière amateur et ensuite professionnel de 1980 à 1987. Il a un palmarès impressionnant de courses gagnées sur piste et sur route. Notons en particulier : deux fois champion du monde en poursuite, vice champion olympique à Moscou en 1980, il finit troisième au Paris-Roubaix en 1984.

Alain Bondue s’associe avec son ami Patrice Dejonckere, ancien membre également du vélo club de Roubaix, cycliste passionné qui a longtemps évolué au top niveau de la compétition amateur. Ensemble, ils reprennent le magasin de cycles du 3 rue du Général Sarrail en fin d’année 1990.

Alain Bondue ( document Nord Eclair 1994 )

La carrière cycliste d’Alain est exceptionnelle et assure bien sûr un bon coup publicitaire pour le démarrage de son affaire. Le commerce de cycles, cyclomoteurs et scooters fonctionne très correctement. Alain et son associé restent bien sûr fidèles à la marque MBK.

Publicité 1998 ( document collection privée )
Publicité 2001 ( document collection privée )

Le samedi 4 Octobre 2003, un incendie se déclare en pleine nuit dans le magasin de cycles. Les pompiers arrivent sur place rapidement et doivent lutter pendant des heures pour l’éteindre. Un pompier est malheureusement blessé et transporté par le SMUR, au service des grands brûlés au centre hospitalier à Lille. L’incendie a complètement détruit le magasin de cycles et endommagé fortement la boulangerie voisine de Simon Cédric.

documents Nord Eclair 2003

Pour beaucoup d’inconditionnels, c’est une des plus belles adresses en matière de deux roues, qui disparaît. Mais ce n’est qu’une étape pour les cycles Bondue. Alain et Patrice retrouvent un espace équivalent en 2004 à Lys lez Lannoy au 60 rue Jules Guesde, proche du vélodrome de Roubaix : un endroit qui permet de rebondir après ce pénible épisode de la rue Sarrail. Malheureusement le succès n’est pas au rendez vous et le magasin ferme définitivement ses portes, quelques années plus tard.

document Nord Eclair 2004

Quant à la rue du Général Sarrail, en Juin 2004, Roubaix Habitat, propriétaire des immeubles des 3 7 9 11 et 13 de la rue, songe sérieusement à faire place nette et revendre l’ensemble.

document Nord Eclair 2004

Un permis de construire est déposé en Mairie en 2005 et rectifié en 2008, pour la construction d’un ensemble immobilier constitué de cellules commerciales au rez de chaussée et de 68 logements, du 3 au 23 de la rue du Général Sarrail, avec création d’une nouvelle rue : la rue Neuve.

Travaux de démolition 2008 ( document Google Maps )
document Google Maps 2013

Remerciements aux archives municipales