Un plongeur habillé à Barbieux !

En cet après-midi ensoleillé de Juin 1964, rien ne semble pouvoir troubler la douce quiétude des allées fraîches et ombragées du parc de Barbieux à Roubaix.

Soudain, un homme tout habillé se jette à l’eau ! Les promeneurs ébahis pensent tout de suite à une tentative de suicide et s’apprêtent alors à sauver le désespéré.

document Nord Eclair 1964

Mais les spectateurs sont étonnés de voir l’homme rejoindre la rive, et de voir un photographe prendre de nombreux clichés. Mais qu’est ce donc ? Que se passe t il ?  Le journaliste et le photographe informent alors les personnes présentes afin de les rassurer. Non, non, cet homme n’est pas fou, il a fait cet incroyable plongeon dans le lac de Barbieux, tout simplement pour démontrer les qualités exceptionnelles d’un costume vraiment miracle : le Zefal Tergal de Devianne.

document Nord Eclair 1964
document Nord Eclair 1964

Et le lendemain, un article publicitaire paraît dans la presse locale, pour cet événement, et pour mettre en avant les avantages exceptionnels de ce costume en Tergal, très léger et idéal pour la saison printemps-été. Encore un bon coup de publicité, de la part de la maison Devianne.

document collection privé

Remerciements aux archives municipales.

Lino Roubaix

Au début des années 1930, Jean Tanghe et son épouse, née Adelphine Ferrant, s’installent commerçants au 90 rue de Lannoy à Roubaix. Leur commerce baptisé : « Lino Roubaix » propose à la clientèle des linoléums, et revêtements de sols plastique. C’est une petite boutique située à deux pas du boulevard de Belfort.

Publicité 1959 ( document collection privée )

Ils développent leur activité, au début des années 1950, en ajoutant une gamme complète de papiers peints, de couvre parquets et couvre-pieds. Jean Tanghe devient alors le spécialiste roubaisien en matière de lino, papiers peints et peintures. Les affaires fonctionnent très correctement.

Jean Tanghe a un sens inné du commerce, il communique énormément dans la publicité par des encarts dans la presse locale ou en offrant des petits objets cadeaux comme des petites balles pour les enfants.

document bnr

Au tout début des année 1960, les commerçants de la rue de Lannoy, situés entre la place de la Liberté et le boulevard de Belfort, s’inquiètent car cette partie de rue va disparaître. Le projet Roubaix 2000 arrive à grand pas, la démolition de cette partie de la rue est programmée pour 1965.

Une centaine de commerces doit donc déménager. Chaque commerçant va devoir trouver un nouveau local dans le centre ville, ce qui risque de créer une forte demande, et d’être un peu compliqué. Jean Tanghe en profite pour prendre sa retraite. Son fils Jean-Claude, né en 1932, et son épouse Francine née Debruyne reprennent alors l’affaire, et décident d’anticiper leur départ. Le magasin du 90 de la rue de Lannoy devient alors, de 1962 à 1965, la vitrine d’un commerçant voisin : « Au Petit Joseph », situé au n°94, et ce jusqu’à sa démolition.

le 90 rue de Lannoy en 1962 ( document archives municipales )

Le couple trouve un superbe local, à l’angle de la rue Pierre Motte et du boulevard Leclerc, en 1962, en plein centre-ville. C’était auparavant un café restaurant bien connu des roubaisiens : « La Rotonde » qui vient de fermer ses portes.

La Rotonde ( document collection privée )

Les travaux d’aménagement pour le nouveau magasin durent près d’un an, et Lino Roubaix ouvre en Avril 1963. L’emplacement du point de vente est idéal à l’angle de deux artères importantes de la ville. Un seul point de vente mais deux adresses pour communiquer : 16 rue Pierre Motte et 47 boulevard Leclerc. De plus, pour les clients motorisés, des parkings sont à leur disposition sur le boulevard Leclerc et sur l’ancien emplacement des Halles pour un stationnement aisé.

Publicité 1963 ( document Nord Eclair )

Le magasin est magnifique, la situation d’angle ayant permis l’installation de nombreuses vitrines, ainsi qu’un système rationnel de présentation et de vente des produits, à l’intérieur du magasin très vaste, installé sur 229 m2 au sol qui permet au couple Tanghe d’exposer un choix immense de linos ( Sarlino en particulier ), revêtements plastiques, papiers peints ( à tous les prix ) peintures de grande qualité ( Valentine ).

document Nord Eclair

Pour son inauguration, Victor Provo n’ayant pu se déplacer, est remplacé par Georges Pluquet, adjoint, qui exprime sa surprise devant une telle réalisation d’un magasin moderne et attrayant dont les installations ne manqueront pas d’attirer de nombreux Roubaisiens.

Un an plus tard, en 1964, Jean Claude et Francine décident de doubler leur surface de vente, en aménageant le premier étage. De nombreux tapis et carpettes y sont exposés dans un cadre ravissant et de haut goût. Un choix impressionnant est proposé, allant de la moquette en fibre végétale jusqu’aux somptueux tapis en passant par les carpettes en fibres synthétiques.

En 1973, Jean Claude modifie la présentation des papiers peints dans son point de vente. Chaque rouleau de marque française ou étrangère, est proposé à la clientèle, sur un pan de mur, de façon harmonieuse, ce qui permet de mieux visualiser et d’imaginer le résultat dans une pièce complète. Un personnel compétent conseille les clients et un service décoration à domicile est tout à fait possible.

Publicité 1973 ( document Nord Eclair )

Au milieu des années 1970, les affaires deviennent de plus en plus difficiles, car les grandes surfaces spécialisées en bricolage décoration s’implantent en périphérie de ville. Le point de vente essaie de s’en sortir en ajoutant des gammes complémentaires de produits, comme des objets cadeaux gadgets.

document Nord Eclair

Mais malheureusement, le magasin Lino Roubaix ferme définitivement ses portes quelques temps après. En Avril 1977, l’enseigne TMF qui possède déjà 4 magasins sur la région, à Lille, Tourcoing, La Madeleine et Calais, reprend le fonds de commerce pour s’installer à Roubaix en tant que spécialiste de produits électro-ménager ( machines à laver, réfrigérateurs, cuisinières etc )

Publicité 1977 ( document Nord Eclair )

L’enseigne TMF ne reste que très peu de temps, et ferme ses portes également. La Banque Populaire reprend le bâtiment, y fait effectuer de gros travaux d’aménagement intérieur, en 1978. La nouvelle agence bancaire ouvre en Mai 1979, et est toujours présente de nos jours.

Publicité 1979 ( document Nord Eclair )

Remerciements aux archives municipales.

Les Studiantes

Dans les années 1930, trois immeubles imposants se trouvent au début de la rue de Lille, côté pair. Le numéro 26 appartient à Auguste Wattinne-Lestienne, le 26 bis à A Wattinne-Toulemonde et le 28 quant à lui, est occupé par le cours Lacordaire.

le 26 de la rue de Lille en 1899 ( document archives municipales )
Vue aérienne des 3 immeubles en 1947 ( document IGN )

En Février 1944, l’architecte Albert Bouvy s’inquiète de l’état insalubre de ces immeubles et en particulier des champignons du bois qui ont attaqué les murs, les planchers et les menuiseries. L’occupation allemande de l’époque n’a pas arrangé les choses ! Les trois immeubles sont donc rasés au début des années 1950. Les terrains restent en friche durant quelques années. En 1967, l’Union générale de distributions de Produits Pétroliers, demande un permis de construire pour une station essence à l’enseigne Elf et un logement. Les travaux démarrent en Octobre 1967.

SONY DSC
Vue aérienne 1976 ( document IGN )

Le « Garage des Amis » ouvre ainsi au 26 28 rue de Lille. Il propose bien sûr, la vente de carburants, mais également de nombreux services complémentaires pour l’entretien des véhicules : vidange, graissage, réparation de crevaison, plaquettes de freins etc. Le gérant, qui habite sur place, devient peu de temps après agent Renault pour véhicules neufs et d’occasion.

document collection privée
document Nord Eclair
document Nord Eclair

En Mars 1988, un changement d’enseigne intervient et la station Elf devient ALTY.

document collection privée

Malheureusement ce changement d’enseigne n’est pas très positif et la station-service ferme ses portes peu de temps après.

( document archives municipales )
( document archives municipales )

En Mars 1992, un permis de démolir est demandé pour la station service par l’entreprise Marignan Immobilier à Lille, qui dépose en même temps un projet de construction de 96 logements pour étudiants : « Les Studiantes de Roubaix ».

Projet ( document Nord Eclair )

Marignan Immobilier, filière du Crédit Foncier, est un groupe privé qui construit et finance cette résidence de 96 logements d’environ 20m2, sur 5 niveaux. Les risques encourus sont minimes, car la demande de logements est très forte, et le restera encore quelques années, vu la proximité des grandes écoles, des lycées, du Mongy, du futur Métro et du resto U de la rue de Crouy.

Pose de la première pierre, rue de Lille ( document Nord Eclair )

La résidence « Les Studiantes » est construite sur 1500 m2, à l’emplacement des 26, 26 bis et 28 de la rue de Lille, et donc située entre le cabinet Kimmel-Briet au 24 et le Crédit Municipal au 30. Les travaux commencent en Septembre 1992 et se terminent à la rentrée 1993.

Les Studiantes de Roubaix ( Photo BT )

Remerciements aux archives municipales

La Maison du Baptême

Au début des années 1900, Henri Carpentier est cartonnier. Il réalise dans son atelier, au 80 rue de Lannoy à Roubaix, des contenants luxueux ( boîtes, étuis et cornets ) composés de plusieurs éléments en carton, qu’il plie ou découpe à l’aide d’un massicot, Ces boîtes en carton sont livrées aux nombreux confiseurs pour la vente de dragées.

Publicité ( document collection privée )
boite en carton ( document collection privée )

Les affaires fonctionnent très correctement, l’activité est florissante car des dragées, on en distribue alors à toutes occasions : les baptêmes bien sûr, mais aussi les mariages, les communions et certaines manifestations officielles. Dans les années 1930, Henri et son épouse ont une idée pour développer encore davantage l’entreprise : c’est de vendre eux-mêmes des boîtes remplies de dragées directement aux particuliers. Ils trouvent un fournisseur de dragées et commencent leur activité dans leur point de vente de la rue de Lannoy.

La façade du 80 rue de Lannoy ( document archives municipales )
publicité de l’époque ( document collection privée )

Le commerce s’appelle désormais « La Maison du Baptême ». Henri et son épouse soignent particulièrement leur vitrine. De grandes bonbonnières en verre sont exposées, pleines de dragées. Dans la vitrine, un décor suranné est aménagé pour mettre les produits en valeur : une procession de petits personnages dans des couleurs pastelles, rose et bleu.

bonbonnière de présentation en vitrine ( document collection privée )

La boutique fait partie du paysage commercial de la rue de Lannoy, au début des années 1950, parce qu’elle est unique dans son genre, et que son activité la met de toutes les fêtes, joyeuses, forcément ! « La Maison du Baptême » devient une référence dans toute la ville, en matière de dragées.

Henri et son épouse devant leur magasin ( document Nord Eclair )

Au décès d’Henri, sa fille, Renée, prend le relais. Les affaires restent encore satisfaisantes au début des années 1960. Mais en 1965, la portion de la rue de Lannoy où se trouve le commerce, disparaît. C’est la catastrophe. Une bonne centaine de commerces sont expropriés pour laisser place au centre commercial Roubaix 2000. Renée trouve fort heureusement un local à proximité, au 2 et 4 boulevard de Belfort, en 1965 et s’y installe.

Publicité ( document Nord Eclair )
La façade du 2 boulevard de Belfort ( document archives municipales )

Dans les années 1970 1980, les affaires deviennent de plus en plus difficiles. Renée doit affronter la concurrence des pâtissiers qui se mettent à vendre des dragées et puis, il faut bien reconnaître que les cérémonies religieuses perdent de leur faste. Mais Renée reste fidéle et continue seule l’activité, envers et contre tout, avec une obstination qui ressemble presque à de l’entêtement car elle n’entend pas fermer boutique.

Renée décède en Décembre 1991, à l’âge de 81 ans, dans son arrière boutique. Le magasin n’ouvrira plus.

La façade ( avec la plaque cuivrée sur la porte ) définitivement fermée( document Nord Eclair )
Renée Carpentier ( document collection privée )
Photo BT 2024

Remerciements aux archives municipales

Dorothée

Gérard Delannoy habite au 78 rue Philibert Delorme à Roubaix. Il possède un terrain vierge, d’une surface de 189 m2, situé à l’angle du boulevard de Fourmies et de la rue Puget.

plan cadastral

En Mars 1972, il fait construire sur son terrain, un bâtiment à usage de commerce et d’habitation composé d’un rez-de-chaussée de 149 m2 et d’un étage de 121 m2. Une cour à l’arrière se trouve juste derrière quatre garages situés au 3 rue Puget et qui appartiennent à Mr Vanneste. Le commerce se situe sur le boulevard de Fourmies, juste à côté de la boucherie chevaline de L. Nollet-Marescaux au 114.

Photo aérienne ( Document IGN )
Façade du magasin ( document archives municipales )

Gérard est commerçant forain. Il vend des vêtements sur les éventaires et marchés de Roubaix ainsi que des villes avoisinantes, depuis 1966. Son épouse ouvre en début d’année 1973 son commerce de vêtements pour enfants, de la naissance à 8 ans, à l’enseigne « Dorothée ».

Ouverture du point de vente en 1973 ( document Nord Eclair )

L’adresse du commerce est 112 boulevard de Fourmies tandis que l’entrée de l’habitation est basée au 1 rue Puget. Gérard continue de vendre sur les marchés et son épouse s’occupe du magasin.

Façade sur le boulevard de Fourmies ( document archives municipales )
Publicité année 1974 ( document Nord Eclair )

Dans les années 1970 1980, le commerce fonctionne de façon très satisfaisante. Gérard et son épouse communiquent régulièrement par de la publicité dans la presse locale. Ils proposent en 1977 la marque Romywear spécialisée en vêtements pour fillettes.

Publicité Romywear ( document Nord Eclair )

Le couple Delannoy ferme définitivement son magasin à la fin des années 1980.

document archives municipales

En 1993, la Caisse d’Epargne reprend le commerce du 112 boulevard de Fourmies pour y transférer son agence qui se trouvait auparavant au 225 de l’avenue Gustave Delory.

document Nord Eclair
document archives municipales

La banque ouvre en Juillet 1994, après quelques mois de travaux : une agence neuve et fonctionnelle dans un cadre raffiné et chaleureux, sur deux niveaux. Au rez-de-chaussée se trouvent, l’entrée du personnel par la rue Puget, le hall d’accueil, un guichet, 3 bureaux et bien sûr, un distributeur de billet à l’extérieur côté boulevard de Fourmies. A l’étage sont disposés 2 bureaux, une salle de réunion, une salle de détente et les sanitaires.

L’agence de la Caisse d’Epargne est toujours en place, de nos jours.

Photo BT

Remerciements aux archives municipales.

33 Grand Place ( suite )

La boutique FOUF s’ouvre en 1974 à ce même emplacement du 33 Grand Place à Roubaix. Cette création marque incontestablement une petite révolution au style novateur dans le domaine des ventes de vêtements de prêt à porter.

Publicité Nord Eclair

Avec la façade extérieure en crépi blanc, et le décor intérieur résolument contemporain, FOUF Boutique affirme sa volonté de sortir des sentiers battus et d’offrir à la clientèle de tous âges, l’aspect d’un commerce d’avant garde.

Publicité Nord Eclair

Mme Wattiez, la directrice, entourée d’une équipe de vente particulièrement dynamique souhaite développer une formule nouvelle de la conception de se vêtir, pour la femme, l’homme et l’enfant.

document archives municipales
document archives municipales

En 1980, le propriétaire Mr Doise décide de rénover la façade en installant une nouvelle baie, puis quelques temps plus tard, de transformer complétement celle-ci de façon moins moderne mais plus élégante.

document archives municipales

Le magasin FOUF sera ensuite transféré au 17 grand rue, au début des années 1990 et fermera en 2009.

Publicité Nord Eclair

Le 9 Mars 1996, Claire Otdjian ouvre sa librairie « Les Lisières » au 33 de la Grand Place, avec son associé Erwan Leroux.

document Nord Eclair

Ancienne vendeuse à la FNAC de Lille, Claire a longuement réfléchi à son projet de librairie classée par thèmes : arts, polars, littérature étrangère, sciences humaines etc, sans oublier les ouvrages traitant du textile, surtout pour les étudiants de l’ESAAT pour leur éviter d’aller chercher ailleurs des bouquins introuvables dans la région.

document Nord Eclair

L’emplacement est idéal, une librairie sur la Grand Place, juste en face de la Médiathèque, cela ne peut que marcher ! Les gérants vont déménager leur commerce quelques temps après, en 2005, dans un local plus spacieux, juste à côté au N°32, à la place de la mercerie Margaret. En effet, la commerçante Jeanine Van Hooland vient de prendre sa retraite dernièrement. ( voir sur notre site un article précédemment édité et intitulé : Mercerie Margaret ).

Photo BT

Cette même année, Mustapha Bendib ouvre son agence immobilière « Abrisur » au n °33 à l’emplacement initial de la librairie. Cet agent immobilier est toujours en place, de nos jours.

Photo BT

Remerciements aux archives municipales.

33 Grand Place

Le N° 33 de la Grand Place à Roubaix, se trouve juste à l’angle du Contour St Martin, côté droit.

Pan cadastral

Depuis le début du siècle dernier, et pendant de très nombreuses années, ce commerce, d’une surface de 100 m2, a été occupé par un estaminet-café-restaurant.

document collection privée

En 1900, le « Restaurant du Midi » est tenu par Rammaert Soete, puis en 1909 par Van Welden, et en 1910 par H. Bourghelle. François Décarnelle qui gère l’établissement dans les années 1920, aménage quelques chambres à l’étage, et l’établissement devient « Hôtel du Midi ».

documents collection privée
document collection privée

En 1928, Cappe Laval reprend l’affaire, et en 1930, la grande brasserie de Beaurepaire, propriétaire des lieux, demande un permis de construire pour la transformation complète de la façade.

documents archives municipales
l’Hotel du Midi en 1939 ( document Marcel Bourghelle )

Après la seconde guerre mondiale, l’activité redémarre et l’Hôtel du Midi propose des menus pour le réveillon à 800 F pour le Nouvel An 1950.

Publicité Nord Eclair
Publicité Nord Eclair

La concurrence devient serrée entre les grands restaurants de la Grand Place, dans les années 1950. Les établissements Maurice, Le Lapin Blanc, Le Grand Cerf font preuve de beaucoup d’imagination pour attirer les clients. L’Hôtel du Midi communique alors sur la bonne chair à prix compétitif.

document collection privée

Georges Agré reprend le restaurant en 1954. Originaire de Roubaix, Georges vient de Détroit aux U.S.A ou il a créé son french restaurant « La Vie en Rose ». Il revient donc, dans la région et change l’enseigne de son établissement ; l’Hôtel du Midi devient « A l’Ecu de Flandre ». La spécialité de Georges est la « timbale Richelieu » aux crevettes mayonnaise et surtout son célèbre « Poulet Marengo »

document Nord Eclair
Publicité Nord Eclair 1955

Mr Bonnel reprend le commerce en Mars 1964 et le transforme complétement en une Librairie-Papeterie-Disques à l’enseigne « La Centrale ».

M Bonnel a en effet constaté qu’aux Etats Unis, le livre et le disque sont associés dans un même magasin. Il s’est donc inspiré de la formule pour créer son point de vente sur la Grand Place.

Publicité Nord Eclair
Document collection privée

Le décorateur Claude De Plasse est chargé d’aménager l’intérieur. Les livres de poche et disques vinyls 45 tours sont des valeurs sûres à la portée de toutes les bourses, au début des années 1960. Pour l’ouverture, 3200 livres de poches à 2 Francs , et 7000 disques vinyls sont proposés à la jeune clientèle.

A la fin des années 1960, Le magasin se spécialise davantage dans le domaine du disque, 45t et 33t, et devient « La Centrale du Disque ». Les vinyls et enregistrements sont proposés par Reine Genot, animatrice de l’émission : « Entendre et choisir pour vous » . Sa compétence exceptionnelle et ses précieux conseils sont appréciés par la clientèle, que ce soit en variété, classique ou jazz. M Bonnel propose également des chaînes mono et stéréophoniques.

Publicité Nord Eclair

à suivre . . .

Remerciements aux archives municipales.

Marché des Noirtées Femmes

Entre la rue de France et la rue de Toulouse, une percée est ouverte dans le pâté de maisons. Cette placette devient le centre attractif de tout le quartier car chaque mercredi, c’est le marché du Fontenoy appelé le « marché des Noirtées Femmes » depuis des décennies qui s’y déroule. L’endroit, sur lequel se trouve le marché n’est pas bien grand mais suffisant pour les ménagères du quartier. En effet, on y trouve pas mal de choses : des fruits et légumes à des prix très compétitifs, mais également des produits d’hygiène, du parfum, des lames de rasoir etc. La question que tout le monde se pose, c’est : pourquoi le « marché des noirtées femmes » s’appelle ainsi ? Est-ce du à la malpropreté et au manque d’hygiène de certaines clientes ou bien à la couleur de leur peau foncée ?

Différentes versions s’opposent. Certains prétendent :

« Les habitantes du quartier ne vont pas au marché de la Grand Place, car trop éloigné. Elles se lèvent tôt pour préparer le café et les tartines de leurs maris, s’activent pour faire le ménage, s’occupent de leur famille nombreuse et reportent à plus tard le moment de se débarbouiller, ce qui leur donne un aspect très négligé ».

Ce n’est que pure calomnie, titre le journal, car sur ce marché, on n’est pas plus sale qu’ailleurs !

Journal de Roubaix Juillet 1941

Le marché existe toujours dans les années 1950 et porte encore le même nom. Il est très actif et se développe fortement même, puisque les commerçants s’implantent jusque dans la rue de Toulouse et garent leur véhicule sur la chaussée du Fort Frasez tout proche. Sur le marché des Noirtées Femmes, on trouve un peu de tout : des fruits, des légumes, des « wassingues », des fromages, des fleurs : « On peut être une noirtée femme et aimer les fleurs ! « 

Nord Eclair Aout 1957

Dans les années 1960, l’activité du marché des Noirtées Femmes se réduit, en raison sans doute de la concurrence des braderies et des grandes surfaces qui commencent à s’implanter sur la ville. Moins d’animation, mais quand même, de nombreuses ménagères du Fontenoy sont fidèles à ce marché qui s’appelle toujours le « marché des Noirtées Femmes ». Les vendeurs de vêtements, d’objets de toilette, d’entretien et de confiserie sont désormais aussi nombreux que les marchands de fruits et légumes. La place du Fontenoy est désormais pavée, et on y a installé un de ces édicules qui doit son nom à l’empereur Vespasien : une vespasienne. Le journaliste de Nord Eclair en 1961 se pose éternellement la même question : Pourquoi un tel nom à ce marché ? Les réponses sont toujours aussi diverses et aucune ne semble lui convenir. Il termine donc son article par : « Nous ne souhaitons pas envenimer le débat et déclencher une guerre de chignons pour un motif aussi futile, aussi, arrêtons cet essai étymologique, sans prétention aucune. »

Nord Eclair Juin 1961.

Un lecteur a t il une explication plausible, une réponse cohérente à notre question ?

Nord Eclair Juin 1961.

Remerciements aux archives municipales.

Entreprise Vantieghem

Suite d’un précédent article édité et intitulé : « Une entreprise Leersoise »

Achille Vantieghem et son épouse Marcelle, née Moreels, créent leur entreprise de fabrication de fleurs artificielles, à Leers, à la fin des années 1940. Les affaires fonctionnent parfaitement bien et leur petite maison de Leers s’avère rapidement trop petite.
En 1950, Achille et Marcelle décident donc de transférer leur entreprise à Roubaix. Ils s’installent dans un bâtiment au 31 boulevard de Paris. Sur la photo ci-dessous, Marcelle se trouve sur le pas de la porte ; la rue perpendiculaire est la rue Chanzy, et le bâtiment de l’autre côté de la rue, est le magasin de meubles Mac Mahon de Louis Delescluse.

Le 31 boulevard de Paris ( document R-M Renard )

L’entreprise continue de fabriquer ses fleurs artificielles de façon artisanale. Elle découpe les matières : du tissu, du rhodoïd, du celluloïd. Les fleurs sont faites à la main avec des moules et les pétales sont fixés sur une tige.

document R-M Renard

Les affaires continuent de se développer, et le local, si grand soit-il, ne convient plus, ni pour l’atelier, ni pour le stockage. Achille et Marcelle déménagent leur entreprise et leur domicile au 172 174 et 176 rue Jouffroy, en 1961. C’était auparavant la manufacture de bonneterie G. de Brauwere. La surface importante du lieu, de 300 m2, leur permet de tenir quelques années, face au développement de l’entreprise.

Marcelle supervise la production avec l’aide de sa sœur Gisèle, Achille quant à lui, développe le service commercial. Il prospecte la clientèle et en particulier les entreprises de pompes funèbres. Ils proposent un choix considérable de fleurs, plantes, gerbes et couronnes d’une qualité irréprochable. Des représentants sillonnent les routes de nombreuses régions pour proposer les produits chez les fleuristes, les entreprises de Pompes Funèbres, et autres commerces.

Composition florale Vantieghem ( document R-M Renard )

Dans les années 1970, les époux Vantieghem ont une cinquantaine d’années. Ils n’ont pas eu d’enfants, mais ils pensent à l’avenir, car ils souhaitent plus que tout, que l’entreprise reste familiale. Ils proposent alors, en 1975, à leur neveu Marc Hubrecht et leur nièce Rose-May Renard de les rejoindre dans la société.

En 1981, vu le développement des affaires, les locaux de la rue Jouffroy deviennent trop exigus. l’entreprise trouve alors un bâtiment beaucoup plus spacieux au 118 rue Decrème, autrefois occupé par l’entreprise Carissimo qui fabriquait des tissus d’ameublement.

document R-M Renard
document archives municipales

La production a évolué : à Leers, c’était plutôt des fleurs montées à la main avec du tissu, puis boulevard de Paris c’était l’époque du celluloid avec des moules, une découpeuse et des gaufroirs. Rue Jouffroy c’était le plastique de la région d’Oyonnax, et les premières fleurs en tissus importées de Chine. Rue Decrême, beaucoup moins de plastique et plus de fleurs et de plantes en tissu (polyester notamment). L’usine de Roubaix se spécialise donc en montage de compositions florales.

atelier ( document R-M Renard )
carte de visite ( document R-M Renard )

Malheureusement, dans la nuit du 14 au 15 Août 1991, un incendie ravage les locaux du 118 de la rue Decréme. Les pompiers, arrivés rapidement sur place, découvrent un véritable brasier. L’atelier et la salle de stockage ont été très endommagés. Seule la salle d’exposition des produits et échantillons a été épargnée par le feu. C’est un gros coup dur pour l’entreprise familiale, car les fleurs artificielles étaient prêtes pour être expédiées dans les points de vente, pour la Toussaint toute proche.

document Nord Eclair 1991

Tous les membres du personnel sont bien décidés à repartir. D’importants travaux de rénovation sont alors entrepris pour redémarrer l’activité. Achille et Marcelle prennent leur retraite, Rose-May Renard et Marc Hubrecht, leur nièce et neveu, deviennent alors co-gérants de l’entreprise. Malheureusement, un deuxième incendie intervient en Mai 1992. L’atelier de confection est anéanti, le stock est parti en fumée. C’est de nouveau la désolation. Selon les pompiers, cela ne fait aucun doute : l’incendie est d’origine criminelle. La production va cependant continuer dans une autre partie des bâtiments. Tout le personnel va s’atteler à nettoyer, réparer, reconstruire et redémarrer .

document Nord Eclair 1992

La direction s’efforce de maintenir le cap. Elle prend la décision de négocier directement les achats, lors des déplacements chez les gros fournisseurs en Chine, et développe le marché commercial, lors de différents salons comme à Villepinte en région parisienne.

document R-M Renard

En 2005, un important promoteur immobilier propose aux dirigeants de l’entreprise Vantieghem de racheter les locaux du 118 de la rue Decrême, car il a un projet ambitieux pour la création de 35 lofts : « Factory 118 ».

document Nord Eclair 2005

L’affaire est conclue en Mars 2005 par l’intermédiaire du cabinet Immo Saint Martin de la Grand’Place. L’entreprise Vantieghem déménage à nouveau et part au 128 rue de la Vallée à Hem, dans un local en location de taille plus modeste et plus fonctionnel, pour aménager l’atelier et le stockage sur un seul niveau.

Cependant, dans le secteur du funéraire, les ventes de fleurs s’effondrent, car les familles des défunts choisissent de plus en plus la crémation plutôt que l’enterrement. Les fleurs disparaissent des cérémonies. Puis les départs en retraite sont envisagés. L’entreprise ferme définitivement ses portes en 2009.

Remerciements à Rose-May Renard ainsi qu’aux archives municipales

Alain Dequeker

Le 170 rue de Lannoy se trouve entre la place de l’église Sainte Elisabeth et la rue Jules Guesde.

Plan cadastral

Il est occupé depuis très longtemps par un commerce ; dans les années 1930 par L Gheysen boucher, puis au début des années 1960 par la poissonnerie D. Davoine-Bulvestre avec l’enseigne « Au Phare »

documents archives municipales

Alain Dequeker fait des études de charcutier traiteur, en Belgique, dans la banlieue bruxelloise. Après sa formation il devient apprenti dans des charcuteries à Lomme et Hazebrouck. En 1971, Alain a 22 ans. Il souhaite absolument créer son commerce en tant qu’artisan indépendant. Avec son épouse Edith née Parent, il reprend le commerce du 170 rue de Lannoy et s’installe en tant que : charcutier- traiteur.

Les époux Dequeker font appel à une entreprise belge : Insta Design à Bruges pour transformer la façade et l’intérieur du point de vente. La façade extérieure est très étroite, mais la profondeur du bâtiment est importante, car le terrain s’étale sur 196 m2. Alain et Edith habitent à l’étage et possèdent un garage rue Thiers, à deux pas.

document archives municipales
document A. Dequeker

Alain se spécialise en production de boudin, choucroute, foie gras, galantine, plats cuisinés tels que veau marengo, couscous, carbonades flamandes etc. Il devient rapidement un charcutier traiteur réputé.

document archives municipales
document archives municipales

Le commerce fonctionne très correctement, grâce au savoir faire d’Alain, toujours intransigeant sur la qualité de ses produits, sur la propreté de son laboratoire et du magasin tenu par Edith. Ils sont surtout très fiers de dire que « tout est fait maison ». Ils emploient deux personnes : une vendeuse et un apprenti charcutier.

documents A. Dequeker

Les mois de Novembre et Décembre sont particulièrement chargés, pour préparer les commandes de repas de fin d’année, Noël et Nouvel An. Les époux Dequeker ne comptent pas leurs heures.

Publicité Nord Eclair
document A. Dequeker

Alain et Edith entretiennent d’excellentes relations avec leurs confrères et commerçants. Edith est vice présidente de l’UCRL Union des Commerçants de la rue de Lannoy.

En 1995, Alain devient Maître artisan charcutier traiteur et reçoit deux « Mercure d’Or » : un régional et un national. C’est une superbe consécration de son métier, de son expérience et de son savoir-faire

document A. Dequeker
Reçus en Mairie par René Vandierendonck ( document A. Dequeker )

documents A. Dequeker

Alain et Edith, en 2000, avec l’Union des Commerçants de la rue de Lannoy, de la chambre de commerce et de la Mairie, organisent le jeu « Recor » REconquête du COmmerce Roubaisien. De nombreux cadeaux dont des crêpières Tefal sont offerts aux clients, en la présence de M le Maire René Vandierendonck.

document Nord Eclair

En Septembre 2001, ils quittent Roubaix pour s’installer à Annoeulin. Une réception est organisée en Mairie pour Alain et Edith Dequeker qui ont occupé leur commerce pendant 30 années. Françoise Thilliez, maire de quartier, évoque alors la vie professionnelle des époux Dequeker et Francine Priego présidente de l’UCRL souligne leur grande conscience professionnelle.

document Nord Eclair

Quelques années plus tard, le commerce de la rue de Lannoy est transformé par Bektes Oztorun en 3 appartement locatifs.

Photo BT

Le 5 Octobre 2001 Alain et Edith installent leur commerce au 15 rue Pierre Ogée à Annoeulin et continuent l’activité de traiteur charcutier.

 

document Google Maps

Alain et Edith prennent une retraite bien méritée le 29 Juin 2009. Ne trouvant pas de repreneur, ils vendent l’immeuble d’Annoeullin qui devient une « Festi Pizza » depuis 2010.

Remerciements à Alain et Edith Dequeker ainsi qu’aux archives municipales.