Au début des années 1930, Suzanne Bossut reprend le commerce de ses parents. C’est une lingerie, située au 72 rue de Lannoy à Roubaix, une des deux plus grandes artères commerçantes de la ville. Suzanne est mariée depuis 1924, avec Albert Carette, négociant en tissus. Ils habitent ensemble au 294 de la rue de Lannoy.
Albert et Suzanne en 1926 ( document E. De Rycker )
Suzanne est douée pour la couture et la création de vêtements. Rapidement elle se spécialise, en fabriquant elle-même des tabliers. Son commerce prend alors l’enseigne « La Maison du Tablier ». Elle propose à la clientèle des tissus qu’elle négocie auprès des nombreux fournisseurs roubaisiens, et fabrique sur mesure toutes sortes de tabliers, pare-poussières, et même des peignoirs. Suzanne travaille seule dans son échoppe, coupe les tissus, les assemble et les coud sur sa machine à coudre.
La vitrine du 72 rue de Lannoy ( document E. De Rycker )
La clientèle féminine est ravie, car la proposition de Suzanne lui permet d’acquérir des vêtements personnalisés et uniques. Les affaires fonctionnent très correctement. Suzanne profite de quelques occasions, comme la braderie de la rue de Lannoy, pour communiquer par de la publicité dans la presse locale ou par la distribution de buvards publicitaires.
Publicité ( document Nord Eclair )Buvard ( document E. De Rycker )
Suzanne et Albert habitent sur place, au 72 de la rue de Lannoy. Le commerce n’est pas très grand, la machine à coudre est placée dans l’arrière boutique. Au fond se trouve une cuisine et à l’étage la salle principale et les chambres. Suzanne, lors de ses rares moments de détente, confectionne des tabliers pour les poupées de ses petits enfants
Tablier de poupée ( document E. De Rycker )
En 1960, Suzanne prend sa retraite et sa fille Suzette reprend le magasin mais ferme peu de temps après. Le commerce ne sera pas cédé, car le projet de la mairie, dans le cadre de la rénovation urbaine du quartier, prévoit de raser toute cette partie de la rue de Lannoy. René Violette la chemiserie voisine au 70 de la rue, loue alors la vitrine pour y présenter ses chemises durant quelques temps.
L’Opéra du Nord est créé le 20 février 1979, composé du théâtre lyrique de Lille, du Ballet du Nord de Roubaix et de l’atelier Lyrique de Tourcoing. Pierre Mauroy maire de Lille, Pierre Prouvost maire de Roubaix, et Guy Chatiliez maire de Tourcoing, signent un accord qui permet le lancement de cette structure pour une renaissance de l’Art Lyrique sur les deux départements du Nord et du Pas de Calais. La direction de l’Opéra du Nord est assurée par Elie Delfosse. En 1980, la ville de Roubaix rachète le Colisée de Roubaix ( voir sur notre site, un article précédemment édité et intitulé : Le Colisée 3 ). Après de gigantesques travaux, le Ballet du Nord s’y installe, en 1983, sous la direction de Alfonso Catà, chorégraphe d’origine cubaine, dont le travail de style néoclassique, s’inscrit dans la lignée de George Balanchine. Le 28 Janvier 1983, c’est l’ inauguration du Colisée-Opéra, en présence de Pierre Mauroy, premier ministre de l’époque, Pierre Prouvost député-maire de Roubaix, Monique Bouchez présidente de l’Opéra du Nord, Noël Josèphe président du Conseil Régional et Alfonso Catà bien sûr chorégraphe du Ballet du Nord. À l’invitation de ce dernier, c’est Roland Petit et le Ballet de Marseille qui prêtent leur concours avec la pièce les « Hauts de Hurlevent » pour cette soirée d’inauguration. Le Ballet du Nord alors en répétition donne à son tour sa grande première au Colisée le 11 mars qui suit.
Inauguration ( document B. Vanalderwelt )Ballet du Nord 1983 ( document bnr )
Lors de la première production, le programme de la soirée est exclusivement composé de pièces de George Balanchine. Alfonso Catà se fait seconder par Brigitte Thom, maîtresse de ballet à l’Opéra de Paris, qui a repris ces dernières années la plupart des créations du directeur artistique du « New-York City Ballet ». Cette même année 1983, le Ballet du Nord devient Centre Chorégraphique National, labellisé par ce nouveau dispositif du Ministère de la Culture dans le cadre de la décentralisation. Ce dispositif a pour but de favoriser l’essor de la danse classique et moderne sur le territoire, permettant de structurer et de soutenir la création, la diffusion et la sensibilisation. Roubaix est un des premiers centres labellisés. Le Ballet du Nord se détache ensuite de l’Opéra, en 1985 et devient porteur de ces nouvelles missions en premier lieu sur le Nord Pas-de-Calais: création de nouvelles productions, diffusion d’œuvres d’artistes locaux, formation des danseurs etc.
Alfonso Catà construit le répertoire de la compagnie sur quatorze ballets de Balanchine, dont il a été un proche collaborateur, ainsi que de nombreuses œuvres de chorégraphes internationaux réputés mais également certaines de sa propre conception. Alfonso entame parallèlement la sensibilisation avancée de ses danseurs au style néoclassique propre au travail de son mentor George Balanchine avec pour objectif d’assurer rapidement cette cohésion de style, développant pour l’ensemble de la troupe une fiabilité de haut niveau quelle que soit la position hiérarchique au sein de la troupe.
Répétitions de la troupe dans le studio encore en travaux ( document Nord Eclair 1983 )
.En 1984, Alfonso Catà propose au public une version du célèbre ballet classique Coppélia. La pièce avec une orientation jeune public, est donnée avec succès près d’une centaine de fois, partout dans le monde entier. Dans la région, la version est d’ailleurs présentée au Colisée avec la participation d’un groupe de jeunes danseurs issus de l’Ecole et en compagnie d’un orchestre situé dans la fosse devant la scène.
Alfonso Catà dans un souci d’implantation locale solide, dès le début de la création du Ballet du Nord, fait se produire la compagnie partout sur le territoire régional. Il ambitionne également bien sûr que la compagnie puisse rayonner en France mais également à l’étranger. (Biennale de la danse de Lyon – Festival de Kuopio – Eté de la Danse de Paris – Festival de Montpellier – Biennale de la danse du Val de Marne – Festival de Tunisie – Festival international de la danse de Paris au Théâtre des Champs Elysées, Festival de Brighton …)
Coppelia 1984 ( document bnr )
En 1987, il propose au public de la métropole Lilloise une soirée « américaine » qu’il présente en octobre de cette même année, au Colisée et à l’Opéra de Lille, en avant-première d’une tournée de la compagnie aux USA.
New York 1987 ( document bnr )
Alfonso Catà emmène sa troupe aux Etats Unis, à New York pour une série de représentations dont celles au « Brooklyn Center », devant 2500 spectateurs américains. La célèbre critique de danse new-yorkaise Anna Kisselgoff conclut son article « Le ballet du Nord offre une image convaincante de la vitalité et de la diversité de la danse française en région, loin de Paris ». D’autres représentations de la troupe suivent dans une tournée des universités américaines, se produisant au Texas, en Arkansas, dans le Vermont, l’Illinois et l’Ohio. C’est un immense succès, une tournée triomphale. C’est en quelque sorte, un retour aux sources, pour Alfonso, de nationalité américano-cubaine.
New York ( document Nord Eclair )
Parallèlement à ces missions de diffusion et de création, Alfonso Catà choisit de mettre en place une école de formation initiale à l’image de ce qui se pratique dans les grandes compagnies américaines. L’école de danse du ballet du Nord a été créée en 1985. Les danseurs de la compagnie en assurent les cours hebdomadaires. L’objectif de cette école est de pouvoir constituer un corps de ballet d’enfants propres à intégrer des prestations professionnelles dans des rôles leur correspondant, comme c’est le cas dans la production de Coppélia, mais également d’envisager la mise en place d’un lieu de formation pour de futurs danseurs professionnels rompus au style de la compagnie. Les jeunes danseurs profitent de l’exemple de leurs aînés, suivant leurs cours de danse dans les mêmes studios du Colisée à l’issue des répétitions. De nombreux danseurs professionnels seront issus de cette école. Forte de son succès aux Etats-Unis, la compagnie est appelée à se produire encore plus et à multiplier ses représentations à l’étranger, dans le monde entier. Du milieu des années 1980 au début 1990, il déplace sa troupe en Yougoslavie, Turquie, Jordanie, Finlande, Suisse, Côte d’Ivoire, Espagne, Italie, Angleterre, Belgique, Amérique du Sud, Chine, Canada, Thaïlande, Corée, Taïwan, Singapour, Russie sans oublier les Antilles et la Guyane, la Réunion, … Partout les spectacles sont fort bien accueillis. Les tournées sont longues et éprouvantes, bien souvent prolongées par des semaines de production à l’Opéra de Lille ou au Colisée, ce qui nécessite de rentrer à Roubaix après des déplacements de plusieurs semaines d’affilée.
Les représentations à l’étranger ( documents B. Vanalderwelt )
En 1989, pour fêter le bicentenaire de la Révolution Française, Alfonso Catà propose un spectacle inédit : « Marie Antoinette ». C’est la création d’une grande fresque historique sur la scène du Colisée. La chorégraphie d’Alfonso Catà met en scène l’histoire de cette femme qui est allée des sommets de la gloire à la déchéance la plus humiliante, et ce, en très peu de temps.
Marie Antoinette 1989 ( documents bnr et B. Vanalderwelt )
Auteur de nombreux autres succès qui font la renommée du Ballet du Nord tels que Coppélia (1984), Tango Féline (1989), La Mer (1986) sur la musique de Claude Debussy, sans oublier Les Mots d’amour (1988) sur les célèbres chansons de Piaf, Alfonso Catà décède en 1990. L’intérim est assuré pendant quelques mois, par Pascal Minam-Borier, Yanis Pikieris, Boudewijn Pleines.
À suivre . . .
Remerciements à Bernard Vanalderwelt, Robert Pereira, Pascal Minam-Borier et Henri Mayet ainsi qu’aux archives municipales.
Au début des années 1900, Florimond Verleyen tient un estaminet situé au 58-60 rue Bernard à Roubaix, à l’angle de la rue Magenta, dans le quartier des Longues Haies.
Plan du quartierDocument Nord Eclair
Son établissement est assez vaste, ce qui lui permet de le transformer en salle de danse. Il songe sérieusement à développer son commerce, et demande alors l’autorisation d’exploiter un cinématographe. Son estaminet-dancing prend l’enseigne « Cinéma Florimond » vers 1911. Autour de la grande salle, sur trois côtés, un large balcon sert de promenoir et permet aux clients de regarder les danseurs ou les séances de cinéma.
Document Nord Eclair
Au fond de la salle, se situe un orgue accompagnateur qui diffuse de la musique lors des projections de films muets.
Document Nord Eclair
Florimond Verleyen modifie les lieux et crée deux salles :la salle Numéro 1 pour la clientèle populaire de la rue des Longues Haies et la salle Numéro 2 fréquentée par les commerçants de la rue de Lannoy.
Document Les Cinémas de Roubaix
Après la guerre 1914-18, Charles Pacome, un Lillois, rachète l’établissement en 1919, et redémarre l’activité du cinéma en organisant des projections au profit des orphelins de guerre. Charles est un ancien champion en haltérophilie, il transforme une des salles en dancing et en salle de boxe. Pour faire face parfois, à des bagarres entre les durs du quartier, il est obligé de recruter un « gros bras » comme gardien de salle pour régler parfois les différents. Le célèbre boxeur roubaisien Mamadou et son « Boxing club colonial » viennent s’entraîner régulièrement et organisent des combats. En 1922, l’entreprise est cédée à Mr Duthoit, propriétaire du Liliana et en 1931 à la société Roxy qui effectue des travaux pour ravalement de façade. L’établissement change d’enseigne et devient le cinéma Roxy. En 1943, l’autorisation d’exploitation est de nouveau accordée et à la libération l’établissement peut reprendre son activité. La salle Numéro 1 est réservée au cinéma et peut accueillir jusqu’à 750 spectateurs, la salle Numéro 2 sert pour les bals, les jeux et la boxe. En 1957, le Boxing Club de Wattrelos y organise encore des matchs. Mais en 1960, la municipalité décide de la réorganisation du quartier des Longues Haies. Tout le quartier est rasé, et le dernier film projeté au Roxy est un western : « La Reine de la prairie ».
Document Nord Eclair et Les Cinémas de Roubaix
La démolition débute en Octobre 1962 par les Ets Maillet 95 rue du Hutin. La rénovation et reconstruction complète de cet ancien quartier des Longues Haies démarre et va durer quelques années.
Remerciements aux archives municipales, ainsi qu’à P.Waret et A.Chopin pour leur livre « Les Cinémas de Roubaix ».
En 2004, tous les établissements privés de santé subissent des difficultés et ne sont pas au mieux de leur forme. La clinique du docteur Omez n’échappe pas à la règle. Depuis 4 ans, la situation financière de la clinique s’aggrave sérieusement et ne fait qu’empirer. L’établissement, dont le principal actionnaire est la clinique du Bois à Lille, saisit le conseil d’administration pour une Assemblée Générale extraordinaire, en ce mois de Novembre 2004.
document Nord Eclair 2004
Il s’agit de décider de son avenir : soit le dépôt de bilan ou, plus probable, le transfert des lits vers d’autres structures du groupe. « Le seul véritable avenir de la santé privée est de se regrouper, une façon de conforter nos atouts en proposant plus de services encore, et plus de lits. » annonce Roselyne Malterre, directrice générale de la polyclinique du Bois. Les 50 employés de la clinique attendent cette réunion de l’AG avec impatience, pour connaître leur avenir proche. Roselyne Malterre les rassure : « Il ne devrait pas y avoir de casse, le personnel aura des solutions de repli ». Non loin de là, la clinique Saint Jean pourrait d’ailleurs avoir un rôle à jouer dans l’après Omez. Les nouvelles surprennent forcément les roubaisiens. C’est un véritable choc dans la ville, tant l’établissement fait partie du décor médical. La clinique n’était pas vétuste, il y a eu des extensions, des agrandissements, des investissements importants, et on découvre qu’elle fait des déficits colossaux de près d’un million d’euros ! La presse locale annonce la fin prochaine de la clinique, son remplacement par une maison de retraite, un projet immobilier et puis on évoque un sursis de 3 ans avec une poursuite d’activité.
document Nord Eclair 2004
En Janvier 2005, la clinique fonctionne au ralenti : un étage est déjà fermé, peu de patients sont présents dans l’établissement. C’est une semaine décisive qui s’annonce car une réunion importante doit se tenir à la Clinique du Bois, pour savoir si on continue à investir de l’argent. Un mois plus tard, en Février 2005 les 50 salariés ne sont toujours pas informés par la clinique du Bois, et s’interrogent sur leur avenir.
En Avril 2005, le groupe Générale de Santé ( dont fait partie la clinique du Parc à Croix ) vient de faire une proposition et joue le rôle de favori pour la reprise de l’établissement. C’est désormais la guerre des cliniques car, coup de théâtre en ce mois d’Avril 2005, le groupe Septentrion ( qui regroupe les cliniques Ambroise Paré à Lille, la Victoire à Tourcoing et la Maison Fleurie à Fâches-Thumesnil) vient de racheter la clinique Saint Jean et pense à racheter également Omez. Leur objectif est de ramener les lits d’Omez à St Jean, et investir pour créer un St Jean 2.
documents Nord Eclair 2005
Patrick Beeusaert, le directeur de la clinique de la Victoire à Tourcoing est heureux car il remporte la partie. La clinique Omez ferme ses portes ; tout le personnel, soit environ 40 personnes, est repris dans le groupe Septentrion. De très gros investissements sont alors programmés pour rajeunir et agrandir la clinique Saint Jean à Roubaix, puisque la capacité d’accueil passera de 115 à 162 lits.
Patrick Beeusaert ( document Nord Eclair 2005 )Photo de la clinique fermée en 2008 ( document collection privée )
Le bâtiment est rasé en 2014. Un projet immobilier est déposé en 2015 pour la construction de logements ( appartements et maisons ) avec une entrée au 16 boulevard de Cambrai mais également une entrée à Croix entre les impasses Mouton et Planquart qui débouchent sur la rue de Lille.
Le projet du promoteur KIC Immobilier à Villeneuve d’Ascq est rectifié en 2017 pour la construction de 44 logements collectifs et 7 individuels. La municipalité donne son feu vert, les travaux commencent en 2018 et se terminent en fin d’année suivante. Les deux bâtiments latéraux de l’entrée sont fort heureusement conservés.
Le square Wibaux, autrefois appelé « Parc du Fontenoy », se situe dans la rue de Cassel à Roubaix. Il doit son nom au château se trouvant dans cette rue, propriété de la famille Wibaux. Sur la photo ci-dessous, on distingue parfaitement le château au fond du parc, sur la gauche la rue de Cassel et l’intersection de la rue du Fontenoy qui se trouve juste en face de la demeure.
le Parc du Fontenoy ( document collection privée )
Désiré Wibaux-Florin, fondateur en 1810 des établissements du même nom, fait élever, dans la rue Cuvelle, plusieurs bâtiments industriels. En 1846, Achille Wibaux, son fils, crée sur ce même site, une grande filature de coton, avec les premiers métiers à tisser mécanique.
courrier Wibaux ( document collection privée )Filature de la rue Cuvelle ( document bnr )
Achille Wibaux décède en 1906 et la ville de Roubaix rachète le parc de 11.000 m2. Le château devient une crèche municipale tandis que le parc privé devient un jardin public auquel on donne le nom de « Square Wibaux » du nom de la famille des anciens propriétaires. Quoi de mieux et de plus démocratique pour la municipalité que de créer un jardin ouvert au public dans ce quartier populaire du Fontenoy et de la Guinguette.
Document Journal de Roubaix 2 Juin 1907Document archives municipalesDocument archives municipale
Au début des années 1910, l’Aéro-Club du Nord est autorisé à construire un hangar pour stocker les ballons destinés aux ascensions. Le célèbre aéronaute roubaisien Jean-Baptiste Glorieux et le parachutiste Zéphirin Disdal, fréquentent régulièrement le site. Puis quelques concerts d’harmonie ont lieu également sur place.
Document bnrDocument bnr
Sur la photo aérienne ci-dessous, prise en 1953, on distingue parfaitement le parc, le château Wibaux, la rue de Cassel et la voie ferrée.
Document IGN 1953
En 1955 la municipalité crée un jardin d’enfants avec un terre-plein de jeux, des cages à poules, portiques, balançoires et agrès ainsi que des bancs pour les parents. Le parc longe la voie ferrée et un mur de soutènement est édifié tout le long par mesure de sécurité. Jean Bernard, le responsable des espaces verts de la mairie, envisage alors des vallonnements harmonieux qui descendent jusque la rue de Cassel. Les arbres majestueux sont bien sûr préservés. Des peupliers d’Italie sont plantés et une plage de sable est créée.
Document Nord Eclair 1955
Les services sanitaires et sociaux de la ville sont parfaitement adaptés en cette année 1959, mais ce qui manque le plus c’est le manque de place. La municipalité envisage donc de raser le château Wibaux et de construire à la place, un Centre Sanitaire et Social.
Document Nord Eclair 1959La démolition du Chateau Wibaux ( Document Nord Eclair 1959 )
La construction nouvelle du Centre Sanitaire et Social de la rue de Cassel, en 1959, est conçue en fonction des exigences du moment mais aussi des prévisions de développement futur des activités sociales. Au sein du bâtiment, sont situés les différents services de santé scolaire, la PMI ( Protection Maternelle et Infantile ), l’auxiliaire médicale, les assistantes sociales et le dispensaire.
Plan du Centre Social ( document archives municipales 1959 )Plan du Centre Social ( document archives municipales 1959 )Construction ( Document Nord Eclair 1960 )
Sur la droite de la construction ( à la place du château Wibaux ), est édifiée la nouvelle crèche qui accueille les mères de famille dans différentes salles ; admission, allaitement, lingerie, biberonnerie, cuisine, dortoirs, réfectoire, salle de jeux, jardin et même une « halte d’enfant » qui prend en charge les enfants de mères de famille contraintes de s’absenter un moment.
A la fin des travaux, le jardin peut ouvrir à nouveau en 1961. L’ancien mur de clôture, vieux et lépreux, est démoli, remplacé par un grillage métallique. Le service des plantations de la ville, trace des allées, coupe les herbes hautes, construit un pavillon pour le gardien du parc, rénove les jeux d’enfants, les balançoires, les toboggans, les cages à poules. Tout sera terminé pour fin Juin, pour les grandes vacances d’été.
Document Nord Eclair 1961Document Nord Eclair 1961
En 1997, la crèche familiale municipale de la rue de Cassel est rénovée. Elle est inaugurée le 17 Novembre à 18h en présence de Mr le Maire René Vandierendonck et du médecin pédiatre Maurice Titran. La directrice Mme Messien, les responsables et assistantes maternelles organisent alors une opération Portes Ouvertes les 17 et 18 Novembre 1997 pour la visite des locaux.
Le jardin public, quant à lui commence à se dégrader dans les années 1990 : les herbes folles envahissent les lieux, ce n’est plus un espace vert, mais un espace dangereux pour les enfants. Les services de la Mairie réagissent enfin en 2000. Des jardiniers de la ville s’activent sur place à la plantation de fleurs et de massifs, les arbres forment des ombrages bien organisés. Le terrain de 2 hectares se dessine doucement sur deux niveaux reliés par deux escaliers en pierre.
Document Nord Eclair 2001
Le parc Wibaux est refait à neuf. Il est le bienvenu dans ce quartier de l’Alma-Fontenoy. C’est une heureuse transition verte avec le boulevard urbain qu’on s’occupe à réaliser le long du canal.
A gauche, la tour Mercure, à droite l’église Saint Joseph ( Document Nord Eclair 2001 )Document RoubaixXL
Yves Omez naît en 1914. Il poursuit ses études à la faculté de médecine à Lille. En 1939, il publie une thèse pour le doctorat en médecine : une étude clinique sur le sarcome de l’intestin grêle. Il est chef de clinique à la faculté de Lille et en 1941, il devient chirurgien spécialisé en gynécologie et ouvre son cabinet de consultation au 75 rue de la Gare à Roubaix.
Document Retro News
Yves Omez souhaite créer et construire sa propre clinique. Pour ce faire, il trouve un terrain au 16 boulevard de Cambrai à Roubaix. La surface est d’environ 2500 m2, le terrain est tout en longueur avec une façade large de 30m sur le boulevard. C’était autrefois le domicile de René Derville Dubar négociant.
Vue aérienne du château Derville Dubar au début des années 1950 au 16 boulevard de Cambrai ( document IGN )
En 1957, il dépose une demande de permis de construire pour une clinique chirurgicale sur son terrain récemment acquis. Il fait appel au cabinet de l’architecte Pierre Neveux, situé avenue Anatole France à Roubaix, pour établir son projet. Il est nécessaire de démolir le château en mauvais état, de garder les deux petits bâtiments latéraux : à droite, le logement du concierge et à gauche, le garage et dépendance qui deviendront deux logements pour le personnel.
documents archives municipales
La construction de la clinique démarre en 1958. Au rez de chaussée, se trouve l’entrée latérale côté droit du bâtiment, le hall, une salle d’opération très moderne, deux bureaux pour le chirurgien et l’anesthésiste, un escalier, un monte malades, plusieurs salles pour les infirmières et 9 chambres très spacieuses d’environ 20m2. A l’étage, sont situés les bureaux des infirmières, la lingerie, la réserve et des chambres identiques à celles du rez de chaussée.
plan du rez de chaussée de la clinique ( document archives municipales )
Les travaux vont bon train, et se terminent au printemps 1960. L’inauguration a lieu en Juillet de cette même année, en présence de Victor Provo et de nombreuses personnalités. Lors de la visite, chacun apprécie alors ce bâtiment magnifique, tout blanc, ombragé par quelques beaux arbres, le tout entouré de pelouses vertes ornées de rosiers. 27 chambres confortables sont prêtes pour accueillir les malades, toutes sont dotées d’un confort inhabituel, avec téléphone, télévision, radio, colonne d’oxygène etc. Tout a été étudié rationnellement pour assurer le confort et le repos du malade. La salle d’opération est parfaite, et certainement la plus moderne d’Europe à ce jour.
Inauguration de la clinique ( document Nord Eclair Juillet 1960 )
La compétence professionnelle du docteur Yves Omez et du médecin anesthésiste André Senneville amènent un succès complet. La clinique ne désemplit pas, et ce, pendant plusieurs années. Le code de déontologie interdit aux médecins de faire de la publicité, mais ce sont surtout les patients ( tes ) qui communiquent entre eux par le bouche à oreille, sur le sérieux et la réputation de la clinique Omez.
Au milieu des années 1970, le succès est tel qu’il faut songer à agrandir l’établissement. Le docteur Yves Omez, qui habite désormais au 221 rue Verte à Croix, rachète un terrain voisin à l’arrière de sa clinique avec un accès secondaire donnant sur l’impasse Planquart située sur la commune de Croix. Il demande donc un permis de construire en 1977 pour l’extension de sa clinique sur les communes de Roubaix et Croix. Le terrain s’étale alors sur une surface totale de 4960 m2 ( 2660 sur Roubaix et 2300 sur Croix ).
document archives municipales
Ce projet d’agrandissement comprend la création de 18 lits d’hospitalisation supplémentaires, ce qui porte la capacité de 27 à 45 lits, un nouveau bloc opératoire, une salle de stérilisation, une salle de radio et un parking avec 37 places de plus, soit un nombre total de 47 places de stationnement.
document archives municipales
Une nouvelle extension de la clinique a lieu en 1984, par la création d’un petit bâtiment sur le devant et le côté gauche de la façade du boulevard de Cambrai. Cet agrandissement concerne la création d’un restaurant pour le personnel, d’une réserve, de deux pharmacies et d’une chaufferie. En 1998, le docteur Yves Omez a 84 ans. Il revend son établissement à la polyclinique du Bois à Lille. Une dernière extension a lieu en 1999 laquelle consiste à installer une nouvelle salle d’opération et des locaux attenants, au deuxième étage ( au troisième niveau ) des bâtiments existants.
Pendant près d’un siècle, plusieurs générations de la famille Delgrange ont été commerçants en tissus à Roubaix, dans le quartier des rues de la Gare, de Blanchemaille et de l’Alma. Léonard Delgrange, né en 1849, est ouvrier dans une grande entreprise textile roubaisienne. Il décide de s’installer négociant en tissus dans une petite échoppe, au 3 rue de l’Hospice, en 1893, puis dans un commerce plus spacieux, au 35 rue de Blanchemaille. A son décès, en 1921, Alexandre, son fils, lui succède. Son deuxième fils, Eugène ouvre un magasin de tissus au 32 rue Blanchemaille. Un autre de ses fils, Léonard, s’installe commerçant en tissus à Lens. Son dernier fils Etienne-Paul tient le commerce de tissus situé au 54 56 rue de l’Alma. Ce dernier est capturé dans les rues de Roubaix par l’armée allemande, avec son fils Paul. Fort heureusement, Ils reviendront tous deux de captivité en 1915. Sa fille, Marie Delgrange, épousera Georges Dufermont et seront également commerçant en tissu au 106 de la rue de la Gare, commerce qui sera ensuite revendu pour devenir Bohin.
Ravet Anceau de 1914Le 54 56 rue de l’Alma de nos jours ( Photo BT )le 35 rue de Blanchemaille ( document archives municipales )
Etienne-Paul Delgrange décède en 1927. Sa veuve, Philomène Vanhautère – Delgrange, ouvre son commerce au 67 rue Nain. Lors de son décès, sa fille Elise Delgrange, épouse Ghesquières, reprend le commerce en 1947.
Publicité du 67 rue Nain ( document collection privée )
Paul Delgrange, le fils d’Etienne-Paul, né en 1895, décide à son tour de créer son commerce. Il trouve un local vide au 108 – 110 rue de la Gare, au début des années 1930. C’est un endroit idéal, à l’angle de la rue de Blanchemaille, dans un quartier où sont déjà implantés de nombreux négociants en tissus. Paul effectue quelques travaux de rénovation intérieure et commence son activité.
La façade du 108 rue de la gare ( document archives municipales )Le plan du magasin ( document archives municipales )
En Septembre 1944, à l’issue de la seconde guerre mondiale, la liberté revient peu à peu sur la ville. Paul décide de rénover sa façade extérieure et de la transformer agréablement pour attirer l’œil des passants.
Façade ( document archives municipales )
Paul propose une gamme de tissus assez complète à sa clientèle, des draperies bien sûr, mais également des soieries, lainages, doublures etc Paul reprend ensuite le commerce voisin au 110 pour agrandir son point de vente.
Paul Delgrange ( document I. Delgrange )
Paul décède en 1961. Sa veuve cède alors l’affaire du 108-110 avenue Jean Lebas ( ancienne rue de la Gare ) à l’entreprise Fournier.
Pierre Delgrange, le fils de Paul, devient ingénieur diplômé de l’ENSAIT en se spécialisant dans les teintures. Il sera d’abord ingénieur au secrétariat de la laine, puis sera directeur de production d’une usine de résines synthétiques à Béthune pour ensuite rejoindre le sud ouest de la France
Remerciements à Isabelle Delgrange ainsi qu’aux archives municipales
En 1972, l’entreprise Lagache continue son expansion. Elle reprend les n° 226 et 228 de la même rue. Des travaux d’aménagement de façade sont réalisés de façon à ce que les 226 et 226 soient réunis en un seul magasin de 210 m2.
Le 226 228 rue de Lannoy ( document archives municipales )
Les meubles »contemporains » haut de gamme sont présentés dans ce point de vente du 226-228. Le 1° étage est également aménagé», ce qui permet de doubler la surface de vente. L’entreprise Lagache est alors adhérent à « Europe Meubles » en 1973.
Publicité 1973 ( document Nord Eclair )
Cette même année 1973, L. Lagache ouvre un point de vente supplémentaire au 197 de la rue de Lannoy. Tous les articles d’électro ménager y sont présentés , de façon à libérer de la place pour l’exposition de meubles »traditionnels » au 183-185.
En 1974, ce sont donc 5 magasins de meubles et d’électroménager qui font partie de l’entreprise L. Lagache. Ils sont tous situés dans la rue de Lannoy : au 183, 185, 226, 228 et 197.
Publicité 1974 ( document Nord Eclair )
Lucette recrute sa petite fille, Cécile ( 4° génération Lagache ) et fille de Jean-Luc, pour des tâches administratives au départ, puis lui confie des responsabilités commerciales. L’entreprise fonctionne alors à plein régime. La réussite a toujours été au rendez vous depuis une vingtaine d’années. Lucien et Lucette songent sérieusement à regrouper tous ces points de vente de la rue de Lannoy. Ils sont ambitieux et confiants. Pourquoi, par exemple, ne pas ouvrir un supermarché de meubles et d’électro-ménager d’environ 2.000 m2 dans une zone commerciale, en périphérie de la ville ? En 1978, le couple est informé que la clinique Descarpentries de 2.500 m2, située au 75 boulevard de la République, est à vendre.
document collection privée
Lucien et Lucette visitent l’ancienne clinique et tombent sous le charme de cet immense bâtiment. La vente est signée. Le coût de l’opération est assez vertigineux : les magasins Lagache ( fonds de commerce et stocks ) seront vendus pour financer l’acquisition.
Lucien et Lucette Lagache devant la clinique Descarpentries ( document Nord Eclair )
D’importants travaux d’aménagement sont évidemment nécessaires, ils seront réalisés en grande partie par le personnel des magasins. Le concept est intéressant et original. L’idée est de proposer des meubles de très haut de gamme, de grande qualité et de finition parfaite à la clientèle, en conservant l’architecture et l’agencement intérieur. Lucette Lagache passionnée de décoration, veut que chaque meuble soit présenté un peu « comme chez soi ». Les chambres de la clinique deviennent des salons, des salles de séjour ou des cuisines. Il est nécessaire que le meuble soit présenté dans une ambiance adéquate, comme par exemple un meuble Louis XV dans une pièce de couleur vieux rose, un style Empire dans un décor vert. Le nom choisi est « La Châtellenie ».
document Nord Eclair
Lucien dirige les travaux sont réalisés en 1981 : rénovation de la façade et peintures intérieures. L’emplacement des deux maisons situées au 71 et 73 du Boulevard, qui avaient été rasées, devient le parking clients pour le magasin. Une mini cafétéria sera créée prochainement.
Publicité 1981 ( document Nord Eclair )
Le démarrage est difficile : retard dans les travaux, manque de trésorerie, peu de rotation des stocks, tracasseries administratives etc Lucien perd peu à peu tous ses anciens clients de la rue de Lannoy, car la gamme de produits haut de gamme ne leur convient pas. Lucien se démène pour s’en sortir. Il trouve un accord avec son ami Henri Deconinck, directeur du Fresnoy tout proche, pour exposer et solder les meubles provenant des anciens magasins et depôts L. Lagache. Mais cette vente qui devait durer deux semaines, ne peut malheureusement pas se réaliser pour des raisons administratives.
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Deux ans plus tard «La Châtellenie» dépose le bilan. En 1986, celui-ci est assorti d’un concordat en vue de l’apurement des dettes. En 2001, le bâtiment est vendu aux enchères. S’en suit alors un imbroglio juridique sur les actes de propriété du bâtiment, qui va durer quelques années, Lucien et Lucette continuent à se battre. Ils ouvrent alors une agence immobilière pour essayer d’éponger les dettes, puis quittent la région pour le Lubéron.
Agence immobilière ( document JL Lagache )
A leur retour à Roubaix, Lucette transforme le bâtiment vide en location de bureaux, avec succès. Jean Luc, le fils, continue seul à gérer l’agence, il devient un peu plus tard agent immobilier à Lannoy.
Les magasins Lagache de la rue de Lannoy ont tous été cédés entre 1978 et 1980 ; les 183-185 aux Ets Caron ( cheminées Philippe ), le 176 à la quincaillerie Gamin, le 226 228 à « Sud-Ouest à Roubaix », le 197 à l’armurier Derly. Il ne reste rien des anciens points de vente.
Le magasin du 183-185 fermé en 1978 ( document JL. Lagache )
Lucien bouleversé par les tracasseries, les constats d’huissier, les saisies, fait plusieurs infarctus, et décède en 2015. Lucette continue à se battre seule, fait appel à de nombreux avocats pour défendre sa cause mais sans succès. Elle décède en 2021.
Leur fils, Jean-Luc Lagache se souvient : Mon père était un homme simple, il a fait un métier qu’il adorait ; la vente bien sûr, mais surtout le contact humain, il considérait ses clients comme des amis, des gens qu’il respectait.
Remerciements à Jean-Luc Lagache, ainsi qu’aux archives municipales
Le bâtiment, situé au 116 boulevard d’Armentières, a été construit dans les années 1880 par Henri Dubar, industriel roubaisien. Cet hôtel particulier est vendu en 1894 à Achille Bayart, puis dans les années 1920 à la famille Lefebvre. Le parc a toujours été superbement entretenu par un jardinier résidant sur place. De nombreux témoignages évoquent un jardin merveilleux, avec une serre remplie de plantes vertes, palmiers, plan d’eau avec plantes aquatiques. Dans ce parc un pont en bois se situe à proximité d’un pavillon style colonial, d’un poulailler et du hangar du jardinier.
Document A. d’Orgeville
Florentin Lefebvre, industriel dans le textile, épouse Rose-Marie Ducatteau, la fille des agriculteurs de la grande ferme Ducatteau, qui s’étend du pont Vanoutryve au conditionnement et au pont Saint Vincent de Paul à Roubaix. Le couple s’installe donc au 116 boulevard d’Armentières, une vaste propriété de plus de 6.500 m2 sur lequel est construit l’hôtel particulier de 630 m2 habitables sur 4 niveaux, qui appartient à la famille.
plan cadastral
Les époux fondent ensemble la société Lefebvre-Ducatteau, une des plus grandes maisons de fabrique de Roubaix. Plus tard, en 1852, Amédée Prouvost s’associe avec les frères Lefebvre-Ducatteau pour créer dans le centre ville de Roubaix, un des premiers peignages mécaniques : la société « Amédée Prouvost et cie ». Au décès prématuré de son mari, Rose-Marie Lefebvre-Ducatteau prend la direction de la filature Lefebvre-Bastin du boulevard d’Halluin. Après la guerre 14-18, la famille possède deux usines, une grosse filature boulevard d’Armentières et une petite filature de cardée à Wattrelos. 500 ouvriers travaillent alors dans l’entreprise qui ferme en 1924.
Trente ans plus tard, en 1954, l’hôtel particulier du 116 boulevard d’Armentières est loué à l’association des parents d’élèves de Saint Benoît. L’institution Saint Benoît est un collège privé, spécialisé dans l’accueil des élèves en rupture avec le système scolaire classique. La direction est assurée par Maurice Dierickx, qui a pour principal objectif, de recevoir des jeunes dont l’échec scolaire relève d’un manque de discipline ou de paresse affichée, et de les remettre dans le droit chemin. « Ora, Labora Pax » L’exactitude, le travail et la Paix, telle est la devise de Maurice Dierickx.
document collection privée
En 1966, l’association des parents d’élèves de Saint Benoît disposant de moyens financiers importants rachète l’hôtel particulier, et en 1968, elle demande l’autorisation de construire une salle de jeux d’environ 30 m2, située au fond du parc à la limite de la propriété du 114 appartenant à la société CARTEX.
Dès que l’on entre dans la vieille maison de maître, chacun peut sentir le bois patiné par les ans et l’encaustique.
document Nord Eclairdocument Nord Eclair
Le système d’éducation de Saint Benoît est aux antipodes de la conception pédagogique des autres établissements scolaires ! L’enseignant a pour fonction de s’assurer que l’enfant assimile, qu’il progresse, qu’il travaille dur, en un mot qu’il se dépasse. Avec une interro à chaque cours, il convient de transpirer. L’école est complètement à part. C’est le seul établissement hors contrat, constitué en association, au nord de Paris. Une singularité qui lui permet d’affirmer son indépendance, mais qui le contraint à demander des frais de scolarité nettement plus élevés.
salle de classe ( document Nord Eclair )
En 1989, c’est la fête des anciens de St Benoît. Depuis la création en 1954 l’institution a accueilli plus de 3000 élèves. Tous avouent aisément qu’il avaient une expérience difficile avec l’éducation, mais grâce à l’équipe d’enseignants de choc de St Benoît, ils ont pu retrouver le chemin du diplôme et de la réussite.
document Nord Eclair 1989
En 1994, Saint Benoît fête ses 40 ans. L’établissement garde le même cap à savoir : venir en aide aux élèves en difficulté. C’est toujours la même philosophie. Christian Descamps, le directeur, et l’ensemble des professeurs veillent au grain et tentent de rendre aux enfants le goût de l’effort et celui de la scolarité.
document Nord Eclair 1994
En 2001, l’établissement compte 125 élèves, de la 6° à la seconde, dont une trentaine d’internes. Le directeur Denis Courdent dirige son établissement et motive ses 11 enseignants dont 5 permanents.
document Nord Eclair
En 2004, l’école Saint Benoît fête ses 50 ans. Le directeur, Bernard Declercq rappelle que la méthode pédagogique est toujours la même et qu’elle n’a pas changé depuis un demi siècle. Une structure de remise en forme qui permet à l’élève de se remotiver et de réintégrer un collège ou un lycée traditionnel. En cette année 2004, 120 élèves sont scolarisés. Les classes sont petites et le nombre d’élèves également ( 15 élèves en 6° et en 5° ).
Cinquante ans ( document Nord Eclair 2004 )
En 2008, la situation se complique, le nombre d’élèves est en baisse constante depuis 3 ou 4 années. L’effectif est passé de 120 élèves à 55. Avec la crise, les frais de scolarité s’élèvent désormais à 4000 € annuels, et sont donc impossibles à financer pour la plupart des familles. Thierry Pick, président de l’association, et Mme Dubar directrice, annoncent, en Avril 2010, que Saint Benoit ne rouvrira pas à la rentrée prochaine. 4000 élèves ont pu se réconcilier avec l’école pendant ces cinquante années. Les 14 enseignants et les 3 salariés assurant l’entretien sont licenciés et reclassés par le diocèse. Le bâtiment, quant à lui est magnifique et devrait pouvoir trouver un repreneur sans trop de difficultés.
Fermeture ( document Nord Eclair 2020 )document Xavier Lepoutre
Deux ans plus tard, en 2012, la ville de Roubaix achète le bâtiment de 630 m2 habitables et le terrain et, en 2017, la municipalité met en vente le château et une partie du terrain. Le 8 Juillet 2021, la société Ankama, spécialisée dans la création numérique et artistique, installée à Roubaix au 75 boulevard d’Armentières, propose de reprendre le prestigieux immeuble, pour fêter ses 20 ans d’existence et y installer des bureaux.
document Nord Eclair 2021
Malheureusement, la négociation avec Ankama n’aboutit pas et se termine en queue de poisson. En Novembre 2025, la presse locale annonce la vente aux enchères de l’ancienne école Saint Benoît. C’est un investisseur qui souhaite y aménager des appartements de luxe, et des constructions à l’arrière du parc pour rentabiliser l’investissement. Espérons que la négociation aboutisse enfin !
document Nord Eclair
Remerciements à Alain d’Orgeville ainsi qu’aux archives municipales
Lucien Lagache est électricien, dans les années 1950, il habite rue Marceau dans le quartier du Pile à Roubaix, avec son épouse Lucette, secrétaire dans une entreprise textile roubaisienne. Pour arrondir les fins de mois, le couple vend quelques produits électriques ( piles, lampes de poche, radio-transistor etc ) exposés et présentés à la fenêtre de leur petite habitation. Cette activité se développe fort bien, car Lucien a le sens du commerce. Le succès aidant, Lucien et Lucette songent sérieusement à ouvrir leur commerce et souhaitent trouver un magasin situé dans une rue commerçante. L’occasion se présente en 1959, lorsqu’ils trouvent leur local au 183 rue de Lannoy. C’était auparavant le commerce de jouets de Mme Choquet. Lucien entreprend quelques travaux d’aménagement nécessaires et peut enfin ouvrir son point de vente. Il garde la confiance de ses fournisseurs, puisqu’il est dépositaire des produits Grammont, célèbre marque française de téléviseurs. Le succès est immédiat, car tous les anciens clients du quartier du Pile continuent de lui accorder leur confiance.
Publicité 1959 ( document Nord Eclair )
Leur fidèle fournisseur Grammont est d’ailleurs heureux d’amener une partie de l’équipe cycliste Libéria-Grammont, au magasin du 183 rue de Lannoy, lors du Paris Roubaix 1960.
Lucette et Lucien Lagache au centre, entourés des coureurs cyclistes de Liberia Grammont, et de quelques clients ( document JL Lagache )
En 1961, Lucien et Lucette Lagache obtiennent le statut de dépositaire exclusif des produits Brandt sur la ville de Roubaix et environs. C’est encore l’occasion de développer leur affaire. Le couple embauche du personnel ; vendeur, livreur, technicien SAV.
Publicité 1961 ( document Nord Eclair )
Un an plus tard, le couple Lagache décide de proposer à la clientèle, des meubles de qualité et de tous styles ( salles à manger, salons, cuisines, chambres à coucher etc ). La surface de vente de leur magasin de 385 m2 est certes importante, mais le manque de place commence à se faire sentir. Lucien propose alors à ses clients la vente sur catalogue, et même de les emmener dans son véhicule, chez un fournisseur à Lille, afin de pouvoir conclure la vente. Il accorde des facilités de paiement à ses clients fidèles, propose des ventes à crédit en 3 ou 4 fois, et lorsque la dernière traite arrive, il leur rend visite pour leur proposer d’autres produits.
Publicité 1963 ( document Nord Eclair )Le 183 rue de Lannoy ( document JL Lagache )
Le développement des produits proposés, c’est encore l’occasion de communiquer par voie de presse. Leur slogan publicitaire en cette année 1965 : Un seul nom pour toute votre maison.
Publicité 1965 ( document Nord Eclair )
Lucien et Lucette Lagache sont des commerçants dynamiques. Ils font venir la caravane Grammont à Roubaix, composée d’un car-podium et de 6 voitures publicitaires qui circulent dans toute la ville, distribuant des catalogues, et provoquant partout de l’intérêt et de la curiosité, légitimes bien entendu.
Caravane Grammont – Publicité 1966 ( document Nord Eclair )
L’entreprise fonctionne à plein régime et, pour le stockage des meubles, ils louent des entrepôts dans les rues A. de Musset, Victor Hugo et La Fontaine. Ils ouvrent, en 1967, au 176 rue de Lannoy, un magasin de Camping-Caravaning. C’était auparavant une droguerie. Les vastes locaux couvrant une surface de 400 m2, permettent d’exposer de façon permanente, ce qui se fait de mieux dans ce domaine du camping-caravaning. Des marques très connues sont ainsi proposées ; les caravanes « Baillou », « Le Cardinal », les tentes « Messager ».
Publicité 1967 ( document Nord Eclair )
Le succès de ce commerce de Camping-Caravaning étant mitigé, le couple Lagache décide très vite de cesser cette activité et de créer un magasin de bricolage à enseigne « Multi-Service ». Il finance le magasin et les stocks et propose la gestion de ce commerce, au frère de Lucette, Roger Delemarre.
Multi Service – Publicité 1968 ( document Nord Eclair )
Au début des années 1970, ils ouvrent un autre point de vente au 138 de la rue de Lannoy ( sur la place de l’église Sainte Elisabeth ) pour y proposer des articles d’électro-ménager. C’est l’occasion de publier une publicité commune aux 3 magasins.
Publicité commune ( document Nord Eclair )
Lucien et Lucette Lagache continuent de développer leur entreprise, ils reprennent également la maison voisine du premier magasin, au 185 de la rue de Lannoy, autrefois occupée par la librairie de Mme Vve Vergote, et ceci dans le but d’agrandir l’établissement. Ils organisent alors, une vente avec des remises de 30% sur tout le magasin, pour liquider les stocks avant travaux.
Le 183 et 185 de la rue de Lannoy avant travaux ( document Nord Eclair )
Les travaux d’agencement sont confiés à l’entreprise Delcour de Wasquehal, la surface de vente totale est désormais de 570 m2. Le premier étage du 185 leur permet également d’y emménager avec leur petite famille.
La façade avant et après ( document archives municipales )
Pour faire face à leur expansion, Lucien et Lucette recrutent à tour de bras : une secrétaire, 2 vendeurs, 2 à 3 livreurs, 4 à 5 techniciens SAV qui disposent de véhicules publicitaires pour leurs déplacements. Leur fils, Jean-Luc Lagache, est recruté comme commercial puis vient aider ses parents en s’occupant de la gestion du personnel et des achats. Lucien continue son activité de vendeur, Lucette s’occupe de l’agencement, de la déco des magasins, de la publicité de l’administratif et de la comptabilité. Une quinzaine de personnes y travaillent à présent en permanence.
Les véhicules ( document JL Lagache )
à suivre . . .
Remerciements à Jean-Luc Lagache, ainsi qu’aux archives municipales