Zone d’activité des 4 Vents (suite 1)

Durant la décennie 1990, s’installent également dans la nouvelle zone des entreprises de programmation informatique comme Delssi ou d’impression d’étiquettes adhésives comme Stratus Etinord. Par ailleurs Stim-Climelec qui travaille dans le domaine de l’électricité et de la climatisation rejoint dans la zone son plus gros client : Saint Maclou.

La ZAC des 4 Vents en 1997 (Document Nord-Eclair)

Delssi et Etinord en 2023 (Documents Google Maps)

Etinord, c’est une petite entreprise, fondée par Philippe Ferez, dans les années 1980, dans un garage à Roubaix, arrivée quelques années plus tard dans la zone artisanale Marcel Lecoeur à Hem (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site). Elle ne possédait à l’époque que 2 machines pour imprimer ses étiquettes adhésives. Mais le local de 650 mètres carrés s’est rempli. La société compte à présent 35 salariés et a besoin d’espace d’où l’achat de 11.500 mètres carrés de terrain dans la zone d’activité pour y construire 1.400 mètres carrés d’atelier et 400 mètres carrés de bureaux.

Déménagement d’Etinord dans la zone des 4 Vents (Document Nord-Eclair)

L’inauguration des nouveaux locaux a lieu en janvier 1999, et les 15 ans d’Etinord sont donc fêtés dans une toute nouvelle usine. Celle-ci est claire, pratique et climatisée ; les murs sont jaune pâle et les volumes confortables, et des portes coupe-feu ont été installées partout. La direction a pour projet de compléter le parc de machines existant et une certification Iso est dans l’air.

Inauguration des nouveaux locaux en janvier 1999 (Document Nord-Eclair)

En 2014, l’usine s’étend, grâce à une expansion de 1.000 mètres carrés, sur 2.500 mètres carrés dans la zone des 4 Vents, avenue Antoine Pinay. Désormais le groupe Stratus Packaging, spécialiste Belge, qui dispose de 3 entreprises en France, compte 220 collaborateurs dont 45 à Hem. 200 mètres carrés y sont destinés à la production, le reste à la logistique : stockage des matières premières et produits finis pour les clients. L’entreprise dispose de 5 presses rotatives et se prépare à l’obtention de la certification BRC-IoP qui garantit la sécurité et l’hygiène de la production des étiquettes et emballages et va apporter une reconnaissance supplémentaire au site hémois.

Etinord s’étend en 2014 (Documents Voix du Nord et Nouvelles Graphiques)

On peut ajouter à cette liste les entreprises : Acofluid, spécialisée dans la réparation de machines et équipements mécaniques, toujours active, Climelec, spécialisée dans les travaux électriques, entreprise qui ferme ses portes à l’aube des années 2000 et Decoservice, spécialisée en manutention , toujours active au n°14 de l’avenue Pinay.

Photos Acofluid, (Documents site internet)
Publicité Climelec de 2000 et photos Decoservice (Documents Nord-Eclair et site internet)

Quant à Leclercq-Leroux, entreprise de tissage, il s’agit d’une très ancienne entreprise à l’origine tourquennoise, fondée par JL Leclercq, spécialisée dans le tissu d’ameublement. Elle a pris ce nom de société en 1971, après une fusion avec l’entreprise Leroux Frères de Roubaix, alors qu’elle était encore à Tourcoing et fabrique des tissus et velours jacquard pour l’ameublement. Ses locaux étant devenus trop exigus, elle emménage à Hem à la toute fin des années 1990 dans une usine de 12.000 mètres carrés pouvant abriter sans problèmes les 50 métiers à tisser informatisés.

L’entreprise présente son savoir-faire à Mme Massart maire de Hem en 1998 (Document Voix du Nord)

L’inauguration a lieu en 2000, en présence de Francis Vercamer, nouveau maire de la ville. L’accent est mis sur le tissu d’ameublement haut de gamme produit dans l’établissement à destination du monde entier (Maison Blanche, Orient-Express), au moyen des techniques les plus modernes. 90 personnes travaillent alors dans l’usine hémoise et le recrutement d’autres ouvriers est encore en cours avec formation assurée par l’entreprise.

Inauguration de la société en 2000 (Documents Nord-Eclair)

Pourtant malgré son modernisme et sa volonté d’aller de l’avant cette entreprise centenaire ferme les portes de son usine hémoise 10 ans plus tard, plus exactement en 2011. Quant à Bayart Tissage, l’établissement secondaire créé à Hem en 2000, ferme ses portes en 2016 tandis que le siège social de Marcq-en-Barœul reste actif.

Photos du tissage Leclercq-Leroux (Documents Historihem)

En 2000 également, c’est le n°9 de l’avenue Pinay qui est construit puis les n°11 et 12 ainsi que le 3 dans les années qui suivent. Les n° 1 puis 5 apparaissent en 2009 et 2012.

Photos aériennes de 2000, 2004, 2009 et 2012 (Documents IGN)

Les années 2000 voient l’avenue Antoine Pinay accueillir de nombreuses entreprises dont un groupe informatique bien connu à savoir : Goto International, lequel quitte le château de la Bonnerie (sur le château voir un article précédemment édité sur notre site intitulé Château de la Bonnerie) pour un siège tout neuf au sommet d’une butte des 4 Vents.

Installation de Goto International (Documents Nord-Eclair)

Le bâtiment de 1850 mètres carrés construit sur 3 hectares abrite, au n°3 de l’avenue Pinay : Goto Software (créateur de logiciels de communication Internet et Minitel), Goto Games (créateur de logiciels de jeux on-line et off line) et Point Soft (premier distributeur européen de CD-roms multimedia à petit prix).

Sarbacane Software en 2019 (Documents Voix du Nord)

Le Goto Campus est rejoint, quelques années plus tard par Sarbacane Software, éditeur de logiciels, qui, dès 2019 bénéficiera de locaux rénovés. Et en 2012 est inaugurée sur le campus la micro crèche d’entreprise « Les Zigotos », pour les enfants de 2 mois à 3 ans. Malheureusement l’année suivante intervient le décès du fondateur et PDG du groupe Thierry Tarnus.

Inauguration de la crèche les Zigotos en présence de Thierry Tarnus et de Francis Vercamer maire de Hem (Document Voix du Nord)

Par ailleurs, durant la décennie 2000, le n°3 avenue Pinay abrite : 2A Concept, et You don’t need a crm, entreprises de programmation informatique, toujours actives, Avianor ULM, spécialisée en enseignement de la conduite, toujours active, Lasius Productions, entreprise de design, fermée en 2011.

Sigle de 2A Concept, you don’t need a crm et illustration d’Avianor ULM (Documents sites internet)

A suivre…

Remerciements à l’association Historihem

Zone d’activité des 4 Vents

Au début du 19ème siècle le village de Hem était composé de 9 hameaux auxquels s’est rajouté sur le plan cadastral de 1890 celui des quatre Vents entouré de celui du Vieux Sailly et celui du Civron, celui du Petit Vinage et de la Vallée et celui de la Place et du Rivage. Sur un plan de 1953, on retrouve ces anciens hameaux en tant que quartiers de Hem.

Extraits du plan cadastral de 1890 et du plan de 1953 (Document archives départementales et Historihem)

La zone d’activité des 4 Vents est actuellement le principal parc économique de la commune de Hem, tant en termes de nombre de salariés, de superficie,  que de taille d’entreprises. Elle est située au sud-est de la ville et desservie par les rues du Calvaire et Antoine Pinay. 

Pourtant cette zone était encore, au début du 20ème siècle composée de terres agricoles et, jusqu’en 1930 aucune entreprise n’y était implantée. C’est cette année là que la première industrie : la « Briqueterie de l’Entreprise de Roubaix et ses environs », la briqueterie « dite d’Hem », Comptoir Régional de la Terre Cuite, s’implante au 187 rue du Calvaire au lieu dit «  Au-Dessus du Petit-Voisinage ». (Sur le sujet voir un précédent article sur notre site intitulé Briqueterie d’Hem)

Photo aérienne de 1933 montrant la briqueterie isolée au milieu des champs (Document IGN)

Peu à peu la ville de Hem change de visage. Sa population s’accroit au fur et à mesure de l’industrialisation de la ville. Pourtant le centre d’Hem garde quant à lui une vocation agricole pendant longtemps et ce n’est qu’en 1990 que les Etablissements Kiabi y installent leur siège au n°100 de la rue du Calvaire, juste en face de la briqueterie. (Sur le sujet voir un précédent article sur notre site intitulé Kiabi)

Photo aérienne de 1992 montrant le siège de Kiabi installé en face de la briqueterie, les deux entreprises étant alors encore au milieu des champs (Document IGN)

Puis dans les années 1990, peu à peu se construit la zone d’activité des 4 Vents avec l’arrivée d’entreprises plus ou moins connues qui exercent des activités assez diversifiées. En 1994, la nouvelle zone d’activité hémoise fait les gros titres de la presse locale : les Trois Suisses et Saint-Maclou attirés par Hem.

Photo des dirigeants des 2 entreprises en réunion avec Mme Massart, maire de la ville ; plan de la ZAC en 1994 et nouvelle voie vers la zone des 4 Vents (Document Nord-Eclair)

Sur les photos aériennes de 1995 puis de 1997, on voit ainsi apparaître les bâtiments n°14 avenue Antoine Pinay abritant Saint Maclou et n°6 abritant les 3 Suisses.

Photos aériennes de 1995 et 1997 (Documents IGN)

L’entreprise Saint Maclou a son siège et son usine de production à Wattrelos mais fait en effet construire à Hem sa toute nouvelle unité de stockage en 1995. Les locaux wattrelosiens sont en effet saturés et, de fait, la production s’en trouve réduite.

Le bâtiment Saint-Maclou sorti de terre en 1995 et vue aérienne du bâtiment Saint-Maclou en 2023 (Documents Nord-Eclair et Google Maps)

La construction d’un bâtiment de découpe et de stockage à Hem sur 24.000 mètres carrés devrait permettre de relancer la production à Wattrelos. On y trouve notamment la plus grande machine du monde à découper les moquettes. Dès l’année suivante, vendeurs et poseurs de toute la France s’y réunissent en congrès afin de découvrir tous les nouveaux produits.

Le congrès des vendeurs et poseurs en 1996 (Documents Nord-Eclair)

En 2022, une partie des hangars de l’enseigne est soufflée par une explosion. L’explosion d’une bouteille de gaz entraine un incendie lequel, s’il ne fait fort heureusement aucun blessé, est à l’origine de l’effondrement de 800 mètres carrés de structure sur une cellule d’environ 6.000 mètres carrés.

Explosion à Saint-Maclou en 2022 (Documents Voix du Nord)

L’entreprise les 3 Suisses veut quant à elle y installer un grand centre de tri pour les colis, sur 10.000 mètres carrés, qui emploierait 100 personnes dès 1996 avant de faire construire un centre de préparation de commandes dans les 2 années suivantes avec, à terme, l’emploi d’un millier de personnes sur la commune.

Un chantier vert (Documents Nord-Eclair)

Le chantier se veut vert : des bennes de récupération cartons, plastiques, métaux et bois sont installées autour du chantier. Tout est récupéré pour être recyclé. Le bois et les métaux, hors ferraille, sont gérés par la société roubaisienne Dobigies. Le bâtiment, une fois achevé sera chauffé au bois, lequel pourra provenir de récupération. Dès 1996, le centre de tri dernier cri, utilisé par 6 filiales du groupe : 3 Suisses France, Cidal, l’Exemplaire, la Blanche Porte, Becquet et Beauté Créateurs, est inauguré.

Un outil ultra moderne (Document Nord-Eclair)

Dès l’année suivante, la direction du groupe a besoin de 10 hectares de plus pour son organisation logistique, afin de disposer de 30 ha d’un seul tenant. Une concertation avec les habitants est donc organisée dans le restaurant scolaire de l’école De Lattre de Tassigny en présence de représentants de la municipalité et de la CUDL. Les phases d’aménagement seront ensuite successives.

La réunion de concertation en mars 1997 (Document Nord-Eclair)

Un an plus tard, la société choisit de chauffer au bois son centre de tri : mode de chauffage économique et écologiquement propre. Sur les 5 ha de réserve foncière acquis les 3 Suisses ont planté leur propre bois de chauffage : des saules à croissance rapide venus de Suède, destinés à couvrir un quart des besoins en bois de la chaufferie tous les 3 ans.

Les 3 Suisses font feu de leur bois : le pdg de la société et le président de la chambre d’agriculture du Nord (Document Nord-Eclair)

Le premier bâtiment Mondial Relay et la plate-forme Dispeo en 2023 (Documents Google Maps)

Cette plate-forme d’expédition Mondial Relay ne sera plus suffisante après le tournant des années 2000 et, en 2012, la société lance le chantier de construction du plus grand centre français de préparation de commandes ouvert aux enseignes du e-commerce sur 40.000 mètres carrés soit l’équivalent de 6 terrains de football : Dispeo.

Le plus grand centre français de préparation de commandes en 2012 et son inauguration en 2013 (Documents Tout Hem)
Photos de Dispeo dans la zone d’activité de 2018 à 2023 (Documents site internet et Google Maps)

A suivre

Remerciements à l’association Historihem

Rue Jules Guesde entre la Vallée et la Lionderie

Une fois passé le carrefour de la rue de la Vallée et de la rue des Trois Baudets avec la rue Jules Guesde, cette dernière, en s’éloignant du centre est beaucoup moins commerçante, dans la première moitié du 20ème siècle. La vue aérienne de 1933 montre une rue de village entourée de champs et parsemée de quelques habitations de part et d’autre de la rue.

Vue aérienne de 1933 (Document IGN)

On décompte alors deux fermes, côte à côte, dans cette portion de la rue. La première, en venant du carrefour de la rue Jules Guesde et de la rue des Trois Baudets était déjà en activité au 19ème siècle, exploitée par la famille Deldalle qui avait racheté la propriété à la veuve Bayart. Dans les années 1960, c’est Jean Descamps qui reprend l’exploitation jusqu’à son expropriation au début des années 1980. C’est le lotissement de la rue Henri Waymel qui occupe le terrain de nos jours.

Vue aérienne de la ferme de Jean Descamps dans les années 1970 et vue aérienne actuelle (Documents Historihem et Google Maps)
Vue aérienne des 2 fermes côte à côte en 1962 et vue aérienne de 2024 (Documents IGN et Google Maps)

La deuxième, plus ancienne, est exploitée par la famille Boussemart, au 19ème siècle. Vers 1920, les bâtiments alors exploités par le fermier Duthoit (des 3 Fermes) sont reconstruits, puis Jules Descamps épouse Marie-Madeleine Duthoit et reprend l’exploitation. C’est en 1966 que son fils, Bernard, lui succède jusqu’à sa retraite, en 1994, année au cours de laquelle il cède ses terres à un autre agriculteur et le bâtiment sis au n°179 de la rue Jules Guesde, dans lequel il a ouvert une crémerie au début des années 1980, à un particulier.

La ferme dans les années 1970, une publicité pour la crémerie en 1989, la ferme en 2023 et une vue aérienne dans les années 2020 (Documents Historihem, Nord-Eclair et Google Maps)

C’est également au 19ème siècle que remonte l’ouverture du Café Saint-Pierre, au 240 rue Jules Guesde, à l’angle de celle-ci et de l’impasse Saint-Pierre. Puis pendant près de 30 ans, de 1934 à 1961, l’établissement est tenu par Léon Guevart à la fois répertorié dans les Ravet-Anceau de l’époque comme cafetier et boucher. A la fin des années 1960, le café laisse sa place à une boucherie-charcuterie. Enfin, en 2013, c’est le salon de coiffure Beautiful Coiffure qui s’installe dans les lieux. (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site consacré à la boucherie Au Fin Palais).

Le café Guevart, Au Fin Palais et Beautiful Coiffure (Documents Historihem, collection privée et Google Maps)

Il ne s’agit pas, à l’époque, du seul estaminet installé sur cette portion de rue. Les anciennes cartes postales nous permettent d’y situer au n°206, l’estaminet à l’enseigne « Au Printemps », exploité par le couple Prévot Liagre, dans lequel sont organisés des combats de coqs. L’établissement existe déjà depuis une trentaine d’années lorsque le couple le reprend en 1928. Par la suite ce sont des particuliers qui occupent les lieux.

L’estaminet Au printemps dans les années 1920 et la maison dans les années 2000 (Documents Historihem et collection privée et Google Maps)

A la fin de la seconde guerre mondiale est répertoriée, au n°212, la blanchisserie et teinturerie du Nord qui a ses ateliers au n°362. Puis plus rien et ce n’est que bien plus tard, et pour quelques années que la maison abritera ensuite un chauffagiste, Maurice Potelle avant de devenir le siège des Ets Bruleur service , entreprise de nettoyage de 1980 à 2012.

Le n°212 en 2025 (Document Google Maps)

En dehors de cet établissement, à l’époque, on retrouve, dans le Ravet-Anceau, quelques artisans sur cette portion de la rue Jules Guesde, à savoir : couvreurs et maçons. Ainsi le couvreur Dewailly Farvacq est installé au n°153 des années 47 à 61 puis Emille Dewailly y prend la suite jusqu’en 1972. C’est en 1977 que Sonia Scoufflaire et Danièle Demoor y créent un commerce de prêt à porter à l’enseigne Hem Confection et ce pendant une dizaine d’années. Puis le bâtiment abritera une profession libérale avant de reprendre un usage d’habitation.

Facture des Ets Dewailly Farvacq et publicités du magasin Hem Confection et la façade actuelle du 153 (Document Nord-Eclair, collection privée et google maps)

Deux maçons sont également installés, l’un au n°159, Mr Joveneaux, que l’on ne retrouve déjà plus dans les années 1950, et l’autre au n°230, Mr Laurent qui demeure répertorié à cette adresse jusqu’à la fin des années 1960. Actuellement le 159 abrite un domicile tandis que le 230 a hébergé l’entreprise de location de véhicules industriels d’Albert Degrandsart, laquelle a fermé ses portes en 1984. Actuellement aucune activité n’y est répertoriée.

Photos des n°159 et 230 dans les années 2020 (Documents Google Maps)

C’est au milieu des années 1950 qu’ouvre, au n°173, une boulangerie qui existe encore de nos jours sur ce même emplacement. Il s’agit de la boulangerie Bammez toujours gérée sous ce nom jusqu’aux années 1990, par André d’abord jusqu’à la fin des années 1980 puis par Renaud. C’est ensuite la SARL Delain qui succède à la famille Bammez et ce jusqu’en 2008. Puis le commerce est repris par les Jonckière toujours en activité en 2025.

Publicités pour les maisons Bammez et façades de la boulangerie au fil des dirigeants (Documents Historihem, collection privée et Google Maps)

Un incendie impressionnant dévaste complétement le grenier d’une habitation située au n° 210, en février 1958. Le couple Vanderdonck se trouve dans sa cuisine, au rez-de-chaussée, quand ils sont avertis par une passante et un automobiliste du sinistre qui ravage le dernier étage de leur maison et détruit leur toiture, refaite à la libération,14 ans plus tôt. Les pompiers mettent deux lances en action et viennent à bout de l’incendie en peu de temps sans pouvoir déterminer précisément l’origine de celui-ci.

L’incendie de février 1958 et la maison en 2008 (Documents Nord-Eclair et Google Maps)

Les Transports Thomas s’installent au n°222 à la fin des années 1960. Ils céderont la place aux Transports Piat une trentaine d’année plus tard et pour une dizaine d’années. Après la fermeture de la société en 2012 un parking est aménagé là où les camions étaient précédemment stationnés.

Les transports Piat en 2008 et le parking aménagé après la fermeture en 2015 (Documents Google Maps)

Dix ans plus tard Jean-Michel Clarisse installe sa boutique de fleuriste au n° 208. Jean-Michel et son épouse restent pendant près de 40 ans dans leur joli commerce où, tandis que Jean-Michel compose de magnifiques bouquets dans son atelier, son épouse sert la clientèle avec professionnalisme et une gentillesse exceptionnelle. Puis c’est Nicolas Pommart, déjà installé Place de la République, qui reprend le commerce quand le couple prend sa retraite. (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site consacré à Ancolie).

Les boutiques Clarisse puis Ancolie (Documents Historihem et Google Maps)

Enfin Pizza Nostra ouvre ses portes, au début des années 1990, juste à côté de la boulangerie, au n°175. Antonio (dit Tony) et Françoise Fisicaro y proposent des pizzas à emporter qui font le bonheur des familles. De nos jours la Pizza Nostra est toujours en activité.

Menu de la pizzaria et façade de celle-ci en 2008 et 2023 (Documents site web et Google Maps)

Les vues aériennes de cette portion de rue entre le carrefour des 4 Chemins et le carrefour Saint Pierre nous permettent de mieux percevoir l’évolution d’un quartier encore très agricole au début du 20 ème siècle et devenu plus commercial puis plus résidentiel au fil du passage des décennies.

Vues aériennes en 1962, 1989 et 2025 (Documents IGN et Google Maps)

Remerciements à l’association Historihem

La Marque et l’industrialisation de Hem (suite)

Cela commence donc à nuire à la Marque dont l’eau change de couleur et dont les poissons périssent au grand dam des pêcheurs qui vont s’en plaindre à la municipalité, laquelle leur répond que les 2 teintureries, Gabert et Mulaton, assurent du travail et donc du pain à plus de 1000 ouvriers hémois.

Malgré les plaintes et la création d’un consortium d’assainissement la Marque reste donc un égout à ciel ouvert. Il faut dire que l’émulation des capitaines d’industrie explique aussi souvent l’essor des villes et villages. C’est le cas pour Hem où l’industrie est alors le 1er pourvoyeur d’emploi.

La pollution de la Marque face aux impératifs économiques (Document Au temps d’Hem)

L’usine Gabert fermera ses portes en 1987 et sera démolie pour laisser place en 1990 à une zone d’activités abritant essentiellement des petites et moyennes entreprises du secteur tertiaire. Quant à sa voisine, l’usine Meillassoux elle cessera son activité 10 ans plus tard pour laisser place à un supermarché toujours présent aujourd’hui, après plusieurs changements d’enseigne, à savoir le magasin Carrefour.

Photo aérienne de la zone en 2023 (Document Google Maps)

Plus loin encore au centre d’Hem, dans les années 1920, Rémy Lenfant, fils du dernier tisserand à l’otil, déménage sa teinturerie du Robigeux à Willems, dans la rue du Rivage à Hem. Son évolution constante au fil des décennies : revêtements de sièges et tissus d’ameublement dans les années 1950, investissements lourds avec achat d’autoclaves pour teindre le fil dans les années 1960, nouveaux marchés dans les années 1980 permet à cette teinturerie de passer le cap du vingt et unième siècle.

CPA de l’entreprise Lenfant dans les années 1920 et 1990 (Documents collection privée et Historihem)

Les teintureries ne sont pas les seules usines à avoir besoin d’eau et de nombreuses brasseries, distilleries et sucreries s’installent également le long de la rivière. La teinturerie Lenfant s’est d’ailleurs installée dans les locaux d’une ancienne brasserie : la brasserie du Rivage fondée à la fin du 19ème siècle par Henri Delecroix.

CPA de la brasserie du Rivage au début du vingtième siècle (Documents collection privée)

Dans la rue de Lille, à la Citadelle, au n°125, à compter de la moitié du 19 ème siècle on trouve ainsi l’usine de Victor De Clercq qui deviendra ensuite la manufacture Electra laquelle fabrique et vend des produits industriels et matières premières pour la savonnerie et la production d’ apprêts. Le site accueillera ensuite une cuivrerie puis une pharmacie.

Brasserie de la Citadelle au 19 ème siècle et Manufacture Electra au 20ème (Documents Historihem)

Enfin à l’Hempempont la brasserie Leclercq est installée non loin du pont d’Hempempont. Il s’agit de la première brasserie de Hem, née dès avant la révolution française, devenue Leclercq-Taffin puis brasserie Leclercq Frères et qui perdurera jusqu’aux années 1950-60 (fin de la production dans les années 1950 et fin de la commercialisation dans les années 1960).

Papier à en-tête de la brasserie Leclercq-Taffin et CPA des Ets Leclercq Frères (Documents collection privée)

Dès le 19ème siècle, est installée la sucrerie Agache à Hem. En 1860, le constat est le suivant: ses eaux de lavage s’écoulent directement dans la rivière entrainant avec elles la terre et les radicules des betteraves, ce qui entraine une baisse de qualité évidente de l’eau de la rivière. En 1935, le sucre est toujours fabriqué en bordure de la Marque à l’Hempempont sur le territoire d’Annappes.

La distillerie Desprez, puis Bouche-Lambin, est quant à elle installée au dix neuvième siècle dans la rue de la Vallée, au n°120, non loin de la petite Marque. Elle se compose d’un atelier de fabrication avec une machine à vapeur de 15 à 20 CV et des générateurs, d’une cour et d’un bureau d’entreprise. Au vingtième siècle, elle est reprise par Emile Stauven.

La distillerie en 1919 puis la teinturerie dans les années 1930 (Documents Historihem)

Dans les années 1930, le site de la distillerie abritera à son tour une teinturerie, spécialisée en laine peignée, celle de Mr Grulois qui s’installe dans les bâtiments existants avant de les agrandir. Dans les années 1960, le site est assez imposant au milieu des champs qui l’entourent.

Par la suite des activités diverses s’y succéderont et en 2023 7 entreprises d’activités très diversifiées y sont encore recensées sur Société.com. On y trouve en revanche toujours trace aujourd’hui du bâtiment central de l’ancienne distillerie.

Publicité des Ets Grulois et photo aérienne du site en 1962 et photo aérienne du n°120 en 2023 ou l’on constate, peints en blanc, les vestiges de l’ancienne usine (Document collection privée et Google Maps)

Au Robigeux, route d’Hem à Willems, Henri Duboquet exploite quant à lui la source de la petite Marque à partir de 1900 avec un débit de 26 millions de litres d’eau minérale par an : la Willemoise. Cette eau célèbre a un stand à l’exposition internationale de Tourcoing en 1906 . Elle sera distribuée jusqu’à la fermeture de l’exploitation industrielle en 1983.

La Willemoise au Robigeux au début du 20ème siècle (Documents collection privée et médiathèque des territoires)

Au début du 19ème siècle il existe par ailleurs encore plusieurs carrières de sable à Hem dont celle qu’exploite la famille Leclercq sur ses terres d’Hempempont. Mais à la fin du siècle ce sont les briqueteries qui leur succèdent.

On peut citer la briqueterie Briet dans la rue du même nom et surtout la « Briqueterie de l’Entreprise de Roubaix et ses environs », la briqueterie « dite d’Hem » située rue du Calvaire non loin de la Petite Marque. Sa production cessera en 1999 et elle sera démolie à l’aube du vingt et unième siècle..

Vue aérienne de la briqueterie de Hem en 1933 (Document IGN)

Les briqueteries sont fort heureusement inoffensives pour la rivière à la différence des teintureries et des tanneries et pelleteries véritable calamité pour elle et ses riverains. Or il se trouve qu’à la Citadelle, au 95 rue de Lille, est également installée, à la fin du 19ème siècle, la pelleterie de Mr Billaud.

CPA sur laquelle apparaît sur la droite la pelleterie avec sa grande cheminée et un plan de l’usine de 1908 (Documents Historihem)

En l’espace d’un siècle la petite bourgade de Hem a donc changé de visage et l’industrialisation effrénée du la moitié du 19ème siècle à la moitié du 20ème ont laissé des traces indélébiles à sa rivière tout en participant incontestablement à son essor économique.

En témoigne d’ailleurs le géant choisi par la ville pour la représenter à savoir Gustave le Teinturier, né pour la fête nationale de 1911, remis au goût du jour en 1955 et complétement rénové en 1978 avant ses fiançailles en 1994 avec Augustine la Tisserande.

Gustave le Teinturier en 1911 et en 1994 (Documents Atemem)

Un article sur la Marque, nature et ruralité est à découvrir sur notre site, en complément à celui-ci. Différents articles complets sont également publiés sur notre site concernant les entreprises: brasserie Leclercq, brasserie Delecroix (du Rivage), briqueterie de Hem, teintureries Declercq, Gabert, Meillassoux et Mulaton, Remy Lenfant.

Remerciements à l’association Historihem, à la Ville de Hem, ainsi qu’à Jacquy Delaporte, Christian Tell et Chantal Guillaume pour leur bande dessinée Au Temps d’Hem et enfin à Paul Delsalle pour son ouvrage sur l’ Histoire de la Vallée de la Marque.

La Marque et l’industrialisation de Hem

Deux rivières traversent la ville de Hem: la Marque, qui matérialise la frontière entre les communes d’Hem et Villeneuve d’Ascq, et la Petite Marque qui rejoint la première, 100m en amont de la RD 700, après avoir traversé en zig-zag la campagne de Hem à Forest/Marque.

Au fil de l’histoire, sur Villeneuve et Forest le paysage reste assez agreste et boisé mais les premières usines apparaissent en bord de rivière et se font plus nombreuses sur Hem où la Marque devient vite urbanisée à compter du 19ème siècle.

Extrait de plan de Cassini reprenant la commune de Hem (Document Historihem)

Si, au Moyen-Age, la rivière dépose des alluvions fertilisantes, par la suite le rouissage du lin et du chanvre s’effectue sur les rives. Il consiste à faire macérer ces plantes textiles afin d’en isoler les fibres utilisables. Il pollue et empeste le voisinage, brûlant la végétation et abimant les sols. Pourtant il persiste à Hem malgré les interdictions et plusieurs parties des anciens lits conservent encore des eaux qui communiquent à ladite rivière.

Exemples de rouissoirs en croquis et en photo (Document ville-aubazine)

Par ailleurs, un siècle plus tard plusieurs particuliers y font rouir en tous temps lins et chanvres ainsi que dans les canaux ou rigoles sans faire des digues pour empêcher la communication, ce qui infecte les eaux et cause un préjudice considérable aux riverains surtout pendant l’été. En effet, l’activité textile apporte une ressource appréciable aux paysans dans la vallée de la Marque et des tisserands à l’otil se lancent dans la confection d’étoffes pour les fabriques de Roubaix.

Les tisserands paysans étaient ainsi dénommés parce que, à l’origine, ils travaillaient avec leur famille à des activités textiles pendant les temps morts des activités agraires. La salle de travail qui abritait le métier à tisser était une pièce bien éclairée (elle comportait 2 fenêtres) et nécessitait une certaine humidité pour éviter que les fils ne se rompent trop fréquemment. Cette salle en terre battue, recouverte de sable, était souvent en contrebas. La maison se composait de 4 pièces : l’ouvroir, la cuisine et deux chambres et s’agrémentait d’un jardin potager.

Exemples de maison à l’otil (Documents Historihem)

Toute la famille y était employée pour produire une toile par semaine. La pièce tissée était conduite en brouette à Roubaix (d’où le terme de « Broutteux ») par les sentiers dont principalement celui qui deviendra le Boulevard Clémenceau. Cette pratique ne va disparaître que progressivement : à Hem, le dernier tisserand à l’otil est Louis Lenfant, installé rue du Calvaire, mort en 1923.

Exemples de métiers à tisser dans les maisons à l’otil (Documents Musée de Tournai)
Les brouettes vers Roubaix (Document Au temps d’Hem)

Au début du 19ème siècle, c’est l’époque des moulins à vent et à eau : Louis Dufermont, meunier possède l’un des cinq moulins à vent de Hem. Un moulin à eau fournit de l’énergie au moulin à farine. Il sert à moudre le grain lorsque le vent se fait rare. La meunerie est située 15-17, rue de Lannoy, le moulin étant sur la berge hémoise.

Cadastre de 1824 avec le positionnement du moulin de Louis Dufermont, meunier (Document Historihem)

En 1867, son descendant, Jules Dufermont, cultivateur et meunier à l’Hempempont, sollicite l’autorisation de se servir des eaux de la rivière pour alimenter une machine à vapeur qu’il se propose d’établir près de son moulin . Mais aucun arrêté n’est alors nécessaire pour obtenir une prise d’eau industrielle et les minoteries remplacent peu à peu les moulins à eau, les riverains jouissant et usant de l’eau à titre gratuit hors partie canalisée de la rivière.

Plan du site Dufermont en 1892 (Document Historihem)

La meunerie (fabricant de farine à destination de la consommation humaine uniquement)  utilise encore le courant de la Marque dans son moulin à eau pour lui fournir son énergie jusqu’à la fin de la 1ère guerre. La meunerie a donc une petite déviation sur la Marque coupée par des vannes et pour les actionner on construit une petite passerelle très étroite et privée.

La minoterie Dufermont (Documents collection privée)

La minoterie Dufermont ou Minoterie Moderne (fabricant de farine à destination de la consommation humaine et/ou de l’aliment pour le bétail) a sa propre marque de farine à base de fleur de froment de qualité supérieure extra qu’elle conditionne en sacs de jute personnalisés : La Souveraine et dont elle fait des publicités couleur alléchantes.

La Souveraine : sac de jute et publicité (Documents collection privée)

La meunerie boulangerie de l’Hempempont publicité et tarifs (Documents Historihem)

Presqu’en face, comme on le distingue sur cette carte postale, dans le fond, durant la deuxième moitié du 19ème siècle, s’installe une fabrique de pannes et carreaux de ciment Jean Agache à l’Hempempont. Puis Henri Dujardin et fils prendront la succession de Jean Agache dans l’usine à vapeur de l’Hempempont. Partiellement détruite elle sera ensuite transformée en beurrerie industrielle : Beurreries du Nord, puis abritera une entreprise de salaison et conserverie : Carnifex, avant d’héberger un hara.

Publicité Lampe-Agache, en-tête d’enveloppe de Dujardin et fils, CPA Beurreries du Nord et publcité Carnifex (Documents collection privée)

Juste à côté précisément à partir du pont de Hempempont une ligne de teintureries s’implante le long de la Marque qui fournit l’eau et permet également les rejets polluants. C’est d’ailleurs la raison du choix de nombre de fondateurs de teintureries qui privilégient la ville de Hem aux dépens de celle de Roubaix, laquelle ne peut répondre aux besoins en eau de ces entreprises. Toutes ces teintureries sont tellement gourmandes en eau que l’eau de la Marque ne va bien vite plus suffire et qu’il va falloir utiliser des forages atteignant une centaine de mètres de profondeur.

Ainsi on trouve juste face au pont dès la seconde moitié du dix-neuvième siècle la teinturerie Declercq. A cette époque les eaux de la teinturerie se déversent journellement dans la Marque « sans avoir été traitées au lait de chaux ni décantées » et les eaux restent noires et infectes. Elles stagnent et des détritus de toutes sortes y surnagent. Le voisinage se plaint d’autant qu’il émane de la rivière des odeurs nauséabondes, et le danger représenté pour la santé publique est pointé du doigt. Cette prise de conscience va entraîner par la suite l’installation de bassins de décantation.

L’usine Declercq 185, rue de Lille à Hem avec sa cheminée toujours présente de nos jours (Document collection privée)

Dans les années 1970, l’entreprise devient la Société Nouvelle Declercq Frères et pratique uniquement l’apprêt de tissus de laine mixte ou imitation ainsi que divers traitements comme le calandrage, le tondage et le rasage des tissus. Juste à la veille du vingt et unième siècle l’usine va fermer ses portes et sera rasée en 2015 pour laisser place à une zone d’activité commerciale et à quelques petites résidences d’appartements.

Photos aériennes de 2009, 2018 et 2022 (Documents Google Maps)

Sa voisine à l’extrémité impaire de la rue de Lille est alors la teinturerie d’Oscar Flament puis teinturerie Flament, spécialisée par la suite dans le battage et la rénovation des tapis sous l’enseigne RenovTapis. Pour être complet il faut aussi citer à l’extrémité paire de la rue de Lille la teinturerie Cocheteux les fils de Donatien.

Teinturerie Flament RenovTapis (Documents Historihem)

Plus loin dans la rue de Lille (actuelle rue du Général Leclerc) s’installent côte à côte, à peu près à la même époque, deux teintureries à l’emplacement actuel du supermarché et de la zone d’activité. Il s’agit de l’usine de teinturerie et blanchiment fondée par Antoine Mulaton, qui deviendra en 1912 Meillassoux et Mulaton, et de sa voisine fondée par Firmin Gabert.

les usines Meillassoux et Mulaton et Gabert en 1947 (Document IGN)

C’est à partir de 1870 qu’apparaissent les colorants chimiques qui donnent une quantité de nouvelles possibilités en remplaçant les produits d’origine végétale ou animale. C’est Frédéric Tellier, fabricant de produits chimiques à Hem, qui approvisionne les 2 teinturiers locaux. Le résultat ne se fait pas attendre.

Le témoignage d’un vétérinaire de l’époque est édifiant: « ayant l’occasion de faire clientèle tous les jours notamment à Hem, j’ai constaté souvent et surtout dans les moments de fabrication (féculerie, teinturerie) l’état stagnant des eaux, détritus de toutes sortes qui y surnagent et odeurs nauséabondes qui en émanent. Le voisinage d’un pareil foyer d’infection est un véritable danger pour la santé publique. Plusieurs bêtes sont mortes suite à l’ingestion d’eaux contaminées. »

La pollution de la Marque (Document Au temps d’Hem)

A suivre…

Remerciements à l’association Historihem, à la Ville de Hem, ainsi qu’à Jacquy Delaporte, Christian Tell et Chantal Guillaume pour leur bande dessinée Au Temps d’Hem et enfin à Paul Delsalle pour son ouvrage sur l’ Histoire de la Vallée de la Marque.

Ecole Sainte Geneviève (suite)

Dans les années 2010, la directrice de l’école est Nathalie Dubus. En 2012 les 95 enfants présentent le spectacle Ca coule de source, en lien avec leur thème de l’année : l’eau est précieuse ; il faut la préserver. Une belle histoire est contée dans des décors superbes et avec de beaux costumes à l’issue de laquelle 2 chansons sont interprétées dont l’une s’intitule : l’eau c’est la vie.

Le soleil est de la partie pour la kermesse de 2012 et Nathalie ne fait pas du spectacle une priorité ; elle préfère mettre à l’honneur le résultat de toute une année de travail. En l’occurrence elle met en avant l’initiation à la musique dispensée par la Cantoria avec des instruments hors du commun : le corps de chacun avec lequel on claque des mains et des tuyaux de PVC qu’il faut taper les uns contre les autres et dans lesquels il faut souffler. Puis repas et soirée dansante clôturent la fête.

Kermesse annuelle 2012 (Document Voix du Nord)

Par la suite la kermesse annuelle a lieu à la salle des fête de Hem, notamment celle de 2016 qui enthousiasme la presse locale, à laquelle assiste près de 300 personnes. La voix du Nord titre : le Show formi’dable des maternelles de Sainte-Geneviève. Les enfants font le show pendant 3 heures sur le thème de la découverte du monde de la science : décor de pyramides fait main, vaisseau spatial grandeur nature et multitude de costumes, ravissent l’assistance.

Découverte du monde de la science en 2016 (Document Voix du Nord)

Un agrandissement de l’établissement a lieu en 2016 avec la construction d’un bâtiment annexe pour accueillir des sanitaires et un dortoir. En décembre, les trois nouvelles pièces sont cloisonnées : les fenêtres et les portes ont été posées et les travaux démarrent dans la cour.

Une classe à la rentrée 2016 et la construction de l’extension où seront installés dortoir et sanitaires, le dortoir en 2019 (Documents site internet)

Puis l’école installe une bibliothèque en 2017 avec un coin écoute, un coin lecture et un coin informatique. Une garderie est également aménagée de façon à accueillir confortablement les enfants en dehors des heures de classe. Les parents bricoleurs se chargent d’installer des étagères de rangement. Par ailleurs l’extérieur n’est pas oublié et la cour voit se réaliser des marquages pour aider les enfants à se ranger.

Bibliothèque avec coin écoute, garderie, étagères de rangement et marquages dans la cour en 2017 (Documents site internet)

Les activités physiques sont également mises en avant en intérieur (gymnastique et judo), comme en extérieur (vélos). La nouvelle cour est aménagée avec des jeux d’extérieur dans l’attente de la future pelouse. Une chasse aux œufs est organisée pour Pâques et Saint Nicolas et Noël sont dûment célébrés chaque année.

Activités physiques dans les années 2010 et découverte des géants de Hem en 2019 (Documents site internet)
Nouvel aménagement de la cour en 2017 (Documents sites internet)

Ce sont les années 2020 qui voient la végétalisation de l’école se poursuivre avec la plantation de quatre arbres et d’une haie même si les travaux de jardinage font déjà partie des activités extra scolaires et si la plantation de la pelouse a déjà permis de faire des exercices de motricité à l’extérieur.

Motricité extérieure en 2021, jardinage en 2019 et végétalisation en 2022 (Documents site internet)

A l’intérieur de l’école les parents bricoleurs continuent à faire des merveilles. C’est la décennie de la réfection des toilettes, de l’installation de leds et de faux plafonds. Les enfants sont mis à contribution pour la décoration des couloirs. A l’extérieur, un nouvel interphone et installé ainsi qu’un crochet pour le portail. Les parents s’attaquent aussi à la réparation des vélos qui trouveront ensuite leur place dans un chalet de rangement.

Réfection des toilettes, installation de leds et faux plafonds, mais aussi décoration des couloirs et multiples activités allant de la réparation des vélos à la décoration pour les fêtes, chalet de rangement des vélos (Documents site internet)

L’équipe éducative de l’école s’investit aussi dans divers projets ludiques pour les enfants. C’est ainsi que, sous un chapiteau, les enfants découvrent les arts du cirque qu’ils reproduisent ensuite en ateliers. Par ailleurs les repas partages organisés chaque année permettent aux enfants d’apporter leur contribution à diverses associations et de mettre en pratique les valeurs de solidarité qui leur sont enseignées.

Les arts du cirque sous chapiteau et en atelier (Documents site internet)
Divers exemples de remises de chèque à l’issue de repas partage (Documents site internet)

Enfin Sainte Geneviève a l’idée d’orner sa façade de quelques panneaux décoratifs, une manière d’égayer le quartier qui plait à la mairie de Hem, laquelle lance alors un projet consistant à apposer une fresque à l’entrée des 6 groupes scolaires de la ville. Dans ce cadre, la municipalité apporte sa touche décorative aux potelets installés devant l’école Sainte Geneviève.

La façade de l’école et les potelets décorés par la municipalité (Document Google Maps et site internet)

La petite école maternelle privée située face à l’école maternelle et élémentaire publique et ouverte durant la même année va fêter cette année son cinquantenaire. Son dynamisme toujours intact tient tant à l’activité de son équipe éducative qu’à celle des parents d’élèves qui se sont succédés depuis son ouverture et ont toujours collaboré avec la direction et les enseignants dans tous les projets entrepris.

Vue aérienne de 2011 avant l’agrandissement de 2023 (Documents IGN et Google Maps)

Ecole Sainte Geneviève

En 1974, dans le nouveau quartier d’Hem la vallée, deux nouvelles écoles voient le jour pendant les vacances ; l’école publique Delattre de Tassigny (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site) et une école maternelle privée l’école Sainte Geneviève. Les travaux de construction de celle-ci sont les premiers à débuter à proximité d’un champs de pommes de terres sur lequel s’étend la cour de récréation.

Photo aérienne en 1962, avant l’arrivée des 2 écoles (Document IGN)

Pourtant la rentrée doit être reportée, l’entreprise chargée de les effectuer au début n’ayant pu respecter les délais fixés par l’administration des écoles privées. Si le personnel chargé d’encadrer les futurs 150 à 200 élèves est désigné, l’aménagement intérieur n’est pas achevé et les sanitaires restent à installer dans la petite école sise 229 rue de la Vallée.

La rentrée de 1974 est retardée (Document Nord-Eclair)

Mme Lemaître, la directrice, propose deux solutions de remplacement aux parents, dans l’attente de la rentrée, différée d’une semaine, dans ce nouvel établissement qui comprend 4 classes, 2 salles de repos, une de matériel et une de sports, à savoir patienter et garder leurs enfants à la maison ou leur faire effectuer leur rentrée à l’école Notre Dame de Lourdes rue Coubronne (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site). Après la rentrée un appel paraît dans la presse locale car il reste des places disponibles.

Places disponibles pour inscription à la nouvelle maternelle (Document Nord-Eclair)
Photo aérienne en 1976, après la construction des 2 écoles (Document IGN)

Comme dans toute école, chaque année les petits élèves posent pour la photo de classe devant leur établissement. En 1978 et 1979, la presse locale se fait l’écho des voyage de classe des enfants de l’école, sous le soleil, à Verlinghem pour voir des animaux en quasi liberté puis, l’année suivante, l’école d’agriculture et d’horticulture de Genech, des activités scolaires axées sur le respect de la nature, le travail des hommes et l’éveil à la beauté.

Une photo de classe en 1977 (Document copains d’avant)
Sorties à Verlinghem en 1978 et Genech en 1979 (Documents Nord-Eclair)

Outre les sorties éducatives les petits fêtent, comme les plus grands, le carnaval, comme en 1986 avec Marie-Hélène Lebrun, la directrice. Pour l’occasion les chapeaux de fée sont posés sur les passe- montagne en raison du froid très vif qui règne à l’extérieur. Les 65 enfants mettent leurs nez rouges pour faire une promenade d’une demi-heure à l’extérieur sous la surveillance d’un groupe de 4 policiers pour prévenir tout risque d’accident.

Le carnaval en 1986 (Document Nord-Eclair)

L’année suivante, un grand spectacle est organisé, sur le thème du cirque pour l’occasion. Les enfants ont tout préparé, depuis les décors et les costumes, jusqu’aux numéros présentés : clowns, jongleurs, acrobates mais aussi ours, lions et éléphants…Puis parents et enfants refont le plein d’énergie en dégustant crêpes gaufres et pâtisseries vendues sur place en vue de financer le prochain voyage scolaire.

Le cirque à Sainte Geneviève (Document Nord-Eclair)

Au cours de cette même année 1987, les 65 enfants de l’école sont mis à contribution pour s’attaquer à la rénovation de leur cantine. Pendant 6 semaines, aidés par leurs 3 enseignantes et approvisionnés en pinceaux et en couleurs par le comité de gestion de l’école, les enfants imaginent et réalisent fresque murale, nappes, mobiles et vases de fleurs en ateliers. L’inauguration leur permet de profiter de la venue d’un magicien puis d’un goûter qui se termine par des danses.

Dessine moi une cantine (Document Nord-Eclair)

Bien sûr, à Sainte Geneviève comme dans toutes les autres école l’incontournable reste la traditionnelle fête de fin d’année. Ainsi, en 1988, après la remise des prix aux 70 élèves de l’établissement, différents stands permettent à tous de s’essayer à la roue, la main-courante, le chamboule-tout… Puis un repas réunit une cinquantaine de parents le midi avant de consacrer l’après-midi à la danse, du far-west à la Yougoslavie, en passant par l’Europe du Nord. Enfin la fête se termine par une grande tombola et plusieurs familles repartent chargés de cadeaux.

La fête de fin d’année en 1988 (Document Nord-Eclair)

La fin de la décennie 1980 et les années 1990 ne dérogent pas à la règle du carnaval. La traditionnelle dégustation de crêpes est suivie en 1989 d’un spectacle de marionnettes du théâtre de la Guignotte avant de laisser la place aux chansons et aux danses. L’année suivante ce sont 80 enfants qui se déguisent, car les effectifs sont en hausse, et profitent d’un spectacle de magie.

Carnaval en 1987, 1989, en 1990 (Documents Nord-Eclair)

Le spectacle de fin d’année en 1993 est particulièrement grandiose. La fête se déroule à la salle des fêtes : l’APEL se charge de l’intendance (friterie, buffet froid) mais aussi des jeux ; 300 personnes assistent au spectacle. En 1ère partie un groupe régale l’assistance de chansons des années 1970, puis les enfants interprètent la grande aventure de Gigi l’Hirondelle. Et en 95, ce sont 95 enfants qui font la fête, pour le carnaval, dans la salle Dunant prêtée par la mairie, devant un public de près de 400 personnes.

Spectacle de fin d’année en 1993 et carnaval en 1995 (Documents Nord-Eclair)

Durant ces 2 décennies l’école n’a pas subi de modification notable en dépit de variations d’effectifs. La presse, en 1974 parlait de 150 à 200 élèves qui pouvaient y être accueillis mais le nombre d’élèves n’a en fin de compte jamais atteint la centaine, variant entre 65 à ses débuts, avec 3 enseignantes, et 95 élèves à la fin du 20ème siècle.

Photos aériennes de 1981 et 1992 (Documents IGN)

En 1999, l’école qui compte 3 classes de maternelle et accueille 87 enfants, se voit affecter une toute nouvelle équipe : Mme Vanhoutte, la nouvelle directrice, et Mme Férez, la nouvelle enseignante, se joignent à Muriel Grimbele pour les encadrer. Cette dernière s’occupe des petits et Mme Ferez des moyens tandis que la directrice prend les grands en charge.

La nouvelle équipe enseignante en 1999 (Document Nord-Eclair)

A suivre…

La Marque : Nature et Ruralité

Le nom de cette rivière, affluent de la Deûle, vient d’un mot germanique : « marko » qui signifie « la marécageuse ». Longue d’une quarantaine de kilomètres seulement, elle a pourtant joué un très grand rôle dans l’histoire et la vie économique de l’agglomération de Lille-Roubaix-Tourcoing où elle dessine un demi-cercle depuis sa source à Mons-en-Pévèle jusqu’à sa confluence avec la Deûle à Marquette. Dès Pont-à-Marcq elle entre dans une plaine humide et marécageuse qu’elle retrouve à nouveau après Tressin, et d’où elle tire certainement son nom.

Le village de Ham en bande dessinée (Document Au temps d’Hem)

Hem vient de Hamma qui signifie : langue de terre se projetant en terrain d’inondation, soit un segment avançant dans les marais de la Marque. Une des premières orthographes de Hem est d’ailleurs Ham. Ses premiers occupants d’après les historiens : « peu d’hommes, des friches, des marécages, des taillis, des huttes de boue et de branchages réunies en hameaux qu’entourent des haies d’épines ».

Le bassin de la Marque est d’abord rural : un peu d’élevage, essentiellement des bovins ; énormément de terres labourables avec prépondérance des céréales mais aussi des pommes de terre et des endives. Le petit peuple vit alors de l’élevage des oies et de l’extraction de la tourbe. Les prairies se trouvent essentiellement au sud de Hem le long de la Marque de Hempempont jusqu’au Château d’Hem et ses terres labourables.

L’agriculture autour du Château d’Hem en bande dessinée (Document Au temps d’Hem)

« Le domaine est composé de la basse cour et du château proprement dit accompagné de ses jardins. Chacun de ces éléments est entouré de fossés remplis de l’eau de la petite Marque qui y serpente et fertilise les prairies où paissent des animaux. La basse cour, en briques, couverte de tuiles, comprend une série de bâtiments disposés sur trois côtés seulement et où se situe un imposant portail d’entrée, précédé d’un pont et accompagné d’une tour ronde à gauche, carrée à droite, d’un corps de logis à gauche, d’un pigeonnier à toiture en bâtière, d’une grange et d’étables.

Un pont relie cette ferme au château dont l’organisation est complexe puisqu’il est composé de deux cours et que la courtine se prolonge vers l’horizon au delà de la deuxième cour. Des tours cantonnent chacun des angles de ces deux cours, les unes carrées, les autres rondes, les unes modestes, les autres imposantes ou élancées. La destination des bâtiments est difficile à identifier. Tous sont disposés autour de la deuxième cour, tandis qu’autour de la première n’existent que des courtines régulièrement percées, hormis les tourelles précédemment citées et les portes. L’une d’entre elles donne sur un jardin dont le dessin figure une croix de Saint Louis, semble t il. »

Peinture d’Adrien de Montigny représentant le château en 1603 (Document Historihem)

La petite Marque, affluent de la Marque, longue de 9kms, prend sa source à Willems et dans son eau autrefois limpide on pêchait le brochet et la carpe. Ses eaux alors alimentaient les douves du Château d’Hem . Toute la zone comprise entre le parc du Château Wattine, à la limite de Forest et d’Hem, était drainée par une myriade de fossés.

Dès l’avènement des Comtes de Gand, du temps du premier château féodal d’Hem, des rouissoirs dotés d’écluses font parfois monter les eaux des cultures de ses voisins de Willems, suscitant leur mécontentement. Au dessus des terres du château d’Hem, au 18ème siècle, des moulins se trouvent sous le hameau de Valet (actuelle vallée) à l’emplacement approximatif de la briqueterie de la rue du Calvaire.

Les moulins de Hem en 1726 (Document Historihem)

Entre 1800 et 1920, la partie agricole d’Hem garde une place importante dans l’activité des villageois. Les rendements des terres sont remarquables tant elles sont bien entretenues et abritées des vents par toutes les crêtes boisées et elles bénéficient de l’humidité provenant de la Marque.

Au vingtième siècle, la rivière attire les habitants dans la partie amont et l’aval se tertiarise. Hem se structure en 3 parties : les industries sont localisées au bord de la Marque, des grands ensembles sont construits au nord à la limite de Roubaix pour loger la population ouvrière et au sud se situe un quartier plus résidentiel.

Photo aérienne de 1932 (Document IGN)
La famille sur le pont enjambant le cours d’eau (Documents collection privée)

Ainsi, dans la rue de Croix qui mène dans la ville du même nom, s’établit le Château de la Roseraie au n°111. Il est construit par Louis Leclercq-Huet qui descend d’une famille d’industriels. Comme le montre la vue aérienne de 1932, La Roseraie, ce n’est pas qu’une grande demeure majestueuse. C’est également un énorme terrain qui comprend, outre la bâtisse principale : plusieurs dépendances puis une ferme, des jardins, des prés, un cours d’eau…

Série de cartes postales de la Roseraie et une photo sur l’élevage dans le domaine (Documents collection privée)

Ainsi que le montre la série de cartes postales éditées sur le domaine à l’époque de sa construction, de multiples activités s’y déroulent, liées au cadre champêtre de l’endroit et à la présence du cours d’eau : élevage de bovins, d’ovins, de poules, pêche, canotage, vergers et magnifiques jardins.

Série de cartes postales de la Roseraie sur les jardins et vergers, la pêche et le canotage (Document collection privée)

La Marque alors poissonneuse fournit carpes et anguilles. Celles-ci deviennent d’ailleurs le plat de référence d’un restaurant fort prisé et fréquenté situé plus près du centre d’Hem, dans la même rue : l’Auberge d’Hempempont. Dans la série de cartes postales consacrée à celle-ci les viviers, l’écorcherie et la cuisine sont mises en valeur afin d’assurer la publicité de l’établissement.

Série de cartes postales de l’Auberge d’Hempempont (Documents collection privée)

La pêche se fait alors à la fois en rivière et en viviers. : les anguilles sont une source de nourriture fraîche ou fumée ; des viviers de carpes et tanches peuvent être aménagés en tous endroits. La chasse est également beaucoup pratiquée, Hem étant un terrain accueillant de multiples oiseaux sauvages : des échassiers de toute taille comme les cigognes qui chaque année passent à Hem, Lannoy et Lys. En 1968 à Hem, La Marque est encore une réserve de poissons. Aujourd’hui seuls les étangs permettent ce loisir tels que la base de loisirs du 90, avenue Delecroix avec son étang de pêche.

La base de loisirs et l’étang de pêche (Documents site internet)

En revanche, la Marque n’est pas un axe de circulation car son débit est trop faible. Bien au contraire, elle représente surtout un obstacle dans la mesure où elle coule souvent dans une plaine inondable, voire au milieu des marais et son passage est donc difficile. D’où l’importance stratégique des ponts qui le permettent.

La Marque et ses marécages sont ainsi, au cours de l’histoire, un obstacle important pour les troupes armées. Le pont de l’Hempenpont est alors l’ un des seuls passages praticables entre la Chastellenie de Lille et le château de Lannoy. Les armées vivent en ce temps-là sur le dos des habitants. A chaque conflit, le village de Hem et ses habitants subissent les pillages des troupes quelle que soit leur nationalité.

Croquis des ponts (Document Historihem)

Les 2 routes donnant accès à Hem par le sud traversent la rivière, l’une venant de Flers à l’Hempempont au « panpont d’Hem » et l’autre venant de Forest au pont de Forest. Ce pont est situé sur le territoire de Forest, village devenu plus tard la ville de Forest-sur-Marque.

CPA du pont de Forest qui enjambe la Marque (Documents collection privée)

Le pont d’Hempempont est encore aujourd’hui le seul pont existant sur le territoire de Hem. Le marquis d’Hem dispose à l’époque féodale, d’un droit de péage sur ce pont. Sans ces péages dédiés aux routes, la presque totalité des ponts et autres ouvrages destinés à franchir les passages difficiles, construits en France jusqu’au dix-septième n’auraient en effet pas existé et, après la construction, il fallait entretenir, réparer et surtout reconstruire.

Pont d’ Hempempont (Document BD Au Temps d’Hem)

Ce pont, en bois et très étroit à la fin du 19ème siècle, est d’une grande importance pour la liaison Lille-Lannoy, tant pour le commerce que pour l’armée. Il est alors surveillé par les policiers du commerce extérieur (douaniers).

Au début du vingtième siècle la meunerie Dufermont à Hempempont a une petite déviation sur La Marque, coupée par des vannes. Pour actionner ces vannes, on a construit au dessus de l’eau une petite passerelle d’ailleurs très étroite.

En octobre 1918, les allemands, qui ont fait sauter le Pont d’Hempempont, ont omis de faire sauter la passerelle de la meunerie Dufermont. Les anglais, profitant de cette aubaine inespérée, se lancent à la poursuite des allemands qui, de ce fait, n’ont pas le temps de faire sauter les habitations et les usines d’Hem.

Vue de la passerelle de la meunerie en 1964 (Document Historihem)

Au cours de la seconde guerre mondiale le pont d’Hempempont conserve également son importance stratégique. Les uns le font sauter et les autres le réparent comme sur une photo de 1940 où les soldats allemands travaillent à sa réparation après le départ des anglais.

Les allemands réparent le pont en 1940 (Document collection privée)

A part ces deux ponts, seules quelques passerelles pour piétons permettent de traverser la Marque dans la commune. Après la seconde guerre mondiale il n’est pas rare de voir les habitants se baigner encore dans la rivière pourtant déjà bien polluée en raison de l’industrialisation de ses rives.

Photos de passerelles et baignades dans la Marque (Documents Historihem)

A suivre …

Remerciements à l’Association Historihem ainsi qu’à Jacquy Delaporte, Christian Tell et Chantal Guillaume pour leur bande dessinée Au Temps d’Hem et enfin à Paul Delsalle pour son ouvrage sur l’ Histoire de la Vallée de la Marque.

Cimetière de Hem (suite)

En 1955, éclate à Hem ce qu’on appellera l’Affaire de Beaumont : alors que la construction du groupe scolaire de Beaumont est en projet depuis un an, il est reporté par un arrêté préfectoral qui déclare d’intérêt public l’acquisition d’un terrain de 60 hectares et, dans la foulée, le député maire de Roubaix, Victor Provo, saisit la ville de Hem du projet de création d’un cimetière dans le style de « Los Angeles » dans la plaine de Beaumont.

Le plan qui accompagne ce projet ne tient compte, ni des quelques 1000 logements ni de l’église Saint Paul, ouverte au culte en juin 1954, ni du château et de la cense de Beaumont qui y sont déjà construits, ni des projets d’accession à la propriété déjà planifiés.

Plan de la plaine de Beaumont avec ses constructions et plan du projet de cimetière (Documents Historihem)
L’affaire de Beaumont (dossier du syndicat d’initiative Les Amis de Hem créé en 1953) (Document Historihem)

En justification de ce projet, il est fait état de l’insuffisance du cimetière roubaisien actuel, et de l’impossibilité de trouver, dans les limites de la ville de Roubaix, un terrain assez vaste pour créer ledit cimetière. Le cimetière actuel roubaisien d’une superficie totale de 15 hectares, situé entre le canal et des bâtiments industriels, serait alors abandonné…

Il s’agirait donc de la création, sur le territoire de la ville de Hem, d’une vaste nécropole destinée à la ville de Roubaix, et donc d’une annexion pure et simple d’une partie de la ville de Hem, laquelle fait écho au projet d’annexion de 200 ha du territoire hémois, dont la plaine de Beaumont, déjà projetée en 1944 par l’administration municipale de Roubaix, pour y reloger des roubaisiens suite à la destruction programmée de 13.000 logements insalubres.

Titre du journal Nord-Eclair en mai 1955 (Document Nord-Eclair)

En mai 1955, en effet, le conseil municipal de Roubaix constate que de plus en plus les familles achètent des concessions et qu’à ce rythme, d’ici 3 ans, la réserve temporaire des terrains encore disponibles sera épuisé. Deux solutions sont donc envisagées : le maintien de l’ancien cimetière et la création d’une nouvelle nécropole ou la désaffectation du cimetière actuel et sa translation dans un endroit plus vaste.

C’est la 2ème solution qui est adoptée et le choix se porte sur la plaine de Beaumont située sur les territoires des communes de Hem et de Croix. Ce terrain d’une superficie de 60 hectares serait scindée en trois parties, ce qui permettrait d’en faire un cimetière intercommunal : 45 ha pour Roubaix, 10 ha pour Croix et 5ha pour Hem. La presse locale annonce le projet pour acquis.

Photo aérienne du cimetière de Lannoy dans les années 1950-1960 et plan IGN correspondant actuel (Documents IGN)

L’administration municipale de Hem, considérant la vocation résidentielle de la plaine de Beaumont, s’oppose fermement à ce projet et suggère qu’éventuellement, si un cimetière annexe s’avère réellement indispensable, elle pourrait en envisager l’implantation dans la zone rurale de son territoire, à côté du cimetière de Lannoy, situé lui aussi en territoire hémois. Cette suggestion est aussitôt rejetée par l’administration municipale roubaisienne.

Aucun accord n’étant trouvé, le projet est alors classé pendant trois ans et exhumé en 1958, quand le préfet du Nord prend un arrêté décidant la mise à l’enquête du dossier de la ville de Roubaix, concernant un cimetière intercommunal Roubaix-Hem-Croix. Entretemps le projet de lotissement du groupe de Beaumont II a été approuvé en 1956 et l’autorisation d’acquérir le terrain nécessaire à la construction du groupe scolaire a été accordée et celle-ci a été entreprise en fin d’année 1957.

A vous de juger (des amis de Hem) (document Historihem)

Le conseil municipal de Hem est donc plus que jamais opposé au projet de cimetière, pour des raisons évidentes de salubrité publique. La ville d’Hem, en la personne de Jean Leplat, son maire, rejette donc catégoriquement la conception d’un cimetière intercommunal Roubaix-Hem, car dans l’arrêté préfectoral de 1956 concernant le lotissement il est stipulé que le drainage dudit lotissement devra être exécuté de façon à faciliter l’évacuation des eaux du Cimetière intercommunal de Roubaix -Hem.

Or ces eaux seraient contaminées par des matières organiques en putréfaction et acheminées dans les réseaux d’égout des lotissements de Beaumont II, Beaumont I puis dans le collecteur de Carpeaux. Les Amis de Hem éditent quant à eux un tract destiné à aviser les habitants du quartier du danger qui les menace avec le nouveau projet de cimetière de 36 hectares comprenant ce qui reste de la plaine de Beaumont et une partie du plateau de la Tribonnerie.

Tract des Amis de Hem (Document Historihem)

Le préfet du Nord réagit à ce tract en précisant qu’il y a peu de chances que l’eau de la nappe soit en contact avec les corps mais qu’il est toujours possible de procéder à l’épuration des eaux de drainage du cimetière avant de les rejeter à l’égout. Il ajoute que par ailleurs la situation du cimetière projeté et des zones habitées n’est pas différente de celles de toutes les nécropoles de l’agglomération.

Le conseil municipal réaffirme son opposition au projet, considérant notamment que l’épuration des eaux de drainage du cimetière nécessiterait l’édification d’une usine d’épuration en pleine zone résidentielle et à proximité des lotissements de Beaumont et de la Citadelle. Le préfet confirme en réponse qu’une fois le projet au point, il le soumettra bien entendu au Conseil Départemental d’Hygiène.

Photos de Jean Leplat, maire de Hem, et Victor Provo, maire de Roubaix (Document Historihem et Wikipedia)

Jena Leplat, maire de Hem mais aussi médecin, s’étant battu contre le projet en tant que président d’honneur fondateur du syndicat d’initiative « les Amis d’Hem », cite en conclusion un extrait du rapport établi en 1945 par Guy Lapchin, alors urbaniste d’Hem et 10 ans plus tard architecte en chef du CIL de Roubaix-Tourcoing, comme argumentaire sur le plan humain.

Extrait du rapport de Guy Lapchin (Document Historihem)

Quelles qu’en soient les raisons le projet du cimetière de Beaumont est finalement abandonné et Jean Leplat, maire de Hem de 1947 à 1977, peut se targuer d’avoir su tenir tête à Victor Provo, maire de Roubaix de 1942 à 1977, ainsi que le montre avec humour la bande dessinée « Au temps d’Hem ».

J’ai fait peur à Victor (Document BD Au temps d’Hem)

Le seul cimetière de Hem reste donc celui qui se situe dans la rue du Cimetière, ancien chemin du même nom qui relie la rue du Docteur Coubronne à la rue de la Vallée. Ce cimetière connait alors un premier agrandissement, sur la droite par rapport à l’entrée qui se situait au centre, comme le démontre la photo aérienne de 1962 par rapport à celle de 1947. Le cimetière est alors pour vu d’une deuxième entrée sur la droite. Quant au cimetière de Lannoy, sur le territoire de Hem au bout de la rue des Trois Villes, il est ensuite intégré à la ville de Lys-lez-Lannoy dans la rue des Meuniers.

Photos aériennes du cimetière de Hem en 1947 et 1962 (Documents IGN)

Puis en 1977, le cimetière s’agrandit à nouveau, cette fois sur la gauche, avec la construction d’une chambre funéraire et l’aménagement d’un parking avec une nouvelle entrée telle que nous la connaissons aujourd’hui. Et en 1991, un colombarium, lieu fleuri et verdoyant disposant d’un jardin du souvenir, pour accueillir les cendres des défunts, est inauguré en même temps que le nouveau local technique destiné au personnel du cimetière.

Inauguration du colombarium en 1991 (Documents Nord-Eclair)
Photos aériennes de 1989 avec le bâtiment et le parking aménagé et de 2004 avec le colombarium (Documents IGN)

En 2004, à l’occasion de la commémoration du 06 juin 1944, la rue du Cimetière est transformée en rue du 06 juin 1944. Un cortège prend le départ de l’hôtel de ville jusqu’à l’ancienne rue du Cimetière et l’inauguration de la nouvelle rue a lieu, suivie du dévoilement des plaques par le député maire Francis Vercamer, en présence des élus, des représentants des associations patriotiques et de riverains.

Dans son discours le maire rappelle le sens de cette démarche et le choix de célébrer ce 60ème anniversaire en baptisant ainsi une rue historique dans laquelle se trouvent les marques du souvenir. Cette rue a en effet été marquée par les événements dramatiques de la seconde guerre mondiale, des soldats anglais y ayant à l’époque trouvé refuge chez Anna Reversez, dont cet acte de résistance lui coûta la vie en déportation à Dachau et dont les descendants sont présents pour cette journée d’hommage.

Dévoilement de la plaque de la nouvelle rue sur l’ancien café de la Paix lieu de rendez-vous avec le fossoyeur à la fin du 19ème siècle (Documents Historihem Nord-Eclair)

Dans les années 2020, le cimetière s’est encore étendu sur la droite jusqu’à l’avenue d’Aljustrel. L’ancien cimetière entouré de champs fait maintenant face au Jardin des Perspectives et a donc conservé son cadre paisible, même si les arbres qui ont longtemps bordé la rue ont aujourd’hui disparu. Il dispose toujours de l’ancienne entrée principale, de l’entrée plus à droite et de la nouvelle entrée donnant sur le parking.

Photo aérienne de 2023 et les 3 entrées sur la rue du 06 Juin 1944 de gauche à droite (Documents Google Maps)

Remerciements à la ville de Hem, l’association Historihem ainsi qu’à André Camion et Jacquy Delaporte pour leurs ouvrages Hem d’hier et d’aujourd’hui et Jacquy Delaporte, Christian Teel et Chantal Guillaume  pour leur bande dessinée Au Temps d’Hem

Cimetière de Hem

Au XVIII ème siècle, le cimetière de Hem, comme la plupart des autres cimetières de l’époque, se trouve autour de l’église du village. C’est un lieu de passage et il n’est alors pas clôturé. Ce n’est qu’en 1821 qu’on l’entoure d’un mur. A la moitié du XIX ème siècle les morts sont toujours enterrés dans ce cimetière bordé de peupliers qui ne sont abattus que parce qu’ils empêchent le jour de pénétrer dans l’église.

Extrait du cadastre de 1824 (Document Historihem)
Tentative de reconstitution de la place d’Hem sur croquis (Document Hem d’hier et d’aujourd’hui)
Pierre tombale de Jean-Baptiste Bernard datant de 1864, sur le mur de l’église Saint Corneille (Document Historihem)

Pourtant en 1875, la Préfecture intervient pour faire respecter la législation et le cimetière doit être déplacé. Le conseil trouve alors un terrain d’1,59 hectares appartenant au bureau de bienfaisance et loué au sieur Dufermont, situé à proximité de la place et donc de l’église. Le transfert des tombes est réalisé par le sieur Leonard et le carré réservé aux protestants et aux suicidés est annexé au cimetière commun dans un chemin bordé de champs. Il s’agit d’un chemin rural, partant de l’estaminet du Tilleul, qui portera dès lors le nom de Chemin du Cimetière.

CPA du chemin du cimetière au début du 20ème siècle et de l’intérieur du cimetière (Document collection privée)
Vue aérienne du cimetière en 1933 (Document IGN)

Dès lors, à la fin du XIX ème siècle, le mur de l’ancien cimetière est abattu, afin d’agrandir la place et dégager l’église. Les travaux sont réalisés sous la direction de Ferdinand Deregnaucourt, architecte roubaisien. Est ensuite édifié sur la place le monument, dédié aux soldats morts pour la patrie depuis 1851, face au portail principal de l’église, sous la responsabilité de celui-ci. Quant au marbrier il s’agit d’Henri Wille, roubaisien lui aussi, installé 37 rue de l’Alma à Roubaix. En 1905, le monument est à son tour déplacé vers le nouveau cimetière.

Travaux réalisés pour agrandir la place d’Hem en 1892 (Document Historihem)
Maquette du monument (Document Archives Départementales du Nord)
Le monument aux morts installé sur la place en 1894 puis au cimetière en 1905 (Documents Historihem)
Souvenir de la bénédiction du monument (Document Hem mémoire en images)

Ce monument à l’origine est constitué d’un pilier commémoratif en forme d’obélisque sur lequel figure la liste des soldats morts pour la patrie. Après les deux guerres mondiales, le monument est agrandi et l’obélisque est surmonté d’une croix avec deux épées entrecroisées tandis que les piliers, sis des deux côtés des quatre marches y menant, sont décorés de casques militaires taillés dans la pierre. Le monument comporte dès lors sur différentes plaques les noms des soldats et victimes civiles morts durant les guerres de 1870-71, 1914-18 et 1939-45. De nombreuses tombes militaires dont celles de soldats britanniques sont rassemblées autour du nouveau monument aux morts.

Le monuments aux morts agrandi après les deux guerres mondiales (Document collection privée)
Une vue du cimetière avec le monument entouré de tombes militaires (Documents université de Lille)

En avril 1950, la municipalité de Hem décide de faire ériger un monument à la mémoire des morts déportés et internés de la Résistance de la commune à l’entrée du square de la mairie. La journée d’inauguration commence par une messe du souvenir célébrée par l’abbé Delecroix, à l’église Saint Corneille, avec allocution de l’abbé Deconinck ex déporté de Dachau. La fanfare Saint Corneille prête son concours à la cérémonie religieuse.

Puis un cortège part de la Place de la République par les rues du Docteur Coubronne puis du Général Leclerc pour gagner la mairie. Les habitants sont invités à assister en grand nombre à la cérémonie afin de témoigner leur sympathie et leur reconnaissance aux familles des dix hémois dont les noms sont gravés sur le monument.

Travaux préparatoires de terrassement (Document Nord-Eclair)

Le cortège qui défile comprend : les Cavaliers de la Marque, les Douaniers de la brigade de Hem, les gardiens de la paix, la Fanfare Saint-Corneille, les Drapeaux de toutes les sociétés de déportés et de résistants, l’association des déportés et résistants, l’Harmonie Municipale, le Conseil Municipal, les familles de déportés, les Anciens Combattants, la clique La Vaillante, les déportés du travail, réfractaires et maquisards, la clique La Gauloise ainsi que les amicales laïques et associations sportives…

A la mairie les participants se groupent autour du monument pavoisé aux couleurs françaises, belges, anglaises, américaines et russes. C’est le moment des discours, dont le premier prononcé par Jean Leplat, maire de la ville. Puis interviennent Jules Corman, pour la France Combattante, amicale des résistants de Hem, suivi de Louis Christiaens, député et ancien déporté de Buchenwald, et enfin le Docteur Guislain, conseiller municipal de Roubaix et fondateur du réseau de résistance Action 40 .

Le monument, le discours de Louis Christiaens et photo du Docteur Guislain dans les années 1950 (Documents Nord-Eclair)

C’est devant cette stèle que se déroulent par la suite les manifestations à la mémoire des hémois morts en déportation. Ainsi en 1967, en présence des anciens combattants, des membres de la résistance et des conseillers municipaux, le docteur Jean Leplat dépose une gerbe de fleurs devant le monument après un moment de recueillement.

Le dépôt de gerbe en 1967 (Document Nord-Eclair)

En 2016, le monument se situe encore dans le parking de l’Hôtel de Ville de Hem, surmonté d’un drapeau mais doit être déplacé au moment où commencent les travaux d’agrandissement et de modernisation de celui-ci. Il est alors déplacé au cimetière de Hem près du Jardin du Souvenir et du colombarium, où il se trouve encore aujourd’hui.

Le monument dans le parking de l’Hôtel de Ville en 2016 puis au cimetière en 2023 (Document Google Maps et photo IT))

A suivre…

Remerciements à la ville de Hem, l’association Historihem ainsi qu’à André Camion et Jacquy Delaporte pour leurs ouvrages Hem d’hier et d’aujourd’hui et Jacquy Delaporte, Christian Teel et Chantal Guillaume  pour leur bande dessinée Au Temps d’Hem