Ancolie et le Jardin d’Ancolie

La Place de la République, autrefois appelée Place Verte, au centre du village de Hem, a toujours été très commerçante et le numéro 4 de la Place a abrité des commerces variés. Au début des années 50, c’est une épicerie qui s’y trouve, gérée successivement par les couples Berton-Ducatillon puis Bazin-Mory.

Photo des numéros 4 à 6 Place de la République durant les années 1950 (Document collection privée)

A la fin des années 60 c’est Mme Despret qui s’y installe ; elle est alors répertoriée dans le Ravet-Anceau à la fois dans les catégories légumes et poissonnerie. Puis le commerce devient : Desprets fruits et primeurs dans les années 1970 et pendant près de 30 ans.

Photo de la place dans les années 1980 (Document Hem 1000 ans d’histoire)

Instantané de mémoire: « Lorsque je m’installe à Hem, fin 1986, à deux pas de la Place de la République, pas d’hésitation à avoir, pour les fruits et légumes, je passe chaque semaine chez Desprets. Quelque soit l’heure où je choisis d’y aller je dois faire la queue car le magasin ne désemplit pas. Tout le monde y va ; c’est une institution du centre ville ».

Le journal Nord Eclair publie régulièrement des publicités et lui consacre même un encart publicitaire avec photo en 1979. Par ailleurs les Ets Desprets font leur publicité dans différentes parutions notamment publiées par la municipalité hémoise.

Publicités classiques et encart publicitaire avec photo (Documents Nord-Eclair)
Publicités insérées dans différentes parutions (Documents Historihem)

En Mai 2004, c’est un tout jeune fleuriste : Nicolas Pomart, qui reprend l’ancienne boutique de fruits et primeurs pour y installer son commerce de fleurs à l’enseigne : « Ancolie ». Au fil des ans et de l’évolution de sa fibre artistique, Nicolas Pomart fait évoluer la devanture de son commerce ainsi que l’aménagement intérieur de celui-ci et cherche toujours à y proposer des nouveautés.

Photos de la devanture du commerce en 2008, 2013, 2016 et 2018 (Documents Google Maps)

Photos de l’intérieur du magasin en 2022 (Documents Facebook Ancolie)

Il y a déjà plusieurs fleuristes à Hem, dont Jean-Michel Clarisse, installé 208 rue Jules Guesde depuis 1979, au moment de l’ouverture d’Ancolie à Hem Centre. Ce fleuriste qui fait partie de l’Union des Commerçants Hem J’aime et qui propose les services de livraison Interflora a une très bonne renommée dans la ville et fait de la publicité dans le journal Nord-Eclair.

Publicité (Document Nord-Eclair) et photo du magasin dans les années 1980 (Document Historihem)

Instantané de mémoire :« De la même façon que pour les fruits et légumes, en ce qui concerne les fleurs j’ai pour habitude de me tourner vers Jean-Michel Clarisse chez qui mes parents, demeurant rue des Ecoles, ont toujours plaisir à se fournir. C’est ce fleuriste qui décore d’ailleurs la voiture de mon père le jour de mon mariage et me fait mon bouquet de mariée » .

Décoration de la voiture et bouquet pour le mariage (Document collection privée)

Jean-Michel Clarisse et son épouse restent pendant près de 40 ans dans leur joli commerce où, tandis que Jean-Michel compose de magnifiques bouquets dans son atelier, son épouse sert la clientèle avec professionnalisme et une gentillesse exceptionnelle. Leur magasin est très coloré et attirant.

La boutique Clarisse en 2008 et 2016 (Documents Google Maps)

Lorsque le couple cède son commerce pour prendre une retraite bien méritée, Nicolas Pomart le reprend, fort de son expérience à Hem centre et, après quelques travaux d’aménagement, ouvre sa deuxième boutique de fleurs à Hem à l’enseigne : Au jardin d’Ancolie, embauchant au passage 2 personnes expérimentées pour l’assister sur les 2 points de vente.

Publicités pour le nouveau magasin (Document Facebook)

Nicolas Pomart modernise la boutique aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur et lui apporte sa touche personnelle. Il crée également un profil Facebook pour chacun des 2 magasins afin de pouvoir y présenter en temps réel toutes les nouveautés à la fois florales et décoratives qu’il propose à sa clientèle en fonction des saisons.

La boutique vue de l’extérieur en 2018 et 2020 (Documents Google Maps)
Nicolas Pomart dans sa boutique (Document Facebook Jardin d’Ancolie)

Remerciements à Historihem

L’agence bancaire de la Société Générale à Hem

C’est dans l’annuaire de 1947 à 1949 qu’est répertorié pour la 1ère fois le n° 115 de la rue Jules Guesde, au nom de Lemenu, dans la catégorie peinture, droguerie, papiers peints. Toutefois son entreprise date déjà de plus de 10 ans à cette époque puisqu’une publicité figure dans la presse de 1935.

Publicité de 1935 au nom de Lemenu-Mathon (Document archives Historihem)

Ce commerce évolue par la suite vers la décoration intérieure et toute la partie décors funèbres figurant dans cette publication n’est plus évoquée dans une autre publicité, parue quelques années plus tard, au seul nom de Lemenu. On peut constater que la nouvelle activité de la maison est axée sur les rideaux, avec confection de panneaux de toutes dimensions.

Autre publicité au nom de Lemenu (Document archives Historihem)

Dans les années 60, le commerce est ensuite répertorié, dans la catégorie droguerie par le Ravet-Anceau de l’époque, sous les noms successifs de Lepers puis Burlin. Le bâtiment qui abrite ces magasins successifs est une petite maison à basse toiture dans une rangée d’habitations et commerces du même style.

C’est dans les années 1970 qu’une banque prend le relais des petits commerces précédents. Il s’agit d’une agence de la société générale qui dépend de la grande succursale roubaisienne, sise avenue Jean Lebas. L’aspect extérieur n’est que peu modifié si ce n’est la présence d’une grille protectrice de la porte d’entrée et l’agence est manifestement l’une des plus petites de la métropole.

Agence de la société générale dans les années 1970 (Document archives Historihem)

C’est l’époque où les agences bancaires distribuent chaque année des petits calendriers publicitaires de poche à leur clientèle et l’agence de Hem ne fait pas exception à la règle, en profitant pour diffuser un petit plan de sa situation dans la ville. Sur ses publicités parues dans la presse apparaît également le logo de l’association commerçante hémoise : les commerçants d’Hem, j’aime.

Calendrier publicitaire et publicité portant le logo de l’association commerçante de la ville (Documents collection privée et archives Historihem)

La Société Générale est facilement identifiable par les initiales «SG» et elle a longtemps utilisé ces deux lettres pour communiquer. Depuis 1969, elle s’est dotée d’un logo en forme de spirale qu’on appelle le logo Pasquier en référence à son créateur. C’est ce logo qui figure sur l’enseigne des agences dans les années 1970 ainsi que sur tous les documents publicitaires.

Monogramme SG et Logo Pasquier (Document Culture Banque)

Ensuite la banque adopte un logo rouge et noir de la forme d’un carré pour représenter la solidité et la rigueur d’un groupe qui s’internationalise. Ce logo est ensuite apuré sans le nom de la banque « Société Générale » qui se glisse sur le côté droit de la forme, une astuce qui permet à la banque d’harmoniser son identité visuelle à l’international.

Nouveau logo carré rouge et noir et évolution suivante (Document Culture Banque)

L’enseigne des agences suit exactement la même évolution comme le démontre les photos de l’agence hémoise en 2008 (carré avec le nom de la banque au milieu) et 2018 (carré apuré du nom avec une simple bande blanche au milieu).

La façade de la Société Générale de Hem avec sa nouvelle enseigne en 2008 puis 2018 (Documents Google Maps)

Pendant ces dix années, comme le montrent les photos, l’agence hémoise est munie d’un distributeur bancaire, lequel est signalé par le site du Petit Fûté. C’est à priori le seul Distributeur Automatique de Billets (DAB) figurant dans la rue Jules Guesde à Hem pourtant longue de plusieurs kilomètres.

Signalement du DAB de la SG par le Petit Fûté (Document site internet)

En 2018, la municipalité annonce dans Tout’ Hem un projet de nouveau centre commercial : « La Blanchisserie », rue Jules Guesde. La construction ne débute cependant qu’en mars 2019. Confiée à l’agence VDDT Architecte, l’opération consiste en la réalisation d’un pôle commercial constitué de 6 cellules commerciales livrées semi-finies, l’aménagement spécifique des locaux étant à la charge des futurs preneurs. 

Annonce de la municipalité (Documents Tout’Hem)
Nature du projet (Document site internet VDDT)

L’agence Hémoise de la société générale décide de déménager et d’occuper l’une des cellules de ce nouvel espace commercial spacieux et lumineux. Elle intègre donc en 2020 la cellule E de l’espace commercial « La Blanchisserie » sis au n° 348 de la rue Jules Guesde et s’éloigne ainsi du centre d’Hem vers la ville de Lannoy.

Nouvelle agence bancaire hémoise en 2020 (Document Google Maps)
Le 115 rue Jules Guesde en 2020, agence fermée et enseigne non encore démontée (Document Google Maps 2020)

Article dédié à Philippe Fontenay

Remerciements à la ville de Hem et l’association Historihem

Teinturerie Lenfant

(suite de l’article précédemment édité et intitulé :Henri Delecroix)

Entre temps, Henri Delecroix a cédé son entreprise au fils de Louis LENFANT, le dernier tisserand à l’ « otil » de la rue du Calvaire, Rémy Lenfant. Celui-ci avait initialement créé une teinturerie à Willems au lieu dit « Le Robigeux », 32 rue d’Hem, en 1911. Il s’y occupait des écritures, son beau-frère Jules FONTAINE, était chargé de la clientèle, et Albéric PARENT y était technicien teinturier. Il abandonne donc l’activité brasserie de son prédécesseur pour rouvrir une teinturerie à Hem.

CPA de la 1ère teinturerie Rémy Lenfant à Hem ( Document collection privée)
Courrier de la teinturerie en 1929 (Document Historihem)

Dans les années 1920, Rémy Lenfant achète également 1.100 mètres carrés de terre agricole dans l’avenue de la Gare (actuelle avenue Delecroix, après s’être également appelée rue de la Place) et y construit sa résidence, presque en face de sa nouvelle usine, située dans la rue du Rivage, laquelle bien que prenant sa source dans l’avenue lui est presque parallèle.

Photo aérienne de la propriété en 1933 et en 2022 (Document IGN et Google Maps)
Photos de la maison de maître (Documents Historihem et Google Maps)

On retrouve la teinturerie « Remy Lenfant et Cie » dans l’annuaire dès 1923. L’ usine ayant brûlé en 1940, à l’exception des bâtiments situés en bordure de rue, est reconstruite après 1946 grâce aux indemnités perçues pour les dommages de guerre. A la fin des années 40, Rémy Lenfant possède également une usine au 45 rue Jules Guesde à Roubaix.

Vue aérienne de l’usine de Roubaix en 1951, et en 2022 le magasin Lidl à son ancien emplacement (Documents IGN et Google Maps)

L’usine de Hem pratique le blanchiment, l’apprêt et la teinture sur bobines et sur écheveaux des fils de laine, de lin, de coton et de fibres synthétiques ainsi sur les articles non confectionnés. L’activité de teinturerie des tissus reprend en 1951 et celle des fils vers 1970.

En-tête de facture de 1955 (Document Historihem) et en tête d’enveloppe (Document collection privée)
Publicités de l’entreprise dans les années 60 (Documents Historihem et collection privée)
Vue aérienne de la teinturerie dans les années 60 (Document Historihem)

L’entreprise puise sa force dans son évolution constante au fil des décennies : dans les années 1950 la teinturerie se spécialise ainsi dans les revêtements de sièges et tissus d’ameublement. Puis 10 ans plus tard elle réalise des investissements lourds avec achat d’autoclaves pour teindre le fil.

Dans les années 1970-80, les investissements continuent et la teinture des rubans, ceintures et fermetures éclair débute. Puis dans les années 1990, l’usine s’ouvre à de nouveaux marchés avec la teinture de vêtements finis ou semi-finis, sans pour autant abandonner les tissus d’ameublement, fils et rubans.

Vues de l’usine en 1992 (Document Historihem) et publicité (Document collection privée)

A cette époque, l’entreprise est gérée par Jean-Pierre Lenfant et Géry Fontaine, les arrières petits fils des fondateurs. Ils emploient 14 personnes alors qu’avant 1940, les salariés étaient une cinquantaine. L’eau, pompée à 18 mètres dans le forage de la brasserie en 1910, est pompée, dès lors, à 160 mètres de profondeur.

Vues de l’usine de l’extérieur (Documents Google Maps et Historihem)
Vues des ateliers (Documents Historihem)

Dans les années 2000, la teinturerie Lenfant est titulaire du label Nord Terre Textile et a réalisé un important programme d’investissement dans une rame en grande largeur (3m20) qui lui permet de diversifier ses services aux clients et de renforcer encore la qualité. Le dirigeant de l’entreprise est désormais Jérôme Lenfant et François Fontaine est administrateur.

Logo et publicité de l’entreprise des années 2000 (Document site internet)

Remerciements à l’association Historihem, André Camion et Jacquy Delaporte pour leurs ouvrages Hem d’hier et d’aujourd’hui et Hem 1000 ans d’histoire ainsi qu’à Jacquy Delaporte, Christian Teel et Chantal Guillaume  pour leur bande dessinée Au Temps d’Hem

Henri Delecroix

C’est dans l’annuaire de 1893 que le nombre de brasseries à Hem passe de 3 à 5 avec la brasserie d’Henri Delecroix. Né en 1861, de parents cultivateurs, et de santé fragile il passe son enfance sur la côte où il fait ses études. Rentré à Hem il y crée en 1888 une brasserie dotée d’un outillage moderne qui prend rapidement de l’extension dans les environs. Installée rue du Rivage, l’entreprise prend le nom de brasserie du Rivage.

CPA de la brasserie du Rivage (Documents collection privée)
Facture de 1893 (Document Historihem)

Comme la plupart des brasseurs de l’époque Henri Delecroix est propriétaire de plusieurs estaminets sur la commune. Ainsi on peut citer le café brasserie du Rivage situé au coin de la rue du même nom, le Franc Bouleux au 244 rue de Lannoy (actuelle rue Jules Guesde), la Halte au Petit Lannoy, l’Hermitage rue Poivrée (actuelle rue du Général Leclerc), la Paix (au bout de la rue du Cimetière), le Pinson (au coin de la rue de la Vallée et de la rue de Lannoy…

Quelques estaminets appartenant à Henri Delecroix : le Rivage, le Franc-Bouleux, la Paix et le Pinson (Documents collection privée)

Entré au conseil municipal dès 1896, Henri Delecroix est élu maire de la ville (d’Union Républicaine) en mai 1900 et reste à la tête de la commune jusqu’en 1925. Les journaux de l’époque le décrivent comme bienveillant : « il n’est vraiment heureux que lorsqu’il peut donner satisfaction…sincèrement démocrate il accorde toute sollicitude aux humbles, aux travailleurs ». Les caricatures le représentent assez petit mais râblé, cheveux en brosse, belle moustache et barbe en pointe.

Caricature représentant Henri Delecroix et photo des membres du Conseil Municipal (Documents Historihem)

C’est l’époque où est votée la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat de Mr Waldeck-Rousseau. Mr Delecroix est de la même tendance républicaine de gauche et répercute donc son programme au plan local, si bien que ses rapports avec les catholiques se durcissent, notamment lorsqu’il réclame la clef de l’église au curé : Edmond Pollet.

Rapports tendus avec le clergé (Document Au Temps d’Hem)

La gestion de l’équipe Delecroix marque la vie municipale d’une très large empreinte sociale (assurance accidents des employés communaux, consultations pour nourrissons, fourniture de livres aux indigents…) Il fait aussi établir avant la 1ère guerre un projet de distribution d’eau potable « sur évier » par la société des Eaux du Nord et met en place un service d’ébouage.

Photos d’Henri Delecroix (Documents Historihem)

Le progrès technique facilite également la vie de tous les jours et un avis favorable est donné par le conseil municipal suite à l’enquête sur la création d’une ligne de tramways électriques à travers Hem. C’est la ligne Roubaix Hem qui entre en service la 1ère suivie de la ligne de Lille à Leers.

La ligne de tramways (Document Au Temps d’Hem)
Document de 1914 (Document Historihem)

En Octobre 1914, avec le début de l’occupation allemande, comme tous les autres maires, Henri Delecroix reçoit un ordre d’évacuation du préfet pour tous les hommes mobilisables encore dans leurs foyers sauf les fonctionnaires qui restent à leur poste. Les vexations journalières commencent et la ville est soumise à un pillage filtré et méthodique qui fait le vide partout.

Des ouvriers hémois sont incorporés de force dans des bataillons civils et expédiés dans les Ardennes pour du travail obligatoire pour les occupants. L’autorité allemande ajoute à la déportation des hommes celle des femmes, expédiées dans les villages désertés des Ardennes ou réquisitionnées pour la moisson.

 Jeunes hommes déportés et jeunes filles d’Hempempont réquisitionnées pour la moisson (Documents Hem d’hier et d’aujourd’hui)

La commune doit quant à elle subvenir au logement, au bien-être et à la nourriture de l’ennemi. La population est réquisitionnée à tout moment pour travailler suivant le bon vouloir des allemands et ne peut pas quitter la ville comme elle le veut. La commune fournit chaque jour du bois à brûler aux troupes allemandes. En revanche, les écoles et les églises ne peuvent pas être chauffées.

Avertissement et appel à la population (Documents Hem d’hier et d’aujourd’hui)

4 ans plus tard les troupes allemandes évacuent et en décembre 1918, Henri Delecroix peut réunir son conseil municipal. Le conseil a la possibilité d’ ouvrir à nouveau les dossiers laissés pour compte pendant la guerre et de prévoir un budget spécial pour faire face à toutes les dépenses concernant les dommages de guerre avec une aide préfectorale.

Au début des années 1920, le projet relatif à l’établissement de la distribution d’eau potable dans toute la commune est relancé et en 1926 les canalisations sont implantées et 22 bornes fontaines installées. Puis c’est l’éclairage public de la commune qui est soumis au vote du conseil municipal et l’installation du réseau d’électricité pour tous usages dans la commune est réalisée par la société Tricoit de Lannoy.

Borne fontaine (Document Hem mille ans d’histoire et document au temps d’Hem)

Puis, en 1925, Henri Delecroix perd son mandat de maire au profit de Julien Lallart. Il décède en 1933 d’une longue maladie à son domicile, 11 place Verte (actuelle place de la République).

Domicile de Henri Delecroix sur la place d’Hem (Document Historihem) et photo aérienne de la demeure en 2020 (Document Google Maps)

A suivre…

Remerciements à l’association Historihem, André Camion et Jacquy Delaporte pour leurs ouvrages Hem d’hier et d’aujourd’hui et Hem 1000 ans d’histoire ainsi qu’à Jacquy Delaporte, Christian Teel et Chantal Guillaume  pour leur bande dessinée Au Temps d’Hem

Georges Bernard – La villa Pax

Pendant la première guerre mondiale, un jeune appelé hémois, dont le père est ouvrier à la brasserie Leclercq, comprend qu’il est nécessaire, pour soutenir le moral des hommes, de leur donner des nouvelles des copains et de la famille. A cet effet le sergent Georges Bernard, né à Hem en 1890, crée « le Trait d’Union », un bulletin d’information.

Le Trait d’Union n° 4 partie haute de la page 1 (Document archives Historihem)

Georges n’a reçu qu’une instruction primaire à l’école privée Saint Corneille mais a ensuite poursuivi ses études aux cours du soir à Lille. Capacitaire en droit, il a été reçu à plusieurs concours administratifs. Il a rassemblé toutes les adresses des camarades de Hem qui sont au front afin de pouvoir établir une liaison entre eux et les civils restés au village.

Tiré chaque mois à 300 exemplaires, ce petit journal est attendu par tous et apporte des nouvelles des poilus à la famille et des nouvelles du village aux hommes dans leurs tranchées. Le secrétaire du journal est Jean Castelain, professeur à Saint Charles, qui, réfugié à Paris, y a trouvé du travail au Crédit du Nord et une machine à écrire pour taper ses textes, toujours sous la direction de Georges.

Photo de Georges Bernard (à droite) au front en avril 1916 (Document archives Historihem)

Le Trait d’Union  assure ainsi la liaison entre les mobilisés et la population d’Hem jusque la fin de la guerre en novembre 1918. A son retour, titulaire de la croix de guerre, Georges Bernard devient le Président-fondateur de la Fraternelle des Anciens Combattants.

Photo de la FAC (Document archives Historihem)
Photo du drapeau de la FAC (Document archives Historihem)

Il entre également en politique et devient conseiller municipal à Hem, de 1920 à 1925, et porte-parole du Parti Démocrate Populaire. Il représente les chefs de familles nombreuses et entre au conseil d’administration de la société d’habitations à bon marché « Notre Toit ».

En 1926, il commence à faire construire la villa Pax au 73 rue du Calvaire à Hem. Un portrait d’Achille Plouvier se trouve dans la salle à manger de cette villa. Il s’agit du père de Cécile Plouvier épouse Bernard qui était un maillon de la chaîne des organistes de la famille Plouvier qui se sont succédé à Lannoy depuis François Plouvier, né en 1789, jusqu’à Louis Plouvier, né à Lannoy en 1921, et qui a tenu de longues années les orgues de la paroisse St Jean Baptiste de Roubaix.

Portrait d’Achille Plouvier (Document collection privée)

Cette villa devait initialement être accolée à une seconde maison identique qu’aurait occupée l’un des frères de Georges mais qui n’a finalement jamais été construite, ce qui explique sans doute le fait que l’un des pignons de la maison soit aveugle. Quant au nom de la demeure on peut imaginer qu’il ait été choisi pour marquer l’attachement de cet ancien combattant à la paix.

Photo de Georges Bernard en 1931 avec son épouse Cécile Plouvier et ses enfants devant la villa Pax (Document collection privée)

Mais le 25 septembre 1939, le petit journal réapparaît malheureusement, sous le n° 1 et pour  les quatre ans de la seconde guerre mondiale, toujours sous la direction de Georges Bernard. Ce 1er numéro du nouveau Trait d’Union fait d’ailleurs référence au « fléau de la guerre ». Son but est le même qu’auparavant : apporter soutien et réconfort aux soldats et à leurs familles.

Trait d’Union n° 1 de 1939 (Documents archives Historihem)

Georges Bernard reprend une teinturerie construite en 1923, 32 rue de Hem à Willems près de la Marque. L’atelier de fabrication se trouve en rez-de-chaussée ; les murs sont en brique et une grande cheminée d’usine surplombe la cour. Pendant la guerre l’entreprise ferme ses portes et les rouvre après guerre.

Photo de l’usine de nos jours, fermée en 2012 (Document vivacités Hauts de France)
Publicité 1965 (Document Ravet Anceau)

Lors de ses loisirs il est membre de la fanfare Saint-Corneille en plus de ses multiples occupations citées plus haut.

Photo fanfare Saint-Corneille (Document archives Historihem)

Après-guerre, il est également reconnu comme ayant fait partie de la résistance dans les rangs de Libération-Nord. Il est proposé pour recevoir la croix de chevalier de la légion d’honneur. Il reçoit également la médaille militaire en 1964.

Attestation de Libération-Nord mouvement de résistance (Document archives Historihem)
Photos de la remise de médaille militaire en 1964 (Documents archives Historihem)

Il décède en décembre 1972 et ses funérailles sont célébrées en l’église Saint-Corneille en présence d’une assemblée fort nombreuse et sous une avalanche de fleurs dont les couronnes envoyées par l’usine de Willems.

Dans le chœur ont pris place les porte-drapeaux  de la légion d’honneur, des Francs Amateurs d’Hem, de la Fraternelle des Anciens Combattants et des médaillés militaires. Mr Leplat, maire de Hem est également présent avec plusieurs membres du conseil municipal.

Sa veuve continue ensuite à vivre dans la villa Pax comme l’atteste le Ravet-Anceau de 1979.

A ce jour la villa abrite le siège social de la société de Mr Christophe Czapla ainsi que son épouse en qualité de profession libérale.

Photo aérienne de la villa en 1976 et 2021 (Document IGN et Google Maps)
Photo de la villa en 2021 (Documents Google Maps)

Remerciements à André Camion et Jacquy Delaporte, à Historihem et à Mr et Mme Christophe Czapla ainsi qu’aux descendants de Georges Bernard

 

 

 

 

 

Le collège Elsa Triolet à Hem (Suite)

En 2010, à la rentrée, les 730 collégiens hémois (anciennement répartis entre Elsa Triolet et Albert Camus) sont hébergés au collège Elsa Triolet en attendant l’ouverture en janvier 2011 du nouveau collège (Raymond Devos) rue Jean Jaurès, lequel doit être construit à l’emplacement de l’ancien collège Albert Camus qui a fermé.

Le collège Elsa Triolet en 2008 rue Jules Guesde et vue arrière depuis la rue Jules Ferry (Documents Google Maps)

En avril 2012, la municipalité annonce dans le magazine Tout’Hem la prochaine démolition du collège Elsa Triolet, vidé de ses élèves depuis un an. Le chantier est en préparation et le désamiantage précédera la démolition qui devrait avoir lieu à l’été 2012, tout cela pour un coût de 600 000 euros.

On démolit et on construit (Document magazine Tout’Hem avril 2012)

La ville de Hem va bientôt construire à sa place 200 logements, une résidence services pour personnes âgées et une salle polyvalente à vocation culturelle (Le Zéphyr). Les riverains doivent donc s’attendre à trois ou quatre ans de travaux et la rue Jules-Guesde va devoir s’habituer au bruit des engins de travaux publics… 

Démolition du collège en 2012 (Documents Historihem et collection privée)

Les photos aériennes de la zone en 2009 et 2012 montrent le changement de physionomie de la rue sur cette première tranche de 3 ans. Quant aux photos prises rue Jules Guesde à l’emplacement de l’ancien collège en 2013, 2016, 2018 et 2020, elles attestent des différents travaux réalisés sur 8 ans dans ce quartier d’Hem Bifur emblématique du « vieux Hem ».

Photos aériennes de la zone en 2009 et 2012 (Documents IGN)
Photos de l’ancien emplacement du collège (Documents Google Maps)

En 2016, la Voix du Nord explique que la résidence Louis-Aragon va commencer à sortir de terre dans le centre-ville de Hem, derrière la salle de spectacles le Zéphyr, construite en 2014, à la place de l’ancien collège détruit en 2012. Elle comprendra deux bâtiments de trois étages et 98 appartements destinés à des personnes âgées. Le gestionnaire de la résidence leur proposera des services à la carte qu’ils pourront choisir en fonction de leurs besoins et de leurs moyens. Vingt équivalents temps plein seront recrutés pour leur être disponibles.

Illustrations de l’article (Documents La Voix du Nord)

Le quotidien ajoute que l’ouverture est prévue pour septembre 2017, date à laquelle la résidence voisine Elsa-Triolet, dont les travaux ont démarré en avril 2015, aura déjà ouvert au début d’année. Celle-ci comprend 62 logements du T 1 au T 4, cette fois accessibles à tous types de publics. L’ensemble des deux résidences constituera le Clos des Poètes. De quoi donner une touche de lyrisme à ce quartier qui accueille déjà le Zéphyr.

Vue de la rue Jules Guesde en façade et vue aérienne en 2021 (Documents Google Maps)

En 2021, il ne subsiste donc plus aucune trace de l’ancien collège Elsa Triolet si ce n’est le clin d’oeil de la municipalité opéré dans le choix des noms des bâtiments qui ont pris sa place. Elsa Triolet s’est ainsi rapprochée de son époux Louis Aragon dans l’ensemble du Clos des Poètes, une étape de plus dans l’aménagement du Centre-ville et du projet de la Vallée 2.

Remerciements à la Ville de Hem et à l’Association Historihem

Le collège Elsa Triolet à Hem

C’est en 1975 que débute le chantier du futur collège Elsa Triolet à Hem. Le nouveau CES (Collège d’Enseignement Secondaire) de la ville (après Albert Camus) est alors appelé collège 900 car il est destiné à recevoir 900 élèves à terme. Prévu pour être utilisable à compter de la rentrée 1976 et financé par la Communauté Urbaine il se situe au début de la rue Jules Guesde, côté pair, là où auparavant il n’y avait que des champs.

Panorama de l’emplacement du futur collège en 1962 (Document IGN)

Le journal «Nord-Eclair» se fait l’écho de l’avancement des travaux en 1976, au moment où les maçons attaquent le 2ème étage du bâtiment scolaire, et alors que l’ édifice administratif et les logements de fonctions en sont au stade des finitions. Le chantier devrait fonctionner en juillet et août afin de permettre l’ouverture comme prévu à la rentrée.

Le chantier de construction de l’établissement scolaire (Document Nord Eclair)

Dans un premier temps le collège ne comptera que 250 élèves car seules les classes de 6ème seront ouvertes. Il abritera également la première S.E.S (Section d’ Education Spécialisée) de la circonscription de Roubaix qui décernera les certificats d’études professionnelles et dispensera des formations de maçon-carreleur et de plâtrier-peintre-vitrier.

Les pouvoirs publics n’ont pas lésiné sur les moyens et le bâtiment scolaire va être agrémenté d’un vaste patio et d’une cantine spacieuse. Un mobilier important sera mis à disposition du collège et le nombre de professeurs certifiés sera conforme aux demandes du principal de l’établissement.

Vue panoramique du collège en construction en 1976 (Document IGN)

Il existe déjà la place suffisante pour l’installation d’un Centre de Documentation et d’information. Toutefois, aucun documentaliste ne pourra être prévu pour la rentrée prochaine et il faudra sans doute attendre que l’établissement atteigne sa vitesse de croisière et le seuil des 900 élèves prévus à terme pour obtenir la création du poste.

Vue des travaux en 1976 depuis la rue du Cimetière sur laquelle donne l’arrière des bâtiments (Document Historihem)

A la fin de l’été 1976, le gros œuvre est bien achevé. 80% des travaux de peinture et des travaux électriques sont terminés. Les revêtements de sol sont posés et le mobilier commence à arriver. Une cafétéria est en fin de construction et les cuisinières, recouvertes de revêtements protecteurs sont prêtes à être mises en service à la cantine.

Le collège en fin de chantier en Août 1976 (Document Nord-Eclair)

Il y a dès lors deux collèges publics à Hem et reste à trouver l’appellation du nouvel établissement. Trois noms sont proposés pour baptiser le nouveau collège: Jules Guesde, Jacques Prévert et Elsa Triolet. Par arrêté du 26 avril 1979, Monsieur le Préfet du Nord le dénomme Elsa Triolet.

Extrait de l’annuaire de la commune (document ville de Hem)
Photos de l’intérieur de l’établissement dans les années 80 (Documents Copains d’Avant)

En 1980, le C.E.S. compte 692 élèves et les documentalistes finalement nommées organisent par la suite un concours de lecture pour les élèves de 6ème et 5ème, initiative parrainée par le monde économique, les 3 Suisses, la Redoute et Damart fournissant de nombreux lots et Norelec offrant un voyage à Paris aux 6 premiers gagnants. La remise des prix s’effectue en présence de Mme Massart maire de la ville.

Récompenses du Concours de Lecture (Document Historihem)

Instantané de mémoire : « Mes 2 enfants ont suivi leur scolarité de la 6ème à la 3ème dans ce collège idéalement situé au centre de la ville et d’une taille suffisamment modeste pour que chacun se connaisse dans l’établissement, évitant ainsi les écueils des collèges couplés aux lycées dans des établissements à taille démesurée. »

Photos de classe de 6ème à Elsa Triolet en 1996-97 et 2002-03 (Documents collection privée)

Dans les faits marquants de la vie du collège il est à noter qu’en 2007, Eugénie Lootvoet, juive polonaise, déportée à l’âge de 15 ans au camp d’Auschwitz, vient faire le récit de sa douloureuse expérience aux 95 élèves de 4ème et de 3ème du collège, à l’invitation d’un professeur d’histoire.

Le témoignage d’Eugénie Lootvoet (Document Nord-Eclair)

A suivre…

Remerciements à la Ville de Hem et à l’Association Historihem

Les pompiers de Hem – 2

La caserne est à présent reliée téléphoniquement avec la poste centrale de Hem pour la journée et avec le poste téléphonique du Docteur Leborgne, relié à Roubaix, pour la nuit. Un réseau de sonneries relie chaque sapeur-pompier avec sa caserne ce qui permet un départ immédiat.

Quant à la nouvelle autopompe qui assure un transport rapide des hommes et du matériel, elle permet en moins de 3 minutes après l’arrivée des pompiers sur les lieux du sinistre de faire monter l’eau à plus de 15 mètres à l’aide de 3 lances en batterie. Mille mètres de tuyaux permettent d’aller chercher l’eau à bonne distance grâce à l’installation de l’eau potable chaque borne fontaine jalonnant les rues hémoises ayant été munie d’une bouche d’incendie.

Exemple de borne fontaine (Document inventaire des bornes fontaines)

En présence de membres de la commission municipale et de la commission civile et du maire de la ville, Mr Delesalle, le corps réorganisé des sapeurs pompiers se livre à une manœuvre de démonstration en exécutant, autour de la salle des fêtes, divers exercices de simulacres d’extinction d’incendie, après avoir rapidement branché une lance sur la bouche d’incendie située à proximité, dans la rue de Lille (actuelle rue du Général Leclerc).

Manoeuvre de démonstration (Document Journal de Roubaix)

20 ans plus tard la nouvelle autopompe a toujours fière allure lorsque les sapeurs pompiers prennent la pose. Mais en 1957 le conseil municipal, conscient du vieillissement du matériel pourtant toujours en service, décide d’investir dans un nouveau véhicule.

L’équipe prend la pose en 1947 (Documents Historihem)
L’ancienne autopompe toujours en service en 1957 (Document Nord-Eclair) et le nouveau véhicule en 1958 (Document Historihem)

Quelques années plus tard une petite cité est construite juste à côté de la place de la République et, pour en assurer l’accès à partir de la place, une nouvelle rue doit être ouverte face à l’église Saint-Corneille. Pour ce faire il faut détruire le bâtiment qui abrite le garage des sapeurs-pompiers.

Emplacement de la nouvelle cité et de la future nouvelle rue (Document Historihem)

Les pompiers doivent provisoirement remiser leurs véhicules dans l’ancienne école de filles d’Hem Bifur, l’école Pasteur, dont les locaux sont réaménagés pour la circonstance.

L’ancienne école Pasteur (Documents collection privée)

Enfin en 1967, après la démolition de l’école de garçons Victor Hugo, sur la place de la République et la construction d’un nouveau garage municipal, contigu à l’ancienne mairie, d’un millier de mètres carrés, les véhicules de pompiers trouvent leur dernier casernement auprès des autres véhicules de la ville.

Un logement y est construit pour le sapeur-pompier permanent et responsable du service d’incendie. Si l’entrée du garage se trouve sur la place, une large sortie fonctionne également derrière le bâtiment afin de laisser toujours le libre passage de part et d’autres aux véhicules.

Construction du nouvel immeuble (Document Nord-Eclair)
Vue aérienne en 1969 montrant l’entrée place de la République et la sortie vers la rue du Cimetière (Document IGN)

De nos jours les services de lutte contre l’incendie sont regroupés au sein de groupements territoriaux faisant eux-mêmes partie de SDIS (Services Départementaux d’Incendie et de Secours). Le SDIS 59 compte ainsi 9 CIS (Centres d’Incendie et de secours) dans son groupe territorial n°2 consacré aux villes sises au Nord de la métropole lilloise.

Remerciements à Historihem, la Ville de Hem et André Camion et Jacky Delaporte pour leur ouvrage Hem d’Hier et d’Aujourd’hui.

Les pompiers de Hem – 1

C’est le 18 septembre 1811 que Napoléon, qui vient de peu d’échapper à un incendie lors de son mariage, décide de professionnaliser l’action contre le feu dans la capitale française et confie cette mission à un corps militaire : le bataillon des sapeurs pompiers de la ville de Paris, en remplacement du corps des gardes pompe créé dans la capitale au 18ème siècle.

Il prévoit que le cadre communal s’impose pour mettre en œuvre les moyens humains et matériels pour faire face aux risques. C’est une loi de 1831 qui institue la constitution de corps communaux de sapeurs-pompiers. En 1907, la ville de Hem édifie un bâtiment communal face à l’église Saint-Corneille comportant morgue, prison et pompe à incendie.

Emplacement du bâtiment communal (Document Historihem)

Le bâtiment (Document Nord-Eclair)

Le bâtiment (Document Au Temps d’Hem)

Au début du vingtième siècle les compagnies et escouades de sapeurs-pompiers volontaires de province sont principalement équipées de pompes à bras : engin hippomobile ou tiré à bras dont le service nécessite un personnel nombreux (au moins une vingtaine de personnes) pour approvisionner la cuve en eau (chaîne humaine) et pour pomper (équipes de 4 ’’batteurs’’ qui se relaient après une ou deux minutes de battage.

Pompes à incendie début 20ème siècle à Hem (Document au temps d’Hem)

A l’époque la commune de Hem, dont la population compte environ 5.000 habitants, dispose d’un corps de sapeurs-pompiers composé de 23 hommes. Ils sont peu rémunérés, dispersés dans la commune, sans lien entre eux, et ne disposent que d’un matériel extrêmement vétuste et concrètement la ville ne dispose donc d’aucun moyen sérieux de lutte contre l’incendie.

Lors du tournage, dans les années 1960 du feuilleton « En famille » qui reconstitue la lutte contre un incendie fin 19ème, on peut se faire une idée claire des faibles moyens de l’époque face à un incendie qui fait rage. Une pompe à bras d’époque est intégrée au tournage pour rendre la scène crédible.

Tournage du feuilleton et usage d’une pompe à bras (Document Nord-Eclair)

Dès 1925, le Conseil Municipal s’occupe de la question de la protection des pompiers. Il contracte une assurance minimale pour chaque homme, non assuré jusque là contre les accidents possibles, et le pourvoit d’un casque, les soldats du feu ne disposant jusqu’alors que d’une vareuse et d’un képi. Malheureusement les disponibilités budgétaires ne permettent pas, de suite, l’achat d’une autopompe.

Fin 1926, le corps de pompiers est réduit de 23 à 12 hommes dont la commune s’engage à fournir l’habillement et l’équipement. Elle s’engage également à pourvoir à l’entretien du matériel et à contracter des assurances pour chacun contre les accidents et la mort pouvant subvenir durant l’exercice de ses fonctions.

Nouvelle autopompe garée devant l’église (Documents Historihem et Au temps d’ Hem)

Un sergent mécanicien est recruté pour l’entretien de l’autopompe qui est finalement acquise en 1927 grâce à une souscription lancée par l’amicale des sapeurs-pompiers juste fondée. Pour ce faire il est autorisé à construire un petit atelier de planches attenant à la caserne qui lui permet d’effectuer des travaux accessoires pour gagner sa vie.

L’inauguration du nouveau matériel a lieu le 22 mai 1927 sous la présidence d’honneur du commandant Mahieu, inspecteur du corps des sapeurs-pompiers du Nord Pas-de-Calais et la nouvelle auto défile au son de la Marseillaise exécutée par la musique municipale.

Inauguration du nouveau matériel d’incendie (Documents Historihem et Le Dimanche de Roubaix-Tourcoing)

Puis le cortège se rend à l’ Hempempont pour assister à une manœuvre de la pompe et à divers exercices de sauvetage et d’escalade, puis à un banquet à l’Auberge et enfin au grand carrousel monté qui a lieu dans la cour de l’estaminet Boussemart à la Place où la journée se termine par un grand bal familial.

A suivre…

Remerciements à Historihem, la Ville de Hem et André Camion et Jacquy Delaporte pour leur ouvrage Hem d’Hier et d’Aujourd’hui ainsi qu’à Jacquy Delaporte, Christian Teel et Chantal Guillaume  pour leur bande dessinée Au Temps d’Hem

Boucheries Au Fin Palais

C’est avant 1883 que remonte l’ouverture du Café Saint-Pierre, au 240 rue Jules Guesde à Hem, à l’angle de celle-ci et de l’impasse Saint-Pierre. En 1883 en effet, les participants à la société de secours mutuel Saint-Pierre s’y assemblent comme le font d’autres sociétés dans divers autres estaminets du village.

Carte postale (document Historihem)

Ce n’est qu’en 1889 qu’il est possible de nommer la tenancière de ce café, lequel appartient à Henri Delecroix, brasseur et futur maire, en la personne d’Apolline  Dereux épouse Delepaul. Le cabaret est repris plus tard par les Vercruys.

Puis pendant près de 30 ans, de 1934 à 1961, l’établissement est tenu par Léon  Guevart à la fois répertorié dans les Ravet-Anceau de l’époque comme cafetier et boucher. Le commerce a pour enseigne : « A Saint-Pierre », comme le démontre une publicité effectuée pour la boucherie charcuterie.

Publicité (document collection privée)

En 1944, au lendemain du massacre d’Ascq, de nombreuses arrestations ont lieu sur Hem, pour tenter de mettre à mal une résistance active, les premières se produisant au café Saint-Pierre et dans l’impasse Saint-Pierre. Les « feld-gendarmes » traversent le café et gagnent les maisons de l’impasse par les jardins. Ils arrêtent également Léon Guevart et son frère et les conduisent à la prison de Loos.

Fin 1944, un camion de ravitaillement anglais passe devant l’établissement, des partisans accrochés à la cabine du véhicule accompagnant les alliés dans la traversée de la commune. Comme on peut le constater sur la photo amateur le drapeau français flotte fièrement au fronton du Saint-Pierre. Après la guerre le café-boucherie rouvre ses portes et Léon Guevart continue d’apparaître dans les annuaires au moins jusqu’en 1965.

Photo du camion de ravitaillement anglais devant l’établissement (Document Mémoire en images de Hem)

En 1968, au 240 rue Jules Guesde c’est la boucherie de A. Mylle qui est répertoriée, commerce que l’on retrouve ensuite dans la rubrique boucherie chevaline du Ravet-Anceau de 1979, mais au 2 bis rue Jules Guesde. Dès 1969, en effet c’est Aloïs Coulier qui apparait comme boucher au 240 rue Jules Guesde puis comme cafetier à la même adresse sous l’enseigne : « Au mainate parlant ».

Publicité (document collection privée)

Ensuite, Mr et Mme Dejonckheere, déjà propriétaires d’une boucherie-charcuterie de renom sur Lys-lez-Lannoy, ouvrent leur charcuterie à l’enseigne : « Au fin palais », à Hem, en faisant de la publicité dans le journal Nord-Eclair, en 1973. Ainsi apprenons-nous que la charcuterie est fabriquée sur place suivant des recettes transmises de père en fils dans la famille.

Photo de l’ouverture de la charcuterie en 1973 (document Nord-Eclair)

Lorsque Daniel Lemort, employé des Ets Dejonckheere, reprend l’établissement en 1980, il procède également à une publicité dans le journal pour se faire connaître. Les clients y trouvent des viandes de 1er choix, des charcuteries réalisées sur place grâce à l’installation d’un laboratoire et des articles d’épicerie pour compléter un éventuel repas.

Photo du changement de propriétaire en 1980 (document Nord-Eclair)

Photo du magasin (Document collection privée)
Publicité de 1983 (Document collection privée)

Pendant ce temps, au 68 rue du Docteur Coubronne, on retrouve, à partir des années 40  et pendant une vingtaine d’années André Dusquesne et frères, propriétaires d’une fabrique de machines à laver et de bacs pour teinture mais aussi d’une tonnellerie.

Enveloppe à en-tête des Ets Duquesne (Document collection privée)
Publicité Duquesne frères (Document collection privée)

Dans les années 80, c’est une crémerie volaillerie qui s’y installe en la personne de Mme Mylle-Duquesne.

Publicité La Fermette d’Hem Bifur (Document collection privée)

Enfin Daniel Lemort, désireux de s’implanter aussi au centre de Hem y ouvre son deuxième établissement à l’enseigne : « Au fin palais », où il propose les mêmes services qu’à son commerce principal de la rue Jules Guesde.

Publicité reprenant les 2 magasins (Document collection privée)
Photo du magasin de la rue Coubronne (Document collection privée)

Depuis la fin d’activité de Daniel Lemort et la fermeture de ses 2 magasins, les commerces abritant ses boucheries ont aujourd’hui changé d’activité. La boucherie de la rue Jules Guesde a bien été reprise un temps par Cédric Gochon qui y a obtenu le prix d’excellence du jambon artisanal en 2010. Puis le local ayant été libéré a vu ouvrir en 2013 un salon de coiffure à l’enseigne Beautiful Coiffure, géré par Franck Becq.

Photo du salon Beautiful Coiffure (Document collection privée)
Franck Becq dans son salon et publicité pour celui-ci (Document Tout’Hem)

Celui du 68 rue du Docteur Coubronne a connu l’installation d’une entreprise de restauration sur place ou à emporter à l’enseigne Fée Maison.

Photo du commerce Fée maison (Document collection privée)
Publicité (Document Tout’Hem)

Curieuse destinée pour un ancien estaminet puis boucherie-charcuterie rue Jules Guesde d’être à présent consacré à la coiffure tandis que dans le même temps une ancienne tonnellerie travaillant pour les brasseurs de la région est devenue, après avoir abrité une crémerie puis une boucherie-charcuterie, un lieu de restauration-traiteur.

Remerciements à Historihem et la ville de Hem ainsi qu’à Bernard Thiébaut pour son ouvrage Mémoires en Images de Hem