Rue Jules Guesde entre la Vallée et la Lionderie

Une fois passé le carrefour de la rue de la Vallée et de la rue des Trois Baudets avec la rue Jules Guesde, cette dernière, en s’éloignant du centre est beaucoup moins commerçante, dans la première moitié du 20ème siècle. La vue aérienne de 1933 montre une rue de village entourée de champs et parsemée de quelques habitations de part et d’autre de la rue.

Vue aérienne de 1933 (Document IGN)

On décompte alors deux fermes, côte à côte, dans cette portion de la rue. La première, en venant du carrefour de la rue Jules Guesde et de la rue des Trois Baudets était déjà en activité au 19ème siècle, exploitée par la famille Deldalle qui avait racheté la propriété à la veuve Bayart. Dans les années 1960, c’est Jean Descamps qui reprend l’exploitation jusqu’à son expropriation au début des années 1980. C’est le lotissement de la rue Henri Waymel qui occupe le terrain de nos jours.

Vue aérienne de la ferme de Jean Descamps dans les années 1970 et vue aérienne actuelle (Documents Historihem et Google Maps)
Vue aérienne des 2 fermes côte à côte en 1962 et vue aérienne de 2024 (Documents IGN et Google Maps)

La deuxième, plus ancienne, est exploitée par la famille Boussemart, au 19ème siècle. Vers 1920, les bâtiments alors exploités par le fermier Duthoit (des 3 Fermes) sont reconstruits, puis Jules Descamps épouse Marie-Madeleine Duthoit et reprend l’exploitation. C’est en 1966 que son fils, Bernard, lui succède jusqu’à sa retraite, en 1994, année au cours de laquelle il cède ses terres à un autre agriculteur et le bâtiment sis au n°179 de la rue Jules Guesde, dans lequel il a ouvert une crémerie au début des années 1980, à un particulier.

La ferme dans les années 1970, une publicité pour la crémerie en 1989, la ferme en 2023 et une vue aérienne dans les années 2020 (Documents Historihem, Nord-Eclair et Google Maps)

C’est également au 19ème siècle que remonte l’ouverture du Café Saint-Pierre, au 240 rue Jules Guesde, à l’angle de celle-ci et de l’impasse Saint-Pierre. Puis pendant près de 30 ans, de 1934 à 1961, l’établissement est tenu par Léon Guevart à la fois répertorié dans les Ravet-Anceau de l’époque comme cafetier et boucher. A la fin des années 1960, le café laisse sa place à une boucherie-charcuterie. Enfin, en 2013, c’est le salon de coiffure Beautiful Coiffure qui s’installe dans les lieux. (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site consacré à la boucherie Au Fin Palais).

Le café Guevart, Au Fin Palais et Beautiful Coiffure (Documents Historihem, collection privée et Google Maps)

Il ne s’agit pas, à l’époque, du seul estaminet installé sur cette portion de rue. Les anciennes cartes postales nous permettent d’y situer au n°206, l’estaminet à l’enseigne « Au Printemps », exploité par le couple Prévot Liagre, dans lequel sont organisés des combats de coqs. L’établissement existe déjà depuis une trentaine d’années lorsque le couple le reprend en 1928. Par la suite ce sont des particuliers qui occupent les lieux.

L’estaminet Au printemps dans les années 1920 et la maison dans les années 2000 (Documents Historihem et collection privée et Google Maps)

A la fin de la seconde guerre mondiale est répertoriée, au n°212, la blanchisserie et teinturerie du Nord qui a ses ateliers au n°362. Puis plus rien et ce n’est que bien plus tard, et pour quelques années que la maison abritera ensuite un chauffagiste, Maurice Potelle avant de devenir le siège des Ets Bruleur service , entreprise de nettoyage de 1980 à 2012.

Le n°212 en 2025 (Document Google Maps)

En dehors de cet établissement, à l’époque, on retrouve, dans le Ravet-Anceau, quelques artisans sur cette portion de la rue Jules Guesde, à savoir : couvreurs et maçons. Ainsi le couvreur Dewailly Farvacq est installé au n°153 des années 47 à 61 puis Emille Dewailly y prend la suite jusqu’en 1972. C’est en 1977 que Sonia Scoufflaire et Danièle Demoor y créent un commerce de prêt à porter à l’enseigne Hem Confection et ce pendant une dizaine d’années. Puis le bâtiment abritera une profession libérale avant de reprendre un usage d’habitation.

Facture des Ets Dewailly Farvacq et publicités du magasin Hem Confection et la façade actuelle du 153 (Document Nord-Eclair, collection privée et google maps)

Deux maçons sont également installés, l’un au n°159, Mr Joveneaux, que l’on ne retrouve déjà plus dans les années 1950, et l’autre au n°230, Mr Laurent qui demeure répertorié à cette adresse jusqu’à la fin des années 1960. Actuellement le 159 abrite un domicile tandis que le 230 a hébergé l’entreprise de location de véhicules industriels d’Albert Degrandsart, laquelle a fermé ses portes en 1984. Actuellement aucune activité n’y est répertoriée.

Photos des n°159 et 230 dans les années 2020 (Documents Google Maps)

C’est au milieu des années 1950 qu’ouvre, au n°173, une boulangerie qui existe encore de nos jours sur ce même emplacement. Il s’agit de la boulangerie Bammez toujours gérée sous ce nom jusqu’aux années 1990, par André d’abord jusqu’à la fin des années 1980 puis par Renaud. C’est ensuite la SARL Delain qui succède à la famille Bammez et ce jusqu’en 2008. Puis le commerce est repris par les Jonckière toujours en activité en 2025.

Publicités pour les maisons Bammez et façades de la boulangerie au fil des dirigeants (Documents Historihem, collection privée et Google Maps)

Un incendie impressionnant dévaste complétement le grenier d’une habitation située au n° 210, en février 1958. Le couple Vanderdonck se trouve dans sa cuisine, au rez-de-chaussée, quand ils sont avertis par une passante et un automobiliste du sinistre qui ravage le dernier étage de leur maison et détruit leur toiture, refaite à la libération,14 ans plus tôt. Les pompiers mettent deux lances en action et viennent à bout de l’incendie en peu de temps sans pouvoir déterminer précisément l’origine de celui-ci.

L’incendie de février 1958 et la maison en 2008 (Documents Nord-Eclair et Google Maps)

Les Transports Thomas s’installent au n°222 à la fin des années 1960. Ils céderont la place aux Transports Piat une trentaine d’année plus tard et pour une dizaine d’années. Après la fermeture de la société en 2012 un parking est aménagé là où les camions étaient précédemment stationnés.

Les transports Piat en 2008 et le parking aménagé après la fermeture en 2015 (Documents Google Maps)

Dix ans plus tard Jean-Michel Clarisse installe sa boutique de fleuriste au n° 208. Jean-Michel et son épouse restent pendant près de 40 ans dans leur joli commerce où, tandis que Jean-Michel compose de magnifiques bouquets dans son atelier, son épouse sert la clientèle avec professionnalisme et une gentillesse exceptionnelle. Puis c’est Nicolas Pommart, déjà installé Place de la République, qui reprend le commerce quand le couple prend sa retraite. (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site consacré à Ancolie).

Les boutiques Clarisse puis Ancolie (Documents Historihem et Google Maps)

Enfin Pizza Nostra ouvre ses portes, au début des années 1990, juste à côté de la boulangerie, au n°175. Antonio (dit Tony) et Françoise Fisicaro y proposent des pizzas à emporter qui font le bonheur des familles. De nos jours la Pizza Nostra est toujours en activité.

Menu de la pizzaria et façade de celle-ci en 2008 et 2023 (Documents site web et Google Maps)

Les vues aériennes de cette portion de rue entre le carrefour des 4 Chemins et le carrefour Saint Pierre nous permettent de mieux percevoir l’évolution d’un quartier encore très agricole au début du 20 ème siècle et devenu plus commercial puis plus résidentiel au fil du passage des décennies.

Vues aériennes en 1962, 1989 et 2025 (Documents IGN et Google Maps)

Remerciements à l’association Historihem

Histoire de la Musique à Hem 1

1ère partie : L’Harmonie Municipale

C’est en 1845 que la Philharmonie de Hem est créée par le père du brasseur Louis Leclercq. Suite à une dissidence au sein de celle-ci, un groupe de musiciens fonde l’Harmonie de la Citadelle en 1888. Leur siège est situé au Café de la Citadelle. En 1910, leur uniforme bleu marine rappelle celui du Génie de l’époque. En 1914, les deux sociétés comptent chacune 55 membres.

Drapeau de la Philharmonie de Hem en 1845, l’Harmonie de la Citadelle à la fin du 19 ème siècle et la Philharmonie en 1913 (Documents Historihem)

En 1919, de trop nombreux membres des deux formations étant décédés durant la première guerre mondiale, les 2 sociétés se regroupent dans une seule et même association, déclarée en 1920 : l’Harmonie Municipale. Dès lors, sous la direction du chef Jules Delmet, la musique municipale de la ville participe aux différentes manifestations qui y sont organisées.

Harmonie municipale en 1922 et le chef Jules Delmet (Document Historihem)
Différentes manifestations hémoises auxquelles participe la musique municipale en 1928 et 1935 (Documents Historihem)

L’harmonie municipale, subventionnée par la ville jusqu’en 1940, se dote d’un règlement intérieur en 1935. Charles Desmet, né à Hem en 1910, intègre la formation à l’âge de 14 ans en qualité de clarinettiste. En 1939, il y occupe la fonction de 1ère clarinette. Il est en charge de la garde des instruments durant les années d’occupation.

Le règlement intérieur de 1935, Charles Desmet et sa soeur en 1920 et l’Harmonie en 1938 (Doc 2)

Après guerre l’Harmonie se reforme et Jules Delmet en reprend la direction. Charles Desmet s’éloigne un temps pour participer à l’orchestre Ambiance, avant de réintégrer les rangs de la Musique. A la même époque, Maurice Desfontaine prend la direction de la Symphonie des anciens prisonniers de guerre.

Puis, l’âge venant Jules Delmet transmet la direction de l’harmonie municipale à son fils Paul. Quant à Charles Desmet, il prend ensuite le poste de « grosse caisse ». En 1950, Une nouvelle tenue est offerte à la Musique par la municipalité de Hem.

Photos de l’orchestre Ambiance après guerre (Documents Historihem)
La Symphonie des anciens prisonniers de guerre en 1949 (Documents Historihem)
Une nouvelle tenue offerte par la municipalité et photo de l’Harmonie Municipale en 1950 (Document Nord-Eclair et Historihem)

Les fêtes musicales et sportives de l’Harmonie Municipale remportent un vif succès dans la seconde moitié des années 1950. Il en est de même pour leur audition de Sainte Cécile. Il faut donc recruter des jeunes pour prendre la relève et, en 1959, de jeunes garçons âgés de 7 à 14 ans suivent les cours gratuits donnés par Maurice Desfontaine (père) et dont les meilleurs seront destinés à renforcer les rangs de la Musique.

La fête de l’Harmonie Municipale en 1955 et la Sainte Cécile en 1956 et 1957 (Documents Nord-Eclair)
Préparation des jeunes musiciens à l’Harmonie Municipale en 1959 (Document Nord-Eclair)

Durant cette même année, Maurice Desfontaine (fils), en permission d’Algérie, participe à un concert de la formation où il joue, en tant que clarinettiste, avec son père. Durant l’année 1959, un hommage est rendu à Léon Sallez et Jean-Baptiste Amoris, vétérans de la Musique, ce dernier décédant quelques mois plus tard, après plus de 70 années d’activité musicale.

Maurice Desfontaine fils seul et avec le groupe, fête du vétéran Léon Sallez et décès de JB Amoris (Documents Nord-Eclair)
La formation à la fin des années 1950 (Documents Historihem)

L’année 1960 est marquée par le gala de l’Harmonie Municipale, sous le patronage du journal Nord-Eclair, avec des solistes 1ers prix de conservatoire : le flûtiste Bernard Wistraete et le clarinettiste Maurice Desfontaine (fils), et une audition de l’Harmonie, sous la direction de Maurice Desfontaine (père), un gala qui remporte un vif succès.

Le gala de l’Harmonie Municipale en 1960 (Documents Nord-Eclair)

C’est aussi l’année où Charles Desmet est médaillé par le maire de Hem Jean Leplat, au cours d’une cérémonie officielle rassemblant un public conquis. Durant cette même année, se produit le décès du vice-président de l’Harmonie, Louis Manche, également vice-président de l’Union des sociétés mutualistes de Roubaix et environs, mais aussi président de la commission de gestion du sanatorium de Sailly.

Remise de médaille à Charls Desmet en présence de l’ensemble de la formation (Documents Historihem)
Décès du vice-président de l’Harmonie (Document Nord-Eclair)

Le vétéran Léon Sallez prend sa retraite 2 ans plus tard, à l’âge de 81 ans, après 70 ans de pratique musicale. A cette occasion, il pose pour la presse avec la relève, à savoir Pascal Bernard âgé de 5 ans et demi et déjà musicien prometteur. Léon décèdera en 1964. C’est durant la même année 1962 qu’Alfred Vansteenkiste, entrepreneur épris de musique, accepte de reprendre la fonction de président de l’Harmonie vacante suite au départ d’Henri Mulliez pour raison de santé.

Léon Sallez et Pascal Bernard en 1962 et une photo de Léon sur sa pierre tombale (Documents Historihem)
Le nouveau président de l’Harmonie en 1962 (Document Nord-Eclair)

Avec le temps, l’Harmonie voit malheureusement ses effectifs diminuer régulièrement et peine à recruter des jeunes éléments. Elle ne survivra pas à la 2ème partie des années 1960.

Remerciements à l’association Historihem

à suivre

Quartier Longchamp (suite et fin)

2007 est aussi l’année de la démolition de la résidence Sterne qui comptait 40 appartements. Les pelleteuses sont au travail pendant quelques jours en commençant par la façade et il n’en reste que quelques pierres. Le Macareux quant à lui, situé rue Lavoisier en face du nouveau groupe scolaire Saint Exupéry, est réhabilité en extérieur comme en intérieur. C’est le cas aussi du Gardenia.

Démolition de la Sterne et son entrée avant démolition et rénovation du Macareux et du Gardenia (Documents Tout Hem et Temps de passage)

La salle Jacques Sockeel, victime d’un incendie en 2005, est rénovée 3 ans plus tard : réfection de la couverture du bâtiment, faux plafonds, électricité, plomberie, chauffage, sanitaires, menuiseries et peintures. Les associations peuvent ainsi reprendre possession des locaux avant que la salle Brasiello bénéficie, à son tour d’une rénovation.

Les salles Sockeel/Brasiello en 2025 (Document Google Maps)

Toujours en 2008, 3 entrées du collectif Merisier de l’avenue Schweitzer disparaissent à leur tour après une phase de désamiantage. L’espace accueillera la construction d’un nouveau collectif de 18 appartements du type immeuble Fleming pour 2010. De même l’Arbousier, un collectif de 60 appartements de la rue Charcot, est rayé de la carte.

Le nouveau collectif prévu à la place du Merisier et la démolition de l’Arbousier en 2008 (Documents Tout Hem)

Le collectif l’Olivier fait peau neuve en 2009, les mots d’ordre étant : changement d’image et résidentialisation. Toutes les parties communes sont rénovées : menuiseries, plomberie et peintures mais aussi nettoyage de la façade, pose de soubassement en briques et de panneaux en terre cuite et mise en valeur de l’entrée avec inscription en relief du nom du bâtiment. A noter également l’embellissement des abords et la création d’un parking à l’arrière de l’immeuble.

Puis 2 îlots sont réalisés côte à côte entre les avenues Schweitzer et Laennec. Les îlots D et QR constituent un mini quartier verdoyant composé d’une centaine de logements, pour la grande majorité individuels ou semi-collectifs. Des maisons allant du T2 au T5 bordent ainsi de nouvelles rues et les locataires vont bientôt les occuper.

L’Olivier en rénovation en 2008 (Document Tout Hem)
Les îlots D et QR en 2009 (Document Tout Hem)

C’est la même année qu’a lieu l’une des dernières démolitions du quartier avec le collectif Epicéa, une barre de 36 appartements : désamiantage, enlèvement des fenêtres et autres équipements, avant l’arrivée des pelleteuses. Celui-ci laissera place à plus de 2000 mètres carrés de terrain sur lesquels sera construit le nouveau centre social des Hauts Champs, ultramoderne, attractif et accueillant (sur le sujet voir un précédent article édité sur notre site).

Démolition de l’Epicéa pour laisser place au futur centre social des 3 viles (Documents Tout Hem)

C’est en 2011 qu’un espace public est aménagé à Charcot, entre les rues du Docteur Larrey et Ambroise Paré, composé d’une placette destinée à créer le lien avec le nouveau centre social et d’un espace dédié à de nombreuses activités et manifestations pour les riverains. 2011 est aussi l’année de la dernière démolition : la tour 105, ou Tour du Docteur Roux, datait de 1967 et comprenait 50 logements répartis sur 12 étages. Depuis 2004 ses habitants l’avaient quittée petit à petit pour être relogés sur Hem.

Aménagement d’un espace public à Charcot et entrée de la tour 105 ou tour du Docteur Roux en 2011 (Documents Tout Hem et Temps de passage)

L’année suivante c’est au tour du secteur Dunant d’être embelli et sécurisé. Nouvelles chaussées et nouveaux trottoirs et stationnements doivent permettre de rééquilibrer l’espace public. L’avenue Dunant passe en 2 fois une voie et des couloirs réservés aux bus y sont aménagés. C’est aussi en 2012 que le Hameau des Camélias (îlot QR) est inauguré. Sur les 13343 mètres carrés où étaient auparavant installés le groupe scolaire Longchamp et des barres d’immeubles, se dressent maintenant 44 maisons avec jardin et 30 collectifs avec espaces verts et aérés, dont la résidence Nancel séparée en 2 bâtiments de 12 et 18 logements.

L’avenue Dunant nouvelle version en 2015 et l’inauguration du Hameau des Camélias en 2012 et la résidence Nancel (Document Google Maps,Tout Hem et Voix du Nord)

Puis c’est le nouveau centre social construit en 2011 au 93 rue du Docteur Schweitzer qui est investi : le Centre Social des 3 Villes. Le nouveau bâtiment s’élève en lieu et place de l’immeuble Epicea, démoli en 2009, juste en face de l’ancienne église Saint-André, désacralisée en 2011 et sur le point de devenir une épicerie solidaire.

Le nouveau centre occupe une surface de 2000 mètres carrés et comporte de multiples pièces : des bureaux, une halte-garderie, une salle polyvalente, une bibliothèque, un clubhouse, des douches, des salles de repos, des locaux techniques et même un dojo (qui devrait être également ouvert aux écoles) et une salle de musculation. Au cœur du bâtiment un patio a été aménagé avec du gazon synthétique, ainsi qu’un espace pour le parking et une aire de jeux.

Le Centre Social des 3 Villes en 2025 (Document Google Maps)

C’est la fin des travaux entrepris dans le cadre de l’ANRU depuis 2004 dans le quartier et si les rénovations/démolitions/constructions n’ont pas réglé tous les problèmes les habitants témoignent globalement d’un quartier plus agréable à vivre.

Toutefois, depuis 2009 des habitants de la Tour Breguet, avenue Schweitzer, dénoncent des incivilités, pannes d’ascenseur et dégradations et lancent 5 ans plus tard une pétition pour dénoncer les odeurs pestilentielles émanant des cages d’escaliers. Or en 2020, le mécontentement, relayé par la presse locale, est à son paroxysme avec présence de rats, odeurs irrespirables et dépôt d’encombrants dans les parties communes.

La Tour Breguet dans la tourmente en 2020 (Document Voix du Nord)

En 2021, la municipalité met en exergue une situation sociale dans la ville globalement en amélioration mais très contrastée. Un peu moins de la moitié de la population hémoise vit en effet dans un quartier en politique de la ville (quartier prioritaires dont le quartier Longchamp fait partie) et la part d’habitat social est au dessus de la moyenne de la MEL.

Point sur la situation sociale de la ville en 2021 (Document Voix du Nord)

Le premier programme du plan de rénovation urbaine a permis de dédensifier, désenclaver et rénover les quartiers des Hauts Champs/Longchamp. Ainsi, en l’espace de 10 ans, 298 logements y ont été détruits et 364 construits. Il y a eu aussi des réhabilitations par centaines, des kilomètres de voirie réaménagés, un nouveau centre social, un centre commercial, des espaces verts…La physionomie et l’ambiance des quartiers nord, plus aérés, moins denses, moins bétonnés, a complétement changé. Reste la salle de sports attendue rue du Docteur Roux, face à l’école Saint-Exupery.

Les réalisations et le projet en 2023 (Documents Voix du Nord)

La première pierre de la nouvelle salle, le futur dojo, est posée en avril 2024 par Francis Vercamer, maire de la ville, en présence du vice-président de la région, de la vice présidente du département du Nord, du vice-président chargé des sports à la MEL et de la préfète déléguée pour l’égalité des chances. L’ouverture est prévue pour le dernier trimestre 2025.

Pose de la 1ère pierre en avril 2024 (Documents Voix du Nord)
Vue aérienne du quartier en 2025 (Document Google Maps)

Remerciements à l’association Historihem, la mairie de Hem et Richard Baron et Olivier de Solminihac pour leur ouvrage « Un temps de passage »

Rue des Ecoles (suite)

Puis, en janvier 1974, s’ouvre l’école primaire privée Saint-André, au 124 rue des Ecoles, face à l’emplacement de l’ancienne ferme Duthoit. Cette petite école, la seule école privée du quartier, n’est ouverte que durant 20 ans puisqu’elle ferme ses portes au 31 Août 1995, d’après le site de l’éducation nationale. Suite à la fermeture de l’école et sa destruction, le site reste en friche plusieurs années.(Sur ce sujet voir sur notre site un précédent article intitulé Les 3 Fermes à Hem).

Vue aérienne de l’école dans les années 1970 (Document Google Maps)

Enfin, en Octobre 2003 , c’est la Maison de la Petite Enfance qui est inaugurée, à l’emplacement de l’ancienne école, à l’angle des rues des Ecoles et Jules Watteeuw en présence de Jean-Louis Borloo, Ministre délégué à la Ville et à la Rénovation Urbaine. Bâti sur un espace vert de 6500 mètres carrés, l’immeuble n’occupe que 1200 mètres carrés et l’entrée se fait côté rue des Ecoles.

La Maison est composée de 3 bâtiments rectangulaires parallèles reliés par une sorte de rue intérieure entièrement vitrée et entre eux un espace minéral offre une cour pour les enfants. Le bâtiment de plain-pied est construit en briques, bois et béton enduit côté rue. Rouge, jaune et vert, chaque aille a sa couleur.

La crèche (24 places) et la halte-garderie (32 places) en occupent les deux tiers soit l’aile qui borde la rue Watteeuw et le bâtiment du milieu. L’aile d’entrée accueille l’animation/activité avec une salle d’éveil, une ludothèque, une bibliothèque et les locaux pour les assistantes maternelles à domicile, une salle de rencontre parents-enfants et enfin les locaux de la PMI situés auparavant rue Dominique Larrey.

Le projet de Maison de la Petite Enfance en 2002 (Document Nord-Eclair)
Maison de la Petite enfance en 2023 (Document Google Maps)

Le chantier de construction du Théâtre commence en 1990, au n°27, entre l’église St Joseph et l’Ecole Jules Ferry-Paul Bert, et ce n’est qu’en novembre 1991, cela fait donc plus de 30 ans, que l’Atelier Théâtre L’Aventure est inauguré. Très vite pourtant, principalement en raison du succès remporté par l’Atelier, celui-ci s’avère trop exigu et en 2005, l’Atelier théâtre bénéficie de travaux d’extension, venant ajouter à la salle de répétitions et la salle de spectacles, un espace régie, décors et accessoires, ainsi que deux loges équipées. La salle de spectacles peut alors accueillir 84 personnes.(Sur ce sujet voir sur notre site un précédent article intitulé Théâtre de l’Aventure).

La fin du chantier en 1991 et l’atelier théâtre dans les années 2000 (Documents collection privée)

L’église Saint-Joseph et le théâtre ne vont pas cohabiter longtemps puisqu’en 1995 la décision est prise de fermer l’église au 31 décembre, les travaux nécessaires à sa mise aux normes s’avérant trop coûteux à réaliser. Le temps de trouver le budget nécessaire à sa démolition et 4 ans plus tard l’Eglise Saint-Joseph est rasée. L’année suivante les travaux d’aménagement de la nouvelle place Saint-Joseph démarrent et, en 2001, un campanile y est installé en lieu et place de la vieille église.

L’église Saint-Joseph va fermer ses portes en 1995 et démolition en 1999 (Documents Historihem)
Aménagement du square et inauguration du campanile (Documents Nord-Eclair)

A partir de 2020 et courant 2021, des travaux impressionnants ont lieu dans la rue du Maréchal Foch : rénovation de l’école La Fontaine et construction de la nouvelle école Jules Ferry. A la rentrée 2022, les élèves investissent les locaux de la nouvelle école Jules Ferry qui voit son inauguration officielle organisée le 30 septembre 2022.

L’ancienne école voit donc ses derniers élèves la quitter en juin 2022. Une fois désaffectée il est possible qu’elle soit transformée en logements et en bureaux après d’importants travaux durant lesquels une partie des bâtiments historiques devrait sans doute disparaître. Elle pourrait également devenir un espace de projets accueillant à la fois un centre de formation, un espace de co-working et un espace culturel.

Vue aérienne de la rue des Ecoles en 2012 (Document IGN)

A l’automne 2010, l’épicerie solidaire de Hem s’est installée à l’angle de la rue Ambroise Paré et de la rue des Ecoles, au n° 733 de celle-ci, dans un local de 180 mètres carrés mais elle y est devenue très rapidement à l’étroit pour accueillir les 307 foyers qui recourent à ses services, rendus par 5 personnes : 2 salariés et 3 bénévoles. Après la désacralisation de l’église Saint-André, c’est dans ces locaux plus vastes qu’elle déménage ensuite sous le nom de « Petit Magasin des 3 villes ». (Sur ce sujet voir sur notre site un précédent article intitulé l’Eglise Saint-André).

L’épicerie solidaire en 2010 et le n° 733 en 2023 (Document Ville de Hem et Google Maps)

Plus récemment, en 2014, une micro-crèche s’est installée au n°220 de la rue des Ecoles. « Ma Cabane »ouvre ses portes aux enfants de 3 mois à 3 ans, avec une capacité d’accueil de 10 enfants à la fois. Fermée en janvier 2023, elle a cédé la place à une autre micro-crèche « Rigolo comme la vie », qui accueille les enfants de l’âge de 10 semaines à 4 ans.

Photos de la micro-crèche « Rigolo comme la vie » (Documents site internet)

Seuls les anciens de Hem se souviennent encore de la rue des Ecoles bordée de champs avec la vieille église Saint-Joseph pour repère dans ce quartier de campagne des Trois-Baudets du village de Hem. La longue rue bordée de maisons et d’immeubles qui relie le quartier à celui de Longchamp est à présent une rue citadine comme une autre où plus rien ne rappelle le caractère champêtre de la rue d’antan et les commerces des années 1960 l’ont totalement déserté à ce jour.

Remerciements à l’Association Historihem

Quartier Longchamp (suite)

C’est durant l’ année 1988 que commence la démolition des bâtiments dits M58 du mail Dunant. C’est la première étape du nouvel aménagement de l’espace compris entre l’avenue Laennec et les rues Henri Dunant, Ambroise Paré et Dominique Larrey.

Seuls sont épargnés le bâtiment abritant la maison de quartier Dominique Larrey et un bloc situé au coin des rues Dominique Larrey et Ambroise Paré destiné à la réhabilitation en vue d’accueillir une brasserie restaurant. Une salle de spectacle destinée à accueillir 350 personnes doit être construite.

Démolition des bâtiments M58 et nouveau mail Dunant en 1992 (Documents Historihem)

En décembre 1990, le Fleming, rue Alexander Fleming, bloc de 60 appartements atteint depuis 3 ans le seuil critique de 50% d’appartements inoccupés et devient même un facteur de nuisance pour les environs. Les familles nombreuses préfèrent à présent être logées dans des maisons individuelles en location plutôt que dans les barres d’immeubles construites en masse dans les années 60. La presse locale titre : une autre barre disparaît, en référence à la grande barre démolie 5 ans plus tôt suivie de la petite barre, dans le quartier des Hauts-Champs (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site).

Une autre barre disparaît en décembre 1990 (Document Nord-Eclair)

Pendant ce temps à la tour 115, à deux pas de la Piscine des 3 Villes, l’atmosphère est toujours à l’entraide et la cordialité en partie grâce à l’association des habitants. Des animations ont lieu une fois par mois, et un local de rencontre y est réservé aux habitants de la tour, aménagé à leur goût. Sont également organisés des sorties et banquets permettant de souder les résidents, propriétaires comme locataires.

La tour 115 en 1985, 92 et 99 (Documents Nord-Eclair)

En 2004, la ville de Hem lance le plan de rénovation urbaine, prévu dans le projet Borloo, qui va changer la physionomie du quartier Longchamp. Des destructions de certains immeubles vont alterner avec la rénovation d’autres bâtiments. L’habitat collectif va peu à peu céder du terrain au profit de nouvelles constructions individuelles et le quartier va se trouver complétement modifié.

Vue aérienne du quartier en 2003 (Document IGN)

En 2005, au n°100 de l’avenue Schweitzer, a commencé la construction d’un tout nouvel établissement scolaire dont l’arrière donne sur la rue Denis Cordonnier, sur le terrain laissé libre par la destruction un an plus tôt de l’école Denis Cordonnier (évoquée plus haut). Ce nouvel ensemble se compose d’une école maternelle et d’une école élémentaire.

Ville de Hem – Construction du groupe scolaire Longchamp (2005)

Le groupe scolaire Antoine de Saint-Exupery est un établissement moderne, spacieux et lumineux, qui accueille 180 élèves en élémentaire et 130 en maternelle. Il est composé de 17 salles de classe, 2 bibliothèques, 2 salles d’art plastique, un site informatique, 2 salles d’évolution, un restaurant scolaire, 2 cours de récréation et un jardin pédagogique.

Le groupe scolaire Antoine de Saint-Exupery (Documents Google Maps 2023(côté Schweitzer et 2008 côté Cordonnier et site internet)
Le terrain entre 2000 et 2004 et le terrain après la construction du nouveau groupe scolaire entre 2005 et 2010)

Dès 2006, est inaugurée la nouvelle résidence Fleming, qui se compose de 36 logements sociaux répartis dans 3 bâtiments, des appartements bien agencés avec chauffage individuel et double vitrage ainsi qu’une cuisine américaine. En outre la résidence dispose d’un jardin planté, d’ espaces communs et de trois parking fermés. Elle est calme, moderne, esthétique et confortable.

La nouvelle résidence Fleming inaugurée en 2006 (Document Temps de passage)

2006 est également l’année où l’exposition photo de Richard Baron est exposée sur les fenêtres de la résidence Schweitzer, sur le point d’être démolie. Par ailleurs, désertés par les écoliers , les locaux du groupe scolaire Longchamp vidés, nettoyés, déshabillés durant de longs mois peuvent être grignotés par deux pelleteuses. Les travaux de démolition en eux-mêmes durent moins de deux semaines. Peu à peu, les quatre bâtiments, les classes, le réfectoire, qui composaient cet ensemble scolaire disparaissent. C’est aussi cette année là que le collectif le Pélican est rénové et que le Tulipier et une partie du Charcot disparait.

L’exposition photo sur la résidence Schweitzer bientôt démolie et les habitants assistant à la démolition du Charcot (Documents Tout Hem et Temps de passage)

Enfin, début 2006, le centre commercial Schweitzer, dont une voiture bélier a défoncé 5 mois plus tôt les piliers et grandes baies vitrées du nouveau complexe, pendant les émeutes urbaines, est à nouveau inauguré après réfection. C’est heureux car ce centre fait le bonheur des riverains qui y trouvent tout ce qu’il leur faut à deux pas de leur habitation. Il sera entièrement repensé 3 ans plus tard : façade, toit terrassé permettant aux allées du centre commercial d’être abritées, même configuration pensée pour l’ensemble des commerces. Même chose pour les enseignes uniformisées. Le parking sera également redessiné pour plus de sécurité.

Le centre commercial Schweitzer avant rénovation (Document Tout Hem)

L’année suivante, à la place des 3 entrées de la résidence Schweitzer, il y aura une voie d’accès aux constructions neuves situées sur le site de l’ancien groupe scolaire. En 2007, c’est le réaménagement de l’assainissement et des réseaux qui commence afin de permettre la construction, sur le terrain, de 74 logements individuels et semi-collectifs dont la livraison est prévue pour 2009.

Voie de passage vers le chantier de construction des logements individuels et pose de la première pierre par Christine Boutin, ministre du logement et de la ville (Document Temps de passage)

Remerciements à l’association Historihem, la mairie de Hem et Richard Baron et Olivier de Solminihac pour leur ouvrage « Un temps de passage »

A suivre…

Rue des Ecoles

Sur le plan cadastral de 1824, la rue n’est qu’un chemin vicinal à savoir le chemin de la Fosse de la Léverie à Lannoy. Ce n’est que sur le plan de 1928 qu’elle est répertoriée en tant que rue des Ecoles après la construction des écoles Paul Bert (pour les filles) et Jules Ferry (pour les garçons) au n°31 au début du vingtième siècle et l’inauguration de l’Eglise Paroissiale du quartier des Trois Baudets : l’Eglise Saint-Joseph à la même époque.

Extrait du plan cadastral de 1824 sur lequel on retrouve, reliant les 3 Baudets aux Hauts-Champs le chemin de la Fosse de la Léverie (Document archives départementales)

Malgré la construction de l’école et de l’église, la rue des Ecoles au début du 20ème siècle reste une rue de pleine campagne essentiellement bordée de champs et dépourvue tant d’habitation que de commerce. Les seules habitations isolées présentes sur la photo aérienne de 1933 sont les 3 Fermes qui ont donné leur nom à une rue et au quartier par la suite. (Sur ce sujet voir un précédent article paru sur notre site et intitulé Les 3 fermes).

Plan de 1928 (Document Historihem)
Vue aérienne de 1933 (Document IGN)

On y voit également le Parc du Château Olivier, aussi dénommé Château de la Lionderie, puisqu’il se trouve à l’angle que la rue des Ecoles fait avec la rue du même nom. Le château, qui sert de dépôt de munitions allemand est entièrement détruit durant la seconde guerre mondiale et c’est le lotissement de la Lionderie qui est construit sur ses terres. (Sur ce sujet voir un précédent article paru sur notre site et intitulé Période de guerre au Château Olivier).

Le Château Olivier (Documents Historihem)

En 1953, sans doute en raison du commencement du chantier, seule une alimentation générale est répertoriée au n°84 de la rue, dans les anciennes écuries du château, tenue par J. Picavet. Elle est ensuite reprise par les Van Vynckt Lehouck puis, dans les années 1960 par Paul Desmettre jusqu’au début des années 1970. C’est Ahmed Khalesse qui, au début des années 1980, sera le dernier à faire tourner cette épicerie de quartier. La maison abrite aujourd’hui une maison d’assistantes maternelles : Mes copains hémois.

Publicité des années 1950 puis des années 1960-1970 et photo de la maison en 2023 (Documents Historihem, Nord-Eclair et Google Maps)

Mais très vite le quartier change avec la construction de ce lotissement, situé entre la rue de la Lionderie et les 3 Fermes, et l’arrivée massive des nouveaux habitants, clients potentiels pour le petit commerce. Ces nouvelles familles s’ajoutent en effet à celles qui sont déjà logées dans les maisons des rue Ribot, Lemire et Foch. L’épicerie du quartier voit alors des voisins s’installer.

Construction du futur lotissement de la Lionderie en 1951 (Document IGN)
Le lotissement de la Lionderie en gros plan (Documents Histotihem)

Ainsi une entreprise de parquets apparaît dans le Ravet-Anceau de 1958, au nom de E. Dewitte, au n°81 de la rue des Ecoles, laquelle y restera en activité pendant plus de 20 ans avant que la maison qui l’abrite redevienne une simple maison d’habitation. La même année apparaît au n°88 le tabac-presse Lobry (Sur ce sujet voir sur notre site un précédent article intitulé Lobry-Milidée). Aujourd’hui ce bâtiment abrite les locaux d’Horizon9 : Association de prévention et d’éducation spécialisées intervenant auprès des jeunes de 11 à 25 ans et leur famille.

Le 81 rue des Ecoles, une ancienne publicité Lobry puis Mauricette Duquenne et le 88 en 2023 (Document Google Maps)

Puis c’est une alimentation générale, le magasin Hem-Service, qui ouvre ses portes. Sa publicité de 1961 spécifie que celui-ci se trouve face à l’église, ce qui n’est, de fait, pas du tout le cas puisque le magasin est en fait situé au coin de la rue des Ecoles et de la rue de la Lionderie. Au gré des annuaires il est ainsi référencé au 82 rue des Ecoles ou au 0 rue de la Lionderie. (Sur ce sujet voir sur notre site un précédent article intitulé Hem-Service)

Publicité pour le magasin d’alimentation générale au début des années 1960 et dans les années 1980 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

En janvier 1968, un groupe de 99 maisons, en accession à la propriété, construit par « la Maison Roubaisienne, est en voie d’achèvement face à l’église Saint-Joseph. Cette construction entraîne la création de 4 nouvelles rues : rue de Flandre, rue d’Artois, rue de Picardie et rue d’Alsace.

Le groupe de maisons construit rue des Ecoles et dans les 4 nouvelles rues situées derrière (Document Nord-Eclair)

Ce groupe s’ajoute au vaste lotissement des 3 Fermes, sorti de terre en 1 an, comprenant 264 logements neufs répartis dans les rues des Ecoles et des Trois Fermes ainsi que dans 3 nouvelles rues : Nadaud, Jules Watteeuw et Desrousseaux. La vue panoramique de janvier 1969 est à cet égard impressionnante car on n’y retrouve plus trace des 3 fermes de la rue ni de ses champs mais une ville semble sortie de terre.

Vue aérienne de la rue des Ecoles en janvier 1969 (Document IGN)

1968 est aussi l’année où apparaît, au n°43 de la rue, la bonneterie de Nicole Coquempot, boutique petite par la taille, mais où chacune trouve son bonheur pendant de nombreuses années, la boutique ne fermant ses portes qu’à la toute fin des années 1990. (Sur ce sujet voir sur notre site un précédent article intitulé Nicole Coquempot) Puis deux ans plus tard, dans le groupe de maisons créé en 1968 face à l’église Saint-Joseph, c’est un artisan peintre qui s’installe au n°4 à savoir Michel Decauchy. De nos jours, ces 2 maisons ont retrouvé leur usage d’habitation.

Publicité pour la boutique Coquempot et pour l’entreprise artisanale Decauchy (Documents Historihem)

Remerciements à l’Association Historihem

A suivre…

Quartier Longchamp

C’est en 1964 que le CIL programme la construction de 1146 logements dans le quartier Longchamp, laquelle va être réalisée à partir de 1966, la population de Hem étant passée de 9059 habitants en 1954 à 13687 habitants en 1962. Le groupe Longchamp compte dans sa 1ère tranche 646 logements et un programme triennal prévoit, avant 1970, 1300 logements supplémentaires, tous collectifs.

Physionomie du groupe Lonchamp en 1966 (Document Nord-Eclair)

Après l’énorme concentration des Hauts Champs, c’est en effet encore la campagne, et le bâtisseur n’a pas encore annexé ce coin de nature qui s’étend très loin, jusque vers la gare de Lannoy. C’est sur cette morne plaine qu’une énorme cité de 1200 logements devrait sortir du sol en 3 ans, sur les communes de Hem et Lys-lez-Lannoy.

De la morne plaine à la cité Longchamp en 1965 (Document Nord-Eclair/ Voix du Nord)

En octobre 66, Edgar Pisani, ministre de l’équipement se rend dans le nouveau quartier pour y inaugurer le 20.000 ème logement du Comité Interprofessionnel du Logement, événement local et régional, dans le groupe des 3 Fermes qui se compose de plus de 250 logements dont une quarantaine de maisons individuelles.

Inauguration du 20.000ème logement du Cil de Roubaix-Tourcoing en octobre 1966 (Document Nord-Eclair)

Le remarquable agencement de l’appartement témoin intéresse fortement le ministre et les visiteurs. C’est Mme Robert Delannoy, épouse du président du CIL, et présidente de l’Association pour la Décoration des cités et l’Encouragement aux Arts, qui a assuré la décoration de l’appartement. Elle a fait appel au peintre roubaisien Paul Hemery pour réaliser les 3 belles toiles qui ornent le séjour et la gouache destinée à la chambre d’enfants.

Intérieur de l’appartement témoin (Document Nord-Eclair)

La première tranche du groupe scolaire Longchamp, en 1968, rendu indispensable avec l’arrivée de la nouvelle population familiale (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site) comprend une école primaire mixte avec 10 classes mixtes, une salle polyvalente de 72 m2, un bureau de direction, une cour de récréation de 1.100 m2, un local de détente de 220 m2, un groupe sanitaire pour garçons et un pour filles, un dépôt de 6 m2, un logement de direction et un logement d’adjoint .L’école maternelle comprend quatre salles de classe, une cour de 600 m2, une salle de jeux de 120 m2, une salle de repas de 36 m2, une salle de propreté de 36 m2, un hall d’entrée formant salle d’attente, un logement de direction . Aux deux écoles s’ajoute une cantine de 280 rationnaires et un logement de concierge.

1ère tranche du groupe scolaire (Document Nord-Eclair)

1968 est aussi l’année de construction de la chapelle Saint-André (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site) et de 2 tours de 12 étages, l’une avenue Schweitzer au pied de laquelle s’ouvre un centre commercial indispensable à la nouvelle population du quartier (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site),l’autre non loin de la nouvelle chapelle.

Le centre commercial Longchamp en construction en 1967 puis en 1968 et la chapelle Saint-André en 1969 (Document Nord-Eclair)

Une seconde tranche de travaux s’engage ensuite pour le groupe scolaire Longchamp, sur le même terrain, en 1970, pour la construction d’une seconde école maternelle de 4 classes, ouverte en fin d’année, puis d’une école primaire mixte de 10 classes plus 2 classes de perfectionnement, dont l’ouverture est prévue pour le printemps 1971, ainsi que 2 logements de fonction pour un directeur et une directrice. Il y a également un plateau d’évolution mais pas de salle des sports, une telle salle existant déjà dans l’école Marie Curie des Hauts Champs (sur le sujet voir un précédent article édité sur notre site). Au total 1000 élèves peuvent être accueillis dans le groupe scolaire.

2 ème tranche du groupe scolaire (Document Nord-Eclair)

A l’amorce de la nouvelle décennie, la presse locale annonce un quartier Longchamp totalement achevé pour 1973. A l’été 1970, sont ainsi achevés : 12 immeubles sur les 25 tours et immeubles prévus. Leur achèvement est prévu pour le début de l’années 1973. A ce moment là on pourra parler, sur les territoires de Hem et Lys-lez-Lannoy, d’une véritable ville nouvelle accueillant 4.500 habitants.

Plan du quartier Lonchamp en 1970 avec emplacement des constructions achevées et à venir (Document Nord-Eclair)

Un foyer logement est construit, derrière l’église Saint-André, rue Galilée, sous forme d’un immeuble identique aux autres et haut de 4 étages. Dans ce foyer, qui devrait être terminé pour l’été 1972, il y a 80 appartements, 59 de 33 mètres carrés et les autres de 23 mètres carrés seulement. Une salle de soins, une salle de réunion de 150 places et un véritable restaurant y sont aménagés ce dernier devant également être ouvert aux habitants du quartier.

Construction du futur foyer logement en 1971 (Document Nord-Eclair)

C’est en 1974 que le quartier des Hauts Champs/Longchamp s’enrichit d’une toute nouvelle cheminée, de 53 mètres de haut, au niveau de la chaufferie, située rue Edgar Degas, sur le territoire de Roubaix, à la demande du services des Mines de la Préfecture, après des plaintes formulées par les riverains. Ceux-ci se plaignent, en effet, que l’actuelle cheminée, beaucoup plus petite, dégage, à certaines périodes des « noirons » qui se répandent sur le quartier. Pour éviter toute interruption de chauffage celle-ci fonctionne jusqu’à la mise en service de la nouvelle. La cheminée sera démolie en 1995.

Une nouvelle cheminée à Longchamp en 1974, vues aériennes de 1965 et 1975, et démolition en 1995 (Documents Nord-Eclair, ateliers mémoire et google maps)

Le 21 mars 1972, les municipalités de Roubaix, Hem et Lys-lez-Lannoy décident de la création d’un syndicat inter-communal à vocation unique : l’équipement sportif du quartier des Trois Villes. C’est Mr Desmulliez, député et maire de Lys-lez-Lannoy qui en est le président.

Les 3 maires se mettent également d’accord sur la réalisation d’un premier équipement : une piscine à construire entre la maison médicale et l’école de Longchamp, le long de l’avenue du président Coty. Le modèle de piscine « Plein Ciel » choisi est accepté par le Secrétariat d’ Etat à la jeunesse et au sport.(sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site). L’équipement est construit en 1975.

Construction de la piscine en 1975 (Document Nord-Eclair)

Au milieu des années 1970, Longchamp est un quartier populaire qui abrite des familles nombreuses. Les témoignages recueillis dans le livre « Un temps de passage » font état de convivialité et de solidarité. En 1978, la tour 90 , rue du Dr Schweitzer obtient même le 3 ème prix du concours départemental des villes fleuries dans la catégorie « immeuble collectif ». Puis la délinquance s’installe et les témoins parlent d’insécurité, de drogue, de voitures brûlées et des immeubles du quartier se vident.

Une photo dans le quartier en 1975 et le prix des villes fleuries en 1978 ; vue aérienne de 1976 (Documents Historihem, Nord-Eclair et IGN)

Remerciements à l’association Historihem, la mairie de Hem et Richard Baron et Olivier de Solminihac pour leur ouvrage « Un temps de passage »

A suivre…

Les courées de Hem

Contrairement à la ville de Roubaix, l’habitat ouvrier à Hem ne date pas du 19ème siècle. Mais les courées, petite touche architecturale du Nord sont bel et bien présente dans la ville et y existent encore de nos jours.

La courée comporte généralement une ou deux rangées de petites maisons, dans une ruelle privée à laquelle on accède par un passage étroit. Jusque dans le milieu du 20ème siècle la plupart ne disposent que d’un point d’eau unique et de cabinets d’aisance extérieurs communs à l’ensemble des maisons lesquelles sont, en général, mal isolées, humides et parfois insalubres.

Exemples de différentes courées du Nord (Doc Wikipedia)

Contrairement aux corons, construits par les compagnies minières, les courées n’ont pas été construites par les industriels mais par une nébuleuse de rentiers, commerçants, cabaretiers voire d’artisans, à la recherche d’un placement sûr pour leurs économies. Les terrains en bord de rue étant trop chers, ces investisseurs achètent alors un étroit rectangle de terrain à front sur rue. On y édifie par exemple un cabaret, au loyer plutôt rentable, auquel on accole un couloir étroit donnant accès aux rangées de maisons construites au rabais, d’une quarantaine de mètres carrés habitables au maximum, avec des escaliers raides où il n’est pas rare de vivre à dix.

Une courée de la métropole lilloise au 19ème siècle (Document Voix du Nord)

Après la fin de la seconde guerre mondiale, les courées sont la cible des plans d’aménagement urbains. À l’époque, la mode est au logement collectif et social. Les courées sont détruites ou se dégradent, jusqu’à devenir le symbole de l’habitat insalubre. « Taudis. Le mot n’est pas exagéré pour caractériser le logement des ouvriers roubaisiens d’après les observateurs de l’époque comme les historiens contemporains. »

Des propriétaires, découragés par l’insalubrité finissent par partir à la fin du 20ème siècle. Ces départs successifs sont “un cercle vicieux de dégradation”. Aux côtés des portes fleuries de maisons coquettes et entretenues, des planches de bois obstruent ce qui fut une entrée ou une fenêtre. Certaines maisons sont ainsi laissées à l’abandon. “Elles se dégradent rapidement puisqu’elles ne sont plus entretenues et elles contaminent les maisons voisines.

Pourtant, le fait est là : à la fin du 20ème siècle, ces maisonnettes typiques mais aux abords parfois inhospitaliers, mal éclairés et souvent sans réseaux d’assainissement, sont désormais considérés comme un vestige de notre patrimoine historique et, dès 1992, la ville de Hem adhère à l’ « OPAH courée » (Opération Programmée d’Amélioration de l’Habitat) qui réalise de nombreuses études.

Ce n’est pourtant que 10 ans plus tard que l’ARIM (Association nationale de Rénovation Immobilière) établit un diagnostic pour déterminer quelles courées à Hem, parmi les 37 impasses et courées recensées, nécessitent les premiers soins. 6 d’entre elles sont alors répertoriées pour être les premières à se voir proposer des travaux entre 2003 et 2005.

Le dispositif est conçu comme un levier pour inciter les habitants à rénover leurs installations sanitaires ainsi que l’isolation des murs avec l’aide de grosses subventions.

OPAH courée à Hem en 2003 (Document Nord-Eclair)

Dans la ville de Hem, cet habitat se retrouve principalement au centre de la ville. Ainsi le quartier de la Place de la République en compte trois :

– La cour Beghin est une toute petite courée du quartier de la Place qui donne dans la rue Jules Ferry à hauteur du n°1 ; elle tient son nom du propriétaire des maisons de la cour.

La cour Beghin en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)

-Une autre toute petite cour, la cour Droissart, dont le nom est commun à une impasse et une voie communale toutes proches donne sur la rue Henri Delecroix, juste à la sortie de la Place de la République, et ne compte que quelques maisons.

La cour Droissart en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)

-C’est dans ce même quartier que l’on trouve la Cour Ducatillon, d’une longueur de 70m, qui donne entre les n°5 et 6 de la Place de la République, laquelle a également pris le nom du propriétaire des 6 maisons qui la constituent. L’objectif de l’OPAH courées en 2003 est d’y refaire, à sa charge, le réseau d’égouts, de rénover l’éclairage public alors en mauvais état, et d’installer un système de gouttières et de gestion des eaux de pluie.

La cour Ducatillon en 2003, puis en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Nord-Eclair et Google Maps)

Egalement dans le centre mais en direction d’Hempempont, on trouve 5 autres courées :

– La cour Boussemart, se situe dans le quartier d’Hempempont et joint l’allée qui conduit à l’usine Meillassoux-Mulaton à la rue du Général Leclerc. Il s’agit d’un petit groupe de quatre ou cinq maisons, au lieu-dit : « la Grande Halte », séparé du supermarché par l’allée Mulaton. Son nom est également celui du propriétaire du terrain et le lotissement remonte au début du 20ème siècle.

La cour Boussemart en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)

-La cité Dancorai, se situe rue du Général Leclerc, en face du Centre Communal d’Action Sociale et porte également le nom de son propriétaire, un maréchal ferrant, tenancier d’un estaminet en 1857, à l’enseigne « Au Bellevue ».

La cité Dancorai en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)

-La cité Droulers donne sur la Rangée du Général Leclerc ; elle est perpendiculaire à l’allée Gabert et compte une dizaine de maisons.

La cité Droulers en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)

-C’est dans la rue Edouard Vaillant que se situe la cour Jacquart. Cette rangée de 8 maisons relie la rue à la ferme Franchomme.

La cour Jacquart en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)

-Et c’est également sur la rue Vaillant que donne la cité Picard qui relie celle-ci à la Rangée du Général Leclerc, laquelle se jette dans l’allée Gabert. Sa particularité est d’être constituée d’une trentaine de maisons rangées en quadrilatère.

La cité Picard en 2023 de face par le sentier qui la relie à la rue Vaillant et en vue aérienne (Documents Google Maps)

Sur la rue Jules Guesde, on dénombre également 5 courées, dans le quartier du Petit Lannoy, à savoir :

– Dans le quartier de la Vallée, la cour Loridan donne dans la rue Jules Guesde. Plus semblable aux courées roubaisiennes elle a son entrée semblable à une porte dans le n°160 de la rue Jules Guesde et compte 5 logements.

La cour Loridan en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)

-On trouve la petite cour Pipart, qui rassemble 3 logements, dans le quartier du Petit Lannoy, rue Jules Guesde, pratiquement face à l’impasse Desurmont. En 2003, après diagnostic de l’ARIM, le Cal-Pact qui en est alors propriétaire propose aux habitants de remplacer la fosse à vidange par un réseau d’assainissement, d’installer un éclairage public jusqu’alors inexistant, de réaménager la voie d’accès fort étroite et peu entretenue et de créer un système de gestion des eaux de pluie.

La cour Pipart en 2003 puis en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Nord -Eclair et Google Maps)

-La cour Plouvier, est située dans le quartier du Petit Lannoy, donnant dans la rue Jules Guesde et porte le nom d’un maçon. Elle a été réhabilitée en 1989.

La cour Plouvier en 2023 en vue aérienne (Document Google Maps)

-La cité Six a la particularité de donner dans une impasse, l’impasse Vandemeulebrouck, qui donne elle-même dans la rue Jules Guesde. Elle ne compte même pas une dizaine de maisons.

La cité Six en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)

-C’est encore dans le quartier du Petit Lannoy que l’on trouve la cité Vandendorpe, d’une longueur de 51 m, qui prend accès dans la rue de la Lèverie et tient son nom d’un ancien boucher. Elle a depuis été rebaptisée allée Vandendorpe.

La cité Vandendorpe en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)

Non loin de là, dans le quartier des Trois Fermes, se situe la cour Christiaens, qui le relie à la rue Jules Guesde près de l’école Saint Charles. Elle tient son nom du propriétaire qui a mis le terrain en construction avant la 1ère guerre mondiale et comporte 8 maisons.

La cour Christiaens en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)

Enfin, à la frontière de la ville de Roubaix et dans la rue du même nom, se situe la cour Leplat, qui ne compte que quelques maisons à proximité du collège Saint Paul.

La cour Leplat en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)

Il est intéressant de constater qu’en 2011, une rue inspirée des courées d’antan est sortie de terre dans le quartier des Hauts-Champs à Hem basée sur le concept d’une nouvelle manière de partager la route à savoir : des maisons le long d’une chaussée mais pas de trottoirs. Résultat : en 2015 la Voix du Nord, dans sa rétrospective de l’année parle de cette rue comme de la rue la plus mal fichue, arguant que les riverains craignent pour leur sécurité.

Vue aérienne de la rue Dolto, une parallèle des rues du Professeur Nobel et Henri Dunant (Document Google Maps).

Plus récemment, certaines annonces immobilières vantent les qualités des maisons de courées, il est vrai rénovées, que les agences proposent à la vente. Elles ont été réhabilitées et bénéficient de tous les éléments de confort moderne. En fait, la courée cesse d’être une forme d’habitat dévalorisée et paraît de nature à faire revivre un idéal de convivialité.

Il existe donc encore des courées et des cités aujourd’hui, à Hem comme dans le reste de la métropole lilloise. Elles appartiennent à des particuliers qui y habitent. Elles n’attirent cependant plus les mêmes catégories de population et sont paradoxalement recherchées pour leur « promiscuité », qui était un de leurs désavantages auparavant mais qui attire notamment les artistes et les étudiants.

Remerciements à l’association Historihem pour son Histoire des Rues

Rue Jules Guesde : entre le boulevard Clémenceau et la rue de la Vallée (suite)

Dans les années 1950, la vue aérienne de cette portion de la rue ne présente pas beaucoup de différences avec celle de la décennie précédente. Pourtant nombre de nouveaux commerçants et artisans s’y installent ainsi que le commissariat de la ville qui prend place au n°69, au coin de l’impasse Vandemeulebrouck. Auparavant un salon de coiffure se trouvait à cette adresse, tenu d’abord par Mme Delhaye puis par Mme Duthoit. 25 ans plus tard, comme il n’est plus question de la construction d’un nouveau commissariat, une cure de rajeunissement est prévu pour ces locaux. (sur le sujet de la police à Hem voir un précédent article édité sur notre site).

Vue aérienne de cette portion de rue en 1951 (Document IGN)
Le commissariat de police en 1979 et en 2018 (Documents Nord-Eclair et Google Maps)

Ensuite apparaît une nouvelle épicerie, au n°78 : l’épicerie Lefebvre, qui sera remplacée 10 ans plus tard par l’épicerie/alimentation générale Leroy, laquelle assure les livraisons à domicile et fera également commerce de chaussures (d’après l’annuaire) dans les années 1980. Cette adresse accueillera par la suite un prothésiste dentaire.

Publicités et photos intérieures du magasin dans les années 70-80 et photo de la façade actuelle (Documents Historihem et Google Maps)

Le coiffeur Roussiaux s’installe à la même époque au n°87 où est également exploitée une boutique de parfumerie d’après le Ravet-Anceau, mais n’y demeure pas longtemps. Au 98, c’est l’entreprise de mécanique générale Beulens qui voit le jour et cédera la place à la fin de la décennie suivante aux ateliers Defebvre Frères. Ensuite la cordonnerie Kostec, auparavant installée 25 rue du Docteur Coubronne, occupera les locaux jusqu’à sa cessation d’activité.

Publicité Kostec, carte de visite et photo de la façade en 2016 (Documents Historihem, collection privée et Google Maps)

Puis, au, n°123 s’installe la fonderie d’aluminium Vanende G., au coin de l’impasse Briffaut. Ensuite c’est une boulangerie qui ouvre au n°134, au coin de l’impasse Lienart, d’abord tenue par Mrs Gesquières puis Olivier qui vendent également confiserie et vins au détail, boulangerie reprise au début des années 1960 et durant 2 décennies par Joseph Kolodziejczak.

Publicité de la boulangerie Kolodziejczak (Document Historihem)

En 1980, Mr. Kolodziejczak junior, Michel, de retour du service militaire crée un palais de Dame Tartine en chocolat qui a les honneurs de la presse locale. La boulangerie devient « la Maison Polonaise » et Michel expose plusieurs œuvres en chocolat dans sa vitrine, en particulier le stadium. Lui succédera la boulangerie de Michel Sagnier puis le salon de coiffure Valérie dans les années 1990.

La maison polonaise fait sa publicité au début des années 1980 (Documents Nord-Eclair)
Publicité boulangerie Michel Sagnier et publicité du salon Valérie et photo du n° 134 en 2008 (Documents Historihem, collection privée et Google Maps)

Face à la boulangerie, sur l’autre coin de l’impasse, au n°132, c’est la boucherie Lepers qui a ouvert ses portes et fait sa publicité sur sa spécialité de jambon et de lard fumé du pays préparé par la maison Lepers-Tournemine, qui assure également des livraisons à domicile pour sa clientèle.

Publicités de la maison Lepers-Tournemine (Documents Historihem)

La boucherie cède ensuite la place, dans les années 1960, à la maison Vanhasbrouck-Cimetière, spécialisée dans le hachis et les saucisses. Dans les années 1970-1980, Jean Vanhasbrouck varie son activité de boucher en proposant des hors d’oeuvre et spécialités puis des pains surprise et des plats préparés.

Publicités de la maison Vanhasbrouck-Cimetière, de Jean Vanhasbrouck dans les années 1970-1980 (Documents Nord-Eclair et Historihem)

Au début des années 1990, c’est Didier Vanhasbrouck qui reprend l’affaire avec son épouse Christine jusqu’en mai 2024. La façade de la boucherie connait plusieurs transformations au fil des décennies. Quant à Didier il est fier de sa certification artisan en or qu’il met en avant par une petite vidéo sur Facebook en décembre 2023 avant d’y annoncer sa retraite en 2024.

Publicité de 2004, et photo du comptoir en 2017, de Didier Vanhasbrouck et de la façade en 2022 (Documents Nord-Eclair et Google Maps)

L’épicerie R. Delhaye-Pollet est installée également, au début des années 1950, au n°160, où elle tient commerce d’alimentation générale, fruits primeurs et vins. S’agit-il de la même maison que celle que l’on retrouve en 1955 au n°50 de la rue (comme indiqué dans l’article consacré à la première portion de la rue Jules Guesde). Toujours est-il que le 160 disparaît alors des Ravet-Anceau…

Publicité de la maison Delhaye-Pollet et photo de la façade en 2008 (Document Historihem)

C’est au milieu des années 1950 qu’apparait le café Chastain, au n°106. Le café sera repris par la suite par Mrs Lapage puis Hayart avant de laisser la place à une crèche (sur le sujet voir un précédent article édité sur notre site). A la même époque au n°121, est installé un magasin de chaussures anciennement tenu par M. Loosfeld devenu la maison « Chaussures Duquenne-Loosfeld ». Puis le commerce devient le salon Joelle de Mme. Legrand Van Wambeke et, dans les années 1970-80, le salon de coiffure Nady Coiffure. Dans les années 2000, c’est l’alimentation générale De Oliveira qui occupe les lieux.

Publicité du café Hayart et annonce de la transformation du café en crèche en 2008 puis logo de la crèche (Document collection privée, Tout Hem et site internet)
Publicités Loosfeld, Duquenne-Loosfeld, Nady Coiffure et photo de l’ancien commerce en 2022 (Documents Historihem, Nord-Eclair, collection privée et Google Maps)

Au n°162 est alors installée la quincaillerie Mol-Homerin puis Vandenabeele, reprise au début des années 1960 par Gérard Leysens. C’est dans l’ancien magasin de ses parents que Marie-Paule installera ensuite sa fameuse boutique Marie-Paule Cadeaux (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site). Après sa cessation d’activité, c’est l’auto-école Olivier qui occupe les lieux.

Publicités Mol-Homerin, Leysens, Marie-Paule Cadeaux et Olivier et photo de l’auto-école (Documents Historihem, Nord-Eclair, collection privée et Google Maps)

Le Tissage de la Vallée d’Hem est installé au n°144 durant la 2ème partie de la décennie 1950. Il sera remplacé par la fabrique de gants Flinois durant la décennie suivante. Puis les lieux hébergeront le garage du tissage et, dans les années 1997à 1999, la société de menuiserie bois et matière plastique : Idéal Concept.

En-tête de lettre et publicité du Tissage de la Vallée, publicité du garage fiat WilliamTuszynski (Documents collection privée, Historihem et Nord-Eclair)

Dans les années 1960, la vocation agricole de Hem commence à faiblir et la présence des commerces dans cette rue principale de la ville s’accroit. Ainsi, c’est un autre commerce de chaussures : Bernard Chaussures qui ouvre, au début des années 1960, au n°110. Louis Bernard était auparavant cordonnier au 35 rue Victor Hugo. C’est sa veuve qui reprend la boutique après son décès, et ce jusqu’au milieu des années 1970.

Vue aérienne de 1964 (Document IGN)
Publicités de la maison Bernard et façade du N°110 en 2022 (Documents Historihem, Nord-Eclair et Google Maps)

L’ébéniste Marcel Desloovère est installé au n°109 où il a pris la suite d’Albert Desloovère-Bauduin. Ce dernier était spécialisé dans les cabinets de travail de tous styles et proposait des bureaux et classeurs pour usines en chêne, noyer, acajou et plaquage en tous genres et par la suite du formica pour les comptoirs. Marcel quant à lui se spécialise en cuisines sur mesure salons et literies et ce jusqu’à sa retraite dans les années 2000.

Publicités d’Albert et Marcel Desloovère (Documents Historihem et Nord-Eclair)
Photo de la vitrine du magasin au début des années 2000 et de la façade en 2008 (Documents Historihem et Google Maps)

Ajoutons qu’au n°170 l’imprimerie Brissart s’est installée durant quelques années. Par ailleurs l’impasse Briffaut, située entre le 121 et le 123 accueille les menuiseries Deroissart puis Duforest et Monagheddu ainsi que l’entreprise de couverture Vanhuysse. L’impasse Lienart entre les n°132 et 134 abrite un temps le garage Scopi. Enfin les charbons Dhulst s’installent au n°95 dans les années 1970 après avoir été un temps au n°15.

Les impasses Lienart et Briffaut et publicités Duforest et Monagheddu (Documents Google Maps et Historihem)
Publicités des charbons Dhulst aux N° 15 et 95 (Documents Historihem)

Aujourd’hui cette portion de la rue Jules Guesde n’a plus du tout l’apparence encore fortement agricole du début du vingtième siècle. Elle reste très animée même si elle a perdu nombre de ses commerces emblématiques des années 1950-60, comme bon nombre d’autres rues commerçantes des environs.

Vues aériennes de cette portion de rue en 2008 et 2023 (Document Google Maps)

Remerciements à l’association Historihem

Rue des Trois Baudets

Cette rue de Hem, longue de 1041 mètres, relie la rue Jean Jaurès à la rue Jules Guesde et figure sur les plans de la ville sous ce nom depuis les années 1920. Dans les années 1930, il ne s’agit encore que d’une rue bordée de champs des deux côtés.

La famille Masquelier y possède une ferme à la fin du 19 ème siècle qu’elle revend au début du 20 ème à Georges Paul Dufermont qui la cède à son fils Robert au mariage de celui-ci, en 1946. Robert exploite la ferme jusque dans les années 1970 avant de vendre les terres. Dans les années 80, il est encore domicilié au n°41 de la rue.

La rue des Trois Baudets en 1933 (Document IGN)

C’est encore le cas juste après guerre mais, dans les années 1950, la rue des Trois Baudets commence à accueillir des entreprises, la première, en 1953, étant celle de M. Labbé au n°19, répertoriée dans l’annuaire comme entreprise de radio, électricité industrielle. L’entreprise, également installée 40 rue Jean Jaurès à Croix, deviendra une « station service Philips » avant de rester classée dans la catégorie électricité générale jusqu’au milieu des années 1970.

Publicité des Ets Labbé des années 1950 à 1970 (Documents Ravet-Anceau, Historihem et Mémento Commerce Industrie Tourisme de Hem)

Lui succèdent dans les années 1980 la Plâtrerie Hémoise, spécialisée dans la plâtrerie, le cimentage, le carrelage, l’isolation et toutes transformations. Celle-ci cède la place dans les années 1990-2000 à Hem TV qui propose des dépannages Télé Hifi Vidéo. Puis l’entreprise ferme et le bâtiment subit de lourds travaux de rénovation pour devenir celui que l’on connait aujourd’hui.

Publicités de la Plâtrerie Hémoise dans les années 1980 (Documents Historihem et Nord-Eclair)
Publicités Hem TV dans les années 1990 (Documents collection privée et guide pratique de Hem en 2000)
Le bâtiment au début des années 2000 puis en 2008 et 2023 (Documents collection privée et Google Maps)

Dans les années 1950, on note de manière éphémère, l’apparition au n°104 d’un maraîcher : les sœurs Delberghe ainsi que d’un marchand forain de chaussures au n°42 : A. Vercort. A la fin de la décennie s’installe, au n°108, la boucherie hippophagique (chevaline) Th. Delattre et ce pendant une dizaine d’années. Aujourd’hui le bâtiment abrite une habitation.

Publicités Delattre et la maison en 2008 et 2023 (Documents Historihem et Google Maps)

Puis, au milieu des années 1960, s’installent trois nouvelles entreprises à savoir : Claude Brissart, Jacques Lainé et Jean et Pierre Deren. Le premier est imprimeur au n°21, avec un atelier à Lannoy, et demeure dans les lieux jusque dans les années 1980. Le second est réparateur de meubles et sera ensuite répertorié comme entrepreneur de menuiserie. En 1986, l’entreprise devient la SARL Entreprise Lainé.

Publicités Claude Brissart (Documents collection privée, Mémento CIT de Hem et Office Municipal d’Informations de Hem)
Publicités Lainé des années 1960, 1970, 1980 et 2000 (Documents Nord-Eclair, collection privée, Office Municipal d’Information de Hem et guide pratique de Hem)
Photos de 2008 et 2023 de l’entreprise Lainé (Documents Google Maps)

La troisième entreprise, Deren, est installée, en tant que commissionnaire en produits laitiers, au n° 88 de la rue. Sous forme de société anonyme elle commercialise, jusqu’au milieu des années 1980 : beurre, œufs, fromage et margarine, dont elle assure commission, représentation et importation. Depuis la fin des années 1980, l’ancienne entreprise Deren abrite dans ses locaux l’association cultuelle Lectorium Rosicrucianum.

En-tête de facture et publicités des années 1970 (Documents collection privée, Historihem et Mémento CIT de Hem)
Photos du n°88 en 2008 et 2023 (Documents Google Maps)

Durant les années 1970, de nombreuses constructions de maisons changent l’aspect de la rue des Trois Baudets qui avait jusqu’alors conservé un caractère général très champêtre. A la fin de cette décennie, s’installe, au début de la rue, au n°11, une entreprise de couverture : Emile Dewailly-Despinoy, laquelle y demeure active durant une dizaine d’années. En 1979, se trouve également un autre artisan couvreur Eugène Dewailly dont un incendie ravage l’atelier, au n°2, lequel est complétement détruit ainsi que les matériaux de couverture qui s’y trouvent.

Photo aérienne de l’année 1976 (Document IGN)
Publicité des années 1970 pour Dewailly-Despinoy (Documents Historihem, Nord-Eclair et Mémento CIT de Hem)
L’incendie de 1979 au n°2 (Document Nord-Eclair)

C’est à partir de la décennie 1980 que la rue prend son aspect actuel avec la construction du tennis-club en 1985 et surtout du stade Hidalgo en 1988 (sur le sujet voir sur notre site un article intitulé : le complexe Michel Hidalgo). Dès lors l’ancienne petite rue champêtre devient une rue essentiellement résidentielle mais aussi le point d’entrée sur l’un des principaux ensembles sportifs de la ville.

Photo aérienne de 1995 (Document IGN)

Remerciements à l’association Historihem