Rue du Général Leclerc 1ère Partie : de Hem-Bifur à l’avenue Maurice de Vlaminck 1

Il s’agit au départ d’un chemin de grande communication, venant de Lille et de Flers, qui mène d’Hempempont à la place du village de Hem. Sur le plan cadastral napoléonien de 1890 elle se nomme rue Poivrée et devient ensuite la rue de Lille. La première liaison Lille-Lannoy par la rue de Lille est assurée par un omnibus à chevaux jusqu’en 1908 année au cours de laquelle il est remplacé par un tramway. C’est en 1953, que la rue est renommée rue du Général Leclerc.

Extrait du plan cadastral de 1890 comprenant la rue Poivrée et une des premières cartes postales sur laquelle la rue porte encore ce nom (Document Archives Départementales du Nord et collection privée)
Vue panoramique de cette partie de la rue de Lille en 1933 (Document IGN)

Sur la vue panoramique de 1933, on aperçoit bien la ferme Franchomme, côté impair, et, un peu plus loin les usines Gabert et Meillassoux et, côté pair les Châteaux Catrice (future mairie), Meillassoux (future mairie annexe) et de la Marquise (sur tous ces sujets voir de précédents articles édités sur notre site). Au 21 ème siècle, les seuls bâtiments qui demeurent sont : la ferme Franchomme, espace culturel de la ville et les anciens Châteaux Catrice devenu la mairie de Hem et Meillassoux devenu le Centre d’action sociale.

Côté impair : Ferme Franchomme dans les années 1915-1930, les teintureries Gabert et Meillassoux et Mulaton dans les années 1920-1930 et Meillassoux peu avant la fermeture en 1999 et 2001 (Documents collection privée)
Côté pair : le château Catrice dans les années 1930, le château Meillassoux au début du 20ème siècle, le château de la Marquise en hiver et en été dans les années 1910 (Documents collection privée)

Dans l’annuaire de 1923, outre les industriels cités on peut remarquer l’entrepreneur O. Briffaut au n°20, lequel redevient très vite une maison d’habitation et le plombier Zingueur J.Vergotte au n°3 qui voit se succéder ensuite de nombreux cafés et activités annexes dont celui de César Lestudier puis de son fils Marcel, à l’enseigne « Café des Sports » qui propose des bières et du tabac, bien entendu, mais aussi des articles pour fumeurs et des briquets, ainsi que des cadeaux pour fêtes, cartes postales et même maroquinerie, et fait également office de recette buraliste. Puis dans les années 1950, l’établissement étend son activité aux articles pour cycles et lorsque Jules Vergotte (neveu de Marcel) reprend l’activité pour une dizaine d’année il est répertorié dans la rubrique café et cycles puis café-tabac PMU.

Publicités César Lestudier et CPA et photo de l’établissement dans les années 1930 puis1950 et publicité Vergotte en 1962 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

Puis le commerce devient le café Dallenne au début des années 1970 et 5 ans plus tard c’est le couple Roffiaen-Rembry qui prend la suite sous l’enseigne Le Longchamp. L’établissement est malheureusement détruit par un incendie en 1976 et ne rouvre ses portes qu’après une rénovation comprenant agrandissement et modernisation.

Le Longchamp dans les années 1970-80 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

C’est ensuite le couple Duthoit qui reprend la gérance et, en 1990, par 2 fois le gros lot du loto y est remporté par un hémois. Le café conserve la même enseigne durant plus de 30 ans, jusqu’au tout début des années 2000 avant de devenir le Twickenham de 2005 à 2009 sous la gérance de Fabien Coustenoble puis durant quelques temps une brasserie-pizzaria au début des années 2010. Depuis 2018, l’établissement abrite un restaurant tenu par Julie Lincelles sous l’enseigne « Les Cancans ».

Encore un hémois millionnaire en 1990, publicités de 2004 et 2005, photo du Twickenham en 2008, de la brasserie-pizzaria en 2012 et du Cancan’s en 2021 (Documents Nord-Eclair et Google Maps)

En face, au n°2 on trouve un électricien, L.Decarpentry et Cie, spécialisé en lumière, force motrice sonneries et téléphone, qui s’occupe aussi de la TSF et des machines à laver  « nec plus ultra ». Son voisin, au n°4, est le tissage mécanique de Jules Corman et la chapellerie de son épouse Marthe Corman-Delporte. Leur commerce perdure jusqu’au début des années 1970. Après leur fin d’activité, pour cause de retraite, l’ancien commerce reprend un usage d’habitation.

Publicité Decarpentry et photos de la chapellerie, noces de diamant des Corman ; le n° 4 dans les années 2000 (Documents Historihem et Google Maps)

Leur voisin, après-guerre, au n°6 est le charpentier et menuisier Louis Gauquié-Lambin, qui cède la place, dans les années 1970 au médecin René Hauwel qui y exercera jusqu’à sa retraite. En face, au n°7, après la mercerie Leleu, c’est Mme Claise qui exerce le métier de coiffeuse pour dames, remplacée dans les années 1950 par l’horticulteur fleuriste J. Losfeld.

En-tête de courrier de Louis Gauquié-Lambin après-guerre et photo de la façade du n°6 en 2008 (Documents Historihem et Google Maps)

Durant la décennie suivante c’est Gérard Losfeld qui lui succède avec son entreprise générale de parcs, jardins et espaces verts et son magasin de fleurs. L’horticulteur consacre ses loisirs à la musique et, titulaire d’un prix de flûte au conservatoire de Roubaix, il tient un pupitre de flûte à l’harmonie Municipale de Croix, et son fils Dominique obtient un prix régional de flûte au conservatoire de Lille dans les années 1970.

Publicités de Gérard Losfeld, Dominique prix régional de flûte en 1977 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

A la fin des années 1970, Odile Fleurs Maison Losfeld, devient adhérent du groupe Interflora. Puis, dans les années 1980, le commerce devient l’ Atelier Floral des Hauts-de-France, avec un 2ème magasin à Toufflers. Brigitte Bonneville gère le magasin durant 26 ans et préside également l’Union des Commerçants « Hem j’aime ».

Publicités Odile Fleurs et Atelier Floral des Hauts-de-France, vitrines atelier floral et photos de Brigitte Bonneville (Documents Historihem, Google Maps, Nord-Eclair, Tout Hem et Voix du Nord)

Elle cède la place, en 2013, à Sylvain Ducoulombier, déjà propriétaire de 3 boutiques à Lille, Villeneuved’Ascq et La Madeleine, sous l’enseigne Fanchon Fleurs. Quelques années plus tard c’est Cécile Deschoemaker qui lui succède sous l’enseigne l’Olivier Blanc comme son 1er commerce ouvert en 2012 à Roubaix.

Photos de Sylvain Ducoulombier et Cécile Deschoemaker, vitrines du commerce en 2015, 2016 et 2021 (Documents Tout Hem et Google Maps)

Pendant les décennies 50 et 60 le commerce de fleurs est encadré par 2 autres commerces. Au n°9 en effet, au coin de la rue Vaillant, une alimentation générale est tenue par L. et G. Dubus puis par Mlle Dubus et enfin par J. et L. Dubus, selon l’annuaire Ravet-Anceau. Puis l’épicerie laisse la place à la mercerie de Mme Delcroix à l’enseigne Au petit coup d’oeil dans les années 1970.

Publicité Mme Delcroix en 1978 et photo du n°9 dans les années 2000 (Document Nord-Eclair)

Durant la décennie suivante c’est Claude Pottié qui investit les lieux. Electro-mécanicien de métier et passionné de vélo, il a ouvert, en 1977, un commerce à Roubaix, et se trouve être le seul dans l’agglomération à fabriquer des vélos sur mesure pour ses clients. Associé à des clubs cyclistes Leersois et Wattrelosien, il découvre à Hem une nouvelle clientèle et se spécialise dans la création de vélos de course tout en continuant à assurer les réparations de tout type de vélos.

Le vélo sur mesure à Hem en 1984 (Document Nord-Eclair)

Lorsqu’en 1988, une jeune croisienne, Bénédicte Storm, décide de faire le tour du monde à vélo c’est à Claude Pottié, artisan hémois, que la fabrication de sa « super bécane » est confiée. Le cadre, réalisé sur mesure, doit être aussi léger que possible, construit en acier spécial allié avec du chrome. L’ensemble de l’équipage étant lourd un deuxième circuit de freinage est ajouté pour assurer la sécurité de la cycliste. Claude Pottié est certain que le vélo tiendra bien 4 ans (durée estimée du voyage).

Le vélo du Tour du monde en 1988 (Document Nord-Eclair)

De l’autre côté, au n°5, se trouve le siège du café d’Auguste Caus dans les années 1920. La boulangerie J. Wadja s’ yinstalle dans les années 1950. Lui succède ensuite Christophe Rambour-Laleeuw jusqu’au début des années 1980, époque à laquelle les successeurs sont Paul Durik puis Gérard Gay. Ensuite, en 2000, la boulangerie est gérée par Mr Stievenard puis par son successeur Fabrice Ramet.

Le café d’Auguste Caus dans les années 1920 (Document collection privée)

Publicités Rambour dans les années 60-70, Durik puis Gay dans les années 1980 et Ramet en 2005 et 2006 (Documents Nord-Eclair)

Steeve Dewildeman et Benjamin Muldermans prennent sa suite durant quelques années, en 2008, sous l’enseigne Au Moulin d’Hem avant de céder la place à Mathieu Philippe 4 ans plus tard. Il réalise dès 2014 une opération publicitaire inédite en glissant 2 véritables napoléons en or d’une valeur de 174 euros dans 2 galettes des rois sur le mois.

Photos de la vitrine en 2008, 2012 et 2025 (Documents Google Maps)
Opération marketing en 2014 (Document Nord-Eclair)

Un peu plus loin, sur l’autre coin de la rue Vaillant, au n°11, se situe, après-guerre, le café Trefel. Dans les années 1950, il est tenu par G. Van de Vyver puis par G. Delcourt durant la décennie suivante, puis par Mme Paulette Mathieu pendant les années 1970 sous l’enseigne « Au Lutétia » avec une salle de réunion et de banquets et l’incontournable Juke-Box de l’époque. Lors du passage du grand prix cycliste Emile Delcourt en 1984, le café a changé d’enseigne et se nomme « A l’Abreuvoir ». Il sera démoli lors de l’agrandissement de la rue Vaillant.

Photos du café Trefel, publicité du Lutétia et photo de l’Abreuvoir en 1984 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

Suite au réaménagement du carrefour c’est le n°13 qui fait l’angle entre la rue Leclerc et la rue Vaillant. A l’époque la maison abrite un domicile et ce n’est qu’en 2017 que Sandra Senaffe y ouvre son agence immobilière. Après un passage dans l’hôtellerie, elle a en effet bifurqué vers l’immobilier et, depuis 7 ans, c’est sur Hem qu’elle a réalisé la majorité de ses transactions. L’agence est toujours en activité en 2026.

Photos du n°13 en 2008 et 2021 et publicités de l’ agence immobilière en 2017, 2018 et 2021 (Documents Tout Hem et Google Maps)

Remerciements à l’association Historihem

à suivre…

L’école Marie Curie

A cheval sur les villes de Roubaix-Hem, au début des années 1960, le quartier des Hauts-Champs c’est un grand ensemble tout neuf : des bâtiments terminés la veille, des voies nouvelles, certaines à peine ébauchées. En l’espace d’un an, sur le seul territoire de la ville de Hem, on y relève la construction de 427 maisons individuelles et 195 appartements soit le logement de 2500 habitants dont une majorité de familles nombreuses. (Sur le sujet voir un précédent article édité sur notre site : Les Hauts-Champs).

Vue aérienne des Hauts-Champs, au bout de la rue Briet, dans les années 1950 (Document IGN)

Le 28 avril 1961, le Conseil Municipal projette la construction d’un groupe scolaire dans le quartier des Hauts Champs qui comprendrait : une école primaire de garçons (5 classes) et une école primaire de filles (5 classes) avec chacune : un bureau de direction, un logement pour le directeur, un logement d’adjoint, une chambre de suppléant et un plateau simple d’éducation physique, une cantine de 120 rationnaires et une salle d’éducation physique double, commune aux deux écoles.

Afin de permettre la réalisation de ce projet, le Conseil décide l’acquisition d’une parcelle de terrain, dans l’avenue Laennec, appartenant à Madame HILST DEGALLAIX, 2r boulevard du Cateau à Roubaix et désigne Monsieur Marc DELPLANQUE, architecte à Roubaix pour étudier ce projet. Le projet de construction du groupe scolaire dans le quartier des Hauts Champs est de fait en attente depuis 1959 et n’a pu bénéficier de l’aide financière de l’État en 1961. Le 12 décembre 1961, le projet de construction du groupe scolaire des Hauts Champs est adopté.

Ecole Marie Curie en 1964 (Document Historihem)

Le 13 juin 1962, compte tenu que la population de ce quartier s’est encore accrue et à la demande de Madame l’Inspectrice de Ecoles Maternelles, le projet initial est complété par l’adjonction d’une école maternelle de trois classes avec salle de jeux et salle de repas privées. En mai 1963, le projet de construction du groupe scolaire des Hauts Champs est approuvé par les services techniques ministériels.

La population est en constante progression et en 1965 l’augmentation est supérieure à 20 % par rapport au chiffre de 1962 (13.687 habitants). Bien sûr les effectifs scolaires suivent la même voie et le 6 juillet 1965 deux bâtiments de deux classes mobiles chacun sont implantés dans le groupe scolaire des Hauts Champs. L’un est destiné à compléter l’école maternelle, l’autre l’école des garçons du dit groupe.

Entrée par l’avenue Laennec et la cour de récréation dans les années 1960 (Documents Historihem)

A la rentrée scolaire 1966 – 1967, à la demande de Monsieur l’Inspecteur primaire dans un but pédagogique, deux classes des écoles primaires de garçons et de filles du groupe des Hauts Champs sont géminées. Par ailleurs, des malfaçons sont constatées dans ce groupe (caves et sous sols non étanches, murs lézardés, …. ) et une action auprès du Tribunal administratif est intentée par la ville. Suite à ces malfaçons, des poutres de soutènement doivent être ajoutées. Aux deux écoles s’ajoute une cantine de 280 rationnaires et un logement de concierge. Le projet estimé à 2.317.446 Frs est confié à Monsieur André GAILLARD, architecte à Cambrai.

Au cours de sa séance du 10 juin 1967, sur proposition de la Commission des écoles, le Conseil Municipal décide de dénommer le groupe scolaire des Hauts Champs « Groupe scolaire Marie Curie« , les rues du quartier portant des noms de personnalités du monde scientifique. Les effectifs scolaires continuent de croître et 2 classes mobiles supplémentaires sont encore implantées à l’école des filles en 1969.

Photo de classe de 1968-69 (Document copains d’avant)

La fête des écoles publiques, en 1973, est l’occasion d’un beau spectacle pour le groupe scolaire Laennec Marie Curie : danses folkloriques, courses relais, tournoi de handball, lendit (grand mouvement gymnique d’ensemble). A cette occasion la fanfare de la Gauloise, les majorettes d’Hellemmes et des Hauts-Champs, et le club cynophile lyssois prêtent leur concours à la fête.

Répétition du lendit, majorette et club cynophile en 1973 à la fête des écoles publiques au groupe scolaire de Laennec (Documents Nord-Eclair)

En janvier 1974, du fait de l’accroissement des effectifs scolaires dans le quartier des Hauts Champs, il s’avère encore indispensable de construire deux classes mobiles pour compléter le groupe scolaire Marie Curie. Une classe fonctionne en effet dans une partie du restaurant scolaire et la seconde, tout en restant attachée administrativement à l’école Marie Curie, fonctionne, non sans inconvénient dans le groupe scolaire Longchamp. A compter de la rentrée scolaire 1976-1977, l’école de garçons et l’école de filles du groupe Marie Curie sont transformées en deux écoles mixtes de niveau 1 et 2.

Vue aérienne du groupe scolaire en 1976 (Document IGN)
Des groupes d’élèves dans la cour dans les années 1970 et une classe en 1977 (Documents collection privée et copains d’avant)

En 1975, la fête de l’école reçoit la visite de la fanfare la Gauloise qui exécute une parade très prisée du public au sein de la cour de récréation. Puis l’école accueille durant l’été le centre aéré des Hauts-Champs et les 165 enfants participent à des activités ayant pour thème les jeux du cirque chez les Romains : épreuves de marche, basket, penalty et parcours du combattant se succèdent pour leur plus grande joie. C’est également l’année de l’installation d’oeuvres de E. Dodeigne dans les deux écoles des Hauts-Champs et Longchamp.

Fête de l’école et centre aéré en 1975 (Documents Nord-Eclair)
Installation des œuvres de E.Dodeigne en 1975 (Document Nord-Eclair)

Les années 1976 et 1977 sont des années problématiques. En 1976 c’est la sécurité des enfants à la sortie de l’école qui soulève question et le préfet est sollicité par l’association de parents d’élèves au motif que la sortie de l’école primaire s’effectue directement sur l’avenue Laennec, avenue à 2 voies très fréquentée par de nombreux véhicules circulant à vitesse excessive.

En 1977, malgré les poutres de soutènement ajoutées quelques années plus tôt, des profondes lézardes apparaissent dans les murs des logements des instituteurs et de la cantine. L’entreprise ayant exécuté le chantier étant en faillite, la municipalité doit faire appel à un architecte pour trouver un remède. Même si le danger n’est pas immédiat des inconvénients persistent : infiltration d’air, murs décalés, caves inondées…

Problèmes en 1976 et 1977 (Documents Nord-Eclair)

Un incendie se déclare dans un bâtiment en préfabriqué de l’école, en 1983, un matin, en l’absence des élèves. Le sinistre, dont l’origine résiderait dans un court-circuit, endommage sérieusement 2 classes de cours élémentaire, dont les élèves doivent être répartis dans d’autres salles. 2 armoires contenant livres et dossiers sont détruites ainsi que cloisons et plafonds.

Incendie en 1983 (Document Nord-Eclair)

Cinq ans plus tard c’est la cantine qui est entièrement rénovée : murs blanc crème, dessins bleu pastel, plantes vertes et, peinte sur la fenêtre, une enseigne « le Resto ». Lors de l’inauguration, l’inspecteur départemental et Mme Massart, maire de la ville, rendent hommage, dans leurs discours, aux services technique de la ville et aux ouvriers municipaux pur ce bel ouvrage tandis que les enfants entonnent la célèbre chanson de Pierre Perret.

Rénovation de la cantine en 1988 (Document Nord-Eclair)

La décennie suivante voit l’aménagement d’une classe de maternelle particulière, en vue de l’aménagement du cadre de vie et de la socialisation de l’enfant. Dans la salle, où une classe classique et un dortoir accueillait 35 élèves, le cadre a bien changé et ceux-ci disposent de plusieurs coins à leur échelle : un dortoir en mezzanine avec un escalier pour y monter et un tobogan pour en descendre, un magasin, une cuisine, un vestiaire, des ateliers, un lieu de lecture, un autre pour jouer au sable et un dernier pour faire de l’exercice. Ces aménagements, financés par la ville, ont été réalisés par les services techniques de la mairie.

Le nouveau décor des tout-petits en 1990 (Document Nord-Eclair)

Les olympiades de 1991, organisées par le centre aéré, remportent un franc succès : tous les enfants des centres des maternelles y participent à des jeux réalisés par les animateurs de Marie Curie, basés sur le respect de la nature et la préservation de l’environnement, de vrais jeux olympiques avec des juges, des points et même la flamme olympique.

Les Olympiades de 1991 (Document Historihem)

Remerciements à l’association Historihem

A suivre…

2 grands noms hémois de la boxe sur 2 siècles (3)

Partie 2 Daouda Sow au 21ème siècle (2)

Dans les années qui suivent, le vice champion olympique se met au service d’associations telles que ELA, association européenne contre les leucodystrophies, notamment à Hem où il lit, en 2010, la traditionnelle dictée pour les collégiens hémois ou « les enfants d’ici et d’ailleurs » association wattrelosienne qui récolte des jouets pour les enfants défavorisés. Il n’en néglige pas pour autant sa carrière de boxeur, et pour cela, il s’entraîne dans la région parisienne, cœur de la boxe professionnelle. Cette façon de se recentrer sur Paris est une préparation nécessaire pour briguer un titre national et, à terme, un titre de champion du monde.

En 2010, dictée ELA aux collégiens de Hem, participation à une collecte de jouets et préparation en région parisienne (Documents Nord-Eclair)

Champion de France des légers en 2008 et 2009, il passe professionnel mi 2009 et c’est en tant que tel qu’en juillet 2011 Daouda Sow devient champion de France des poids légers, titre qu’il remet en jeu en 2012. c’est durant cette même année qu’ il crée l’association Action Boxe, dont il est le président (il veut être acteur de la boxe, dans et hors du ring) et grâce à laquelle il entend apporter sa pierre à l’édifice qu’est la boxe et en défendre les valeurs.

Champion de France des poids légers en 2011, remise en jeu en 2012, association action Boxe et soirées Noble Art’s (Documents Voix du Nord)

C’est l’association qui organise les soirées Noble Art’s, dont la première doit se dérouler à Liévin. Malheureusement, la soirée prévue est annulée au dernier moment pour des motifs de sécurité et Daouda Sow se retrouve avec près de 10.000 euros de dettes à rembourser. Par ailleurs, sur le ring rien ne se déroule comme prévu et il peine à poursuivre une carrière qu’il espérait boostée par sa médaille d’argent aux jeux de Pékin. En 2013, il effectue un retour gagnant sur le ring et retourne au collège à Hem pour la dictée de l’association ELA.

Retour sur le ring et au collège en 2013 (Documents Voix du Nord)

En 2014, il devient conseiller au club de boxe d’Avesne-sur-Helpe en y aidant les dirigeants à mettre en place des ateliers techniques de la boxe pour promouvoir sa discipline. Il profite également de cette année pour mettre en place dans sa ville de Hem une soirée Noble Art’s à la salle Leplat et, devant une salle pleine à craquer, il fait le show en remontant sur le ring devant son public pour une victoire éclatante.

Revanche en 2014 à Avesne-sur-Helpe et à Hem (Documents Voix du Nord)

En 2015, Daouda Sow participe à un gala souvenir organisé à Pont-Audemer, au cours duquel les amis boxeurs d’Alexis Vastine montent sur le ring en mémoire du jeune boxeur, également médaillé à Pékin en 2008, et tragiquement décédé dans un accident d’hélicoptère. Il part ensuite s’entraîner durant 3 semaines en Floride, avant de participer brillamment à la soirée Noble Art’s organisé cette année à Wasquehal.

Gala souvenir, entraînement à Miami et soirée Noble Art’s à Wasquehal en 2015 (Documents Voix du Nord)

L’année suivante commence par Levallois-Perret où, dans la catégorie super légers, il subit sa première défaite chez les professionnels. Puis il donne un gala de solidarité à Lille en faveur de la petite Lyana : une partie de la billetterie alimentera la cagnotte constituée par ses parents pour adapter leur maison à son handicap. Passé 30 ans il songe à sa retraite du ring et prépare une reconversion en ouvrant un commerce de restauration rapide indienne « le Jaldi Jaldi » boulevard de Fourmies à Roubaix. Il reste toutefois dans le milieu de la boxe à travers sa présidence de l’association Action Boxe.

1ère défaite à Levallois-Perret en 2016, gala de solidarité pour Lyana, multiples projets après sa prochaine retraite du ring, dont la restauration à Roubaix (Documents Voix du Nord et Google Maps)

Pourtant, dès le début d’année suivante il est bien décidé à remonter sur le ring pour tenter d’obtenir une 3ème ceinture nationale en super léger cette fois, devant le public roubaisien, au Stab. Malheureusement il sort de son combat battu aux points. Daouda Sow, déçu, s’arrête à nouveau avant de revenir, cette fois licencié au club d’Hénin-Beaumont, sur un ring à Douai en 2019, et d’y gagner son combat contre un adversaire géorgien.

Retour sur le ring en 2017 et défaite au Stab devant le public roubaisien et nouveau retour gagnant en 2019 à Gayant Expo à Douai en 2019 (Documents Voix du Nord)

Toujours partant pour les actions solidaires il participe, en 2021, à la journée internationale des droits de l’enfant, à l’Hôpital Victor Provo à Roubaix. Pendant ce temps Abdel-Hakim Zehrir, son entraîneur historique, qui lui avait prédit une participation aux JO, continue à former, à Hem, dans la salle qui porte son nom, des nouvelles générations de jeunes boxeurs qui rêvent de suivre les traces de Daouda Sow.

Journée solidaire en 2021 et le BCH continue à former les jeunes générations (Documents Voix du Nord)

En 2022, Daouda Sow publie son autobiographie « La médaille du Coeur » où il raconte son parcours et livre ses conseils pour toucher du doigt la réussite. Il fonde également son propre club de boxe dans le Vieux Lille, au 30 rue Royale, lieu qui abritait déjà, dans les années 1920 une salle de boxe. L’« Apollo Sporting Club » est destiné à devenir le nouveau temple de la boxe loisir, dans une décoration soignée.

Une autobiographie et un club de boxe à Lille en 2022 (Documents Voix du Nord)

Remerciements à l’association Historihem

2 grands noms hémois de la boxe sur 2 siècles (2)

Partie 2 Daouda Sow au 21ème siècle (1)

Né le 19 janvier 1983 à Roubaix, il grandit dans le quartier des Hauts-Champs où, un peu par hasard, pendant la décennie suivante, il est repéré par le Boxing Club Hémois BCH), né en 1995 au sein du CASH (Centre d’Activités Sportives Hémois). Le BCH, présidé par Gilbert Lacroix et entraîné par Abdel-Hakim Zehrir, n’a, à l’époque pas de salle adaptée à son sport : les petits s’entrainent au Mail Dunant et les grands à la salle Leplat mais il leur manque le principal à savoir un Ring et de temps en temps l’entrainement a lieu sur Roubaix mais l’association veut rester hémoise.

Le boxing club hémois en 1995 et 1997 (Documents Nord-Eclair)

A 14 ans, Daouda y débute la boxe, en 1997, sous la houlette d’ Abdel-Hakim Zehrir. Deux ans plus tard il remporte le titre de champion de France dans la catégorie cadet, en poids mouche. L’année suivante il est champion de France junior en poids coq. En 2002, il intègre l’INSEP et dès l’année suivante, il obtient le 1er niveau du brevet d’état spécifique de boxe anglaise.

Champion de France catégorie cadet en 1999 (Document Nord-Eclair)

En 2004, il arrive finaliste du championnat de France amateur senior. Une victoire le qualifierait pour les championnats d’Europe et le propulserait favori pour la sélection des prochains jeux olympiques. Pour ça, il doit perdre du poids car, pour boxer dans la catégorie coq, il ne faut pas dépasser les 54 kgs et il est donc obligé de s’affamer. Finaliste également en 2005 il reste vice champion de France. Il ferme alors la parenthèse INSEP et acquiert le statut externe de l’équipe de France et commence à penser aux JO de Pékin de 2008.

Daouda en 2004 finaliste au championnat de France et en 2006 en route pour les JO de Pékin (Documents Nord-Eclair)

Pourtant, au printemps 2006, manquant de motivation, il lâche tout et se trouve un travail d’éducateur sportif à Marcq-en-Baroeul. Mais la boxe lui manque trop et il reprend l’entraînement dès la rentrée en vue du championnat de France au cours duquel il espère conquérir le titre et c’est avec la rage de vaincre à nouveau qu’il effectue un retour fracassant en 2007et devient champion de France senior. Pourtant aux mondiaux de la même année il est malheureusement éliminé dès le 1er tour.

Défi ardennais pour le Boxing Club et la rage de vaincre en 2007 et champion de France senior (Documents Nord-Eclair)

Enfin en août 2008, il vit son rêve : participer aux jeux olympiques. Il est à Pékin pour gagner, comme tous les athlètes engagés dans la compétition. Pour son 1er combat dans la catégorie des 60 kgs il affronte un adversaire de taille : Kim Song-Guk, nord-coréen, vice champion olympique à Athènes en 2004. A Hem, tout le monde est derrière lui et, pour le soutenir, deux associations retransmettent le combat devant une centaine de supporters.

Participation aux JO : le rêve et un 1er match retransmis devant une centaine de supporters hémois (Documents Nord-Eclair)

Malgré la réputation de son adversaire, il ne se laisse pas impressionner et signe une victoire aux points qui lui permet d’accéder aux 8èmes de finale où il rencontre le portoricain José Pedraza Gonzalez. Ses supporters, réunis pour l’occasion à la maison du foot où le match est retransmis, malgré la déception de ne voir que le dernier round retransmis par France 3, exultent de le voir à nouveau gagner aux points et se qualifier ainsi pour les quarts de finale.

Sow sort le grand jeu et accède aux 8èmes de finale avant d’atteindre les quarts devant des supporters hémois en délire (Documents Nord-Eclair)

Son adversaire, le chinois Qing Hu a bien évidemment toute une salle pour le porter mais, malgré les applaudissements de ses milliers de compatriotes et un match où les retournements de situation se succèdent, c’est bien Daouda Sow qui finit par l’emporter. Dans la salle de retransmission hémoise on hurle et on exulte : il est en demi-finale et ramènera pour le moins une médaille de bronze à la maison.

Daouda assure le show et ramènera au moins une médaille de bronze (Documents Nord-Eclair)

En demi-finale, il affronte le cubain Yordenis Ugas qu’il a déjà affronté à la Havane, lors d’un match de préparation et ce dernier, l’un des meilleurs techniciens du tournoi, avait alors pris le dessus. Pourtant, malgré un début de match compliqué, le boxeur hémois réussit à laminer son adversaire, se propulsant ainsi en finale devant un parterre de supporters hémois en liesse dans la salle Dunant.

Daouda Sow, du rêve à la réalité ? Sow must go on !

Le brillant sportif hémois savoure cette victoire même s’il sait qu’il sera opposé, en finale, au russe Alexey Tishchenko, champion olympique en titre, sacré à Athènes en 2004, champion du monde en 2005 et 3ème au championnat du monde de 2007. Plus de 500 personnes se réunissent au mail Dunant pour assister à cette finale de rêve. Hélas, Daouda Sow s’incline 11 touches à 9, face à son adversaire, et, si sa déception est visible sur la 2ème marche du podium, les hémois eux sont aux anges.

Incroyable arrivée en finale mais les jeux sont faits pour Daouda Sow sur la 2ème marche du podium (Documents Nord-Eclair)

La promesse de construire une salle de boxe à son nom, non loin du stade Hidalgo est déjà faite par le maire Francis Vercamer et la construction est déjà budgétisée. Amis, supporters, voisins, une centaine de supporters se précipitent à Roissy-Charles de Gaulle pour l’accueillir à sa descente d’avion et le porter en triomphe. Près de 500 personnes fêtent le retour des athlètes français sur les Champs-Elysées à Paris et Daouda Sow se retrouve avec les autres nordistes à l Elysée.

Hem l’accueille en héros à Roissy et il se prête à une séance de dédicace à Paris (Documents Nord-Eclair)

Le lendemain soir la ville d’Hem organise une réception pour son héros médaillé olympique dans son quartier Les Hauts-Champs: un véritable show avec podium, écran géant, feu d’artifice, jet de confettis et plus d’un millier d’Hémois sur l’esplanade du Mail Dunant. Il est interrogé en direct par France 3 devant une foule en délire puis se livre à une séance de dédicace pour le plus grand plaisir des enfants et la plus grande fierté de son entraîneur historique du Boxing Club Hémois.

Hem dit merci à Daouda Sow à l’issue des JO (Documents Nord-Eclair)

Le retour Triomphal de l’enfant du pays se termine par un tour d’honneur le jour d’Hem en Fête dans une voiture aux côtés de Francis Vercamer, maire de la ville. C’est durant cette même année, à l’issue des Jeux Olympiques que le Boxing Club Hémois obtient donc de la municipalité la décision de construire sur le site Hidalgo une salle de boxe de 260 mètres carrés, équipée de 2 rings à même le sol, de 2 vestiaires et d’un sauna. La salle est toute en bois, avec une façade revêtue d’un isolant couleur pistache que l’on apercevra encore à travers l’ossature bois qui la recouvrira, et une charpente en bois également. Cette salle, tant attendue par le BCH, est inaugurée en 2009 et porte bien sûr le nom de Daouda Sow.

La braderie en septembre lui permet de faire un tour d’honneur dans les rues de Hem aux côtés de Francis Vercamer (Documents collection privée)
Construction de la salle de boxe en 2008-2009, logo du BCH, le local rue des Trois Baudets et inauguration en 2009 (Documents Historihem, BCH, Ville de Hem et Voix du Nord)

à suivre…

Remerciements à l’association Historihem

Groupe scolaire de Longchamp (suite)

En 1986, c’est une délégation de parents d’élèves qui est reçue en mairie par Mme Massart, maire de la ville, et ses adjoints à la sécurité et à l’enseignement, Mrs Grabovski et Nys, cette fois pour tenter de remédier aux cambriolages de matériel pédagogique et au saccages des locaux répétitifs. Une étude est demandée aux services techniques de la mairie pour la mise en place d’alarmes et de radars.

Réunion avec les élus sur les problèmes de sécurité en 1986 (Document Nord-Eclair)

Pourtant 3 ans plus tard l’école Lamartine subit à nouveau, comme tant d’autres malheureusement, un acte de vandalisme, relaté par la presse locale, en 1989.Trois jeunes adolescents pénètrent dans l’établissement en brisant un carreau et mettent à sac une classe de CP : bacs de fleurs renversés, bancs sans dessus dessous, tableaux arrachés, armoires défoncées, livres cahiers et matériel scolaire répandus sur le sol, sachets de plâtre éventrés, bouteilles de solvant et de diluant brisées…

Vandalisme à l’école élémentaire Lamartine, rue Charcot, en 1989 (Document Nord-Eclair)

Durant la décennie suivante l’école fait plus heureusement parler d’elle à l’occasion de l’installation du site informatique en lieu et place d’une bibliothèque déplacée à l’étage pour l’occasion, dans une salle spécialement aménagée et protégée par la municipalité. Le matériel à savoir 8 micro-ordinateurs, reste propriété de l’Education Nationale durant 3 ans avant de revenir à la ville. Chaque élève passera environ 1 heure et demi par semaine devant un écran pour s’initier aux mathématiques et au français.

Installation du site informatique à l’école Lamartine dans les années 1990 (Documents Historihem)

Ce n’est qu’en 1995 que les travaux nécessaires à la rénovation du groupe scolaire déjà vieillissant commencent. En 1998, c’est la maternelle Georges Sand qui se refait une beauté : changement de l’installation électrique (des fusibles aux prises et interrupteurs en passant par les câbles), changement des vieux plafonniers au profit de rampes lumineuses encastrés et de spots orientables.

Par ailleurs, 560 mètres carrés de vieux plafonds ondulés sont remplacés par des plafonds suspendus ce qui permet de mieux chauffer les locaux. Enfin, sur un plan esthétique, la municipalité pousse le soin jusqu’à mettre des dalles de couleur (bleue, jaune et saumon) pour égayer les pensées des bambins rêveurs. La sécurité n’est pas oubliée : alarme incendie près du tableau électrique, issue de secours ouvrant les dortoirs sur l’extérieur et porte, cloisons et plafond coupe-feu pour le local des fournitures.

Rénovation de l’école Georges Sand en 1998 (Document Nord-Eclair)

A l’été 1999, en raison du coût excessif des devis demandés aux entreprises, ce sont les employés municipaux qui réalisent électricité, isolation, faux plafonds et refont les issues de secours pour remettre le reste du groupe scolaire aux normes. Les classes, une fois terminées bénéficient d’un nettoyage de fond en comble, murs compris. En revanche, les peintures attendront, faute de financement.

Remise aux normes du groupe scolaire à l’été 1999 (Documents Nord-Eclair)

Au début du 21ème siècle, les différents corps de métier s’activent toujours aux 4 coins de l’établissement. Des entreprises extérieures y assurent : la rénovation du restaurant scolaire, la réfection des 2 cours d’écoles maternelles, l’achat de quelques jeux et bancs et le remplacement des bandeaux en haut des façades. Les services techniques municipaux réalisent quant à eux les peintures des écoles élémentaires.

Photos de l’école en chantier en 2001 et photo de l’école avant sa démolition (Documents Nord-Eclair et Un temps de passage)

Pourtant en 2006, les écoliers désertent le groupe scolaire rénové 10 ans plus tôt et les locaux sont vidés, déshabillés et nettoyés pendant de longs mois. Les anciens locaux sont enfin grignotés par 2 pelleteuses et la démolition dure moins de 2 semaines : les 4 bâtiments composant cet ensemble scolaire disparaissent. En 2007, c’est le réaménagement de l’assainissement et des réseaux qui commence afin de permettre la construction, sur le terrain, de 74 logements individuels et semi-collectifs dont la livraison est prévue pour 2009.

Photos aériennes de 2007 avant démolition et 2009 après construction des logements (Documents IGN)

Il faut dire qu’en 2005, au n°100 de l’avenue Schweitzer, a commencé la construction d’un tout nouvel établissement scolaire dont l’arrière donne sur la rue Denis Cordonnier, sur le terrain laissé libre par la destruction un an plus tôt de l’école Denis Cordonnier (évoquée plus haut). Ce nouvel ensemble se compose d’une école maternelle et d’une école élémentaire.

Ville de Hem – Construction du groupe scolaire Longchamp (2005)

Le groupe scolaire Antoine de Saint-Exupery est un établissement moderne, spacieux et lumineux, qui accueille 180 élèves en élémentaire et 130 en maternelle. Il est composé de 17 salles de classe, 2 bibliothèques, 2 salles d’art plastique, un site informatique, 2 salles d’évolution, un restaurant scolaire, 2 cours de récréation et un jardin pédagogique.

Le groupe scolaire Antoine de Saint-Exupery (Documents Google Maps 2023(côté Schweitzer et 2008 côté Cordonnier et site internet)
Vue aérienne du terrain entre 2000 et 2004 et le terrain après la construction du nouveau groupe scolaire entre 2005 et 2010)

Le tout nouveau quartier de Longchamp disposait donc d’un groupe scolaire regroupé rue Charcot en 1974, constitué de 2 écoles primaires (Lamartine et Saint-Exupéry) et de 2 écoles maternelles (Mme de Sévigné et Georges Sand) à savoir les groupes Lonchamp 1 et 2. A cette époque, il y avait également le groupe Lonchamp 3 constitué de l’école Denis Cordonnier (maternelle et élémentaire) ouverte sur la commune de Lys-lez-Lannoy. 50 ans plus tard, en 2024, l’offre scolaire du quartier se résume à la nouvelle école Antoine de Saint-Exupery (maternelle et élémentaire) qui donne sur les rues Schweitzer et Denis Cordonnier.

Photo aérienne des 2 groupes scolaires en 1976 et offre scolaire par quartier en 2024 (Document IGN et Ville de Hem)

Remerciements à l’association Historihem

2 grands noms hémois de la boxe sur 2 siècles

Partie 1 Jean Motte au 20ème siècle

Né le 3 mars 1914 à Hem, Jean s’inscrit dès l’adolescence à l’Académie des sports de Roubaix, forte de 60 adhérents, dont le siège se trouve au 41 rue du Chemin de Fer, où il s’entraine avec le « maître » Edouard Dubus, qui y tient un estaminet. Son 1er combat, mené à l’âge de 16 ans en Belgique, se solde par une défaite. Mais, dès la même année 1930, après un combat perdu à Tourcoing, il remporte sa 1ère victoire par KO à Lille et se voit octroyer une bourse.

L’académie des sports de Roubaix en 1923 et extrait du Ravet-Anceau de 1928 (Documents Réveil du Nord et Ravet-Anceau)

Suivent 3 combats perdus à Courrières, Menin et Roubaix, avant 3 combats gagnants à la salle Watremez à Roubaix en 1931. L’année suivante est également une année faste pour ce boxeur qu’Edouard Dubus décrit comme un garçon rangé et calme et un modèle de persévérance, et qui aligne 4 victoires d’affilée, en 1932, à Roubaix, Douai puis Lille, puis à nouveau 4 victoires de suite à Frevent, Roubaix (salle Watremez et à l’Hippodrome-Théâtre en enfin à Paris.

En 1933 et 34, il enchaine un nombre de victoires impressionnant à Lille comme à Paris. Son entraîneur dit de lui qu’il cogne dur (et ce rien qu’en bloquant ses coups à l’entraînement). A son retour du régiment, en 1936, âgé de 22 ans, c’est un athlète de 82 kilos qui reprend l’entraînement avec Edouard Dubus et qui continue à enchainer les victoires de façon impressionnante durant 2 années de suite.

Jean Motte à 22 ans en 1936 (Document Historihem)

C’est en 1938, lors de son 53ème combat, qu’il remporte, aux points, son titre de champion du Nord à Roubaix. Un an plus tard, son patron, Robert Page (sur le sujet de la tapisserie Page voir un précédent article édité sur notre site), l’autorise à cesser son métier de tisserand pour se préparer au championnat de France Poids Lourds. A 25 ans, 85 kgs, il est opposé au marseillais Di Meglio, 24 ans, 90 kgs. Le 12 février 39, dans l’enthousiasme général, à Lille, il devient champion de France par KO à la 2ème reprise.

Jean Motte, champion de France à 25 ans, en 1939 (Documents Ateliers Mémoire et Historihem)

Deux mois plus tard il remporte sa dernière victoire contre Verbeeren, champion de Belgique, à Bruxelles. Puis il est mobilisé en août 1939 et participe à la campagne de Belgique, d’Argonne et de la Somme. Cité à l’ordre du régiment le 17 juillet 1940, il est décoré de la Croix de Guerre avec étoile de Bronze.

Jean Motte lors d’une cérémonie officielle aux côtés du maire Jules Delesalle, en poste de 1935 à 1944 (Document Historihem)

En mauvaise condition physique après un an et demi de mobilisation, sans entrainement, il est battu à Bruxelles en avril 1941 par Gustave Roth, ex-champion du monde, sur arrêt de l’arbitre au 5ème round. Après cette défaite, il ne parvient pas à retrouver son niveau et, malgré deux derniers combats victorieux en 1943 à Hem et à Paris, se voit contraint de mettre un terme à sa carrière en 1944. Il a cependant l’occasion de donner des cours à nombre de jeunes fervents de préparation militaire.

La carrière de Jean Motte (Documents Box Rec)

Après la guerre, Jean, domicilié rue Gutenberg, reprend la café-tabac de la rue Jean Lebas à Lys-lez-Lannoy et devient moniteur d’éducation physique à la Stella de Lys dont il tient également le siège. Même lorsque son état de santé l’amène à céder son affaire, il tient à demeurer membre de la commission de la Stella.

Il décède en décembre 1969 à Roubaix et ses funérailles ont lieu à l’église Saint-Luc à Lys-lez-Lannoy, en présence d’un grand nombre de membres de la Stella. Jean Cholle, vice-président de la Stella prononce une courte allocution, à l’issue de la messe célébrée par l’abbé Lamblot, pour lui rendre hommage devant une assistance comprenant de nombreux sportifs et membres de l’équipe municipale.

Le décès de Jean Motte en décembre 1969 et ses funérailles (Documents Nord-Eclair)

Remerciements à l’association Historihem

à suivre…

Groupe scolaire de Longchamp

En 1964, le C.I.L. programme la construction de 1.146 logements dans le quartier Longchamp. En octobre 1965, le conseil municipal de la ville de Lys-lez-Lannoy désigne un architecte chargé d’étudier l’avant-projet de la construction d’un groupe scolaire dans le quartier Longchamp. Il est question de subventionner, en 1967, les travaux de construction d’un groupe scolaire de 16 classes sur un terrain situé rue Cavrois (rue parallèle à l’avenue Schweitzer de Hem, les 2 rues étant reliées par une perpendiculaire : la rue Denis Cordonnier à Lys-lez-Lannoy). L’ouverture est programmée pour la rentrée scolaire de 1968.

Le quartier Longchamp avant construction entre 1950 et 1965 avec pour points de repère la fin de la rue Briet sur la future avenue Calmette et les 3 fermes de la rue des Ecoles (Document IGN)

Pour faire face à l’accroissement brutal de la population dans ce quartier autrefois occupé par des surfaces agricoles, la municipalité hémoise adopte quant à elle, dès le 30 juin 1965, le programme de construction d’un groupe scolaire comprenant une école primaire de garçons et une de filles de 10 classes chacune, une école maternelle de 6 classes avec logements, annexes et cantines. A cet effet, le 6 juillet 1965, le Conseil Municipal décide l’acquisition de deux parcelles de terrain d’une superficie totale de 1 hectare 41 ares 17 centiares.

La première tranche du groupe scolaire Longchamp peut finalement être financée par l’État en 1967 et comprendra une école primaire mixte avec 10 classes mixtes, une salle polyvalente de 72 m2, un bureau de direction, une cour de récréation de 1.100 m2, un local de détente de 220 m2, un groupe sanitaire pour garçons et un pour filles, un dépôt de 6 m2, un logement de direction et un logement d’adjoint .

L’ école maternelle comprendra quatre salles de classe, une cour de 600 m2, une salle de jeux de 120 m2, une salle de repas de 36 m2, une salle de propreté de 36 m2, un hall d’entrée formant salle d’attente, un logement de direction . Aux deux écoles s’ajouteront une cantine de 280 rationnaires et un logement de concierge. Le projet estimé à 2.317.446 Frs est confié à Monsieur André GAILLARD, architecte à CAMBRAI .

Plan de la zone en 1969 et photo de l’école maternelle déjà terminée (Documents Nord-Eclair)

Le 28 Novembre 1967, la deuxième tranche du groupe scolaire du quartier Longchamp est adopté suivant le programme pédagogique établi le 16 février 1967 par Monsieur l’Inspecteur d’Académie et comprenant 10 classes primaires, deux classes de perfectionnement, 4 classes maternelles, une cantine pour 300 rationnaires, 3 logements, les bureaux, les groupes sanitaires, cours et annexes.

En juin et juillet 1968, la communauté urbaine entreprend une première partie de travaux, en bordure de la rue Claude Bernard. Cette tranche comprend une école maternelle de plain pied de 4 classes qui doit être livrée dès le printemps 1969 et dont le mobilier sera fourni dans la foulée en vue d’une ouverture à la rentrée 69-70.

Une école primaire mixte abritera 10 classes réparties au rez-de-chaussée et sur un étage. La construction des 2 logements de fonction des directeur et directrice est en cours en début d’année 1969. Face à l’école maternelle des bâtiments de plain-pied également sont destinés à abriter des cuisines et un restaurant scolaire. L’adresse du groupe scolaire est la rue du Docteur Charcot.

Le groupe scolaire derrière la grande barre au début des années 1970 et photo de la cantine en 1971 (Documents Nord-Eclair et Historihem)

Une seconde tranche de travaux s’engage ensuite, sur le même terrain, en 1970, pour la construction d’une seconde école maternelle de 4 classes, ouverte en fin d’année, puis d’une école primaire mixte de 10 classes plus 2 classes de perfectionnement, dont l’ouverture est prévue pour le printemps 1971, ainsi que 2 logements de fonction pour un directeur et une directrice. Il y a également un plateau d’évolution mais pas de salle des sports, une telle salle existant déjà dans l’école Marie Curie des Hauts-Champs (sur le sujet voir un précédent article édité sur notre site). Au total 1000 élèves peuvent être accueillis dans le groupe scolaire.

La deuxième école du groupe scolaire en 1971 (Longchamp 2) et photo d’élèves de maternelle devant l’école (Documents Nord-Eclair et collection privée)

Toutefois, si le premier groupe avait été construit par la Communauté urbaine, le quartier Longchamp n’étant plus considéré comme une zone d’aménagement concerté, et c’est à la ville d’assurer la construction du groupe n° 2. Le 28 avril 1970, Monsieur le Maire est autorisé à passer les marchés pour un montant de 2.143.181 Frs auxquels devront s’ajouter 86.720 Frs d’honoraires à Monsieur GAILLARD, architecte à Cambrai et 85.000 Frs de mobilier.

Photo panoramique du groupe scolaire en 1976 derrière la grande barre et en 1989 après démolition de celle-ci (Documents IGN)

Le 10 juillet 1970, sur proposition de la Commission des écoles, le Conseil décide de dénommer l’école primaire mixte du 1er groupe Longchamp : école Lamartine et l’école maternelle école Mme de Sévigné. La population scolaire continuant d’augmenter, le 26 octobre 1970, une classe supplémentaire est ouverte à l’école mixte Lamartine. En 1972, une classe est à nouveau ouverte à l’école Lamartine et une à Mme de Sévigné. Le 28 février 1974, l’école primaire mixte Longchamp II prend la dénomination : école Saint Exupéry et l’école maternelle celle de Georges Sand.

vues du groupe scolaire au début des années 1970 avec la grande barre en arrière plan (Document Mémento Public de Hem et Hem d’hier et d’aujourd’hui)

Les Associations de Parents d’Elèves ayant pris conscience dès 1974 des difficultés rencontrées par un certain nombre d’enfants, ont entrepris des actions répétées et ont cru leurs efforts récompensés lors de la création, en 1976, d’une amorce de Groupe d’Aide Psychopédagogique (G.A.P.P.) comprenant un psychologue et une rééducatrice en psychomotricité travaillant à mi-temps. Le groupe est installé à l’école Saint Exupéry et s’occupe des élèves des Groupe Longchamp et de Marie Curie.

Plan du quartier Longchamp en 1968 reprenant en n°6 une école publique située à la limite des 2 villes (Document Nord-Eclair)

Pressenti depuis plus de 5 ans, ce n’est finalement qu’en 1974 que le groupe scolaire « Longchamp 3 » sort de terre sur la commune de Lys-lez-Lannoy, rue Denis Cordonnier, avec tout d’abord les logements de fonction puis les bâtiments scolaires comprenant quatorze classes de la maternelle à la septième avec un réfectoire pour 180 rationnaires. L’école Denis Cordonnier est inaugurée en octobre 1975. Ce groupe scolaire ne vivra que 30 ans, ayant été démoli en novembre 2004.

Construction et inauguration de l’école Denis Cordonnier en 1974 et 1975 (Documents Nord-Eclair)
Ville de Hem – Ecole Denis Cordonnier – Démolie en novembre 2004

Dès la décennie 1980 des problèmes se posent au groupe scolaire et l’APE (Association de Parents d’Elèves) cherche des solutions. Pour la température dans les classes oscillant en hiver de 13 à 16 degrés, elle préconise l’installation d’un système d’isolation peu couteux, à mettre en place pendant les vacances scolaires. Rue Charcot à l’entrée et la sortie des écoles un trou énorme dans la chaussée oblige les automobilistes à faire un écart dangereux pour les enfants tandis que l’éclairage déficient du quartier fait courir des risques aux élèves mal vus par les automobilistes. Au pied d’un pylône électrique des fils vecteurs de 380 volts sont accessibles et simplement recouverts de plastique par EDF. Enfin le trottoir boueux menant à la piscine oblige les enfants qui s’y rendent à descendre sur la chaussée pour le contourner. Les travaux recensés par les services techniques de la mairie sont toujours en attente à fin novembre 1980.

L’APE du groupe Longchamp en 1980 (Document Nord-Eclair)

Remerciements à l’association Historihem

A suivre…

Ecole Marcel Pagnol (suite)

Dans les années 1990, l’école développe des activités diverses à côté de la scolarité classique des enfants. Ainsi, les élèves de CM2 écrivent, en 1990, un article dans la presse locale sur les structures existant au niveau de leur ville pour venir en aide aux personnes du 3ème âge. En 1993, la Metro Goldwing Beaumont installe son siège dans la cour de l’école à la recherche d’acteurs pour son prochain film : les Aventuriers de l’Elixir Perdu. Puis les enfants participent, plus classiquement au carnaval.

Chronique « le petit écolier roubaisien » en 1990, ils en font un cinéma et le carnaval en 1993(Documents Nord-Eclair)

C’est en 1994 que « la cantine » devient un self-service tout ce qu’il y a de plus moderne. C’est une première à Hem quand Marcel Pagnol bénéficie d’un réaménagement des cuisines et de cette nouvelle formule de restauration proposée par Lys Restauration. Désormais les enfants choisissent leur menu tout en équilibrant leur repas au moyen d’un jeu d’assiettes de couleurs dont chacune correspond à un groupe d’aliments. Ce sont eux qui débarrassent ensuite leur place, vident leurs assiettes et rangent leurs plateaux.

Un self pour choisir seul et manger sain (Documents Nord-Eclair)

En mars 1999, c’est un incendie à l’origine mystérieuse qui se déclare dans l’école dans la soirée. S’il ne fait pas beaucoup de dégâts, seul un meuble servant de bibliothèque ayant été détruit, l’incident aurait pu être dramatique, une femme, agent d’entretien, qui se trouvait seule dans l’établissement y ayant été retrouvée inanimée, en état de choc et intoxiquée par la fumée.

Incendie en 1999 (Documents Nord-Eclair)

L’odeur de plastique brûlé prononcée persiste le lendemain et la salle de classe adjacente, bien que n’ayant subi aucun dégât est fermée pour quelques jours jusqu’à ce que l’air y redevienne respirable. Fort heureusement la dame de service est sortie de l’hôpital mais les parents d’élèves s’inquiètent de cet incident qui intervient après une série de 4 cambriolages survenue sur quelques semaines. Fort heureusement le suspect interpellé, qui reconnaît les faits, est une personne dépressive ayant agi dans un moment d’égarement et il ne s’agit pas de violence urbaine susceptible d’avoir une suite.

Inquiétude des parents (Documents Nord-Eclair)

Durant cette même année, des portes sont remplacées et on passe du bois au PVC. Puis les toitures des bâtiments sont refaites et l’éclairage est installé dans la cour de récréation. A l’été, ce sont les peintures qui sont refaites avec une entrée couleur vanille-fraise du plus bel effet ; par ailleurs le vert pâle et le jaune sont plébiscités par les enseignants. Le remplacement des châssis de fenêtres est programmé pour l’année suivante.

La réfection des peintures en 1999 (Document Nord-Eclair)

A la rentrée scolaire 2002-03, le député maire vient découvrir les nouveaux sanitaires du bâtiment B de l’école primaire, refaits durant les vacances. Restent à rénover ceux du bâtiment A, dans un piteux état. Un local pour les archives, sécurisé anti-feu a également été installé. La directrice, Danièle Delannoy, accueille pour cette année scolaire 6 classes et environ 140 élèves en primaire.

Le député maire est de la rentrée (Document Nord-Eclair)

Durant cette même année scolaire, les élèves profitent de la prestation d’une artiste, venue présenter ses contes pour enfants : silhouettes d’animaux au bout de bâtons et décors tout simples mais l’imagination des enfants fait le reste. Ce sont également qui travaillent sur l’affiche du spectacle ; puis une bande dessinée retraçant les histoires contées est exécutée par les élèves du CP.

Pagnol à l’heure du conte (Document Nord-Eclair)

Au début des années 2010, l’établissement fait l’objet de l’attention de la municipalité qui profite des vacances scolaires estivales pour rénover les bâtiments dans le cadre de son plan pluriannuel d’investissement. Cela commence avec une réfection des sanitaires et de la cour de récréation, suivie d’une remise en état des menuiseries et des peintures. Ensuite vient la réfection de la toiture de l’école maternelle, les châssis de fenêtre et l’étage de l’école élémentaire.

Enfin, l’école est dotée d’un nouveau restaurant scolaire à la rentrée des vacances de Pâques 2013, tandis que l’école maternelle est dotée d’un dortoir et que l’école primaire voit ses menuiseries remplacées. L’année suivante l’école doit être remise en conformité aux nouvelles normes d’accessibilité.

L’école en 2012 avec l’ancien restaurant scolaire (Document Google Maps)

L’ancien restaurant scolaire est démoli pendant les grandes vacances de 2014 et un parvis pavé engazonné est aménagé sur l’espace gagné et un parking de 22 places est créé pour les parents et enseignants. La première cour est également refaite avec de l’enrobé drainant laissant passer les eaux de pluie, pour éviter d’engorger les égouts. Grâce à la place récupérée les trottoirs sont reculés et des places de stationnement matérialisées tout au long. Une nouvelle clôture et des potelets de sécurité sont posés. Quant à la seconde cour, elle va être refaite et un terrain multisports devrait être créé aux vacances de Toussaint.

Le parvis refait à neuf en 2014 (Documents Google Maps et Ville d’Hem)

Le rez-de-chaussée de l’école élémentaire fait quant à lui l’objet d’une rénovation en 2016, avec suppression des baies vitrées donnant sur le couloir, peu propices à la concentration des élèves, réfection de certains bâtis de porte et de certaines peintures, ainsi que de l’ensemble du réseau électrique. Ce devrait être le dernier chantier d’ampleur dans cet établissement.

Le dernier chantier d’ampleur en 2016 (Document Voix du Nord)

En 2021, pour accroitre la sécurité routière aux abord de l’école, la ville décide de placer des petites silhouettes colorées au niveau des passages piétons jouxtant l’école pour sensibiliser la population aux excès de vitesse en ville et mieux identifier les zones où la vigilance doit être renforcée. Il s’agit de personnages sans visage de couleur jaune ou rouge aux bandes réfléchissantes tout le long du corps, sur le point de traverser à un passage piéton.

Les silhouettes au passage piéton de part et d’autre de l’ avenue de la Marne devant l’école (Documents Google Maps)

Depuis plus de soixante ans, au cœur du quartier de Beaumont, l’école Marcel Pagnol accueille donc les enfants en maternelle et en élémentaire dans des locaux spacieux et entièrement rénovés au fil des décennies. Elle dispose d’une garderie et d’un restaurant scolaire mais aussi d’un potager en son cœur permettant aux enfants de découvrir le travail de la terre et aux parents de goûter les légumes qui en sont issus.

Extraits du guide de l’école édité dans les années 2010 (Document Ville de Hem)
Photo panoramique de l’école en 2023 au cœur du quartier de Beaumont (Document Google Maps)

Remerciements à l’association Historihem

Boulevard Clémenceau/ avenue De Gaulle (suite)

Qu’en est-il des commerces alors ? Si l’on revient au document 3 à savoir la CPA colorisée du boulevard côté Jules Guesde : au premier plan de la carte postale on voit une maison blanche qui se situe au n°2 du boulevard et qui abrite une maison d’habitation. En 1955 c’est celle de l’industriel Duquesne-Joveneau puis du placier en laines Ch. Delemme avant qu’il ne s’installe au n°66.

CP moderne des années 1960 avec le carrefour Clémenceau Guesde et, au 1er plan, la café des Fleurs (Document collection privée)

Ce n’est qu’en 1958 que Léopold Duquesnoy y installe son commerce de cycles et également, comme il est d’usage à l’époque, un café mais aussi un hôtel. L’établissement est aussi le siège du club des « Dingos » qui réunit, en 1960 et 1961, une quarantaine d’anciens pour un banquet en présence du maire le Dr Jean Leplat.

Le repas des anciens en 1960 et 1961 au café sis bd Clémenceau (Document Nord-Eclair)

Repris en 1965 par Albert Verhille, le commerce à l’enseigne Hôtel des Fleurs, poursuit une activité de café-hôtel-restaurant mais aussi de vente et réparation de cycles et cyclos. Il continue également son œuvre de comité d’entraide aux anciens et devient le siège de l’USH (Union Sportive Hémoise).

Publicité de l’hôtel des Fleurs en 1968 (Document Nord-Eclair)

L’établissement continue ensuite son activité de café, hôtel et taxi dans les années 1970 sous la gérance de Mrs Everharde puis Delepau. S’y succédent également les Choteau-Benoit qui mettent l’accent sur les jeux automatiques pour cafés et J.Y.Briche. Ensuite, le café-hôtel des Fleurs est repris par le couple Henri Pollet-Moncheaux puis par Danièle Pollet.

Publicités de l’Hôtel des Fleurs en 1972 et 1974 et photo de l’établissement en 1977 ; publicités des années 1980 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

Par la suite, le commerce perd son activité hôtellerie mais le café des Fleurs perdure au 21ème siècle et s’enrichit d’une activité friterie dans une annexe au bâtiment principal. A partir de 2000, plusieurs gérants vont se succéder à la tête du café-brasserie et de la friterie jusqu’aux années 2020 au cours desquelles la restauration est assurée par Sophie Destailleurs à la tête de Basilik Pizza et Arnaud Lamblain qui gère la friterie O Clémenceau.

Publicité du café des Fleurs en 2000, façade du café en 2008 et 2025 (Documents guide pratique de Hem et Google Maps)
La friterie en 2008, 2016 et 2022 (Documents Google Maps)

A la même époque, à l’autre extrémité du boulevard, au rond-point des 3 Baudets, au n°252, une alimentation générale épicerie ouvre ses portes. Géré par H. D’Hoedt-Maubrun puis par Mrs Macquet puis Dufaye le petit commerce cède la place à la banque Scalbert au début des années 1970. Dès 1972, la succursale bancaire fait l’objet d’une tentative de hold-up qui se solde par un échec…La voiture volée ayant servi au forfait est retrouvée très vite sur Roubaix.

Publicité du guide hémois en 1970 ; la tentative de hold-up à la banque Scalbert en 1972 (Document Nord-Eclair)

Devenue ensuite Scalbert-Dupont la banque effectue des travaux, 20 ans plus tard pour continuer à recevoir la clientèle dans des locaux modernes et fonctionnels en offrant tous les services d’une banque moderne tels qu’un guichet automatique utilisable 7 jours/7 et 24h/24. Lors de l’inauguration, en 1993, l’établissement accueille un public ravi: conseillers municipaux, chefs d’entreprise du secteur et nombreux clients. L’agence est toujours en activité de nos jours sous l’enseigne CIC.

Publicité de 1978 et inauguration de la banque Scalbert-Dupont en 1993 et photo de l’agnec CIC dans les années 2020 (Documents Nord-Eclair et Google Maps)

Au n°70, on trouve, durant quelques temps dans les années 50, les Declercq-Goditiabois, commerçants en articles de ménage, avant que la maison ne devienne le domicile de l’industriel J Duhot-Pau,et au n°93 le négociant Flipo-Verspieren dans les années 60 à 80. En 1989, un foyer de l’enfance est ouvert dans cette magnifique bâtisse.

« Les 4 saisons » y hébergent une quinzaine d’enfants sous la responsabilité de Mme Barbedette. C’est OPHLM (Office Public de l’Habitat à Loyer Modéré) qui a racheté l’immeuble, l’a rénové et le loue à l’EPDSAE (Etablissement Public Départemental pour Soutenir Accompagner Eduquer).

Le n°93 devient le deuxième foyer de l’enfance du boulevard en 1989 (Document Nord-Eclair)
le n°93 en 2008 et 2019 (Documents Google Maps)

Le commerce de produits laitiers de Marie-Louise Doutreligne au n°61 est en activité dans les années 1940. La crémerie Debuy se situe au n°224 durant la décennie 60, et le glacier J. Walczak au 61 bis de la fin des années 60 à 1985. Il y a également le tailleur Lepers-Fontaine au n°194. Plus insolite, face au n°190 de l’avenue De Gaulle, au début des années 1990, Jean-Luc Provost installe sa friterie.

Située à la sortie de la voie rapide, à proximité d’une station-service, la petite baraque se fait vite une clientèle d’habitués venant de Hem, Lys et Roubaix. Les automobilistes et routiers de passage et les ouvriers d’usines alentours trouvent là une halte sympathique pour manger un morceau le midi ou le soir.

La carte professionnelle de Marie-Louise Doutreligne dans les années 1940 ; la friterie Provost en 1994 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

Depuis 20 ans en effet une station-service Total a ouvert ses portes au 186-188 avenue De Gaulle. Le Relais des Trois-Baudets, tenu par différents gérants, assure à la fois la vente de carburants, d’accessoires mais aussi le lavage et le graissage des véhicules. Depuis quelques années l’établissement, qui existe toujours, a été « relooké » Total Energies.

Publicités du relais des 3 baudets dans les années 1970-1980 ; Station-service Total en 2008 et 2025 (Documents Historihem, guide hémois et Google Maps)

Enfin, pendant quelques années, durant les années 1980, Marie Freté tient le salon Parenthèse, au n°113. Elle y propose : soins esthétiques, relaxation, séances de bronzage, et y assure la vente de cosmétiques. Après cette activité la maison retrouve son usage d’habitation.

Publicité du salon Parenthèse dans les années 1980 et la maison en 2008 (Documents Historihem et Google Maps)

En ce qui concerne les services : avec la croissance rapide de la ville de Hem, un nouveau bureau de poste, répondant aux besoins d’une ville moyenne, est mis en chantier au n°122, à l’angle du boulevard Clemenceau et de la rue Jean Jaurès en 1968 pour être ouvert au public au début de l’année 1969. Le nouveau bureau de poste bénéficie de places de parking ainsi que d’un distributeur de billets de manière à améliorer la vie des habitants du quartier des 3 Baudets, où un nouveau lotissement vient de voir le jour en face de l’église Saint-Joseph. (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site).

chantier de la nouvelle poste en 1968 et bureau finalisé en 1969; photo couleur des années 1970 et photo en 2025 ( Document Nord-Eclair et bulletin municipal de Hem, collection privée et Google Maps)

Une seule entreprise industrielle à savoir Damart, s’installe sur le boulevard. Le centre d’expédition y ouvre ses portes en septembre 87 et son inauguration a lieu en Novembre en présence de nombreuses personnalités : parmi elles, Mr Longuet, ministre délégué chargé de la Poste et des Télécommunications, Mr Aurousseau, préfet de la région, Mr Diligent, sénateur-maire de Roubaix, et bien sûr Mme Massart maire de Hem. (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site).

Photos de l’inauguration et de la coupure du ruban (Documents Nord-Eclair)

De nos jours les boulevard Clémenceau et avenue De Gaulle sont toujours essentiellement résidentiels et les quelques champs qui demeuraient entre la rue de la Tribonnerie et Damart disparaissent depuis peu pour laisser place à un chantier de construction d’ immeubles collectifs de standing et maisons individuelles. La photo aérienne de 2025 montre encore la présence des champs avant la mise en œuvre du chantier.

Vues aériennes de 1981 et 2025 (Documents IGN et Google Maps)

Malgré la bétonisation croissante et la disparition des champs qui la bordaient cette artère de la ville fait encore la part belle aux arbres et aux fleurs, comme c’était déjà le cas en 1989 lorsqu’elle avait été récompensée par la plaque de la rue fleurie ajoutée près de la plaque classique portant son nom.

L’avenue Clémenceau est la plus fleurie en 1989 et bordée d’arbres en 2025 (Document Nord-Eclair)

Ecole Marcel Pagnol

Au début des années 1950, on compte 200 nouvelles habitations implantées dans le quartier de Beaumont et d’autres cités HLM sont prévues. Le 21 décembre 1954, le conseil municipal adopte le programme établi par l’ Inspecteur Primaire et approuvé pas Mr l’Inspecteur d’Académie afférent au projet de construction d’un groupe scolaire pour la rentrée 1955 dans le quartier.

Photo panoramique du quartier en 1950 (Document IGN)

Le projet est confié à l’architecte de Hem, Joseph Delplanque et la municipalité acquiert un terrain d’1,50 hectare afin de permettre sa réalisation. Il est prévu que le groupe comprenne : une école de garçons de 4 classes, une école de filles de 4 classes, une école maternelle de 3 classes et leurs annexes ainsi qu’un logement de direction pour chaque école.

Ce n’est finalement qu’en janvier 1958 que les membres de l’administration municipale visitent le nouveau chantier du futur groupe scolaire de Beaumont. Il a fallu en effet attendre que soit écartée la possibilité d’implantation du cimetière de Beaumont pour pouvoir commencer les travaux (sur ce sujet voir un précédent article, intitulé le cimetière de Hem, précédemment édité sur notre site).

Inauguration des travaux de construction du groupe scolaire en janvier 1958 (Document Nord-Eclair)

Pourtant courant 1958, la presse locale annonce un chantier toujours en cours avec une probabilité d’ouverture à la rentrée de Pâques 1959. Elle présente le futur groupe, situé à l’extrémité de la rue Mozart, comme : «  édifié sur un emplacement idéal, vaste et aéré, où les jeunes écoliers pourront profiter du soleil et de l’air si salubre en cet endroit surélevé. »

Le groupe solaire en chantier en 1958 (Document Nord-Eclair)

Une nouvelle artère a déjà été tracée et créée, partant du boulevard Clémenceau pour accéder rapidement aux abords du nouveau groupe scolaire. La construction, de chaque côté de cette nouvelle rue, de maisons d’habitation est prévue très prochainement et le nom qui devrait lui être donné est celui d’avenue de la Résistance . Elle se nommera finalement avenue de la Marne.

Toutefois, en mars 1959, force est de constater que seule l’école maternelle est en voie d’achèvement. L’inauguration du groupe est donc retardée et devrait avoir lieu à la rentrée de septembre 1959. Ce sont alors 3 écoles, dont le gros œuvre est d’ores et déjà achevé qui seront mises à disposition des garçons et filles du quartier.

Prochaine inauguration du groupe scolaire de Beaumont (Document Nord-Eclair)

A l’été 1959, la municipalité procède à la réception provisoire de l’établissement et visite toutes les salles et les préaux. Les 3 grands bâtiments sont séparés par des cours : celui de la maternelle contient 3 classes, et les 2 autres, munis d’un étage, l’un destiné aux filles et l’autre aux garçons, possèdent une classe et une salle de travaux pratiques au rez de chaussée et 3 classes à l’étage.

Les murs sont recouverts d’une peinture dite fonctionnelle et les sanitaires ont été particulièrement soignés de même que les installations de carrelage pour effectuer des expérience de physique et chimie. Quant aux fenêtres, elles sont très nombreuses et très grandes ce qui procure à la fois une luminosité et une aération remarquable. C’est aussi au mois d’août que le mobilier fait son apparition dans toutes les classes et que l’on apprête les chemins à l’extérieur.

Réception provisoire par la municipalité et une vue extérieure de l’un des bâtiments ; la nouvelle école en hiver (Documents Nord-Eclair et Historihem))

Ce n’est donc qu’en septembre 1959 que le groupe scolaire comprenant 7 classes (et non 9), clôturé et pourvu de radiateurs de chauffage central, accueille enfin 400 enfants avec 4 ans de retard. L’inauguration officielle est quant à elle fixée au 4 octobre.

Vue d’un bâtiment avec préau et d’un logement de direction situé non loin de l’entrée de l’école (Document Nord-Eclair)

L’inauguration a lieu en présence de 3 députés et de 3 sénateurs ainsi que de Mr l’Inspecteur d’Académie. La maire d’Hem et des membres du conseil municipal sont bien évidemment présents ainsi que des maires et des représentants de la plupart des communes du canton. Après une réception à la mairie, un cortège se dirige vers l’établissement scolaire , emmené par les cavaliers de la vallée de la Marque, rassemblant les sociétés locales et les enfants des écoles encadrés par leurs enseignants. Puis vient l’heure de couper le ruban symbolique et d’écouter les discours.

Inauguration du groupe scolaire de Beaumont en octobre 1959 (Documents Nord-Eclair et Historihem)

A la fin de l’année scolaire, 2 événements ont lieu : une belle fête enfantine, en mai, en présence de personnalités, donnée par les enfants de maternelle déguisés, dans un mini spectacle de danse et une exposition des travaux des tout-petits à l’école maternelle, visitée par de nombreuses personnalités locales, en juin.

Fête enfantine en mai 1960 et exposition à la maternelle en juin 1960 ; une photo en maternelle (Documents Nord-Eclair et Historihem)

Presque un an plus tard, à l’été 1960, est inauguré le jardin d’enfants de Beaumont. Réservé aux familles du quartier, il est installé provisoirement sur le plateau d’évolution du groupe scolaire de l’avenue de la Marne et accueille 250 enfants. Il est pourvu de jeux multiples : cages à poules, tobogans, tourniquets, balançoires tournantes…

Inauguration du jardin d’enfants de Beaumont en juillet 1960 (Document Nord-Eclair)

C’est également à cette époque qu’est décidée la construction de trois restaurants scolaires, l’un au Parc, l’autre à Beaumont, le troisième à l’école La Fontaine pour un coût total de 750.000 Frs qui sera financé par un prêt de somme égale d’une durée de 20 ans auprès de la Caisse d’Epargne de Roubaix.

Cantine du groupe scolaire (Document Historihem)

Enfin, c’est en 1976 que le groupe scolaire reçoit le nom de Marcel Pagnol par le conseil municipal sur proposition de la directrice. L’année suivante, une association de parents d’élèves est créée avec pour objectif : la plus grande compréhension possible entre les enseignants, l’administration et les parents au bénéfice des enfants fréquentant l’établissement.

Une vue d’un bâtiment de Marcel Pagnol dans les années 1970 et l’élection d’un nouveau président de l’APE en 1978 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

Remerciements à l’association Historihem

A suivre…