Vous souvenez-vous des chanteurs de votre jeunesse ? On les appelait les Yéyés…
Après la deuxième guerre, les jeunes français fredonnent les succès américains . Alors que dans les années 50 émerge aux états unis le Rock and Roll, toute une série de chanteurs apparaissent au tout début des années 60, qui reprennent ces chansons traduites dans notre langue et les font découvrir en France.

L’un des premiers, Johnny Hallyday commence une longue carrière au golf Drouot en 1958, signe en 1960 un contrat chez Vogue et produit son premier succès. C’est un choc pour la population jeune, et le tollé chez les plus âgés. Il est très vite rejoint par d’autres qui tentent leur chance en tant que chanteurs : Eddy Mitchell et son groupe « Les Chaussettes Noires », Dick Rivers et les « Chats Sauvages », Richard Anthony connaissent le succès dès 1961. Claude François connaît son premier « tube » avec « Belles, belles, belles » en 1962.

Les filles ne sont pas en reste. Sylvie Vartan commence sa carrière en 1961 par un duo avec Franckie Jordan, « Panne d’essence », Françoise Hardy prépare sa carrière au Petit conservatoire de Mireille diffusé à la télévision en 1962, Sheila, dont le premier succès « L’école est finie » date de 1963, France Gall connaît également son premier succès en 1963 avec « Ne sois pas si bête ».
Dans les années qui suivent de nouveaux artistes vont venir grossir le nombre de ces quelques précurseurs et finir par offrir un choix pléthorique.

Le succès des ces musiques est favorisé par leur diffusion par les radios dites « périphériques », et notamment la jeune Europe numéro 1 créée en 1955 et l’émission fétiche « Salut les copains », présentée par Franck Ténot et Daniel Filipacchi à partir de 1959, épaulés par Albert Raisner, qui produit « Age tendre et tête de bois » à la télévision. Des revues dont « Salut les Copains » aident à les faire connaître.
Le hit parade officiel date de 1968 ; il reprend le classement des meilleures ventes de disques en France. On ne distingue les variétés françaises et étrangères qu’à partir de 1973. Repris par les journaux, il devient l’indicateur principal de la cote des vedettes.
Mais les radios diffusent leur palmarès bien avant cette année. (hit parade de Salut les Copains)

Les maisons de disques souhaitent lancer de jeunes chanteurs ; ils auditionnent les prétendants et les portes des studios s’ouvrent largement aux nouveaux talents. Les bénéfices produits augmentent considérablement. L’industrie du disque s’étend et fait des affaires grâce à ceux qui veulent faire une carrière dans la chanson.
Mais c’est l’arrivée sur le marché des transistors et les électrophones à piles, ainsi que les Juke Box installés dans les cafés, qui contribuent à baigner le jeune public dans une ambiance musicale permanente, les rendent de plus en plus dépendants et les poussent à acheter en nombre les 45 tours. Les tournées tournées d’été, gratuites, sur les lieux de vacances amplifient encore le phénomène.

La photo du siècle en avril 1966, réalisée par Jean Marie Perrier, le photographe des idoles nécessitera trois semaines de préparatifs. Pour cette photo, 46 vedettes sont réunies devant l’objectif au studio Mac Mahon rue des Acacias. Elle paraît en page centrale de Salut les Copains numéro 47 pour fêter le quatrième anniversaire du magazine.

L’arrivée de ce qu’on appelait à l’époque les « Idoles des jeunes » provoque un bouleversement dans la société et, en particulier, chez les adolescents qui s’identifient à elles et dont l’énergie est canalisée par ces musiques qui apparaissent brusquement dans une société restée très conformiste. Cela provoque un engouement extraordinaire auprès de la jeunesse. Le mouvement provoque la disparition d’une part non négligeable des chanteurs qu’on qualifie de « plus dans le coup ». D’autres essaient d’attraper le train en marche et de s’adapter aux nouveaux rythmes : Maurice Chevalier enregistre un twist en duo avec Eddy Mitchell, alors militaire.

Le reste de la population finira par accepter cette musique, qui devient de plus en plus consensuelle avec le temps et les jeunes vedettes seront progressivement intégrées dans les émissions de variétés « grand public ». Le mouvement y perdra son originalité et se diluera dans la société pour disparaître à la fin des années 60, avec la jeunesse des « baby boomers ».
Cette musique, c’est une part de notre jeunesse …
