Le temps des tours

Le 1er février 1969, deux tours sont édifiées par la société roubaisienne immobilière d’économie mixte en face de l’os à moelle. Elles sont pratiquement achevées, il ne manque plus que deux étages pour atteindre les 19 prévus. Elles vont constituer les points les plus élevés de la ville de Roubaix. La construction de la troisième tour du côté du boulevard de Belfort doit commencer prochainement. Quant à la quatrième, elle se trouvera en principe sur l’emplacement de l’ancienne centrale électrique. Si la troisième sera bien dans l’alignement des deux autres, ce ne sera pas le cas de la quatrième, la centrale n’ayant pas disparu rapidement.

Évolution de la construction des deux premières tours Photos Nord Éclair

Le 15 Août 1969, 376 logements nouveaux auront donc été construits. La SRIEM a terminé les deux tours, soit 226 logements, et une troisième tour commence, du côté du boulevard de Belfort. Le long du même boulevard, l’office municipal des HLM vient de terminer quatre tourelles, soit en tout 150 logements. Optimiste, le journaliste écrit que l’opération de l’ilot Edouard Anseele, commencée depuis plus de 10 ans, touche à sa fin.  L’architecte Guy Lapchin a conçu ces tours de 55 mètres de haut, comptant 113 logements chacune, avec des ascenseurs rapides. Au pied de chaque tour, on doit trouver des aires de jeux et des pelouses avec arbres. Le dix neuvième étage est un local collectif, pour les réunions des habitants, une halte d’enfants, qui sera entouré d’une pelouse et de troènes. Un jardin en plein ciel ! Les équipements suivants sont prévus : salle de repos, tisanière, vestiaires, buanderie, salle pour les  jeunes. Ces tours sont de véritables villes en réduction.

La rue Henri Dunant peu de temps avant son ouverture Photo Nord Éclair

 

Le 16 octobre, on annonce l’ouverture prochaine d’une voie d’accès entre le boulevard Gambetta et le boulevard de Belfort : la rue Henri Dunant, où l’on voit encore la centrale d’électricité sur la droite.

Un trou et des tours

Le plan publié par NE

En Septembre 1966, la presse annonce pour l’année suivante la construction de quatre tours de 19 étages aux installations exceptionnelles, près du futur centre commercial de la rue de Lannoy. Elles seront l’œuvre de l’architecte roubaisien Guy Lapchin, déjà auteur en 1958 avec ses collègues Gillet, De Maigret et Ros de la Résidence d’Armenonville (115 boulevard du Général de Gaulle à Roubaix) et de la Résidence Marly (au n°129 du même boulevard). Ces deux réalisations culminent à 36 mètres de hauteur[1], entre le parc de Barbieux et l’entrée du boulevard Leclerc.

Les tours projetées feront 55 mètres de haut, et contiendront 112 logements, répartis en appartements de type 2, 3, 4 et 5. Il est prévu une pelouse et une salle de réunions au 19eme étage, et des emplacements seront réservés dans le parking souterrain. Autour de ces bâtiments, il y aura des espaces de jeux, des pelouses. Le premier étage sera réservé à la vie collective des habitants (salle polyvalente, halle d’enfants).

Cependant pour mener à bien ce projet, tel qu’il est représenté sur le croquis ci-dessus[2], quelques problèmes restent à résoudre. En premier lieu, la disparition de la centrale EDF de la rue du même nom, située à l’emplacement prévu pour la quatrième tour, la plus proche du boulevard Gambetta. La centrale restera en place bien après la fin du chantier des tours, ce qui explique que la quatrième tour n’ait pas été bâtie dans l’alignement des trois autres…

Il faut aussi commencer à creuser le parking souterrain, avant d’implanter le futur centre commercial. Déjà le sol de la rue de Lannoy, plus de 100.000 m3 de terre, est transféré vers les Trois Ponts afin d’aller réduire la dénivellation de ce quartier. Ce sont alors des va et vient incessants de camions de quinze tonnes qui ébranlent la chaussée des boulevards de Belfort et de Beaurepaire à raison d’un passage toutes les trois minutes. Ce n’est qu’en mars 1967, qu’on va couler la dalle du fond du parking.

Inauguré en juin 1966, l’os à moelle va donc connaître deux mois plus tard les poussières et les boues dues au voisinage d’un double chantier. Il en sera de même pour les immeubles HLM situés de l’autre côté, au milieu desquels où le groupe scolaire Camus sera bientôt terminé. Les riverains du bloc Anseele en ont encore pour quelques années de chantier


[1] Source www.paris-skyscrapers.fr
[2] Publie dans Nord Eclair en septembre 1966