3 rue du Général Sarrail

Au début des années 1900, au N° 3 de la rue Saint Georges ( aujourd’hui, renommée rue du Général Sarrail ), est implanté le commerce de lingerie de E.Souty-Dupont, à l’enseigne « A la Petite Jeannette ». De nombreux produits sont proposés à la clientèle : draps, taies, serviettes, torchons, chemises de nuit, nappes, linge de toilette mais également des chemises pour hommes confectionnées sur mesure.

document collection privée

Au début des années 1910, le commerce est repris par Charles Poitevin-Aufort, qui garde bien sûr l’enseigne bien connue des roubaisiens, et tous les produits référencés jusqu’alors. Il développe fortement son affaire en y ajoutant un rayon complet de ganterie, chapellerie et toute une gamme de confections pour dames.

documents collection privée

Charles décède au début des années 1920 et son épouse continue alors seule l’activité du commerce qui est ensuite repris dans les années 1930 par le fils Jean Poitevin. Juste après guerre, Mr Levanbel reprend le fonds de commerce et crée une nouvelle enseigne « Pacherchic » qui comme son nom l’indique, propose des vêtements de qualité à des prix tout à fait raisonnables. La gamme de produits reste exclusivement féminine : dames et fillettes.

Publicité 1948 ( document collection privée )

André Picavet est né en 1916, il est mécanicien et bien décidé à créer son affaire. Il reprend donc le fond de commerce du 3 de la rue du Général Sarrail, au début des années 1950, pour y installer un magasin de cycles à enseigne Motoconfort.

Publicité Nord Eclair 1961

Au milieu des années 1960, André développe sa gamme de produits en ajoutant des accessoires pour Kart et des cyclomoteurs de la marque Motoconfort ( Mobylette et Cady )

Publicité Nord Eclair 1962
Publicité Nord Eclair 1967

En 1968, André est présent au salon du cycle à Roubaix avec ses deux roues : le cady pour les jeunes, et le SP 93 pour jeunes adultes.

Le SP 93 Motoconfort ( Publicité Nord Eclair 1968 )

Au début des années 1970, André propose la gamme complète de Motobécane-Motoconfort : bicyclettes, vélomoteurs, mobylettes, scooters et même les nouvelles motos de 125 cc.

document collection privée

Christian Trioux reprend le commerce de cycles en Mai 1976. Il est officiellement dépositaire MBK Motobecane diffusion. Il commercialise également des cyclomoteurs de marque Honda. Il poursuit son activité jusqu’en fin d’année 1990.

Publicité Nord Eclair 1978
Publicité Nord Eclair 1981
document archives municipales

Le coureur cycliste nordiste, Alain Bondue, a fait partie du Vélo Club Roubaisien, puis s’est lancé dans une longue carrière amateur et ensuite professionnel de 1980 à 1987. Il a un palmarès impressionnant de courses gagnées sur piste et sur route. Notons en particulier : deux fois champion du monde en poursuite, vice champion olympique à Moscou en 1980, il finit troisième au Paris-Roubaix en 1984.

Alain Bondue s’associe avec son ami Patrice Dejonckere, ancien membre également du vélo club de Roubaix, cycliste passionné qui a longtemps évolué au top niveau de la compétition amateur. Ensemble, ils reprennent le magasin de cycles du 3 rue du Général Sarrail en fin d’année 1990.

Alain Bondue ( document Nord Eclair 1994 )

La carrière cycliste d’Alain est exceptionnelle et assure bien sûr un bon coup publicitaire pour le démarrage de son affaire. Le commerce de cycles, cyclomoteurs et scooters fonctionne très correctement. Alain et son associé restent bien sûr fidèles à la marque MBK.

Publicité 1998 ( document collection privée )
Publicité 2001 ( document collection privée )

Le samedi 4 Octobre 2003, un incendie se déclare en pleine nuit dans le magasin de cycles. Les pompiers arrivent sur place rapidement et doivent lutter pendant des heures pour l’éteindre. Un pompier est malheureusement blessé et transporté par le SMUR, au service des grands brûlés au centre hospitalier à Lille. L’incendie a complètement détruit le magasin de cycles et endommagé fortement la boulangerie voisine de Simon Cédric.

documents Nord Eclair 2003

Pour beaucoup d’inconditionnels, c’est une des plus belles adresses en matière de deux roues, qui disparaît. Mais ce n’est qu’une étape pour les cycles Bondue. Alain et Patrice retrouvent un espace équivalent en 2004 à Lys lez Lannoy au 60 rue Jules Guesde, proche du vélodrome de Roubaix : un endroit qui permet de rebondir après ce pénible épisode de la rue Sarrail. Malheureusement le succès n’est pas au rendez vous et le magasin ferme définitivement ses portes, quelques années plus tard.

document Nord Eclair 2004

Quant à la rue du Général Sarrail, en Juin 2004, Roubaix Habitat, propriétaire des immeubles des 3 7 9 11 et 13 de la rue, songe sérieusement à faire place nette et revendre l’ensemble.

document Nord Eclair 2004

Un permis de construire est déposé en Mairie en 2005 et rectifié en 2008, pour la construction d’un ensemble immobilier constitué de cellules commerciales au rez de chaussée et de 68 logements, du 3 au 23 de la rue du Général Sarrail, avec création d’une nouvelle rue : la rue Neuve.

Travaux de démolition 2008 ( document Google Maps )
document Google Maps 2013

Remerciements aux archives municipales

Le traiteur de la rue Sarrail

M. Journel fait l’acquisition, en 1895, d’un terrain rue Saint Georges ( aujourd’hui rue du Général Sarrail ). Il dépose une demande à la Mairie, pour la construction de deux maisons au 51 et 53. Ce sont deux maisons jumelles, car les 2 étages sont parfaitement symétriques.

Permis de construire 1895 ( document Archives Municipales )
Les maisons jumelles. A droite, au 49, l’institution Sainte Agnés ( document collection privée )

M. Journel est charcutier. Il installe son commerce au 51 et décide de louer la maison voisine du 53 à un commerce de vannerie tenu par les sœurs David. M. Journel est également chef cuisinier, spécialisé en volailles. Son enseigne « Au Faisan » est déjà très connue au début des années 1900. Il cuisine des plats sur commande ; c’est le début de ce que on appelle aujourd’hui l’activité traiteur.

De gauche à droite : le coursier, le garçon de cuisine, le chef cuisinier, Mme Journel, M Journel, la vendeuse, la comptable et François, l’apprenti ( document collection privée ).

La façade de son magasin est de taille modeste, mais le bâtiment est très profond, ce qui lui permet d’installer son atelier de charcutier-traiteur, et également d’aménager une salle pour noces et banquets.

( document collection privée )

Au début des années 1930, le commerce est repris par Léon Blot. Né dans la région parisienne, Léon Blot habite au 5 rue du Trichon. Il continue bien sûr, l’activité de son prédécesseur et se spécialise en charcuterie fine, volailles, gibier, foie gras, jambons, hors-d’œuvre, etc. Il livre tous ses produits à domicile, aux particuliers pour les mariages, et aux entreprises pour les banquets et réunions. Après guerre, Léon développe fortement son commerce et devient une figure incontournable du métier de charcutier-traiteur.

( document collection privée )
( document collection privée )

Au début des années 1960, Michel Duplouy reprend le commerce et garde l’enseigne Blot car elle bénéficie d’une très bonne renommée. En 1965, d’importants travaux de voirie détériorent la façade du commerce, qui nécessite des travaux de réfection, en 1966.

( document Archives Municipales )
Publicité des années 1960 ( documents collection privée )

Dans les années 1970, le commerce est repris par Alain Verbrugghe. Il continue l’activité de traiteur charcutier et garde, bien évidemment, l’enseigne Blot. En 1981, le gérant de la SARL Blot, décide de moderniser sa façade. Les travaux sont confiés à Michel Lerouge de Villeneuve d’Ascq.

Document Archives Municipales
au 53, le bijoutier G. Delzenne ( documents Archives Municipales )

Le commerce ferme dans les années 1990. Depuis, le bâtiment est à l’abandon au n° 51, squatté, et entretenu au n° 53. Les pompiers sont intervenus dernièrement, pour éteindre un incendie, derrière le bâtiment qui donne sur le parking Sarrail.

( Photo BT )
( Photo BT )

Remerciements aux Archives Municipales.

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