Au cours de cette même période, l’avenue Pinay accueille plusieurs sociétés au n°9 à savoir : Centradel, centrale d’achat non alimentaire, fermée en 2010, Fermière de Gally, mais aussi ID Claye, ID Gometz et IDT, commerces de détail de fleurs, fermés en 2007.
le n°9 en 2023 (Documents Google Maps)
Au n°1, dans une partie de l’immense bâtiment construit à l’emplacement de la briqueterie, lequel abrite aussi les n°2 et 8, s’installe Ensovo, entreprise d’entreposage et stockage non frigorifique, toujours active. Au 2 bis, on trouve : LTGR, activité de conseil, Scalair, traitement de données, hébergement et activités connexes, et Vade France, société d’édition de logiciels applicatifs, rejoint en 2013 par Vade Group, toujours actives.
Société Ensovo au n°1 de l’avenue Pinay (Documents Google Maps et site internet)Le 2 bis avenue Pinay en 2020 et 2023 et Vade en 2017 (Documents Google Maps et site internet)
Le n°12 accueille durant cette même période : la centrale d’achats non alimentaire d’Auchan, OIA (Organisation Intragroupe des Achats) dont le siège se situe à Croix, laquelle abrite depuis le showroom d’Audacity Auchan, dont l’activité est la vente à distance sur catalogue. Le bâtiment abrite également les sociétés Lacoste (toujours active) et Dactyl Buro Office (fermée en 2021), commerce de gros, ainsi qu’Outillage du Nord, réparation d’ouvrages en métaux (fermée fin 2023).
Audacity Auchan en 2019 (Documents Google Maps et site internet)Le n°12 abritant Lacoste (Documents Google Maps)
La zone des Vents abrite également dans l’avenue Pinay, durant la décennie 2000 : la société de transports Vercaigne et fils, dont le siège est à Neuville en Ferrain (fermée fin 2023), E&C Energy, ingénierie et études techniques (fermée en 2008), Go Media, édition de revues et périodiques (toujours active).
Photos de Vercaigne en 2023 (Documents Google Maps)
Par ailleurs elle accueille dans la rue du Calvaire au n°98 la société Dati Sécurité, laquelle s’installe dans une ancienne habitation vendue en 2008. L’entreprise spécialisée dans les travaux d’installation électrique dans tous locaux y est toujours active à ce jour. Au 187, c’est Vermeulen Matériaux, établissement secondaire d’une entreprise parisienne, qui s’installe à la fin des années 2000 (toujours active).
La maison du 98 vendue en 2008 et Dati Sécurité en 2023 ainsi que le 187 rue du Calvaire en 2023 (Documents Google Maps)
La décennie 2010 ne voit que peu de changements intervenir sur la physionomie de la zone d’activité. Ainsi la rue du Calvaire s’enrichit de la société Publidispatch, du groupe Staci PB3, entreprise d’affrêtement et organisation de transports (toujours actif).
Publidispatch Staci PB3 rue du Calvaire (Documents site internet)
L’avenue Pinay quant à elle accueille au n°2 bis Okto Campus qui réunit trois sociétés sur son site : Vade Secure, spécialisée dans la sécurisation des e-mails, Scalair, opérateur d’infrastructures cloud, et Open10 qui crée des plates-formes de stockage de données.
Inauguration d’Okto Campus en 2017 et photo de son sigle (Document Tout Hem et site internet)
Au n°3 c’est Change your Life, intermédiaire de commerce, qui s’installe (toujours active), Datananas, édition de logiciels applicatifs (toujours active), Primotexto, même activité (fermée en 2017) et la société Signitic, entreprise de programmation informatique, rachetée par le groupe Positive (ex-Sarbacane), dirigé par Mathieu Tarnus. Au n°8, la société Promod crée en 2013 un établissement secondaire pour entreposage et stockage, lequel ferme ses portes en 2020.
Sigles des 3 sociétés précitées au n°3 et photo de Mathieu Tarnus en 2023 (Documents sites internet et gazette du Nord Pas-de-Calais)
Le n°12 accueille durant cette période : Nord Sécurité , commerce de gros de fournitures et équipements industriels divers, établissement de la société Noyer Safia Dexis (fermé en 2022), ECP, entreprise de construction de maisons individuelles (société en cours de clôture), GCNV, entreprise de travaux (fermée en 2015) et enfin Tramac France, commerce de gros de machines pour l’extraction, la construction et le génie civil (fermé en 2020).
Nord Sécurité Dexis (Documents Google Maps) et Tramac France (Document site internet)
Des champs qui il y a presqu’un siècle entouraient la seule entreprise du secteur, il ne reste donc plus rien pas plus que de la briqueterie installée en 1930. En revanche une énorme zone d’activité, faisant la part belle aux nouvelles technologies, y a émergé peu à peu durant les 30 dernières années.
Plan général et photo aérienne de la zone des 4 Vents en 2023 (Documents Google Maps)
Au début du 19ème siècle le village de Hem était composé de 9 hameaux auxquels s’est rajouté sur le plan cadastral de 1890 celui des quatre Vents entouré de celui du Vieux Sailly et celui du Civron, celui du Petit Vinage et de la Vallée et celui de la Place et du Rivage. Sur un plan de 1953, on retrouve ces anciens hameaux en tant que quartiers de Hem.
Extraits du plan cadastral de 1890 et du plan de 1953 (Document archives départementales et Historihem)
La zone d’activité des 4 Vents est actuellement le principal parc économique de la commune de Hem, tant en termes de nombre de salariés, de superficie, que de taille d’entreprises. Elle est située au sud-est de la ville et desservie par les rues du Calvaire et Antoine Pinay.
Pourtant cette zone était encore, au début du 20ème siècle composée de terres agricoles et, jusqu’en 1930 aucune entreprise n’y était implantée. C’est cette année là que la première industrie : la « Briqueterie de l’Entreprise de Roubaix et ses environs », la briqueterie « dite d’Hem », Comptoir Régional de la Terre Cuite, s’implante au 187 rue du Calvaire au lieu dit « Au-Dessus du Petit-Voisinage ». (Sur le sujet voir un précédent article sur notre site intitulé Briqueterie d’Hem)
Photo aérienne de 1933 montrant la briqueterie isolée au milieu des champs (Document IGN)
Peu à peu la ville de Hem change de visage. Sa population s’accroit au fur et à mesure de l’industrialisation de la ville. Pourtant le centre d’Hem garde quant à lui une vocation agricole pendant longtemps et ce n’est qu’en 1990 que les Etablissements Kiabi y installent leur siège au n°100 de la rue du Calvaire, juste en face de la briqueterie. (Sur le sujet voir un précédent article sur notre site intitulé Kiabi)
Photo aérienne de 1992 montrant le siège de Kiabi installé en face de la briqueterie, les deux entreprises étant alors encore au milieu des champs (Document IGN)
Puis dans les années 1990, peu à peu se construit la zone d’activité des 4 Vents avec l’arrivée d’entreprises plus ou moins connues qui exercent des activités assez diversifiées. En 1994, la nouvelle zone d’activité hémoise fait les gros titres de la presse locale : les Trois Suisses et Saint-Maclou attirés par Hem.
Photo des dirigeants des 2 entreprises en réunion avec Mme Massart, maire de la ville ; plan de la ZAC en 1994 et nouvelle voie vers la zone des 4 Vents (Document Nord-Eclair)
Sur les photos aériennes de 1995 puis de 1997, on voit ainsi apparaître les bâtiments n°14 avenue Antoine Pinay abritant Saint Maclou et n°6 abritant les 3 Suisses.
Photos aériennes de 1995 et 1997 (Documents IGN)
L’entreprise Saint Maclou a son siège et son usine de production à Wattrelos mais fait en effet construire à Hem sa toute nouvelle unité de stockage en 1995. Les locaux wattrelosiens sont en effet saturés et, de fait, la production s’en trouve réduite.
Le bâtiment Saint-Maclou sorti de terre en 1995 et vue aérienne du bâtiment Saint-Maclou en 2023 (Documents Nord-Eclair et Google Maps)
La construction d’un bâtiment de découpe et de stockage à Hem sur 24.000 mètres carrés devrait permettre de relancer la production à Wattrelos. On y trouve notamment la plus grande machine du monde à découper les moquettes. Dès l’année suivante, vendeurs et poseurs de toute la France s’y réunissent en congrès afin de découvrir tous les nouveaux produits.
Le congrès des vendeurs et poseurs en 1996 (Documents Nord-Eclair)
En 2022, une partie des hangars de l’enseigne est soufflée par une explosion. L’explosion d’une bouteille de gaz entraine un incendie lequel, s’il ne fait fort heureusement aucun blessé, est à l’origine de l’effondrement de 800 mètres carrés de structure sur une cellule d’environ 6.000 mètres carrés.
Explosion à Saint-Maclou en 2022 (Documents Voix du Nord)
L’entreprise les 3 Suisses veut quant à elle y installer un grand centre de tri pour les colis, sur 10.000 mètres carrés, qui emploierait 100 personnes dès 1996 avant de faire construire un centre de préparation de commandes dans les 2 années suivantes avec, à terme, l’emploi d’un millier de personnes sur la commune.
Un chantier vert (Documents Nord-Eclair)
Le chantier se veut vert : des bennes de récupération cartons, plastiques, métaux et bois sont installées autour du chantier. Tout est récupéré pour être recyclé. Le bois et les métaux, hors ferraille, sont gérés par la société roubaisienne Dobigies. Le bâtiment, une fois achevé sera chauffé au bois, lequel pourra provenir de récupération. Dès 1996, le centre de tri dernier cri, utilisé par 6 filiales du groupe : 3 Suisses France, Cidal, l’Exemplaire, la Blanche Porte, Becquet et Beauté Créateurs, est inauguré.
Un outil ultra moderne (Document Nord-Eclair)
Dès l’année suivante, la direction du groupe a besoin de 10 hectares de plus pour son organisation logistique, afin de disposer de 30 ha d’un seul tenant. Une concertation avec les habitants est donc organisée dans le restaurant scolaire de l’école De Lattre de Tassigny en présence de représentants de la municipalité et de la CUDL. Les phases d’aménagement seront ensuite successives.
La réunion de concertation en mars 1997 (Document Nord-Eclair)
Un an plus tard, la société choisit de chauffer au bois son centre de tri : mode de chauffage économique et écologiquement propre. Sur les 5 ha de réserve foncière acquis les 3 Suisses ont planté leur propre bois de chauffage : des saules à croissance rapide venus de Suède, destinés à couvrir un quart des besoins en bois de la chaufferie tous les 3 ans.
Les 3 Suisses font feu de leur bois : le pdg de la société et le président de la chambre d’agriculture du Nord (Document Nord-Eclair)
Le premier bâtiment Mondial Relay et la plate-forme Dispeo en 2023 (Documents Google Maps)
Cette plate-forme d’expédition Mondial Relay ne sera plus suffisante après le tournant des années 2000 et, en 2012, la société lance le chantier de construction du plus grand centre français de préparation de commandes ouvert aux enseignes du e-commerce sur 40.000 mètres carrés soit l’équivalent de 6 terrains de football : Dispeo.
Le plus grand centre français de préparation de commandes en 2012 et son inauguration en 2013 (Documents Tout Hem)Photos de Dispeo dans la zone d’activité de 2018 à 2023 (Documents site internet et Google Maps)
En choisissant ce nom, le fondateur, Patrick Mulliez, veut donner l’image d’une enseigne « qui habille » toute la famille. La marque, première à se lancer sur le segment des vêtements et chaussures pour la famille à petits prix, est créée en 1978, avec l’ouverture d’un premier magasin à Roncq, dans le Nord.
Ce premier magasin de 1000 m2 sera vite suivi par d’autres points de vente toujours implantés en zone commerciale de périphérie et la marque impose son concept de mode à petit prix tout au long des années 80. En une décennie, Kiabi ouvre 35 magasins et recrute 1500 salariés : c’est l’âge d’or de la marque dont le slogan est « Kiabi, la mode à petits prix ».
Logo de Kiabi en 1978 (Document internet) et publicité reprenant les premiers magasins ouverts dans la région (Document Yuma Paris)
Dix ans plus tard la presse locale annonce le nouveau transfert du siège social de l’entreprise, située avenue du 08 mai 1945 à Villeneuve d’Ascq, vers Hem, 100 rue du Calvaire (dans la future zone des 4 Vents). Au départ, son implantation était prévue sur l’ancien site Gabert (sur le sujet voir un précédent article publié sur notre site intitulé Teinturerie Gabert). Mais le terrain s’est avéré finalement inadapté aux besoins de l’entreprise.
La construction a donc été décidée sur un terrain de 5 hectares situé juste à côté de l’antenne Sud dans la rue du Calvaire face à la Briqueterie (sur ce sujet voir un précédent article publié sur notre site intitulé Briqueterie de Hem).
Vue aérienne de l’emplacement futur de Kiabi (Plan actuel / photo des années 1960)
Le bâtiment doit être constitué d’une surface utile de 7000 mètres carrés et ne doit pas excéder 12 mètres de hauteur. La Direction générale et les services centraux vont se partager 3 niveaux. C’est la SOPIC, une société basée à Tarbes et spécialisée dans l’immobilier d’entreprise, qui est en charge de la réalisation de l’ouvrage.
Titre dans la presse locale en 1988 et maquette de la future construction (Document Nord-Eclair)(Document Nord-Eclair)
Cette nouvelle implique le transfert de 90 emplois sur la commune de Hem ainsi que la création de 100 autres postes pour le nouveau siège social voir même 135 emplois à l’horizon 1990, ce dont se réjouit bien évidemment Mme Massart, maire de la ville. Les travaux doivent débuter en novembre 1988, en vue d’un déménagement du siège social à la fin du premier trimestre 1990. Bien que l’architecte soit parisien et la SOPIC installée dans le sud du pays, ce sont des entreprises régionales qui seront occupées à la réalisation de la construction, ce qui signifie également une trentaine d’emplois sur le site pour une durée d’un an.
Photo aérienne de 1995 (Document IGN)
L’immeuble est finalisé en 1990, comme prévu et la SAS Kiabi Europe, créée en 1987, y installe officiellement son siège en juin 1990. Le bâtiment, flambant neuf, est de conception moderne et particulièrement curieux à observer depuis le ciel avec sa forme très inhabituelle.
Photo de l’entreprise nouvellement installée (Document archives municipales de Roubaix)
1990 est aussi l’année d’une nouvelle grande campagne de communication qui a pour slogan : « C’est bon pour le moral ». L’enseigne frappe fort en prenant pour égérie une star de la chanson et non des moindres puisqu’il s’agit de Johnny Hallyday. Les photos publicitaires couvrent les murs de France.
Campagne de publicité des années 1990 (Document Yuma Paris)
Trois ans plus tard, Kiabi s’exporte en Espagne et va continuer à s’internationaliser, notamment en Italie. En 1997, le réseau compte 85 magasins et en 2000, la marque lance son site web avant de se développer en franchise 5 ans plus tard.
En ce début de vingt et unième siècle, l’entreprise Kiabi effectue sa publicité au dos du guide pratique de la ville de Hem en associant étroitement l’ensemble de ses salariés à cette ville qui les a accueilli dix ans plus tôt. Son titre : Kiabi, l’an 2000 commence à Hem.
Publicité Kiabi an 2000 (Document guide pratique de Hem)
En juin 2011, Kiabi, à l’étroit sur le site de la Zone des 4 Vents à Hem (450 salariés) inaugure des nouveaux locaux dans la zone de Roubaix-Est à Lys-lez-Lannoy, 20 rue de Toufflers (250 salariés), dans les bureaux laissés libres par l’ancienne usine pharmaceutique Delpharm, mais prévient qu’il s’agit d’une solution transitoire, l’entreprise devant, à terme, retrouver un site unique.
Dès lors les salariés de la Direction France de l’entreprise, les ressources humaines et l’informatique s’installent à Lys-lez-Lannoy, tandis que les salariés du marketing, des collections (une cinquantaine de stylistes y travaillent sur les collections en permanence), des services administratifs et financiers restent à Hem.
Kiabi Lys-lez-Lannoy (Document site internet)
En 2013, la marque Kiabi est récompensée pour son concept de magasin par l’Institut Français du Design (IFD) et reçoit le label Janus dans la catégorie commerce. Mais en 2014, elle fait l’objet d’un « bad buzz » à cause d’un déguisement Zoulou, affiché à la vente sur son site avec une référence à la préhistoire, et vite retiré suite aux critiques. La même année Kiabi choisit de tendre une banderole sur un champ sur laquelle est écrit « Kiabi colore le tour » pour fêter le passage du tour de France. C’est une référence à sa nouvelle campagne mondiale « Kiabi colore la vie ».
Le déguisement Zoulou mis en cause en 2014 et la nouvelle campagne mondiale Kiabi colore la vie (Document Voix du Nord et Yuma Paris)
En 2015, Kiabi compte 500 magasins dans le monde et devient le n°1 du prêt-à-porter en France. L’année suivante, la marque reçoit l’aval de la MEL, après avoir filmé un « flash mob » des salariés sur le terrain convoité, pour déménager à Lezennes, à deux pas d’ Héron Park et du Stade Pierre Mauroy. La construction sur le site de Hem n’est en effet pas possible car il ne reste que 4 hectares de terrains, en sacrifiant les parkings alors qu’il en faudrait 10.
Un « flash mob » sur le terrain convoité en 2016 (Document Voix du Nord)
En 2020, Kiabi est catégorisée grande entreprise (entre 2000 et 4999 salariés). Pour cocher les nombreuses cases du siège social rêvé pour une enseigne de dimension mondiale, quoi de mieux qu’un projet de 30.000 mètres carrés en plein centre urbain dont l’ouverture est prévue fin 2024. Outre les fonctions centrales devrait s’y trouver : un magasin format XL au rez-de-chaussée (3000 mètres carrés), 20.000 mètres carrés de bureaux à l’étage, 2 restaurants, un parking de 900 places (dont 300 bornes électriques), 4000 mètres carrés de surfaces végétalisées (dont une partie des toits), une salle de conférence de 1.500 mètres carrés, 6000 mètres carrés pour l’accueil d’entreprises extérieures (notamment des start-up) proches de l’enseigne. Plus de 7000 mètres carrés sont prévus pour l’accueil des familles dont une crèche pouvant accueillir 35 berceaux et une halte-garderie ouverte en journée, soirée, week-end. Enfin un très grand parvis est destiné à accueillir des événements.
Le projet Kiabi pour 2024 à Lezennes (Document Fashion Network)
Le projet est porté par Etixia, la filiale foncière de Kiabi, développé avec le cabinet d’architecture Avant-Propos, et la première pierre est posée le 13 septembre 2022, le début du chantier ayant pris du retard avec la crise sanitaire. Avec ce nouvel écrin le groupe (et ses 10.000 salariés) se projette à 10 ans et prévoit un doublement de ses ventes d’ici 2030.
Le projet Kiabi (Document Etixia)
Si une production en France n’est pas envisagée, l’accent est porté sur la seconde main ou le recyclage des vêtements, comme sur l’écoconception des pièces à 100%, et le futur siège de Lezennes devrait, dans cet esprit, servir de laboratoire d’innovation à l’ensemble du groupe d’habillement pour le pousser à développer une mode plus responsable et durable. Des formules d’abonnement et de location de vêtements sont à l’étude tout comme de nouvelles applications numériques.
Un trou colossal à Lezennes en septembre 2022 (Document Voix du Nord)
Après le déménagement de Kiabi, on ignore encore l’usage futur des locaux de Hem dont la marque est propriétaire. Plusieurs options sont sur la table : reconditionner les bureaux pour créer éventuellement un EHPAD ou au contraire tout détruire pour faire de la logistique. A ce jour la question ne semble pas avoir été tranchée.
Kiabi est aujourd’hui une des nombreuses filiales du GIE Association Familiale Mulliez, spécialiste de la grande distribution et qui compte parmi ses enseignes : Auchan, Decathlon, Top Office…Sur la trentaine d’années que la marque a passé à Hem l’entreprise a connu une croissance qui ne s’est jusqu’ici jamais démentie et son histoire restera donc liée à la ville.
Dans les années 1980, à Hem, c’est le fils du fondateur Mr Delfosse qui dirige l’usine. Le produit est toujours fabriqué à l’ancienne, afin de lui assurer une qualité maximale permettant à cette entreprise de continuer à fonctionner. L’argile et la glaise sont extraites de carrières creusées dans les terrains environnant l’usine à l’aide d’excavatrices puis transportées par locotracteurs sur 6 kms de voie ferrée. Les carrières sont rebouchées au fur et à mesure avec des ordures ménagères.
Une excavatrice en fonctionnement en 1980 (Document Nord-Eclair)
Puis dans des doseurs on ajoute un peu de schiste à la terre pour éviter les fissures avant de passer le mélange dans une machine dont la fonction consiste à enlever les résidus métalliques et les cailloux. Puis il est broyé et fortement humidifié dans une sorte d’énorme pétrin. Après mise en forme le pain rectangulaire d’un mètre environ est découpé en tranches ou briques.
Les placeurs entreposent alors les briques dans les séchoirs et forment des murs de 200.000 unités tout en veillant à laisser des intervalles entre les briques pour permettre une meilleure circulation de l’air. Une fois sèches, soit au bout de 15 jours par beau temps et plus d’un mois en cas d’intempéries prolongées, les briques sont retirées des hangars pour être cuites au four.
Les séchoirs (Document Nord-Eclair)Le four (Document Nord-Eclair)
Le four est maintenant un bâtiment de 2 étages de 80 mètres de long. Les briques sont entassées au niveau inférieur dans un compartiment dont le plafond est percé de plusieurs trous. Le charbon est introduit régulièrement par le haut et les briques sont cuites à une température de 1000 degrés.
Le travail à l’intérieur du four après la cuisson (Document Nord-Eclair)
L’industrie de la brique est une activité saisonnière dans la mesure où l’on ne peut fabriquer les briques que pendant 6 mois puisqu’il serait impossible de les faire sécher naturellement en hiver. Mais le four tourne toute l’année sur les réserves faites à la bonne saison. On ne l’éteint qu’une fois par an pour les indispensables réparations. 38 personnes sont donc employées pour la fabrication et la cuisson pendant 6 mois mais seulement 20 à 22 l’hiver. Les saisonniers sont alors essentiellement portugais et nord-africains.
Malgré la mécanisation intervenue améliorant les conditions de travail par rapport au début du siècle, le travail en briqueterie est toujours pénible : la poussière à la fabrication, la chaleur dans le four et le poids des briques rendent le métier difficile et les ouvriers sont payés au rendement.
Photos aériennes de 1992 et 1999 (Documents Historihem)
Pendant 20 ans encore la briqueterie de Hem continue à fonctionner avec plus ou moins de difficultés mais elle ne parvient pas à fêter son centenaire. Les réalités économiques finissent par la rattraper et à l’aube du 21ème siècle sa démolition est inéluctable, d’autant que la production a dû cesser en 1999, faute d’argile.
La vingtaine de salariés restants a dû être licenciée et les grues et marteaux piqueurs sont entrés en action pour raser les bâtiments. Le plus gros morceau du chantier s’est avéré être le vieux blockhaus en béton armé datant de la guerre et sur lequel une grue piqueuse s’est cassé les dents. Les stocks de briques restant en ce début d’année 2000 s’écoulent lentement et près d’un million et demi d’entre elles sont encore en vente.
Le blockhaus en cours de démolition et les palettes de briques à vendre (Documents Historihem)
En 25 ans le paysage de la rue du Calvaire s’est considérablement modifié comme en témoignent ces 2 photos aériennes prises l’une en 1975 à un moment où la briqueterie est encore en pic d’activité, produisant 25.000 briques par jour et celle de 2000 où la démolition est terminée.
Vues aériennes du 187 rue du Calvaire en 1975 et 2000 (Documents IGN)
Actuellement reste, au milieu des nouvelles entreprises implantées dans la zone d’activité des 4 Vents, au 187 rue du Calvaire, le siège social de la société anonyme Briqueteries de l’Entreprise Roubaix et environs, créée en 1957. Bernard Delfosse en est le président et l’activité, d’après le site société.com, est la fabrication de briques, tuiles et produits de construction, en terre cuite. Sur place on constate encore à ce jour la présence d’une boîte à lettres au nom de l’entreprise.
Les boîtes aux lettres du 187 rue du Calvaire (Document photo IT)
A la même adresse se situe également la société anonyme Vermeulen Matériaux, spécialisée dans le secteur d’activité du commerce de gros (commerce interentreprises) de bois et de matériaux de construction. Un panneau au nom de cette entreprise est apposé à la grille donnant accès au site.
Vue du site et du panneau apposé sur la grille (Document photo IT)Vue aérienne du 187 rue du Calvaire en 2022 (Document Google Maps)
Remerciements à l’association Historihem ainsi qu’à André Camion et Jacquy Delaporte pour leur ouvrage Hem d’hier et d’aujourd’hui.