Rue du Général Leclerc 1ère Partie : de Hem-Bifur à l’avenue Maurice de Vlaminck 1

Il s’agit au départ d’un chemin de grande communication, venant de Lille et de Flers, qui mène d’Hempempont à la place du village de Hem. Sur le plan cadastral napoléonien de 1890 elle se nomme rue Poivrée et devient ensuite la rue de Lille. La première liaison Lille-Lannoy par la rue de Lille est assurée par un omnibus à chevaux jusqu’en 1908 année au cours de laquelle il est remplacé par un tramway. C’est en 1953, que la rue est renommée rue du Général Leclerc.

Extrait du plan cadastral de 1890 comprenant la rue Poivrée et une des premières cartes postales sur laquelle la rue porte encore ce nom (Document Archives Départementales du Nord et collection privée)
Vue panoramique de cette partie de la rue de Lille en 1933 (Document IGN)

Sur la vue panoramique de 1933, on aperçoit bien la ferme Franchomme, côté impair, et, un peu plus loin les usines Gabert et Meillassoux et, côté pair les Châteaux Catrice (future mairie), Meillassoux (future mairie annexe) et de la Marquise (sur tous ces sujets voir de précédents articles édités sur notre site). Au 21 ème siècle, les seuls bâtiments qui demeurent sont : la ferme Franchomme, espace culturel de la ville et les anciens Châteaux Catrice devenu la mairie de Hem et Meillassoux devenu le Centre d’action sociale.

Côté impair : Ferme Franchomme dans les années 1915-1930, les teintureries Gabert et Meillassoux et Mulaton dans les années 1920-1930 et Meillassoux peu avant la fermeture en 1999 et 2001 (Documents collection privée)
Côté pair : le château Catrice dans les années 1930, le château Meillassoux au début du 20ème siècle, le château de la Marquise en hiver et en été dans les années 1910 (Documents collection privée)

Dans l’annuaire de 1923, outre les industriels cités on peut remarquer l’entrepreneur O. Briffaut au n°20, lequel redevient très vite une maison d’habitation et le plombier Zingueur J.Vergotte au n°3 qui voit se succéder ensuite de nombreux cafés et activités annexes dont celui de César Lestudier puis de son fils Marcel, à l’enseigne « Café des Sports » qui propose des bières et du tabac, bien entendu, mais aussi des articles pour fumeurs et des briquets, ainsi que des cadeaux pour fêtes, cartes postales et même maroquinerie, et fait également office de recette buraliste. Puis dans les années 1950, l’établissement étend son activité aux articles pour cycles et lorsque Jules Vergotte (neveu de Marcel) reprend l’activité pour une dizaine d’année il est répertorié dans la rubrique café et cycles puis café-tabac PMU.

Publicités César Lestudier et CPA et photo de l’établissement dans les années 1930 puis1950 et publicité Vergotte en 1962 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

Puis le commerce devient le café Dallenne au début des années 1970 et 5 ans plus tard c’est le couple Roffiaen-Rembry qui prend la suite sous l’enseigne Le Longchamp. L’établissement est malheureusement détruit par un incendie en 1976 et ne rouvre ses portes qu’après une rénovation comprenant agrandissement et modernisation.

Le Longchamp dans les années 1970-80 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

C’est ensuite le couple Duthoit qui reprend la gérance et, en 1990, par 2 fois le gros lot du loto y est remporté par un hémois. Le café conserve la même enseigne durant plus de 30 ans, jusqu’au tout début des années 2000 avant de devenir le Twickenham de 2005 à 2009 sous la gérance de Fabien Coustenoble puis durant quelques temps une brasserie-pizzaria au début des années 2010. Depuis 2018, l’établissement abrite un restaurant tenu par Julie Lincelles sous l’enseigne « Les Cancans ».

Encore un hémois millionnaire en 1990, publicités de 2004 et 2005, photo du Twickenham en 2008, de la brasserie-pizzaria en 2012 et du Cancan’s en 2021 (Documents Nord-Eclair et Google Maps)

En face, au n°2 on trouve un électricien, L.Decarpentry et Cie, spécialisé en lumière, force motrice sonneries et téléphone, qui s’occupe aussi de la TSF et des machines à laver  « nec plus ultra ». Son voisin, au n°4, est le tissage mécanique de Jules Corman et la chapellerie de son épouse Marthe Corman-Delporte. Leur commerce perdure jusqu’au début des années 1970. Après leur fin d’activité, pour cause de retraite, l’ancien commerce reprend un usage d’habitation.

Publicité Decarpentry et photos de la chapellerie, noces de diamant des Corman ; le n° 4 dans les années 2000 (Documents Historihem et Google Maps)

Leur voisin, après-guerre, au n°6 est le charpentier et menuisier Louis Gauquié-Lambin, qui cède la place, dans les années 1970 au médecin René Hauwel qui y exercera jusqu’à sa retraite. En face, au n°7, après la mercerie Leleu, c’est Mme Claise qui exerce le métier de coiffeuse pour dames, remplacée dans les années 1950 par l’horticulteur fleuriste J. Losfeld.

En-tête de courrier de Louis Gauquié-Lambin après-guerre et photo de la façade du n°6 en 2008 (Documents Historihem et Google Maps)

Durant la décennie suivante c’est Gérard Losfeld qui lui succède avec son entreprise générale de parcs, jardins et espaces verts et son magasin de fleurs. L’horticulteur consacre ses loisirs à la musique et, titulaire d’un prix de flûte au conservatoire de Roubaix, il tient un pupitre de flûte à l’harmonie Municipale de Croix, et son fils Dominique obtient un prix régional de flûte au conservatoire de Lille dans les années 1970.

Publicités de Gérard Losfeld, Dominique prix régional de flûte en 1977 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

A la fin des années 1970, Odile Fleurs Maison Losfeld, devient adhérent du groupe Interflora. Puis, dans les années 1980, le commerce devient l’ Atelier Floral des Hauts-de-France, avec un 2ème magasin à Toufflers. Brigitte Bonneville gère le magasin durant 26 ans et préside également l’Union des Commerçants « Hem j’aime ».

Publicités Odile Fleurs et Atelier Floral des Hauts-de-France, vitrines atelier floral et photos de Brigitte Bonneville (Documents Historihem, Google Maps, Nord-Eclair, Tout Hem et Voix du Nord)

Elle cède la place, en 2013, à Sylvain Ducoulombier, déjà propriétaire de 3 boutiques à Lille, Villeneuved’Ascq et La Madeleine, sous l’enseigne Fanchon Fleurs. Quelques années plus tard c’est Cécile Deschoemaker qui lui succède sous l’enseigne l’Olivier Blanc comme son 1er commerce ouvert en 2012 à Roubaix.

Photos de Sylvain Ducoulombier et Cécile Deschoemaker, vitrines du commerce en 2015, 2016 et 2021 (Documents Tout Hem et Google Maps)

Pendant les décennies 50 et 60 le commerce de fleurs est encadré par 2 autres commerces. Au n°9 en effet, au coin de la rue Vaillant, une alimentation générale est tenue par L. et G. Dubus puis par Mlle Dubus et enfin par J. et L. Dubus, selon l’annuaire Ravet-Anceau. Puis l’épicerie laisse la place à la mercerie de Mme Delcroix à l’enseigne Au petit coup d’oeil dans les années 1970.

Publicité Mme Delcroix en 1978 et photo du n°9 dans les années 2000 (Document Nord-Eclair)

Durant la décennie suivante c’est Claude Pottié qui investit les lieux. Electro-mécanicien de métier et passionné de vélo, il a ouvert, en 1977, un commerce à Roubaix, et se trouve être le seul dans l’agglomération à fabriquer des vélos sur mesure pour ses clients. Associé à des clubs cyclistes Leersois et Wattrelosien, il découvre à Hem une nouvelle clientèle et se spécialise dans la création de vélos de course tout en continuant à assurer les réparations de tout type de vélos.

Le vélo sur mesure à Hem en 1984 (Document Nord-Eclair)

Lorsqu’en 1988, une jeune croisienne, Bénédicte Storm, décide de faire le tour du monde à vélo c’est à Claude Pottié, artisan hémois, que la fabrication de sa « super bécane » est confiée. Le cadre, réalisé sur mesure, doit être aussi léger que possible, construit en acier spécial allié avec du chrome. L’ensemble de l’équipage étant lourd un deuxième circuit de freinage est ajouté pour assurer la sécurité de la cycliste. Claude Pottié est certain que le vélo tiendra bien 4 ans (durée estimée du voyage).

Le vélo du Tour du monde en 1988 (Document Nord-Eclair)

De l’autre côté, au n°5, se trouve le siège du café d’Auguste Caus dans les années 1920. La boulangerie J. Wadja s’ yinstalle dans les années 1950. Lui succède ensuite Christophe Rambour-Laleeuw jusqu’au début des années 1980, époque à laquelle les successeurs sont Paul Durik puis Gérard Gay. Ensuite, en 2000, la boulangerie est gérée par Mr Stievenard puis par son successeur Fabrice Ramet.

Le café d’Auguste Caus dans les années 1920 (Document collection privée)

Publicités Rambour dans les années 60-70, Durik puis Gay dans les années 1980 et Ramet en 2005 et 2006 (Documents Nord-Eclair)

Steeve Dewildeman et Benjamin Muldermans prennent sa suite durant quelques années, en 2008, sous l’enseigne Au Moulin d’Hem avant de céder la place à Mathieu Philippe 4 ans plus tard. Il réalise dès 2014 une opération publicitaire inédite en glissant 2 véritables napoléons en or d’une valeur de 174 euros dans 2 galettes des rois sur le mois.

Photos de la vitrine en 2008, 2012 et 2025 (Documents Google Maps)
Opération marketing en 2014 (Document Nord-Eclair)

Un peu plus loin, sur l’autre coin de la rue Vaillant, au n°11, se situe, après-guerre, le café Trefel. Dans les années 1950, il est tenu par G. Van de Vyver puis par G. Delcourt durant la décennie suivante, puis par Mme Paulette Mathieu pendant les années 1970 sous l’enseigne « Au Lutétia » avec une salle de réunion et de banquets et l’incontournable Juke-Box de l’époque. Lors du passage du grand prix cycliste Emile Delcourt en 1984, le café a changé d’enseigne et se nomme « A l’Abreuvoir ». Il sera démoli lors de l’agrandissement de la rue Vaillant.

Photos du café Trefel, publicité du Lutétia et photo de l’Abreuvoir en 1984 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

Suite au réaménagement du carrefour c’est le n°13 qui fait l’angle entre la rue Leclerc et la rue Vaillant. A l’époque la maison abrite un domicile et ce n’est qu’en 2017 que Sandra Senaffe y ouvre son agence immobilière. Après un passage dans l’hôtellerie, elle a en effet bifurqué vers l’immobilier et, depuis 7 ans, c’est sur Hem qu’elle a réalisé la majorité de ses transactions. L’agence est toujours en activité en 2026.

Photos du n°13 en 2008 et 2021 et publicités de l’ agence immobilière en 2017, 2018 et 2021 (Documents Tout Hem et Google Maps)

Remerciements à l’association Historihem

à suivre…