Archange Vosdey est né le 14 mai 1885 dans le Hameau du Trieu à Leers, fils d’un couple de tisserands leersois. Il est l’aîné d’une famille de trois enfants. Il effectue sa période militaire en 1905. Sur sa fiche militaire, il est décrit de la manière suivante : cheveux et sourcils blonds foncés, yeux marron clair, front haut, nez fort, bouche moyenne, menton rond, visage ovale, il mesure 1,69 mètre. Soldat, il est mitrailleur. Il est déclaré bon pour le service le 1er octobre 1906, devient chasseur 1ere classe le 21 décembre 1907 puis il est mis en disponibilité le 25 septembre 1908 et en réserve le 1er octobre 1908. Il est tisserand quand il se marie avec Marie Prez, le 25 novembre 1910.
Archange Vosdey (1885-1967)
Durant la première guerre mondiale, il est incorporé le 3 août 1914, au 62e régiment d’infanterie. Il est fait caporal le 11 juin 1916, puis il est blessé le 3 novembre 1916 au fort de Vaux à la phalangette de l’annulaire gauche. Il est placé le 3 avril 1917 en sursis jusqu’à nouvel ordre au titre des mines de Blanzy à Montceau les mines, puis il reprend du service. Au moment de la dernière tentative de percée des Allemands, il est fait prisonnier au chemin des Dames le 27 mai 1918, et il est interné en arrière du front. Il subit la captivité du 25 mai 1918 au 31 décembre 1918, puis il est rapatrié le 11 décembre 1918, avant d’être mis en congé illimité par le 43e RI le 3 avril 1919. à cette date, il se retire à Leers rue d’Audenarde 19.
Il se présente aux élections et il est élu conseiller municipal sur la liste de Joseph Leroy en 1919. Il démissionne ensuite pour intégrer la police et devenir garde champêtre de Leers. Admis dans ses fonctions le 30 avril 1920, il succède à ce poste à Jules Joseph Delcourt. Le 29 juin 1921, il habite rue de Wattrelos au n°9 bis, qui est l’adresse de l’ancienne mairie de l’époque.
Archange Vosdey fut garde champêtre de Leers de 1920 à 1946.
Après bien des démarches, à Paris, auprès du ministère de la reconstruction et de l’urbanisme, à Lille, à l’office départemental des HBM, Leers va pouvoir faire construire sur son territoire une quarantaine de logements. Selon le maire de l’époque, M. Kerkhove, les crédits ont été votés et il n’y a plus de raison pour que la mise en chantier n’ait pas lieu. L’adjudication des travaux aura lieu le 28 février 1951 à Lille et l’ensemble des travaux est évalué à 70 millions de francs. Il aura fallu plus de deux ans et demi pour que les démarches commencées le 28 juillet 1948 aboutissent. L’emplacement choisi se situe rue de Wattrelos entre les hameaux de la Motelette et du Trieu de Leers, face à la briqueterie Salembier. Il s’agit d’un terrain de deux hectares, considéré comme un terrain idéal pour la santé des enfants.
Les travaux débutent en octobre doc NE
De quels logements s’agit-il ? Un premier type de maison présente 6,78 mètres de front à rue, avec porte d’entrée sur la gauche, vestibule de 4 m de profondeur sur 2,30 m de largeur comportant les WC et l’escalier. À droite, une large baie vitrée donne sur une salle de séjour (ou salle à manger) de 4,20 m sur 3,30 m. Au fond une cuisine de 4,40 m sur 3,80 avec évier, penderie et salle d’eau (douche et buanderie) de 2,56 m sur 2,47. La cuisine comporte une entrée extérieure entourée de deux larges baies. À l’étage trois chambres. Une cave a été prévue ainsi qu’une remise.
Le second type de logement ne diffère pas du premier pour ce qui ,est de la surface. Cependant l’entrée est à droite et la cuisine vient prendre la place de la salle de séjour, celle-ci étant située à l’arrière. Il s’agit de maisons rappelant essentiellement le type choisi par le CIL, bien que ne relevant pas de cet organisme, mais bien de l’office départemental des HBM.
La construction démarre en octobre et entre deux on parle désormais de HLM. En effet, le ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme considère le logement comme une compétence de l’État-providence, et une loi de 1950 transforme les habitations à bon marché (HBM) en habitations à loyer modéré (HLM), qui deviendront peu après l’outil principal de l’État pour lutter contre la crise du logement de l’après-guerre.
Vue du Square Bauwens Google Maps
Une entreprise roubaisienne est venue installer sur le terrain requis le matériel nécessaire aux travaux préliminaires. On a ensuite procédé au creusement des premières fondations et il y a quinze jours le maire alla sans cérémonie poser la première pierre. Les maçons ont pris possession des lieux et déjà huit habitations sont en cours de construction. Pour deux d’entre elles le rez-de-chaussée a été atteint. Les terrassiers ont préparé les assises de vingt logements, ce sera la première tranche des HLM. Le temps est clément et propice aux travaux de construction. On peut compter au printemps sur l’édification des vingt premiers logements. La seconde tranche des travaux démarrera ensuite. Les services de la mairie n’ont pour l’instant aucune précision sur la répartition future des logements.
Le chantier en juin 1952 photo NE
En juin 1952, après un hiver relativement peu rigoureux, vingt premières habitations sont élevées en deux groupes de six, un groupe de quatre et deux groupes de deux. L’ensemble n’est pas symétrique, on a surtout tenu compte du soleil et de la lumière, avec des façades exposées au sud. Marcel Spender architecte DPLG, est l’auteur des plans de ce lotissement. La seconde tranche des travaux est commencée, cinq groupes de quatre maisons, et se terminera au printemps prochain.
Vue du Square Bauwens Google Maps
La cité jardin ainsi construite sera dénommée Square du Capitaine Bauwens par décision municipale du 22 novembre 1952, en hommage envers un enfant de Leers héros des deux guerres.