L’histoire de la Musique à Hem 2

2ème partie La fanfare Saint Corneille

La naissance de la Fanfare remonte à 1920. Les abbés de Saint Corneille et quelques autres personnalités, décident de fonder une société de gymnastique, souhaitée par les jeunes et en confient la gestion à M. Jules Corman. Pour la doter d’une « batterie », ils font appel à Charles Debacker assisté de Jules Nys. Les 12 membres de la formation, qui débutent, ignorent le solfège mais sont décidés à travailler en assistant régulièrement aux répétitions et très vite la nouvelle formation recrute.

La batterie Saint Corneille en 1922 (Document Historihem)

Vers 1925, l’effectif atteint une trentaine de membres et elle se transforme en batterie fanfare de trompettes et clairons. Dès lors, pour le Chef, le problème des instructeurs se pose, mais il est rejoint et secondé par un excellent musicien et ami M. Marcel Noullet qui devient son sous-chef. C’est Maurice Vandenbruwaene qui en est alors président actif. Il restera par la suite président d’honneur.

Entre 1923 et 1930, l’abbé Delebois, qui vient d’être nommé Vicaire à l’église Saint Corneille, donne une impulsion décisive à cette fanfare. De ce fait, quand, vers 1930, la section gymnastique disparaît, la batterie demeure et devient la Fanfare Saint Corneille. 

La fanfare en 1928 et 1930 (Documents Historihem)

Elle se développe et compte bientôt 45 sociétaires dévoués, assidus aux répétitions et sorties. Puis elle participe aux concours régionaux de musique de l’Union de Flandre, dans lesquels elle se classe honorablement en division «Excellence». Elle assiste également régulièrement aux fêtes communales et se produit dans de nombreuses festivités dans les villes environnantes. Après une dizaine d’années de travail ardu, c’est une formation homogène qui s’engage dans les concours nationaux. En 1937, c’est le National de Paris avec le premier prix d’excellence en 1939 avant que la fanfare ne soit dispersée en raison de la 2ème guerre mondiale.

La fanfare en 1937 (Documents Historihem)

Après-guerre, grâce au travail de tous, le Chef peut réaliser son projet : transformer la société en Fanfare de trompettes de cavalerie. Le travail musical est intensifié, de nombreux élèves sont formés et l’effectif oscille, durant une vingtaine d’années, entre 50 et 60 membres avec 45 trompettes, cors et basses et 12 tambours. Monsieur Noullet assure les répétitions de détail, les instructeurs perfectionnent leurs élèves, des oeuvres importantes et difficiles sont mises au pupitre et la fanfare participe à nouveau à des concours.

La fanfare après-guerre et lors d’un concours à Caudry en 1947 (Documents Historihem)

Ainsi, en 1951, la Fanfare participe au concours de Nantes et y obtient le premier prix d’excellence et les félicitations du jury, ramenant à Hem le fanion de champion de France de sa catégorie. L’année suivante, elle renouvelle sa performance au concours de Strasbourg. En 1953, au concours de la fédération, des musiques du Nord et du Pas-de-Calais, à Lille, elle obtient le premier prix d’honneur et les félicitations du jury. Et, en 1954, au concours national organisé à Lille, elle rencontre le même succès qu’à Nantes et Strasbourg pour la troisième fois en 4 ans. La fanfare est championne de France.

Concours de Nantes en 1951, Strasbourg en 1952, prix obtenu en 1953 et réception à la mairie en 1954 (Documents Historihem)

En tant que championne de France, la fanfare défile lors d’événements divers dans les localités avoisinantes ; ainsi à Roubaix, en 1955, lors de la visite des Anciens des Chars et leur démarche au Monument aux morts et au monument du Commandant Bossut. Puis, à l’occasion de la Sainte-Cécile à Hem, une audition a lieu à l’église Saint-Corneille avant un dépôt de fleurs aux membres décédés au cimetière. A cette occasion c’est Charles Merchez qui devient président.

La fanfare à Roubaix et la Sainte Cécile à Hem en 1955 et 4 piliers de la fanfare en 1959 (Documents Nord-Eclair)

Les années passant, le recrutement est devenu plus difficile, la jeunesse se tournant vers d’autres distractions. A compter de 1957, la fanfare est présidée par Paul Marquette, ancien porte drapeau. 1959 marque le quarantenaire de la fanfare célébré avec remise de médailles et banquet. A partir de 1960, la direction est confiée à Edouard Delattre , ex trompette solo, engagé dans la formation depuis 40 ans. La fanfare participe aux fêtes communales et, bien évidemment au concert annuel de la Sainte Cécile.

Le quarantenaire en 1959 puis la fanfare en 1960 et 1967, les concerts de Sainte-Cécile en 1964 et 1967 et les 4 piliers en 1969 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

Lorsque sont médaillés Edouard Delattre et Emile Prevot en 1974, la fanfare est en fête. C’est Mr Rofiaen qui en est alors président et tous les membres de la fanfare sont présents. Ce sont les 5 plus jeunes clairons qui jouent durant l’apéritif qui précède le banquet suivi d’une soirée dansante. 5 ans plus tard c’est Emile Weckens le nouveau président ainsi que son vice-président et plusieurs membres de la fanfare qui sont médaillés et se retrouvent à la salle des fêtes pour la traditionnelle réception.

La fanfare en fête en 1974 et une photo des minimes durant la même année et les médaillés en 1979 et au cours de la réception en salle des fêtes et photo des piliers de la formation (Documents Nord-Eclair et Historihem)

Mais, dans la décennie qui suit, la fanfare voit ses effectifs décliner jusqu’à atteindre 30 membres seulement dont 5 joueurs entre 60 et 70 ans et des difficultés à recruter les jeunes. En 1984, la fanfare arrive à assurer les sorties prévues et la formation des débutants de même que des plus âgés. Pourtant les 2 personnes chargées de ces formations ne parviennent pas à se concerter et bientôt la rupture est consommée et la fanfare n’existe plus.

Fin de la fanfare en 1985 : photo ancienne de la formation dans les années 1950 (Document Nord-Eclair)

C’est un groupe de 6 jeunes qui prend officiellement la relève et les fonctions de secrétaire et de trésorier sont confiées à Frédéric Bernard, un étudiant de 19 ans. L’ensemble de cuivres ainsi constitué garde les mêmes statuts que la défunte fanfare, et se produit pour la première fois à l’église Saint-Corneille, en mai 1985. Leur espoir : animer des soirées, des messes et des réunions de famille.

Le nouvel ensemble de cuivres en 1985 (Document Nord-Eclair)

Remerciements à l’Association Historihem

à suivre…

Motte-Bossut 1926

Une vieille photo retrouvée dans un grenier et il n’en faut pas plus pour réactiver l’envie de faire quelques recherches. La photo est signée Alexandre Mischkind qui était un grand photographe roubaisien de l’entre deux guerres. Elle a été offerte comme souvenir de la fête en l’honneur des médaillés du travail qui s’est déroulée le 29 aout 1926. Bien qu’elle ait un peu souffert, elle reste un document de l’époque et notamment pour les salariés des établissements Motte-Bossut fils de Leers.

Motte-Bossut 1926 doc coll fam

Nous parcourons la presse de l’époque et nous y trouvons un compte-rendu que nous vous livrons in extenso ci-dessous.

Une fête des médaillés du travail.

Trente cinq ouvriers de la maison Motte-Bossut récemment décorés de la médaille du travail ont été l’objet d’une charmante réception dimanche après-midi. Les décorés s’étaient réunis à l’usine où l’Harmonie municipale est allée les chercher pour les conduire à la Mairie, où ils ont été reçus par l’Administration municipale. Monsieur Joseph Leroy, maire, entouré du Conseil Municipal, a félicité chaleureusement les braves ouvriers, dont la vie de labeur vient d’être récompensée, et a formulé à leur adresse et à celle de leurs familles, les meilleurs vœux. M. Jules Couque, au nom des médaillés, a remercié en termes excellents l’Administration municipale. Après l’exécution de la Marseillaise et le chant d’un chaleureux vivat en l’honneur des décorés, un vin d’honneur a été servi et la fête s’est prolongée dans une atmosphère de franche et cordiale sympathie.

Jean-Baptiste Pennel (Suite)

Au delà de son activité professionnelle, Jean Pennel a une passion : le jardin. Au début des années 1920, il a son jardin ouvrier, parmi d’autres, au bout de l’usine au 143 rue de Constantine à Roubaix. Puis d’autres se succèdent, parfois pour la saison, jusqu’à celui qu’il aménage derrière sa maison du boulevard Clémenceau à Hem et qu’il fait visiter.

Il décrit son jardin dans 3 albums réalisés en 1975, à l’adresse des jeunes auxquels il souhaite donner le goût des fleurs et des jardins. C’est lui qui crée l’Association des Cités Fleuries, avec laquelle il organise des concours de balcons et jardins ainsi que des concours de dessins dans les écoles primaires de l’agglomération.

Dans les années 1970 il multiplie les opérations portes ouvertes dans son magnifique jardin pour le faire découvrir au plus grand nombre, en présence parfois de membres de sociétés d’horticulture des environs, pour guider et renseigner au mieux les visiteurs.

Opération portes ouvertes en 1977 (Document Nord-Eclair)

Une dénivellation située à l’entrée du parc permet l’établissement d’un jardin de rocailles et une seconde partie est constituée par des murets fleuris et un plan d’eau situé derrière l’habitation. Dans cette partie poussent les plantes de rocailles, plantes grimpantes et plantes grasses, le fond du parc étant constitué par le verger, installé sur un gazon à l’état de prairie et la partie jardin d’agrément, jardin vert au superbe gazon. Enfin la roseraie occupe la partie centrale du parc.

Opération portes ouvertes en 1978 (Document Nord-Eclair)

Jean Pennel commente ainsi son jardin en 1979, soit au bout de 40 ans de soins : « L’utilisation de la pente du champ qui en fut le point de départ et l’installation d’un court de tennis ont conduit à des mouvements du sol qui en brisent l’uniformité et donnent un relief encore accentué par quelques rocailles où se complaisent des plantes alpines. »

Les serres dont l’une est un peu un jardin d’hiver permettent le développement ou la conservation de plantes méridionales ou tropicales. La prairie-verger est, à la bonne saison, constellée de crocus et de narcisses. Dans le petit bois fleurissent coucous, primevères, pervenches, anémones des bois, violettes et muguet.

Puis des plates-bandes de vivaces, un golf miniature sur gazon, parcouru par un ruisselet parsemé de petits rochers et encadré de massifs fleuris sur fond de verdure, arbres et arbustes complètent l’ensemble. Le parc permet de se détendre au chant des oiseaux et les vergers et fruitiers ajoutent à la diversité du site.

Multi récompensé Jean-Baptiste est médaillé de la Résistance du réseau WO (War Office), titulaire de la grande médaille d’or de la Fondation Kuhlmann, Officier de la Légion d’Honneur, Chevalier de l’Ordre du Mérite et Commandeur des Palmes Académiques. Veuf, il décède le 14 mars 1980, dans sa quatre vingt quatrième année et ses funérailles sont célébrées à l’église Ste Bernadette à Roubaix.

Commandeur des Palmes Académiques en 1974 (Document Nord-Eclair)

Le journal Nord-Eclair rend hommage au cofondateur des Ets Pennel et Flipo, au système social d’avant garde associant personnel et direction dans l’exploitation et l’intéressement aux bénéfices, entreprise cédée quelques années auparavant au groupe Prouvost-Masurel.

Il rappelle que Jean-Baptiste Pennel a contribué au lancement de 12 centres d’apprentissage et a également été le président fondateur du Centre de perfectionnement des cadres ainsi que du Centre d’orientation professionnelle de Roubaix.

Enfin il conclue sur les nombreuses responsabilités que Mr Pennel a exercées au sein d’organisations professionnelles notamment en tant que président fondateur de l’Union Régionale des Industries et Négoces de la Chimie du Nord et du Pas-de-Calais et en tant que président du Syndicat National des Industries du caoutchouc et du plastique…

Photo parue suite à son décès (Document Nord-Eclair)

Il laisse 3 enfants, une fille et 2 garçons. 20 ans plus tard en octobre 2001, son nom est donné au mail reliant l’avenue Jean Lebas au Musée d’Art et d’Industrie de Roubaix. A cette occasion l’entreprise située au 384, rue d’Alger ouvre ses portes aux visiteurs désireux de découvrir le savoir-faire de Pennel Industries, comme a déjà pu le faire le maire de Roubaix René Vandierendonck.

Photo du maire de Roubaix découvrant les produits de la gamme de Pennel Industries en 2001 (Document Nord-Eclair)

L’entreprise compte alors encore 400 salariés et tous ainsi que leurs familles, les clients, les fournisseurs et des institutionnels et élus locaux profitent de cette journée portes ouvertes pour découvrir l’envers du décor et l’intérieur des bâtiments de cette entreprise fondée depuis un siècle par Jean-Baptiste Pennel et Joseph Flipo.

Photo des visiteurs dans la cour de l’entreprise en 2001 et une machine de production des toiles cirées (Document Nord-Eclair)

Des plaques représentant les 2 hommes sont posées à l’entrée de l’entreprise. C’est Jean Pennel, l’un des fils de Jean-Baptiste qui inaugure la plaque commémorative dédiée à son père sous le regard de Bernard Minvielle, directeur général de la société en ce début de nouveau millénaire.

Photo de Jean Pennel inaugurant la plaque commémorative représentant son père en 2001 (Document Nord-Eclair)

En 2005 pourtant, l’entreprise roubaisienne ferme ses portes pour s’implanter à Mouscron (Belgique) où elle produit et distribue dans le monde entier sous la marque Orca, des tissus composites souples qui apportent des solutions techniques aux acteurs des industries nautique, ferroviaire, aéronautique et de la défense.

Remerciements à la ville de Hem, l’association Historihem ainsi qu’à André Camion et Jacquy Delaporte pour leur ouvrage Hem d’hier et d’aujourd’hui.