A cheval sur les villes de Roubaix-Hem, au début des années 1960, le quartier des Hauts-Champs c’est un grand ensemble tout neuf : des bâtiments terminés la veille, des voies nouvelles, certaines à peine ébauchées. En l’espace d’un an, sur le seul territoire de la ville de Hem, on y relève la construction de 427 maisons individuelles et 195 appartements soit le logement de 2500 habitants dont une majorité de familles nombreuses. (Sur le sujet voir un précédent article édité sur notre site : Les Hauts-Champs).

Le 28 avril 1961, le Conseil Municipal projette la construction d’un groupe scolaire dans le quartier des Hauts Champs qui comprendrait : une école primaire de garçons (5 classes) et une école primaire de filles (5 classes) avec chacune : un bureau de direction, un logement pour le directeur, un logement d’adjoint, une chambre de suppléant et un plateau simple d’éducation physique, une cantine de 120 rationnaires et une salle d’éducation physique double, commune aux deux écoles.
Afin de permettre la réalisation de ce projet, le Conseil décide l’acquisition d’une parcelle de terrain, dans l’avenue Laennec, appartenant à Madame HILST DEGALLAIX, 2r boulevard du Cateau à Roubaix et désigne Monsieur Marc DELPLANQUE, architecte à Roubaix pour étudier ce projet. Le projet de construction du groupe scolaire dans le quartier des Hauts Champs est de fait en attente depuis 1959 et n’a pu bénéficier de l’aide financière de l’État en 1961. Le 12 décembre 1961, le projet de construction du groupe scolaire des Hauts Champs est adopté.

Le 13 juin 1962, compte tenu que la population de ce quartier s’est encore accrue et à la demande de Madame l’Inspectrice de Ecoles Maternelles, le projet initial est complété par l’adjonction d’une école maternelle de trois classes avec salle de jeux et salle de repas privées. En mai 1963, le projet de construction du groupe scolaire des Hauts Champs est approuvé par les services techniques ministériels.
La population est en constante progression et en 1965 l’augmentation est supérieure à 20 % par rapport au chiffre de 1962 (13.687 habitants). Bien sûr les effectifs scolaires suivent la même voie et le 6 juillet 1965 deux bâtiments de deux classes mobiles chacun sont implantés dans le groupe scolaire des Hauts Champs. L’un est destiné à compléter l’école maternelle, l’autre l’école des garçons du dit groupe.

A la rentrée scolaire 1966 – 1967, à la demande de Monsieur l’Inspecteur primaire dans un but pédagogique, deux classes des écoles primaires de garçons et de filles du groupe des Hauts Champs sont géminées. Par ailleurs, des malfaçons sont constatées dans ce groupe (caves et sous sols non étanches, murs lézardés, …. ) et une action auprès du Tribunal administratif est intentée par la ville. Suite à ces malfaçons, des poutres de soutènement doivent être ajoutées. Aux deux écoles s’ajoute une cantine de 280 rationnaires et un logement de concierge. Le projet estimé à 2.317.446 Frs est confié à Monsieur André GAILLARD, architecte à Cambrai.
Au cours de sa séance du 10 juin 1967, sur proposition de la Commission des écoles, le Conseil Municipal décide de dénommer le groupe scolaire des Hauts Champs « Groupe scolaire Marie Curie« , les rues du quartier portant des noms de personnalités du monde scientifique. Les effectifs scolaires continuent de croître et 2 classes mobiles supplémentaires sont encore implantées à l’école des filles en 1969.

La fête des écoles publiques, en 1973, est l’occasion d’un beau spectacle pour le groupe scolaire Laennec Marie Curie : danses folkloriques, courses relais, tournoi de handball, lendit (grand mouvement gymnique d’ensemble). A cette occasion la fanfare de la Gauloise, les majorettes d’Hellemmes et des Hauts-Champs, et le club cynophile lyssois prêtent leur concours à la fête.

En janvier 1974, du fait de l’accroissement des effectifs scolaires dans le quartier des Hauts Champs, il s’avère encore indispensable de construire deux classes mobiles pour compléter le groupe scolaire Marie Curie. Une classe fonctionne en effet dans une partie du restaurant scolaire et la seconde, tout en restant attachée administrativement à l’école Marie Curie, fonctionne, non sans inconvénient dans le groupe scolaire Longchamp. A compter de la rentrée scolaire 1976-1977, l’école de garçons et l’école de filles du groupe Marie Curie sont transformées en deux écoles mixtes de niveau 1 et 2.


En 1975, la fête de l’école reçoit la visite de la fanfare la Gauloise qui exécute une parade très prisée du public au sein de la cour de récréation. Puis l’école accueille durant l’été le centre aéré des Hauts-Champs et les 165 enfants participent à des activités ayant pour thème les jeux du cirque chez les Romains : épreuves de marche, basket, penalty et parcours du combattant se succèdent pour leur plus grande joie. C’est également l’année de l’installation d’oeuvres de E. Dodeigne dans les deux écoles des Hauts-Champs et Longchamp.


Les années 1976 et 1977 sont des années problématiques. En 1976 c’est la sécurité des enfants à la sortie de l’école qui soulève question et le préfet est sollicité par l’association de parents d’élèves au motif que la sortie de l’école primaire s’effectue directement sur l’avenue Laennec, avenue à 2 voies très fréquentée par de nombreux véhicules circulant à vitesse excessive.
En 1977, malgré les poutres de soutènement ajoutées quelques années plus tôt, des profondes lézardes apparaissent dans les murs des logements des instituteurs et de la cantine. L’entreprise ayant exécuté le chantier étant en faillite, la municipalité doit faire appel à un architecte pour trouver un remède. Même si le danger n’est pas immédiat des inconvénients persistent : infiltration d’air, murs décalés, caves inondées…

Un incendie se déclare dans un bâtiment en préfabriqué de l’école, en 1983, un matin, en l’absence des élèves. Le sinistre, dont l’origine résiderait dans un court-circuit, endommage sérieusement 2 classes de cours élémentaire, dont les élèves doivent être répartis dans d’autres salles. 2 armoires contenant livres et dossiers sont détruites ainsi que cloisons et plafonds.

Cinq ans plus tard c’est la cantine qui est entièrement rénovée : murs blanc crème, dessins bleu pastel, plantes vertes et, peinte sur la fenêtre, une enseigne « le Resto ». Lors de l’inauguration, l’inspecteur départemental et Mme Massart, maire de la ville, rendent hommage, dans leurs discours, aux services technique de la ville et aux ouvriers municipaux pur ce bel ouvrage tandis que les enfants entonnent la célèbre chanson de Pierre Perret.

La décennie suivante voit l’aménagement d’une classe de maternelle particulière, en vue de l’aménagement du cadre de vie et de la socialisation de l’enfant. Dans la salle, où une classe classique et un dortoir accueillait 35 élèves, le cadre a bien changé et ceux-ci disposent de plusieurs coins à leur échelle : un dortoir en mezzanine avec un escalier pour y monter et un tobogan pour en descendre, un magasin, une cuisine, un vestiaire, des ateliers, un lieu de lecture, un autre pour jouer au sable et un dernier pour faire de l’exercice. Ces aménagements, financés par la ville, ont été réalisés par les services techniques de la mairie.

Les olympiades de 1991, organisées par le centre aéré, remportent un franc succès : tous les enfants des centres des maternelles y participent à des jeux réalisés par les animateurs de Marie Curie, basés sur le respect de la nature et la préservation de l’environnement, de vrais jeux olympiques avec des juges, des points et même la flamme olympique.

Remerciements à l’association Historihem
A suivre…