Hutchinson

Suite à un voyage d’études en Allemagne, Emile Degrave décide de travailler le caoutchouc. Il crée son entreprise en 1871 : La Manufacture Générale de Caoutchouc Souple et Durci. Appelée également usine du Coq Français, elle se situe au 173 rue du Tilleul à Roubaix ( aujourd’hui, rue Jules Guesde ).

En tête de lettre 1906 ( documents collection privée )

Il commence à fabriquer des joints, des plaques à base de fibres d’amiante, des courroies transporteuses pour les houillères, avant de créer sa propre marque de pneumatiques : « Amazone ».

Publicité pneumatique Amazone ( document collection privée )

Au début des années 1910, Emile Degrave s’associe avec Mr Prouvost. L’entreprise devient « Degrave et Prouvost ». Elle met au point des techniques nouvelles de production et crée la marque Fibrelite, qui obtient une médaille d’or, diplôme d’honneur, à l’exposition internationale de Roubaix en 1911.

Publicité Fibrelite ( documents collection privée )

En 1920, les premiers accords de coopération commerciale avec Hutchinson, fabricant de pneus, sont signés, et le rapprochement des deux entreprises ne fait que commencer.

Publicité pneus Hutchinson ( document collection privée )
En tête de lettre 1941 ( document collection privée )

A partir de 1952, l’entreprise commence à produire des cylindres pour la sidérurgie.

Publicité 1955 ( document collection privée )

En 1976, l’entreprise est reprise par Hutchinson. L’usine de Roubaix acquiert alors ses lettres de noblesse dans le « caoutchouc d’usure » c’est à dire dans une gamme de produits faisant appel à la souplesse, à l’élasticité mais aussi à la résistance du caoutchouc, qualités que l’on ne retrouve ni dans le plastique, ni dans le métal.

La vieille usine roubaisienne connaît des hauts et des bas. En 1983, quelques difficultés financières amènent l’entreprise à se séparer de 40 de ses salariés. Depuis, cette restructuration, l’entreprise se redresse très correctement. Elle fabrique des boules de loto, des soufflets de bus, des épaisses membranes pour les centrales nucléaires…

document Nord Eclair 1986 et document collection privée

Témoignage d’un cadre Hutchinson : On fait ici à Roubaix, tout ce que les autres ne veulent pas ou ne peuvent pas faire. Les moutons à cinq pattes, c’est pour nous. Nous sommes spécialisés dans des fabrications en petite série. Hutchinson à Roubaix, ce n’est pas Michelin à Clermont Ferrand ! Nous produisons des articles sur mesure dans des domaines très variés : le garnissage de cylindres et de rouleaux en caoutchouc, le moulage de pièces, la sous traitance automobile, etc

En 1988, les « Touche à tout » du caoutchouc entreprennent de moderniser leur image de marque, en investissant dans la réhabilitation de l’outil de travail. Les murs de la rue Jules Guesde sont sablés et rejointoyés et la brique retrouve sa belle couleur d’antan.

document Nord Eclair 1989

L’année suivante, en 1989, sous l’égide du SIAR (Syndicat Intercommunal de l’Agglomération Roubaisienne), l’entreprise qui avait acquis quelques maisons dans la rue de Bavay (perpendiculaire à la rue Jules Guesde) après démolition, construit une extension de 1000 m2 de ses ateliers de production. L’architecte Philippe Moreau a conçu une façade harmonieuse en matériaux modernes, tels que les pierres blanches et roses.

Photo BT

En 1990, en pleine nuit, le feu se déclare dans l’usine, du côté de la rue Jules Guesde. Les secours arrivent rapidement sur place et, vu l’ampleur du sinistre, les pompiers de Tourcoing, Marcq en Baroeul et Lille Bouvines sont appelés en renfort. Au total, 12 lances sont nécessaires pour venir à bout de l’incendie.

document Nord Eclair 1990

Fort heureusement, le nouvel entrepôt de 1000 m2 du côte de la rue de Bavay n’a pas été touché par l’incendie lequel a anéanti 600 m2 du côté de la rue Jules Guesde. La toiture et l’installation électrique sont détruites, par contre les machines bien qu’ayant fortement souffert sont encore utilisables.

L’incendie, spectaculaire, a causé un vif émoi chez les riverains. Le directeur Mr Lelièvre après avoir constaté les dégâts, assure qu’il n’y aura pas de chômage technique et pense qu’il y aura possibilité d’assurer le départ de la fabrications d’ici 2 à 3 jours.

L’entreprise redémarre rapidement son activité et continue à travailler et continue à travailler avec un matériel parfois ancien mais toujours efficace et rentable.

Une machine à l’intérieur de l’usine ( document Nord Eclair )

« Regardez cette machine, montre le directeur, pointant du doigt cette grosse machine très imposante, elle a plus de 50 ans et pourtant elle reste remarquable en terme de modernité ».

Aujourd’hui, l’entreprise rebaptisée « Le Joint Français » depuis quelques temps, fait toujours partie de la société Hutchinson, laquelle fait elle même partie du groupe Total Energie.

Installée depuis 1871, l’entreprise vit avec un héritage, une histoire sans se défaire des techniques de fabrication actuelles et indispensables.

Elle existe depuis plus de 150 ans à Roubaix : c’est certainement l’une des plus anciennes entreprises encore existante à ce jour dans la ville. Et c’est probablement pour cette raison que sur la façade de la rue Jules Guesde, une plaque a été posée à la mémoire de Maxence Van Der Meersch.

photos G. Vanspeybroeck et BT

 

Impasse Ingouville

Une impasse est une sente, très longue, composée de nombreuses maisons bâties en rangée, ( des basses toitures ) dans une ruelle non pavée en terre battue, et en cul de sac.

L’impasse Ingouville ( document Nord Eclair )

L’impasse roubaisienne la plus connue est l’impasse Ingouville. Ce lotissement est tristement célèbre, car régulièrement rénové et régulièrement saccagé.

L’impasse Ingouville se situe dans un carré de maisons compris entre la rue de Beaurewaert, la rue Jules Guesde, la rue des Fossés et la rue de Saint Amand, soit au total 123 maisons, sur un terrain immense d’une superficie de 14.913 m2. Continuer la lecture de « Impasse Ingouville »

Deux lieux importants : La Paix et le Mont de Piété

La Paix, une société coopérative

La Paix est issue de la fusion de deux coopératives : la première qui porte ce nom est créée en 1885 par un groupe socialiste majoritairement belge. La seconde, l’Avenir du Parti Ouvrier, inaugurée en 1887 par Jules Guesde, est l’œuvre d’Henri Carrette et de ses amis. En 1890, les deux sociétés se réunissent et vont s’installer au n°73 boulevard de Belfort. La coopérative la Paix vend du charbon et met en œuvre une boulangerie qu’Edouard Anseele vient inaugurer en 1892. La coopérative a pour objectifs de vendre moins cher le pain et le charbon aux populations ouvrières, en même temps que d’alimenter et de financer la propagande du parti ouvrier. Le n°73 du boulevard de Belfort devient ainsi le siège d’un grand nombre de syndicats ouvriers du textile, et celui du parti ouvrier, qui devient la section française de l’internationale ouvrière (SFIO)  en 1905.

Jules Guesde est député de Roubaix de 1893 à 1898, et de 1906 à 1919. Henri Carrette est maire de Roubaix de 1892 à 1901.

La salle des fêtes de la Paix doc AmRx

La Paix, un lieu politique et culturel

La Coopérative la Paix s’est vite développée et ses locaux accueillent de nombreuses activités. Ils sont composés d’un vaste café, de bureaux pour les réunions (syndicats, mutuelles, parti ouvrier) d’une bibliothèque. Une fanfare est créée et le théâtre populaire vient y tenir siège et scène. La Paix possède en effet une superbe salle des fêtes, où se déroulent les meetings politiques, les assemblées générales des coopératives, des syndicats et du parti, les conférences, les fêtes diverses à l’occasion du 18 mars et du 1er mai, et même le cinéma qui vient côtoyer le théâtre et la politique avant 1914.

La Paix en 1964 avant sa démolition doc AmRx

Le Mont de Piété

Familièrement surnommé chez Ma tante, le Mont de Piété se trouve au n°65 de la rue des Longues Haies. Il devient le crédit municipal, bureau des prêts sur gages en 1934. Un silence général régnait dans la grande salle sombre où étaient installés des bancs. Quand venait son tour, on pénétrait dans un petit isoloir en bois, où à l’abri des regards, on présentait l’objet qu’on allait mettre au clou contre quelque argent. Un employé en blouse bleue l’examinait et l’estimait, en général au tiers de sa valeur. Puis il sortait trois papiers roses, l’un pour le déposant, le deuxième pour l’objet, le troisième pour les archives, sur lesquels il inscrivait l’identité du déposant, la nature de l’objet, le montant du prêt. La destruction progressive du quartier Anseele à partir de 1958 lui enlève beaucoup de clients, car on allait au Mont de Piété comme on allait chez l’épicier ou le boucher. On y déposait généralement un bijou, une montre, parfois un transistor le lundi, qu’on récupérait en fin de semaine. Il arrivait aussi que les objets soient vendus aux enchères.

Le Mont de Piété CP Méd Rx

à suivre