2 grands noms hémois de la boxe sur 2 siècles

Partie 1 Jean Motte au 20ème siècle

Né le 3 mars 1914 à Hem, Jean s’inscrit dès l’adolescence à l’Académie des sports de Roubaix, forte de 60 adhérents, dont le siège se trouve au 41 rue du Chemin de Fer, où il s’entraine avec le « maître » Edouard Dubus, qui y tient un estaminet. Son 1er combat, mené à l’âge de 16 ans en Belgique, se solde par une défaite. Mais, dès la même année 1930, après un combat perdu à Tourcoing, il remporte sa 1ère victoire par KO à Lille et se voit octroyer une bourse.

L’académie des sports de Roubaix en 1923 et extrait du Ravet-Anceau de 1928 (Documents Réveil du Nord et Ravet-Anceau)

Suivent 3 combats perdus à Courrières, Menin et Roubaix, avant 3 combats gagnants à la salle Watremez à Roubaix en 1931. L’année suivante est également une année faste pour ce boxeur qu’Edouard Dubus décrit comme un garçon rangé et calme et un modèle de persévérance, et qui aligne 4 victoires d’affilée, en 1932, à Roubaix, Douai puis Lille, puis à nouveau 4 victoires de suite à Frevent, Roubaix (salle Watremez et à l’Hippodrome-Théâtre en enfin à Paris.

En 1933 et 34, il enchaine un nombre de victoires impressionnant à Lille comme à Paris. Son entraîneur dit de lui qu’il cogne dur (et ce rien qu’en bloquant ses coups à l’entraînement). A son retour du régiment, en 1936, âgé de 22 ans, c’est un athlète de 82 kilos qui reprend l’entraînement avec Edouard Dubus et qui continue à enchainer les victoires de façon impressionnante durant 2 années de suite.

Jean Motte à 22 ans en 1936 (Document Historihem)

C’est en 1938, lors de son 53ème combat, qu’il remporte, aux points, son titre de champion du Nord à Roubaix. Un an plus tard, son patron, Robert Page (sur le sujet de la tapisserie Page voir un précédent article édité sur notre site), l’autorise à cesser son métier de tisserand pour se préparer au championnat de France Poids Lourds. A 25 ans, 85 kgs, il est opposé au marseillais Di Meglio, 24 ans, 90 kgs. Le 12 février 39, dans l’enthousiasme général, à Lille, il devient champion de France par KO à la 2ème reprise.

Jean Motte, champion de France à 25 ans, en 1939 (Documents Ateliers Mémoire et Historihem)

Deux mois plus tard il remporte sa dernière victoire contre Verbeeren, champion de Belgique, à Bruxelles. Puis il est mobilisé en août 1939 et participe à la campagne de Belgique, d’Argonne et de la Somme. Cité à l’ordre du régiment le 17 juillet 1940, il est décoré de la Croix de Guerre avec étoile de Bronze.

Jean Motte lors d’une cérémonie officielle aux côtés du maire Jules Delesalle, en poste de 1935 à 1944 (Document Historihem)

En mauvaise condition physique après un an et demi de mobilisation, sans entrainement, il est battu à Bruxelles en avril 1941 par Gustave Roth, ex-champion du monde, sur arrêt de l’arbitre au 5ème round. Après cette défaite, il ne parvient pas à retrouver son niveau et, malgré deux derniers combats victorieux en 1943 à Hem et à Paris, se voit contraint de mettre un terme à sa carrière en 1944. Il a cependant l’occasion de donner des cours à nombre de jeunes fervents de préparation militaire.

La carrière de Jean Motte (Documents Box Rec)

Après la guerre, Jean, domicilié rue Gutenberg, reprend la café-tabac de la rue Jean Lebas à Lys-lez-Lannoy et devient moniteur d’éducation physique à la Stella de Lys dont il tient également le siège. Même lorsque son état de santé l’amène à céder son affaire, il tient à demeurer membre de la commission de la Stella.

Il décède en décembre 1969 à Roubaix et ses funérailles ont lieu à l’église Saint-Luc à Lys-lez-Lannoy, en présence d’un grand nombre de membres de la Stella. Jean Cholle, vice-président de la Stella prononce une courte allocution, à l’issue de la messe célébrée par l’abbé Lamblot, pour lui rendre hommage devant une assistance comprenant de nombreux sportifs et membres de l’équipe municipale.

Le décès de Jean Motte en décembre 1969 et ses funérailles (Documents Nord-Eclair)

Remerciements à l’association Historihem

à suivre…