Colisée ( 4 ) 2000 2026

En 2000-2001, la mairie et la direction du Colisée décident de la rénovation intérieure de la salle : nouvelle entrée, plafond doré, sol clair, le hall est refait et semble plus spacieux. Il peut accueillir à l’occasion, quelques manifestations, des « extras » en quelque sorte. 1200 nouveaux fauteuils bleus ont déjà été installés l’année dernière. Des dispositions sont prises pour un meilleur accueil des PMR Personnes à Mobilité Réduite. Le restaurant est refait, avec des couleurs chaudes. La billetterie est plus spacieuse et ouverte sur le public. Le nouveau Colisée est magnifique.

document Nord Eclair
document Nord Eclair
document Nord Eclair

Pour passer le cap de l’an 2000, la directrice du Colisée, Marie Cécile Laidebeur décide de donner un coup de jeune au parvis, installé déjà depuis quelques temps. Elle fait appel à l’ESAAT, Ecole Supérieure d’Arts Appliqués et Textile de Roubaix, pour que quelques étudiants puissent y apporter quelque chose de gai, de coloré et de kitch. Cette belle expression de leur talent est baptisée : la porte des vœux du 3° millénaire.

document Nord Eclair

En Mars 2002, Marie Cécile est entrée dans la « Cour des Grands » elle reçoit, en effet, des mains de Gisèle Casadesus, la Croix de Chevalier de l’Ordre national du Mérite, le jour de la représentation de Jérome Deschamps : La Cour des Grands. Mais elle décède malheureusement en Septembre 2003 et laisse un grand vide à la direction du Colisée. Avec elle, disparaît une battante qui a su imposer « l’Olympia du Nord », grâce à une programmation éclectique. Brigitte Leman assure la direction par intérim.

document Nord Eclair 2002

Le Ballet du Nord, rebaptisé en 1985, Centre Chorégraphique National de Roubaix est confié en 2004 à Carolyn Carlson, une grande figure de la danse contemporaine. Elle génère alors un rayonnement à la fois sur le territoire et à l’international.

Carolyn Carlson ( document site C. Carlson )

En Octobre 2006, Bertrand Millet prend la direction du Colisée qui change de statut juridique. Bertrand apporte un sang nouveau : il adopte alors un théâtre pluridisciplinaire, développe la « programmation directe » et réduit la partie « location ». Il est chef d’entreprise ( il se qualifie même de taulier ), il mène le projet artistique avec la prospection, programmation et relation avec les artistes.

Bertrand Millet, nouveau directeur du Colisée ( document Nord Eclair )

Pour Bertrand, la Culture a un rôle essentiel : rassembler les gens, rapprocher les populations différentes et créer du lien. La colonne vertébrale des programmations devient le théâtre. La collaboration entre Carolyn Carlson et Bertrand Millet est de plus en plus importante.

Il présente au public, à chaque début de saison, le programme : un savant dosage entre les spectacles visuels, le théâtre, la danse, les concerts, les humoristes et même du cirque. Si le projet est essentiellement constitué de spectacles pour le grand public, l’objectif est également de faire découvrir certains artistes moins connus. Avec son équipe, il concocte la recette culturelle et met tout en œuvre pour transformer chaque soirée en moment inoubliable.

Affiche Programme saison ( document collection privée )

En Mars 2020, l’épidémie de Covid 19 se déclare. Cette pandémie perturbe fortement l’activité du Colisée car des mesures de protection sanitaires sont obligatoires. Entre toutes les vagues de confinement, le Colisée met en place des séparations originales en carton, sur les sièges entre les spectateurs d’une même famille, pour pouvoir continuer à proposer des spectacles culturels à la clientèle. « Quand on est à moins de 1 000, on replace le public pour avoir la distanciation, explique Bertrand Millet à la presse locale.

document B. Vanalderwelt
document B. Vanalderwelt
document Voix du Nord 2020

Après la pandémie, le Colisée reprend une activité normale. Il est le rendez vous des émotions, du rire, de la musique, de la danse et du spectacle. L’immense salle propose jusqu’à 1700 places dans une atmosphère intimiste, avec de nos jours, plus de 100 représentations chaque saison, accueillant plus de 100.000 spectateurs.

Bertrand Millet ( document RoubaixXL )
document Colisée

Jean Deconinck a créé le Colisée en 1926. Pour la saison 2026-2027 l’établissement va fêter son centenaire ! Nul doute que Bertrand Millet et son équipe, composée d’une vingtaine de collaborateurs, vont nous programmer des spectacles encore plus exceptionnels pour cet événement. Un siècle déjà, et toujours avec une jeunesse intacte ! De plus, le Plan de Rénovation Urbaine de la ville prévoit le réaménagement complet de la rue de l’Epeule en 2026, et en particulier la végétalisation du parvis du Colisée.

Projet 2026 ( document ville de Roubaix )
document Colisée

Remerciements à Bertrand Millet, Bernard Vanalderwelt, Patrick Bullens ainsi qu’aux archives municipales.

Le Colisée ( 3 ) 1980 – 2000

A la fin des années 1970, la télévision se développe et envahit les foyers au détriment des salles de cinéma. Tous les cinémas sont en difficulté et ferment les uns après les autres. Le Colisée n’est pas épargné par la crise des grandes salles obscures mais s’apprête à connaître un autre sort. En effet, la ville de Roubaix rachète l’établissement, en 1980, et dépose un dossier pour la réhabilitation et la transformation du Colisée en salle de spectacles et centre de chorégraphie. Le vieux cinéma s’apprête à couler des jours différents, il va devenir un point de ralliement de l’Opéra du Nord.

Maquette de la transformation ( document archives municipales )

D’importants travaux de rénovation ( pour 12 millions de francs ) sont ainsi programmés d’ici 1982. Le chantier démarre en Mars 1981. Tout d’abord, il est nécessaire de désenclaver le Colisée. La ville de Roubaix rachète l’entreprise voisine, les Ets Libbrecht, au 39 de la rue de l’Epeule, qui est ensuite démolie. La superficie de plus de 4.000 m2 peut alors être consacrée à la création d’une place. L’entrée de la rue de l’Epeule se fait sur un parvis latéral, qui permet lui-même aux spectateurs d’accéder à la salle de spectacle.

document Nord Eclair 1982

La salle de cinéma connaît alors de grands changements. La scène est large mais pas suffisamment profonde pour se prêter à des spectacles chorégraphiques, elle est donc agrandie. Plusieurs rangées de fauteuils ( environ 200 ) devant la rampe, sont supprimées. Une fosse d’orchestre est créée. La scène ne peut pas être réaménagée, elle doit être complètement rasée, avec la création d’un nouveau plateau, l’installation d’un nouveau dispositif de cintres, la pose de perches qui supportent les projecteurs pour les jeux de lumière etc. La capacité de la salle est dès lors de 1800 personnes.

document archives municipales
document archives municipales
document B. Vanalderwelt
document archives municipales
Les travaux sur place ( document archives municipales )
Les travaux sur place ( document B. Vanalderwelt )

Un couac se produit pendant les travaux : la maison voisine de Jean Prez, accordéoniste au 43 de la rue de l’Epeule, subit quelques dommages . . .

document archives municipales

En Juin 1982, Pierre Prouvost, député maire, vient visiter le chantier. Il constate que les travaux avancent bien, et que les délais seront respectés, malgré l’ampleur de la tâche. La livraison devrait se faire fin Décembre ou en début d’année 1983.

Pierre Prouvost en visite ( document Nord Eclair 1982 )

Mr le Maire est impressionné par l’importance des travaux. Autrefois, derrière l’écran du cinéma, le mur du fond se trouvait à 4 mètres de distance. Aujourd’hui la tour de scène construite, mesure 23 m de haut, 30 m de large avec une ouverture de scène de 18 m sur 15 m de profondeur. Cette tour est vraiment très imposante.

vue aérienne des travaux ( document IGN )

La salle de spectacle peut, par ailleurs, être modifiée en fonction des spectacles. A partir du 10° rang jusqu’au 22° tous les sièges peuvent être relevés, grâce à l’installation de vérins hydrauliques. Ce système ingénieux permet de disposer les sièges en gradins. Cette disposition est particulièrement efficace au niveau acoustique pour les représentations de spectacle lyrique ou d’opéra.

la salle ( document Nord Eclair )
document B. Vanalderwelt
la salle ( document Colisée )
les vérins hydrauliques ( document B. Vanalderwelt )

Pierre Prouvost est heureux de constater que le nouveau Colisée est propre à accueillir le public, d’autant que le niveau artistique des spectacles proposés ne démentira pas la qualité de l’outil conçu.

document B. Vanalderwelt

Le 28 Janvier 1983, après près de deux ans de travaux, c’est l’ inauguration du Colisée-Opéra en présence de Pierre Mauroy premier ministre de l’époque, Pierre Prouvost député-maire, Monique Bouchez présidente de l’Opéra du Nord, Noël Josèphe président du Conseil Régional et Alfonso Catà chorégraphe du Ballet du Nord. Pour l’occasion, le ballet national de Marseille de Roland Petit présente son spectacle : « Les Hauts de Hurlevent », et ce pendant trois jours consécutifs.

Inauguration ( document Nord Eclair )
Inauguration ( document B. Vanaderwelt )

Le Colisée démarre donc, en ce début d’année 1983, de façon importante et dynamique puisque sont programmés les spectacles de Julien Clerc le 3 Février, la revue du Casino de Paris les 4 et 5, l’opéra Faust les 18 et 20, Patrick Sébastien le 25 et la revue West Side Story les 26 et 27.

C’est également en 1983, que le Ballet du Nord, antenne de l’Opéra de Lille, s’installe au Colisée, sous la direction d’Alfonso Catà. Le ballet devient Centre Chorégraphique National.

La cafétéria installée au rez de chaussée ( document B. Vanaderwelt )

La salle d’entraînement et de répétitions du Ballet du Nord est installée à l’étage dans l’ancien dancing et peut également, à l’occasion, accueillir 200 personnes. Sur la photo ci-dessous, on reconnaît, en bas, les anciens gradins du dancing, et sur la droite, la scène ou se produisaient les chanteurs et orchestres.

document Ballet du Nord

Dans les années 1980, le Colisée est géré par l’association Roubaix Culture dont le président est André Diligent et la vice présidente Thérèse Constans. La direction de Roubaix Culture a son siège dans les locaux du Colisée. La ville de Roubaix et le Colisée travaillent toujours en étroite collaboration, en matière de choix des spectacles, de budget de fonctionnement etc

Patrick Bullens directeur du Colisée et Martial Guénée de Roubaix-culture en 1985 ( document Nord Eclair )

Les 20 ans de Roubaix-Culture en 1991 : Thérèse Constans, Martial Guénée et Patrick Bullens

En 1993, soit 10 ans après l’ouverture, le directeur, Patrick Bullens, pense déjà à effectuer quelques travaux de rénovation. 1) les peintures : la totalité des peintures intérieures soit 3000 m2 sont à refaire 2) le chauffage à air pulsé doit être repensé, pour éviter à certains spectateurs d’avoir trop chaud et d’autres d’avoir des courants d’air désagréables, et surtout que le chauffage soit plus silencieux. Les devis des travaux sont acceptés et ceux-ci vont durer tout l’été.

Patrick Bullens directeur en 1993 ( document Nord Eclair )

Le Colisée accueille des spectacles prestigieux et de nombreuses vedettes de variété s’y produisent : Barbara, Charles Trenet, Michel Sardou, Niagara, Georges Moustaki, Alain Souchon, Gilbert Bécaud, Charles Aznavour etc, ainsi que des célébrités dans le monde du théâtre :

Patrick Bullens nous conte une anecdote qui prête à sourire : Bernard Blier, peu avant de monter sur scène, se trouve dans sa loge en peignoir d’intérieur. Il se dirige vers le lavabo pour se nettoyer les mains, et malheureusement s’aperçoit que les robinets ne fonctionnent pas correctement ( eau froide à la place de l’eau chaude ! ) Bernard Blier, qui a du caractère, se met en colère, le fait savoir bruyamment et monte directement sur scène en peignoir ! Tous les techniciens sur place sont forcément surpris, essaient de l’interpeller pour qu’il puisse se vêtir, mais en vain. Bernard affiche un sourire moqueur : le peignoir est sa tenue de scène du premier acte !

Bernard Blier ( document collection privée )

Dans les années 1990, de nouvelles très grandes salles spécialisées dans la distribution musicale arrivent sur la métropole comme Le Zénith ou l’Aéronef. Le Colisée voit ainsi partir les grands concerts vers les autres salles. La directrice depuis 1997, Marie-Cécile Laidebeur, parvient cependant à maintenir une offre culturelle variée et de grande qualité.

En Novembre 1998, un incident se produit lors du concert du chanteur Faudel. En effet, le public est chaud-bouillant, les filles trépignent, sautent, crient, hurlent, dansent et se trémoussent pendant ce concert de musique raï. Le pompier de service s’aperçoit que des fissures apparaissent sous le balcon. Inquiet il prévient le responsable de la sécurité qui fait arrêter immédiatement le chanteur. Faudel annonce lui-même la nouvelle au public forcément mécontent. Il semble toutefois, que ce ne sont que des fissures superficielles du plâtre.

Faudel ( document Nord Eclair )

Arnaud Verspieren et Marie Cécile Laidebeur annoncent en 1999 l’installation de 1200 nouveaux fauteuils beaucoup plus confortables et silencieux ( en effet, ils ne couinent pas ! ) et de couleur bleu comme le rideau. 600 fauteuils arriveront plus tard pour être installés au balcon.

document Nord Eclair
Le Colisée ( document bnr )

à suivre . . .

Remerciements à Bertrand Millet, Bernard Vanalderwelt, Patrick Bullens ainsi qu’aux archives municipales.

Le Colisée ( 2 ) 1951 – 1980

Après la seconde guerre mondiale, Henri Deconinck, ressentant le frétillement de la reprise, reste très optimiste sur l’avenir du cinéma. Il décide donc d’entreprendre d’importants travaux de rénovation pour le Colisée de la rue de l’Epeule à Roubaix. L’objectif, très ambitieux, est de proposer à la clientèle le confort dans un cadre agréable et les améliorations techniques les plus modernes. Il fait appel à l’architecte parisien Edouard Lardillier pour ce projet très important. Le Colisée annonce fin Juin 1951 sa fermeture annuelle, mais, en fait, de très gros travaux pharaoniques démarrent début Juillet pour de nombreuses semaines

document Nord Eclair
document Nord Eclair

L’art moderne, sobre et impressionnant à la fois, offre ici le maximum d’un mariage harmonieux des lignes courbes et droites, pour créer un cadre agréable :un écran de 7 mètres de long, des installations sonores stéréophoniques, des nouveaux fauteuils en velours pourpre, des lumières tamisées, des peintures de couleur beige, des murs recouvert de tapis isolants, un sol et un plafond insonorisés et anti vibrations, un chauffage à air pulsé, une sécurité absolue contre les risques d’incendie etc. Seule la charpente métallique est conservée.

document collection privée

La salle compte 2400 places confortables : des fauteuils fabriqués spécialement, car inspirés des sièges automobiles. La scène a été agrandie. La galerie de droite qui borde la salle est une exposition d’oeuvres des artistes roubaisiens. Dans la galerie de gauche, un bar spacieux accueille les clients pendant l’entracte. La façade sur la rue de l’Epeule est également refaite : un large escalier donne accès au dancing, une fresque occupe toute la largeur. Sur le thème des Muses de la mythologie, elle a été réalisée par Mr Ponsard un artiste parisien. 

document archives municipale
document collection privée
document Colisée

Le mur latéral droit de l’entrée est recouvert de miroirs, ce qui donne un aspect encore plus grandiose à l’ensemble.

document P. Bullens

Le dancing à l’étage est refait également : la trémie donnant sur le hall est comblée et sur des gradins sont installées des tables qui dominent désormais la piste de danse. Malgré toutes ces investissements coûteux, le prix du billet d’une place de cinéma ne devrait pas augmenter fortement et doit se situer autour de 160 Frs. Le Colisée devient la plus grande et la plus belle salle de cinéma de province : une salle polyvalente dédiée au 7° art, mais aussi aux spectacles de variétés.

document collection privée
document Nord Eclair

Les travaux ont duré 5 mois, de Juillet à Novembre 1951. Pendant ces 160 journées de travail, 500 ouvriers ont oeuvré à la transformation du Colisée. On imagine sans peine les difficultés rencontrées sur le chantier, par l’architecte, les entreprises et leurs salariés. Il faut rendre hommage à tous ces artisans du succès, du plus humble ouvrier au grand architecte. C’est un bel exemple de réussite de ce que peut réaliser une coopération étroite entre gens compétents et motivés.

document Nord Eclair

La réouverture du Colisée a lieu le lundi 26 Novembre 1951. Pour fêter cet événement, qui coïncide avec le 25° anniversaire de la création, Henri Deconinck organise une soirée de gala : la projection d’un film « Paris chante toujours » qui réunit les 10 plus grandes vedettes de la chanson française : André Dassary, Georges Guétary, Luis Mariano, Yves Montand, Edith Piaf, Line Renaud, Jean Sablon, Georges Ulmer et Tino Rossi. Cette soirée exceptionnelle est organisée au profit d’oeuvres sociales de la ville.

document collection privée
( document collection privée )

Un film muet en noir et blanc est tourné pendant cette soirée d’inauguration ou l’on note la présence de Pierre Dac, Charles Verstraete etc. Cette date du 26 Novembre 1951, c’est la première étape dans la carrière du Nouveau Colisée ! ( document B. Vanalderwelt )

Deux ans après son ouverture, Henri investit à nouveau ! Il fait casser la scène pour l’agrandir en hauteur et en largeur et l’adapter à une technologie naissante : le cinémascope qui nécessite un écran incurvé de 17m de large et 7m de haut. Le Colisée accueille en exclusivité sur Roubaix, le premier film en cinémascope : « La Tunique » en 1953. Il dame ainsi le pion à son confrère le Casino de la place de la Liberté.

document collection privée
document collection privée
document collection privée

Dans les années 1950 et 1960, le Colisée remporte un succès colossal, aussi bien au cinéma qu’au dancing. Le rythme bat son plein dans cette salle atypique, où l’on peut découvrir des films, des spectacles variés, et danser. Des grandes vedettes de variété passent sur la scène, et leurs noms s’inscrivent en lettres rouges sur la façade de la rue de l’Epeule. Le Colisée est d’ailleurs souvent surnommé : « l’Olympia du Nord ».

Façade ( document collection privée )
Compilation vedettes variété scène 1950 1960 ( documents Nord Eclair )

En Octobre 1961, Henri Deconinck investit à nouveau dans du matériel : un projecteur 70/35 est installé pour la sortie du film Ben-Hur. Cet appareil permet d’utiliser deux types de film : soit 700 m de pellicule en 70 mm, soit 1100 m en 35 mm. A la sortie de la séance, les spectateurs sont émerveillés par la netteté de l’image pourtant monumentale sur l’écran de 17m et également par la qualité du son stéréophonique.

Ben Hur ( document Nord Eclair )

Le dancing à l’étage connaît aussi un grand succès dans ces années 1950 1960, les bals se succèdent surtout les fins de semaine. Henri Deconinck est présent tous les week-end, les samedi et dimanche après midi, où il alterne ses passages entre Le Fresnoy et le Colisée, au volant de sa jaguar Type E, pour vérifier que tout se passe bien et qu’il n’y a pas d’incident. Henri est très « à cheval » sur la tenue de ses clients : « Tenue correcte exigée » et donc pour les jeunes gens sans cravate, le responsable à l’entrée du dancing leur en prête une ! Il est souvent fier de rappeler que la plupart des couples roubaisiens se sont formés dans un des deux établissements qu’il dirige.

Compilation soirées organisées au dancing à l’étage 1950 1960 ( documents Nord Eclair )
Henri Deconinck ( document Nord Eclair )

La télévision, apparue dans les années 1950, se développe fortement dans les années 1960 et 1970, surtout avec l’avènement de la télé couleur en 1967. La conséquence inévitable de ce développement du petit écran dans les foyers, est la baisse de fréquentation dans les cinémas dans les années 1970. Tous les cinémas sont concernés. Certains vont se subdiviser en salles de poche, d’autres vont fermer complètement. Le Colisée n’est pas épargné par la crise des grandes salles obscures, alors qu’il a atteint l’apogée de sa renommée, Henri Deconinck arrête les projections de films à la fin de l’année 1978, continue les spectacles de variété et cherche des solutions qui permettraient de conserver la salle en l’état en réorganisant le projet artistique. Le 18 Mars 1981, l’Orchestre Philharmonique de Lille donne un dernier concert au Colisée avant sa fermeture.

Le Colisée à la fin des années 1970 ( document archives municipales )

à suivre . . .

Remerciements à Bertrand Millet, Bernard Vanalderwelt ainsi qu’aux archives municipales.

Le Colisée ( 1) 1927 – 1950

Jean Deconinck naît en 1876 à Roubaix. En 1901, il rachète les écuries du château Descat à Tourcoing qui a été démoli pour construire le boulevard Descat.

Jean Deconinck ( document D Najberg )

Sur les 10.000 m2 du terrain, il crée un cinéma en plein air, en 1905, et construit ensuite « Le Fresnoy » qui devient un haut lieu de divertissement au début du 20° siècle. Après la première guerre mondiale, c’est l’essor du cinéma. Au début des années 1920, Jean demande alors un permis de construire pour une salle de cinéma, au 41 rue de l’Epeule à Roubaix : « Le Coliseum ». Le projet est de rénover l’hôtel particulier de Paul Descat qui se trouve à cet emplacement, et de le transformer en salle de cinéma. L’architecte choisi est le cabinet : Jacques Barbotin situé au 34 rue de Lille à Roubaix. Sur la façade, on remarque l’inscription : « Instruire en Récréant »

Projet Coliseum ( document archives municipales )

Finalement, l’option n’est pas retenue : la maison est détruite et Jean Deconinck construit le cinéma « Colisée » avec une façade plus moderne, dans le style Art-déco. Il s’investit pleinement dans son projet avec les mêmes architectes Barbotin père et fils, réalise des croquis sur sa planche à dessin, réfléchit aux moindres détails sur la qualité de construction, la technicité des appareils de projection, l’esthétique de la décoration etc. L’inauguration et l’ouverture du cinéma est programmée pour 1926.

Jean Deconinck devant sa table à dessin ( document C. Desrousseaux )
Projet Colisée accepté et signé ( document archives municipales )

Les travaux démarrent par la construction de la charpente métallique. C’est une ossature type Eiffel. Jean Deconinck exige que le Colisée soit bâti sur des bases solides. Il suit de près toute évolution technologique du moment.

Charpente métallique ( documents Daniel Najberg )

Avec plus de 2000 places, c’est le plus grand cinéma au nord de Paris. Le projet est impressionnant. La salle de cinéma mesure 45m de long sur 21m de large. Aucun pilier ne vient gêner la vue des spectateurs, qu’ils soient assis aux places les plus chères ou aux dernières. Dans le hall d’entrée, se trouve un bassin et un jet d’eau qui monte à vingt mètres de hauteur et qui traverse le foyer à l’étage par une trémie, jusqu’au sommet de l’édifice.

La trémie à l’étage ( document Le Colisée )

Dans le hall, des colonnes impsantes soutiennent le plafond de couleur ocre et rouge, de style orientaliste et moderne.

Le plafond d’origine ( document Bernard Vanalderwelt )

La salle de cinéma est dotée d’un parterre et de balcons, des bars permettent au public de boire une consommation pendant l’entracte. Jean dirige les deux établissements : le Fresnoy qui est un lieu de distraction populaire, et le Colisée qui s’adresse à la bonne société de Roubaix-Tourcoing

Publicité ( document collection privée )
la rue de l’Epeule 1932 ( document collection privée )

Les travaux de grande ampleur ont pris un peu de retard, et c’est en Mai 1927 que Jean Deconinck peut enfin ouvrir son établissement. Il a décidé de frapper fort en publicité, en réservant une page complète sur « Le Journal de Roubaix » sur les 6 pages habituelles du quotidien.

publicité pleine page ( document Le Journal de Roubaix 19 Mai 1927 )

Pour cet événement, le cinéma propose un programme cinématographique hors-pair avec 4 films muets exceptionnels tels que « Michel Strogoff » avec Ivan Mosjoukine.

Michel Strogoff ( documents collection privée )

Jusqu’à l’achèvement définitif des travaux, la direction de l’établissement ne projette que des films dans la salle. Au mois de Septembre 1927, les locaux réservés aux artistes sont achevés et complètement aménagés. Les séances de music-hall alternent alors avec celles du cinéma.

Jean Deconinck suit l’évolution des techniques et procédés cinématographiques. Il adapte son équipement et le Colisée est le premier cinéma à Roubaix à proposer des séances de cinéma parlant. Le premier film français sonorisé : Les Trois Masques sort en 1929 à Paris et est projeté, très peu de temps après, au Colisée.

Programme de 1929 ( document collection privée )
Pièce de théâtre en 1929 ( document collection privée )

Le Colisée est certes une salle de cinéma, mais c’est aussi une salle de spectacle pour le music-hall ou des pièces de théâtre. De très nombreux chansonniers s’y succèdent : Tino Rossi, Maurice Chevalier, Fernandel et bien d’autres. Jean Deconinck peut ainsi approcher de près d’immenses vedettes talentueuses comme Joséphine Baker ou Arletty. Le succès du Colisée est colossal dans ce fourmillant quartier de l’Epeule

Fernandel entouré de la famille Deconinck, lors de l’un de ses passages au Colisée ( document C. Desrousseaux )

Pendant la deuxième guerre mondiale, le Colisée reste ouvert mais l’activité est très réduite : quelques pièces de théâtre y sont jouées. Le cinéma quant à lui, redémarre en Septembre 1944.

document collection privée
Publicité 1942 ( document collection privée )
Redémarrage du cinéma Septembre 1944 ( document Nord Eclair )

Puis, le Colisée redémarre peu à peu son activité complète.

1944 ( document collection privée )
1945 ( document collection privée

A la fin des années 1940 les dessins animés de Walt Disney ( Cendrillon ) arrivent sur ses écrans pour le plus grand bonheur des jeunes spectateurs

Cendrillon 1950 ( document collection privée )

Jean Deconinck décède en 1943. Il laisse le Fresnoy et le Colisée à ses enfants, dont Henri qui devient directeur et ensuite à son petit fils Hubert Desrousseaux.

Jean Deconinck ( document collection privée )

À suivre . . .

Remerciements à Bertrand Millet, Bernard Vanalderwelt ainsi qu’aux archives municipales.

Colisée Couture

Depuis les années 1930, les N° 17 et 19 de la rue de l’Epeule sont deux commerces voisins mais séparés. Le 17 est occupé par la boucherie de A. Defraeye Beuscart, et le 19 par le magasin de cycles de marque Le Nord, de Pierre Proy.

documents collection privée

A la fin des années 1940, les deux commerces fusionnent et ne font qu’un seul point de vente le 17-19 d’une superficie de 213 m2. Le magasin de vêtements pour dames et fillettes BEGE est sur place en 1953, et ferme en 1958.

Publicité BEGE ( document Nord Eclair )

En 1959, M. Callens prend possession des lieux pour y ouvrir un commerce de confection pour enfants à l’enseigne R.O.G : « Tout le prêt à porter de la naissance à 18 ans ». Le point de vente propose également un grand choix de vêtements de communion.

Publicité ROG ( document collection privée )

Thérèse Allard reprend le commerce en 1968 et fait transformer sa façade avec l’accord de la propriétaire des lieux Mme Vanholme, qui réside à Wasquehal. Il s’agit d’une boutique de confection dames à l’enseigne « Colisée Couture » dont la devise est : « Colisée Couture habille bien et mieux, l’enfant, la jeune fille, la femme. »

document archives municipales
document Nord Eclair 1968

Une large façade brillamment éclairée présente des étalages qui semblent planer dans les airs, dans un décor moderne et du meilleur goût. Le magasin est clair élégant et harmonieux. Les vastes rayons laissent de la place à de nombreux détails gracieux : tapisseries romantiques, lustres aux facettes étincelantes, cabines d’essayage coquettes . . .

Les clientes peuvent admirer, toucher, comparer les nombreux vêtements : jupes, robes, manteaux. Colisée Couture offre également son accueil, la compétence de son personnel, des prix abordables pour une qualité certifiée et un service de retouches gratuites.

document Nord Eclair

De nombreuses personnalités sont présentes le jour de l’inauguration : Mrs Kieffer de la chambre de commerce, Duponchelle du Crédit du Nord, Deconninck du Colisée, sans oublier l’état major de l’Union des commerçants de la rue de l’Epeule : Mrs Delbarre, Vandermeiren, Decocq.

Deux ans après l’ouverture, en 1970, un rayon mariage et également un rayon deuil sont créés. Les vêtements et accessoires de mode sont conçus avec passion et créativité. La direction met un point d’honneur à proposer des vêtements de qualité, alliant élégance et confort.

document Nord Eclair
document collection privée

En 1978, le propriétaire de l’immeuble Ernest Stael fait remplacer toutes les fenêtres des étages par l’entreprise de Mr Degand, rue Dammartin à Roubaix. La façade est alors harmonieuse, et d’un très bel aspect, bien en rapport avec les villes du Nord.

La façade ( documents archives municipales )

Dans les années 1980, le magasin se spécialise encore davantage dans le rayon des robes de mariées. Colisée Couture en propose une gamme très complète ; dans le magasin, c’est une symphonie de savoir faire et d’élégance à la française, de la soie, du taffetas, de la dentelle, des passementeries, de la broderie.

documents Nord Eclair 1978

Colisée Couture organise en Mars 1988 dans son magasin 4 défilés de modes de robes de mariées, avec une toilette de mariée à gagner par tirage au sort, en fin de journée.

document Nord Eclair 1988

Et, le 11 Février 1989, c’est au Colisée rue de l’Epeule, que « Colisée Couture », avec de très nombreux commerçants roubaisiens, organise le show des mariés de la Saint Valentin.

document Nord Eclair 1989

Au début des années 1990, les affaires sont un peu plus difficiles. Colisée Couture multiplie les ventes promotionnelles et communique encore par la presse locale.

document Nord Eclair 1990

En Octobre1994, une liquidation totale du stock est annoncée par voie de presse.

document Nord Eclair 1994

Le magasin change d’enseigne en cette fin d’année 1994 et devient « Cymbeline », une chaîne de magasin spécialisée en robes de mariées, et déjà bien implantée en France et en Europe.

document collection privée
L’équipe Cymbeline 1994 document archives municipales
document collection privée

Mme Laude est aux commandes du magasin Cymbeline et son mari, Jean Laude est aussi un peu de la partie, puisqu’il dirige une entreprise de dentelles à Caudry. La boutique attire des clientes qui, pour ce grand jour, n’hésitent pas à faire le tour des magasins de la métropole, pour comparer, essayer, choisir et se décider.

Les vendeuses sont aussi couturières, quatre femmes dont l’oeil de professionnelle sait déceler si une légère retouche sera possible sans abimer la coupe de la robe de mariée.

document Cymbeline 1996

Malheureusement le magasin ferme définitivement ses portes le 15 Décembre 2016. Le point de vente du 17 et 19 de la rue de l’Epeule devient ensuite un restaurant-lounge à enseigne NAEL.

Le magasin en 2008 ( document Google Maps )
Photo BT 2022

Remerciements aux archives municipales.

Le trou de la rue de l’épeule

Dans l’immédiat après seconde guerre mondiale, la rue de l’épeule présente encore un bel alignement de façades à partir du carrefour avec la rue du grand chemin. Un demi-siècle plus tard, une brèche s’est ouverte dans l’alignement exact de la place de l’abreuvoir, dans laquelle s’est installée une piscine et la nouvelle entrée du Colisée devenu dans l’intervalle le Colisée théâtre, salle de spectacle des Ballets du Nord. Comment en est-on arrivé là ?

La rue de l’épeule des années cinquante soixante CP Méd Rx

Le « trou » correspond à l’emplacement des n°21 à 41. En 1953, le Ravet Anceau annonce pour la rue de l’épeule à cet endroit : un n°21 inoccupé, aux n°23-25 avec l’enseigne, à l’abreuvoir, les confections Vandenberghe, aux n°27-29 le centre professionnel d’apprentissage du syndicat patronal du textile, au n°31 le magasin d’électricité Liévens, au n°33 le magasin de modes de Mme Biancatto, au n°35 la chapelle Notre Dame de Bon Secours et la librairie Baudet, au n°35bis un fabricant de résine synthétique, au n°37 la confiserie de Mme veuve Blain, au n°37bis la société Clermont Libbrecht, fabricants de machines à teindre, au n°39 les établissements Libbrecht et fils fabricants de machines textiles. Et au n°41, ne l’oublions pas, le Colisée, dont l’entrée et la façade sont encore dans l’alignement de la rue de l’épeule, et dont la modernisation a été effectuée en 1951. Avant de disparaître, ce bout de rue va vivre son propre développement. Au début des années soixante, le changement est enclenché. De nouvelles enseignes sont apparues, ainsi au n°25 Mme Eloy et son magasin de jouets « Au bonheur de l’enfance », au n°33 la maison Saelens et cie, beurre et œufs, et au 35bis Francybas bonneterie.

Le garage du Colisée, concessionnaire Opel et station service Antar Pub NE

Mais les principaux changements concernent au n°27-29 la création du garage de Pierre Demulier bientôt dit Garage automobile du Colisée, et le regroupement de la maison Libbrecht aux n°37-39. Le centre d’apprentissage textile part s’installer boulevard de Metz et revend ses locaux à M. Demulier, alors garagiste rue de Denain. La vente est liée à l’autorisation de l’installation des pompes à essence pour la station service. Le projet est en route depuis 1957. Moyennant une une mise en retrait des pompes par rapport à l’alignement de la rue, le Garage du Colisée peut démarrer ses activités. Il devient concessionnaire Opel en 1963. Le 29 août 1966 le garage s’étend, Pierre Demulier obtient les occupations des arrières des n°21, 27, 29 et 31. La station service Antar a obtenu l’avis favorable en juin 1966. Le 17 septembre 1969, un hall d’exposition est construit pour le garage du Colisée.

Une livraison de machine pour les Ets Libbrecht en 1954 Photo NE

De leur côté, dès 1953 Les Ets Libbrecht procèdent à des aménagements, murs intérieurs à construire, murs extérieurs à supprimer. Ils sont en plein développement, ils achètent de nouvelles machines, et demande une autorisation pour l’agrandissement d’une porte cochère au n°39. Les années soixante voient donc ce petit morceau de rue poursuivre ses activités. Le salon de coiffure pour dames Nadège est installé au n°21, la maison Saelens déjà reconnue pour ses produits de volailles se lance dans la poissonnerie.

La poissonnerie du Colisée du marchand de volailles Saelens en 1963 Photo NE

Le Garage du Colisée occupe désormais l’arrière des N°27, 29, 31. Une supérette est présente au n°33 depuis peu : le 2 octobre 1972, la SA Roussel souhaite transformer le local du n°33, en supérette alimentaire. Signe tangible de la prospérité, les poses de nouvelles enseignes pendant les années soixante dix. En octobre 1977, les Ets Lemaire en demandent une pour les n°27-29. Ces poses d’enseigne se poursuivront jusque dans les années quatre-vingt avec une enseigne Motul électrique en avril 1980, demandée par la société DG Moto, ou en novembre 1987, avec deux enseignes pour Christian Descamps (salon Christian).

Puis viendront les années de démolition et de reconstruction. On démolit de fin décembre 1982 à janvier 1983. Dès avril 1983, s’ouvre un chantier sur le terrain sis à Rx du n°33, 35, 35bis, 37, 37bis pour faire le parvis du centre chorégraphique national de Roubaix. C’est la ville qui agit. Puis en janvier 1989, il est procédé à la démolition des locaux commerciaux du n°27 au 31. Mais le trou n’est pas totalement achevé, il faudra attendre dix ans pour qu’il soit décidé de le démolition d’un immeuble dangereux récemment incendié au n°21 en décembre 2007. Sur les photos du chantier on peut encore apercevoir le n°25, qui disparaîtra le 31 juillet 2008.

Le « trou » aligné avec la place de l’abreuvoir Photo Google maps

Aujourd’hui, le « trou » de l’épeule s’est aligné avec la place de l’abreuvoir. Un parking automobile sépare les accès à la piscine inaugurée en novembre 1990, de l’entrée de la salle de spectacle du Colisée, qui a donc fait un quart de tour sur sa droite, depuis les années 1998 à 2000.

Le Colisée 3

Le Colisée d’aujourd’hui fut autrefois un cinéma dancing ouvert en 1927 par Henri Deconninck, dans la foulée de la création du Fresnoy, le célèbre parc des loisirs, maintenant devenu le Studio national des arts contemporains. On se souvient de l’ouverture du Colisée 2, en septembre 1971, au premier étage du nouveau centre commercial Roubaix 2000. Inauguré en octobre, ce cinéma, idéalement situé,  pouvait accueillir 220 cinéphiles.

La salle du Colisée 3 Photo Nord Matin

Trois ans plus tard, une nouvelle salle de cinéma est présentée à la presse : le Colisée 3. Cette petite salle chaude et intime, très confortable, propose cent places et se situe à proximité du Colisée 2, derrière la cabine de projection.  Elle propose des films d’art et essai, un peu plus difficiles, un peu moins commerciaux, ou des films déjà projetés dans la grande salle de la rue de l’Epeule, des films de qualité. Les Colisée 2 et 3 partagent le même accès et la même caisse, à l’étage du centre commercial.

Publicité pour l’ouverture Nord Eclair

L’ouverture officielle a lieu le vendredi 31 mai 1974 avec la projection du film La fête à Jules du réalisateur belge Benoît Lamy. Un débat est prévu à l’issue de la séance de 21 h 50 avec le cinéaste. Le colisée 3 aura cinq séances par jour, à la différence du Colisée 2 qui n’en propose que quatre. La veille de cette séance, le réalisateur belge Benoît Lamy, et son assistante Mme Piereux ont été reçus dans le salon du Colisée 1 par les organisateurs et M. Desrousseaux, le directeur du cinéma. Le sujet du film est évoqué : il traite des conditions de vie des personnes du troisième âge, marque le refus des stéréotypes péjoratifs. Il est fait, dit son auteur, pour un public jeune, car il montre ce qui les attend.

 

L’arrivée de cette troisième salle de cinéma dans le centre de Roubaix, amorce le développement des complexes de petites salles, permettant de diversifier l’offre. Quelques années plus tard, le Casino se transformera de cette manière, en proposant sept salles et en transportant son entrée dans la Grand rue. Après l’extinction provisoire des cinémas roubaisiens, c’est aujourd’hui le Duplexe qui reprend avec bonheur le flambeau du cinéma à Roubaix.

Programmation des Colisée 2 et 3 Nord Matin
Programmation des Colisée 2 et 3 Nord Matin