Un projet de route départementale.
C’est en 1857 qu’il est question de classer le chemin de grande communication n°9 de Mouvaux à Dottignies dans le réseau départemental. Il s’agit de relier la route vicinale de Lille à Tourcoing qui passe par Marquette, Marcq et Mouvaux, avec la route royale de Tournai à Courtrai. Cette nouvelle départementale débute à Mouvaux, (on partira un peu plus tard de Bondues pour établir la jonction avec la grand route Lille Menin, par Marquette, Bondues, Roncq, Halluin…), passe par Roubaix, et cette route traverse la grand place, par la rue du Grand Chemin, la rue du Général Sarrail, la Grand Rue, et enfin Wattrelos.
Accéder de Roubaix à Wattrelos avant la rue Carnot

Wattrelos regarde plutôt du côté de la ville de Tourcoing avec laquelle elle est reliée par un grand chemin, au moins jusqu’à la Vieille Place. Le chemin de fer (1842 et 1876) et le canal (1843) n’amélioreront pas les relations entre Roubaix et Wattrelos. On passait soit par le Crétinier, en venant de la fosse-aux-chênes, par le pont de la Vigne, pour rejoindre le chemin de Tourcoing cité plus haut. Ou alors on passait par le sud, le Sartel par une passerelle dont la future gare du Pile souligna l’exiguïté. Enfin, il y avait le chemin de grande communication n°9 dont le parcours zigzaguant n’était en tous cas pas dans l’alignement de l’une ou l’autre place de Wattrelos, la vieille et la future en travers de laquelle se trouvait encore en 1883 l’ancienne église de la Trinité.
Le chemin de grande communication n°9, fin du tronçon roubaisien

Les roubaisiens terminèrent le redressement de leur partie du futur chemin départemental entre 1868 et 1870, notamment par le redressement de la partie située entre la place Nadaud et la place Chaptal, la route passant autrefois par les actuelles rue Perrot et Papin; la départementale économisait deux virages, gagnait ainsi quelques mètres et un pont dit de Wattrelos sur le Canal. Cet aménagement permit de ménager un nouvel accès au cimetière de Roubaix. Le redressement ne s’arrêta pas là : le chemin suivait autrefois le tracé de l’actuelle rue d’Avelghem, mais l’alignement se prolongea en ligne droite jusqu’au quartier du Laboureur.
Le chemin de Grande communication n°9 avant la rue Carnot

Ce chemin passait entre deux fermes en arrivant sur le territoire wattrelosien (la ferme de Pierre Salembier, cultivateur à Wattrelos et celle de Jules Lézy brasseur au Laboureur) , puis bifurquait sur la gauche après 200 mètres environ pour se diriger vers une ferme appartenant aux hospices de Roubaix, située non loin de la ferme Tombequine, à laquelle elle aboutissait par un petit chemin d’accès. Cependant le chemin de grande communication reprenait vers la droite, à hauteur de la rue des trois bouteilles (‘actuelle rue de Londres) pour rejoindre la rue de l’Industrie (actuelle rue de Stalingrad) et rattraper à l’église (future grand place) la direction de la frontière qu’on lui connaît actuellement.
Les projets de travaux wattrelosiens.
Jusqu’alors, il n’avait pas été question de redresser ce chemin. Ce n’est que le 22 août 1889 que le Conseil Général autorise l’ouverture des travaux, après que que la question ait été débattue en conseil municipal, notamment à la date du 27 avril 1888. Le projet est complexe et doit aboutir à la création de deux rues: la future rue Faidherbe, qui reprend en partie le tracé initial de l’ancien chemin à partir de la Place du Laboureur, et traverse ensuite les terres de la ferme de Tombequine pour aller rejoindre la Vieille Place, et la future rue Carnot, appelée à cette époque route de Roubaix à Wattrelos. Le 27 février 1890, les Wattrelosiens décident d’un emprunt pour couvrir la somme correspondant au devis du double projet. Le 19 mai 1890, on demande la déclaration d’utilité publique et il est décidé de faire intervenir le député Émile Moreau pour faire avancer le dossier. Le 30 mai 1890, les agents voyers du canton ont dressé les plans du projet: la nouvelle route partira du Laboureur pour rejoindre la Place de Wattrelos sur une longueur de 1191 mètres. Le total des travaux est passé à 275 000 francs, répartis comme suit : 203 000 francs à la charge de la Ville, par le biais d’un emprunt à la Caisse Nationale des retraites pour la vieillesse, remboursable en trente ans à partir de 1891, par une imposition extraordinaire de 12 centimes 46 centimes additionnels par franc, la ville de Roubaix 30 000 francs, le Conseil Général 14 500 francs, l’État 27 500 francs.
à suivre