C’est au tout début du 20ème siècle, le 02 mars 1900, qu’est adopté le projet d’ouverture d’une avenue reliant Roubaix à Hem. La nouvelle artère va de l’avenue des Villas à Roubaix (aujourd’hui avenue Gustave Delory) à la route départementale 19 à Hem qui relie Hem à Lannoy (rue Jules Guesde aujourd’hui) en passant par le carrefour du cabaret du Dernier sou, point le plus élevé de Hem (lieu où se situe actuellement Damart).
La nouvelle artère ouvre à la circulation en 1902. Le premier pavage de l’avenue d’abord sobrement appelée route d’Hem ou boulevard d’Hem n’est pas réalisé de suite. En 1908, la ligne C (puis 4 puis S) du tramway qui permet de relier Hem à Roubaix est mise en service et sera supprimée en 1951.

Sur la carte postale d’illustration on peut observer le tramway qui arrive au niveau de l’observatoire de la commune. Fils de Louis Jonckeere, dirigeant d’une manufacture de lainage et draperie, rue Pasteur à Roubaix, Robert Jonckeere venu au monde en 1888, dans cette même ville a une passion pour l’astronomie.
Pour sa majorité, il envisage la construction d’un véritable observatoire et finit par trouver le site idéal, de près de 2 ha, au lieu dit La Citadelle, hameau des 3 baudets à Hem, sur une petite colline de 53m d’altitude, lieu où avait été installé par l’armée, à la fin du siècle précédent, le Fort de la Lionderie.Ce terrain est acheté par parcelles à des cultivateurs de Hem en janvier 1908. L’accès se situe sur le boulevard qui prendra un temps le nom de boulevard de l’Observatoire jusqu’au transfert du matériel de l’établissement à Lille en 1928 et la vente du domaine en 1931, les bâtiments étant presque tous rasés, hormis la maison principale et celle du concierge. (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site)


C’est alors que l’avenue devient le boulevard Gustave Delory puis le boulevard Georges Clémenceau en 1931. Enfin, c’est en 1987 que la partie du boulevard au delà de la rue Colbert et jusqu’au rond-point des 3 Baudets est renommée De Gaulle. Pour autant la numérotation des adresses ne change pas, sans doute par commodité.

Comme le montre le document n°1, le boulevard d’Hem, au début du 20ème siècle, à la mise en service de la ligne de tramway, est presque vide de tout bâtiment, en dehors de l’observatoire. C’est ce que confirme la photo aérienne de 1933 sur laquelle seules quelques bâtiments apparaissent de ci de là au milieu des champs qui bordent la rue.

Pendant le 1er demi-siècle de l’existence du boulevard des résidences vont peu à peu voir le jour. L’annuaire du Ravet-Anceau de 1948 nous permet ainsi de recenser dans l’immédiat après-guerre sous la rubrique consacrée aux professions diverses quelques grandes demeures, notamment les maisons de maîtres de gros industriels principalement roubaisiens.

Ainsi l’industriel L. Glorieux-Flipo a fait construire au n°209 une demeure reprise sous le nom de Château de Beaumont, son ancien domicile avant-guerre (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site). La majestueuse maison de maître existe toujours de nos jours au 209 avenue Charles de Gaulle.

C’est également sur cette avenue que JB Pennel-Mignot (orthographe Ravet-Anceau) fait construire une superbe maison avec un très grand terrain au n°190 (sur ce sujet voir une précédent article édité sur notre site). En 1985, cette magnifique bâtisse deviendra le premier foyer pour l’enfance hémois, baptisé « Le Magnolia », hébergeant une quinzaine de jeunes.

On retrouve également la famille Firmin Gabert-Fremaux (fils du fondateur de la teinturerie Gabert ; (sur le sujetvoir un précédent article édité sur notre site) au n°103. La famille Horent-Desprez fait construire au n°197 une demeure au nom de La Roseraie qui deviendra ensuite, sous le même nom, la propriété des Delerue-Delarue. Leurs voisins du n°199, la famille P.Thieffry nomment leur propriété « les Capucines »

Des professions libérales y élisent également domicile, comme le Docteur Jean Leplat au n°200 et le Dr Gahyde au n°218. Enfin quelques entrepreneurs ou négociants s’y domicilient tels que : JB Amoris (entrepreneur en bâtiment) puis Mrs Calonne puis Copejans au n°125, P. Thieffry-Loridant (fabricant et négociant en bonneterie) au n°146, ou Mr. Bruggeman qui remplace la famille Glorieux au n°209.

Ajoutons au n°216 le peintre décorateur Beghin-Briffaut, devenu par la suite Beghin et Cie puis Georges Beghin dans les années 1980. N’oublions pas non plus le fabriquant de salaisons Claude Desloovere, installé au milieu des années 1960 jusqu’à la fin des années 1970 au n°65.

Au milieu du 20ème siècle, le nouveau boulevard est devenu une adresse prestigieuse et une artère résidentielle haut de gamme. La première partie comporte encore de nombreux champs tandis que la 2ème partie, à la frontière de la ville de Roubaix comporte déjà beaucoup plus de constructions. Cela s’accentue encore dans les années 1950 avec la construction d’immeubles collectifs côté impair et de petites maisons individuelles du CIL à proximité du rond-point des 3 Baudets.


à suivre…