Henri Bailleul directeur d’école

Henri Bailleul est né à Leers le 13 septembre 1899 d’un père et d’une mère tisserands. Ses parents habitaient hameau de Gibraltar. Il a été formé à l’École Normale. Il est affecté à l’école de Leers comme intérimaire de guerre du 18 septembre 1917 au 31 décembre 1918, Un instituteur intérimaire de guerre est un enseignant recruté en urgence par l’État pour remplacer les maîtres titulaires mobilisés au front. Ces remplaçants étaient souvent des jeunes de l’école normale, d’anciens instituteurs rappelés, ou des femmes.

Il quittera ce poste pour effectuer son service militaire. À sa rentrée du régiment, il est nommé instituteur adjoint à Steene, commune qui se trouve à proximité de Bergues et de Dunkerque le 4 avril 1921. Puis il assure le poste d’adjoint en octobre 1921 à Loon Plage, commune du Westhoek français au bord de la mer du Nord, entre Calais et Dunkerque. Il est ensuite en poste à à Hem aux Trois Baudets en avril 1923. Cette rue de Hem, longue de 1041 mètres, relie la rue Jean Jaurès à la rue Jules Guesde et figure sur les plans de la ville sous ce nom depuis les années 1920.

Le 19 avril 1924, il se marie à Leers avec Madeleine Prévot, hémoise d’origine, fille d’un cabaretier leersois de la rue de Roubaix. Le voici en poste à Wattrelos Crétinier en octobre 1925. A cette époque, le quartier du Crétinier à Wattrelos voit fleurir les lotissements, notamment sous la direction de M. Fastenackels. Avant la Première Guerre mondiale, ce secteur était encore en grande partie à l’état de sentier ou de zone peu construite.

Henri Bailleul, enseignant médaillé doc NM

En octobre 1927, Henri Bailleul est nommé directeur à Berthen, une commune en pleine période de reconstruction. Le village, situé au pied du Mont des Cats, reconstruit ses infrastructures agricoles et son habitat. En octobre 1934, il est en poste à Estaires, dont l’élan industriel a été brisé par la Première Guerre mondiale. En octobre 1937, il revient sur Lys-lez-Lannoy dans le canton de Lannoy, commune limitrophe d’ Hem, Lannoy, Leers, Roubaix et Toufflers. Enfin Henri Bailleul revient à Leers en octobre 1946. La commune entame sa reconstruction d’après-guerre.

Il se révèle un excellent pédagogue, et sa courtoisie lui vaut l’estime de la population de ses adjoints et le respect de ses élèves. Il est distingué en 1955 Officier de l’Instruction publique, après avoir été médaillé de bronze de l’enseignement (1945) Officier d’Académie (1946) médaille d’argent des instituteurs (1950). Henri Bailleul sera le directeur de l’école des garçons de Leers de 1946 à 1958.

Aurèle Guénard

Il existe à Leers une rue Aurèle Guénard, qui relie le carrefour de la rue Léon Gambetta et de la rue Louise de Bettignies à Leers France à la rue de la Reine Élisabeth, territoire de Leers-Nord en Belgique. À un endroit frontalière, cette rue aurait pu convenir à la ronde d’un douanier entre France et Belgique. On peut penser que c’est à dessein qu’on lui donna le 12 novembre 1927 le nom d’Aurèle Guénard, qui fut douanier et patrouilla sans doute en ces lieux.

Né à Charleville-Mézières en 1879, Aurèle Guénard s’est engagé pour quatre ans dans l’armée et il est affecté dans l’infanterie de marine. On le retrouve au Tonkin (Vietnam) du 3 février 1899 au 4 novembre 1900. Au terme de son contrat, il revient dans les Ardennes, se marie et intègre l’administration des douanes en 1909. Il est gabelou à Wattrelos où il habite caserne de la douane. Il sera ensuite mobilisé comme soldat télégraphiste à Dunkerque avant d’être redirigé sur Lille le 7 septembre 1914. L’armée française est repoussée. Le 25 août 1914, alors que l’ennemi est signalé sur la frontière franco-belge, Aurèle Guénard abat un soldat allemand.

Aurèle Guénard photo Égalité de Rx Tg

Ne voulant pas être fait prisonnier, il quitte l’uniforme pour des vêtements civils. Avec un autre soldat, le caporal Gaston Briclair, il va former un redoutable duo de franc-tireurs. Après l’occupation de Lille, à partir d’octobre 1914, Guénard passe des courriers clandestins entre la France et les Pays-Bas tout en organisant l’évasion de soldats français emprisonnés dans la capitale des Flandres. À la Noël 1916, Aurèle et son épouse sont cachés à Lille rue Léon Gambetta. Il est recherché mais demeure introuvable.

Dénoncé, il est finalement arrêté le 14 novembre 1917 dans un café de la rue Gambetta à Lille nommé « Au Mont Cassel ». Le douanier est incarcéré à la citadelle. Le conseil de guerre le condamne à mort le 12 juillet 1918 pour espionnage. Il est fusillé le 23 août à la citadelle de Lille. Son corps repose au cimetière du sud. Lors de son décès il est domicilié à Lille rue Manuel l’une des nombreuses adresses où il résidait il devait en changer souvent.

Excepté la médaille militaire, décernée à titre posthume en 1922, personne n’a jamais vraiment rendu hommage à l’action et à la mémoire d’Aurèle Guénard. Dans les années 30, la municipalité lilloise avait envisagé de lui dédier un monument mais le héros n’eut pas cet honneur. Leers lui consacrera une rue.

Sources

La Voix du Nord août 2018, novembre 2019

L’Égalité de Roubaix Tourcoing 9 et 10 décembre 1931