En Aout 1965, un permis de démolir est accordé pour 4 maisons, rue de Lannoy à Roubaix ( les numéros 326 328 330 et 332 ) pour raisons de vétusté. Sur la photo ci-dessous, on distingue les 4 maisons du 326 au 332 de la rue de Lannoy. A droite, au 322 324 se trouve le siège des Ets Carrez Bernard, et à gauche au 334, l’électricien Alfred Derly.
les 4 maisons du 326 au 332 ( document archives municipales)
André Carrez, PDG des Ets Carrez Bernard, au 322 324 rue de Lannoy est grossiste en épicerie, torréfacteur de cafés et fabricant de savons mous ( voir sur notre site un article précédemment édité et intitulé Carrez Bernard ).
Publicité Carrez Bernard ( document collection privée )
En mai 1966, l’emplacement des 4 maisonnettes étant libre, André Carrez dépose une demande pour construire une station-service de distribution de carburants, sur ce terrain de 450 m2 lui appartenant.
plan de la station ( document archives municipales)
Le cabinet d’architectes J. Delrue à Lille, dresse les plans de la station essence avec un bâtiment de 142 m2 abritant : une piste pour le graissage des véhicules, une piste pour le lavage, le bureau d’accueil pour la clientèle, le dépôt du compresseur, l’atelier et une pièce vestiaire-toilettes pour le personnel.
publicité ouverture du Relais Masséna ( document Nord Eclair )
Les travaux se terminent, la station-essence ouvre alors en 1969 sous l’enseigne « Relais Masséna ». C’est une station ultra-moderne qui propose un matériel performant pour les vidanges, les réparations de pneus, l’équilibrage des roues, mais surtout le fleuron de la station, c’est le bloc-lavage qui permet à tout usager de faire laver son véhicule sans en sortir, dans un temps record de 2 minutes et pour la modique somme de 5 Francs. Trois pompes distribuent les carburants ; super, essence et gas-oil, et une pompe pour le 2 temps est à disposition des clients, en libre service. M Waquier et sa fille accueillent chaleureusement les clients. Leur sourire sympathique et leur compétence permettent de répondre aux plus grandes exigences de la clientèle.
En 1979 la direction décide de faire construire un auvent de 40 m2 ( de 6m sur 7m ) au dessus des 3 pompes, de façon à abriter la clientèle des intempéries surtout par temps pluvieux.
Auvent ( document archives municipales)
La station essence ferme au milieu des années 1980, et en 1991 l’entreprise de Pompes Funèbres Lemaitre qui se trouve juste en face au 271 rue de Lannoy, reprend le terrain et décide de construire un funérarium pour pouvoir agrandir et développer son activité.
L’architecte Jean Michel Vergne de Croix établit le projet : le bâtiment de l’ancienne station essence est conservé, les 3 pompes de distribution de carburants sont supprimées et remplacées par la construction du funérarium accolé à l’ancien bâtiment, avec deux salons funéraires.
( documents archives municipales)
photo BT et publicité Nord Eclair
En moins de 3 décennies, quatre maisons ont disparues, remplacées par une station essence, puis par un funérarium.
Dans les années 1960 puis 1970 les établissements Desurmont Fils poursuivent leurs campagnes de publicités, tant dans les différents guides municipaux que dans la presse locale. En témoignent une publicité figurant sur le site Historihem et différentes coupures du journal Nord-Eclair, attestant les tentatives de l’entreprise de faire de la vente en direct d’usine, qui précédent pourtant la fermeture inéluctable de cet établissement presque centenaire.
Publicité des années 1960 (Document Historihem) et 1970 (Document Mémento public de Hem)Publicités de la fin des années 1970 (Documents Nord-Eclair)
C’est à la fin des années 1970, en pleine crise, que les Ets Desurmont ferment leurs portes, à la suite de plusieurs autres grosses entreprises hémoises. Les anciens tissages Desurmont sont ensuite repris par Mr Dendievel, imprimeur à Roubaix. Dans l’annuaire de 1983 et le répertoire des commerçants et artisans de Hem de 1984 c’est donc Dendievel et fils, une imprimerie, qui apparaît au 279 rue Jules Guesde au bout de l’impasse qui porte aujourd’hui encore le nom de Desurmont.
Photo aérienne de l’entreprise en 1982 puis en 1988 (Document IGN)
L’imprimerie Dendievel, née en 1927, fondée par Eugène Dendievel, changée en SARL en 1948, installée dans les années 1960 au 69 rue des Arts à Roubaix a été transformée en SA en 1971 avec la venue de Claude Dendievel, son nouveau PDG. Elle a connu la lithographie, la typographie et l’Offset. Au fil des ans l’imprimerie s’est transformée et, en ce début des années 1980, elle s’est modernisée et dotée de matériel plus performant.
On peut ainsi citer l’achat, en 1976, d’une plieuse permettant, en une seule opération, le scellage, le gommage, et le pli portefeuille. Il faut dire que l’entreprise est spécialisée dans l’impression du dépliant publicitaire comme en utilisent alors La Redoute et les Trois Suisses, ses principaux clients.
Imprimés à la sortie des rotatives en 1984 (Document Nord-Eclair)
Et fin 1983, son PDG saute le pas et postule auprès de la chambre du commerce et de l’industrie de Lille-Roubaix-Tourcoing pour pouvoir bénéficier d’une opération tendant à promouvoir l’informatique dans les PME-PMI, en équipant une centaine de ces entreprises de micro-ordinateurs. L’entreprise Dendievel est retenue et désormais comptabilité et gestion sont traitées sur ordinateur.
Le bilan est positif d’après Claude Dendievel qui explique au journal Nord-Eclair : « la comptabilité n’étant plus externalisée mais traitée sur place, cela implique un gain de temps et d’argent. Les opérations fastidieuses sont terminées et la gestion peut être prévue à plus longue échéance. Le bilan de l’entreprise est connu à tout moment. Une comptabilité prévisionnelle peut être établie afin d’éviter les catastrophes. L’informatique c’est l’avenir des entreprises ».
Installation de l’informatique en comptabilité et gestion en 1984 (Document Nord-Eclair)
Vingt ans plus tard la SAS VDB Dendievel Imprimerie, alors dirigée par Jean-Daniel Decoster, ferme ses portes. Employant entre 40 et 100 personnes, la société est radiée du Registre du Commerce et des Sociétés en juin 2004. Et un an après c’est un établissement secondaire de la SAS Okaïdi, commerce de détail d’habillement, dont le siège social se situe 162 boulevard de Fourmies à Roubaix, qui s’installe au 279 rue Jules Guesde, pour une durée de 6 ans, soit jusqu’à l’été 2011.
Logo Okaidi (Document site internet)Le 279 rue Jules Guesde au bout de l’impasse Desurmont en 2008 (Document Google Maps)
Lui succède, en 2012, la SARL GDP (Générale de Distribution de Papiers d’emballage), établissement spécialisé en récupération de déchets triés, une petite entreprise d’une dizaine de salariés, spécialiste de la transformation papier et carton, qui installe son siège social à Hem jusqu’en 2018, année au cours de laquelle elle le transfère à Linselles, dans son entreprise créée en 1989.
Logos de l’entreprise (Documents Hellopro et site internet )Photo aérienne avant démolition (Document Google Maps)
Dans le projet de rénovation urbaine des quartiers Lionderie Trois Baudets, est prévu, en 2020, la déconstruction de l’ancienne imprimerie, également appelée friche Okaïdi. Le chantier doit démarrer par le curage et désamiantage des différents bâtiments, en préalable à la déconstruction des infrastructures puis à la remise en état du terrain sur lequel devrait s’élever à terme de nouveaux logements et un nouveau centre social des Trois-Baudets.
Le 279 rue Jules Guesde au bout de l’impasse Desurmont en 2022 (Document Google Maps)Photo aérienne du terrain en fin d’année 2022 (Document Google Maps)
Remerciements à l’association Historihem et à la Mairie de Hem
Le titre de la presse locale, en mars 1970, en dit long sur le caractère insolite de l’anecdote : Escapade nocturne pour une soixantaine de porcs au Parc Barbieux à Roubaix. A quelques jours près le lecteur aurait pu croire à un poisson d’avril…Il n’en est rien et il s’agit, en réalité, d’un fait divers à priori banal.
Titre du journal Nord-Eclair en mars 1970 (Document Voix du Nord)
Un peu avant 23 heures, sur la route verglacée, un camion articulé d’une firme belge dérape à l’entrée de la rue Jean Jaurés et du Parc Barbieux et se renverse avec son chargement sur les rails du mongy. Il se trouve que le véhicule transporte alors, en direction de Lille, une soixantaine de porcs bien dodus qui profitent de l’aubaine pour sortir se promener dans le parc en longeant les voies du mongy.
Photo du camion renversé sur les voies du mongy (Document Voix du Nord)
Fort heureusement le conducteur et son accompagnateur sont sortis indemnes de l’accident même si le tracteur et la remorque sont fortement endommagés. La circulation est très perturbée, les abords du parc, dans lequel les porcs circulent en toute liberté, ayant été interdits par la police et toutes les rues y donnant accès ayant été barrées.
Escapade nocturne à Roubaix (Document Voix du Nord)
Dans la nuit le spectacle ne manque pas de pittoresque, les forces de l’ordre s’efforçant de récupérer les animaux. Les heureux porcins folâtrent sur les pelouses, quand ils ne s’aventurent pas sur les rails du tramway. D’un groin méfiant ils fouinent dans l’herbe recouverte d’une mince couche de givre tandis que la neige continue à tomber. Sous les branchages dépouillés ils composent une fresque pittoresque et totalement inattendue en pleine ville.
Les cochons ne prêtent pas attention aux tramways éventuels (Document Voix du Nord)
Pendant ce temps, deux énormes engins de l’entreprise Leduc Dépannage à Lille viennent en catastrophe à Roubaix pour redresser le camion et sa remorque. Toute la scène se déroule devant quelques noctambules qui n’en croient pas leurs yeux. Les plus timides des cochons restent agglutinés autour des poteaux pendant que leurs congénères plus téméraires tentent d’explorer les profondeurs du parc, vite repoussés par des gardiens de la paix armés de bâtons.
Quand le Beau Jardin devient une mini-porcherie (Document Voix du Nord)
Et à 2h 30 du matin, le camion et la remorque sont relevés et les soixante porcs, tous récupérés, reprennent leur route pour Orléans après cette mésaventure peu banale. La circulation autour du parc est rétablie et, au petit matin, il ne reste plus trace de ces visiteurs d’un soir. Le Parc Barbieux retrouve sa quiétude et ses promeneurs humains ainsi que ses oiseaux, canards et cygnes qui, eux, y résident en permanence.
La Fédération des loisirs familiaux fait construire un cinéma au milieu de la rue Saint Joseph, en mars 1933. On peut déjà admirer l’imposante façade de cet établissement moderne, l’un des plus beaux et des plus vastes de la région. Il pourra contenir 1.200 personnes. Les travaux doivent être terminés pour Pâques.
Le cinéma Pax en construction mars 1933 doc JdeRx
La Fédération des loisirs familiaux, dont le siège social est au 130 de la rue du Blanc-Seau à Tourcoing, et dont l’administration se trouve au 214 Grand Rue à Roubaix, estime que trop souvent les entreprises de divertissement contribuent à la décadence des mœurs et servent de propagande aux idées les plus subversives. Elle se donne pour but d’offrir des distractions et des spectacles attrayants et modernes tout en demeurant sains et honnêtes. Elle ne veut pas laisser le monopole des entreprises de divertissement à ceux qui en font un usage néfaste. Aussi se propose-t-elle de créer et de gérer des cafés, salles de consommation et de jeux populaires, cinémas, bibliothèques. Elle organise également des excursions, voyages et villégiatures1
Une des premières séances du Pax en 1933 doc JdeRx
De fait le cinéma Pax va ouvrir ses portes le samedi 29 avril 1933. On termine actuellement l’aménagement intérieur et les spectateurs pourront bientôt admirer cette magnifique salle spécialement étudiée pour satisfaire les exigences de l’art, du confort et du spectacle. Les premiers terrassements ont été effectués en novembre 1932, et en moins de six mois une nouvelle salle de cinéma est apparue, un véritable tour de force. Avec le concours de M. Desplanque, architecte à Roubaix, la direction du cinéma s’est efforcée de s’adapter à la technique toute nouvelle du « parlant ». La décoration intérieure est de style moderne, d’une extrême simplicité de ligne, mais d’un aspect imposant rappelant le Gaumont Palace, une des plus belles et des plus vastes salles de Paris. Mille spectateurs s’y trouveront à l’aise dans d’excellents fauteuils réservés à des prix très modiques. C’est donc un grand succès en perspective pour le Pax. Cette salle de cinéma ambitionne d’apporter à toute la population laborieuse de Wattrelos quelques distractions, un peu de repos et de paix au milieu des soucis et des difficultés de l’existence.
L’intérieur du cinéma Brochure Loisirs familiaux
La direction du Pax n’a pas hésité à faire appel aux maisons les mieux qualifiées de la région. Ainsi les établissements Augustin Masquilier fils de Tourcoing se sont vus confier l’entreprise générale de cet imposant immeuble. La charpente métallique et les travaux de ferronnerie ont fait l’objet de tous les soins des établissements Goethals et Cie rue d’Angleterre à Tourcoing. Les travaux de plâtre et de staff ont été réalisés par la Maison Louis Allard fils rue Notre Dame à Roubaix. L’installation du chauffage a été faite par la maison Georges Blomme rue de Rohan à Roubaix, qui a installé un système de chauffage par groupe aéro-calorigène avec humidification de l’air. Cet appareil pourra donc servir l’été pour la ventilation et le renouvellement de l’air. La Maison Decoulange et Julien 83 Grand Rue à Roubaix s’est chargée de l’équipement en électricité du cinéma. La salle bénéficie d’un éclairage indirect du plus heureux effet s’accordant bien avec le style moderne de la décoration.
On pourra se procurer des tickets d’entrée aux pris de 3 frs, 4 frs, 5 frs et 7 frs. La première représentation a lieu le samedi 29 avril à 19 heures 30. Le dimanche les séances seront données à 15 heures et 18 h 30. On pourra y voir toutes les belles productions de l’art cinématographique, chefs d’oeuvre émouvants et comiques, avec les meilleurs artistes du monde. La population wattrelosienne s’est rendue en nombre à cette première séance et assista à un grand programme réunissant Noël Noël, Tramel, Pauley et Dréan.
Le cinéma Pax aujourd’hui n’est plus un cinéma doc google maps
Le cinéma Pax sera le fleuron de cette fédération, qui gérera également les cinémas du Foyer Populaire à Linselles, le Cinéma Roncquois, le Cinéma Rex 214 Grand Rue à Roubaix et un certain nombre de cafés.
1Extrait d’une brochure de présentation de la Fédération des Loisirs familiaux, société anonyme à capital variable.
Nous avons suivi la ligne de tramways venant de Lille et entrée à Roubaix par la rue de Lille jusqu’au carrefour de la Barque d’Or, où elle prenait à gauche depuis 1883 la direction de la grand place par la rue Neuve.
Il faut dire que la ville n’était pas enchantée de la traction à vapeur, reprochant à la compagnie de transformer la grand place en quai à marchandises, dépôt de charbon, et poste de distribution d’eau.
La photo suivante nous montre à gauche un fourgon des TELB stationnant devant la bourse de commerce.
Photo bibliothèque municipale de Lille
Or, en 1903 à l’occasion de l’électrification, on projette un autre chemin d’accès pour désencombrer la rue Neuve que doit également suivre la ligne à voie métrique qui traverse le quartier du Moulin vers Hem.
Plusieurs itinéraires s’affrontent, ainsi que plusieurs systèmes techniques : la municipalité désirerait une alimentation par caniveau, ce que refuse la TELB qui l’a déjà expérimentée à Lille. En ce qui concerne le tracé, on songe à un passage par la rue d’Inkerman et la place du Trichon, à un autre par le boulevard Gambetta et la rue Pierre Motte.
Finalement, en 1905 on s’accorde pour un itinéraire par le boulevard Gambetta, la rue de la Halle et l’extrémité de la rue Pierre Motte. La voie, double rue de Lille, sera réduite à une simple voie à la barque d’or pour négocier le S, puis se dédoublera le long du boulevard. Il faudra en effet attendre les années 30 pour que les bâtiments empiétant sur le tracé soient frappés d’alignement et l’extrémité de la rue de Lille redressée. Le tracé de la ligne deviendra alors quasiment rectiligne comme on le voit en rouge sur le plan suivant.
Désormais, les voies du F empruntent donc l’une des voies latérales du boulevard Gambetta, qui prendra ensuite le nom du général Leclerc. On voit sur la photo le croisement de deux rames près de la fontaine des trois grâces, alors qu’on aperçoit au fond une motrice du « Mongy » qui emprunte l’autre voie latérale.
Cet itinéraire n’était pourtant pas le favori de la mairie parmi ceux possibles à cause des encombrements causés par le marché, mais les autres solutions ont été jugées plus gênantes pour des questions techniques (largeur des rues, rayons des courbes à envisager, etc).
Un peu plus loin, la ligne prend donc à gauche dans la rue de la Halle. La voie redevient simple dans cette artère, où elle longe le trottoir opposé à la Halle pour éviter les embarras dus au marché. Dans la courbe du carrefour avec la rue Pierre Motte, la voie est pourtant dédoublée.
On voit à gauche sur la photo suivante la voie double dans la rue Pierre Motte longer la voie métrique unique des TRT située à gauche.
Une dernière courbe nous fait parvenir sur la grand place. Ici, la ligne arrivait primitivement par la rue neuve et développait ses voies en terminus devant la mairie et la bourse le long des voies des TRT venant de la gare. Ces voies, utilisées d’abord par les machines à vapeur, sont ensuite électrifiées ce qui entraîne beaucoup d’études contradictoires concernant la position des poteaux de soutien des fils de contact, car la municipalité refuse d’ancrer des rosaces sur la façade de la mairie. Sur la dernière photo on voit à gauche dans les feuillages une rame F et un peu plus à droite une motrice de la série 1 à 18 des TRT.
En 1908 donc, ce plan de voies est abandonné par suite du changement d’itinéraire et la ligne débouchedésormais de la rue Pierre Motte. Un premier projet prévoit une impasse dans le prolongement de la rue du Château.
Mais le désir de la compagnie est de bannir tout terminus en impasse pour éviter des manœuvres contraignantes de remise en tête des motrices.
On se décide alors pour un « terminus circulaire » constitué de deux voies et formant une raquette qui supprimer les opérations d’attelage et de dételage avant de repartir vers de Lille. Il n’y aura ainsi plus aucune manœuvre à faire, et deux rames pourront être garées en attente de départ.
Dans les années 20 on modifie la raquette formée par la ligne de Lille. On diminue ses dimensions, elle perd une voie de garage, et les trams ne s’arrêtent plus maintenant au milieu de la place, mais le long du trottoir du début de la rue Pierre Motte, sur le côté de la mairie.
Les tramways disparaissent en 1956 et seules les voies du Mongy demeurent sur la grand place. Cette ligne reprend le flambeau laissé par la ligne F et reste seule à transporter les voyageurs entre Lille et Roubaix. La photo suivante nous montre le terminus face à la mairie. Noter le nombre des fils aériens.
Les documents proviennent, une fois encore, de la médiathèque de Roubaix et des archives municipales. Qu’elles en soient remerciées.
C’est en octobre 1950 que s’ouvre la Maison de l’Enfance des 3 Baudets à Hem, au cœur de la Cité CIL érigée dans les années précédentes. Elle est inaugurée le 03 avril 1951 par Pierre Schneiter, ministre de la Santé Publique et de la Population.
La maison au cœur de la Cité CIL des 3 Baudets (Document IGN)La façade de la maison dans les années 1950 (Document collection privée)
Côté santé publique, il s’agit d’un dispensaire complet, avec visites à domicile, nuit et jour, semaine et dimanche, une consultation de nourrissons et une consultation prénatale. On y pratique les vaccinations et les séances d’ultra violets pour les enfants. Un cabinet médical y est mis à la disposition du médecin contrôleur de la sécurité sociale.
Les soins donnés sont bénévoles pour les assurés sociaux et les bénéficiaires de l’assistance médicale gratuite et on y prête gracieusement des appareils médicaux à ceux qui en ont besoin : pieds à sérum, tente à oxygène, cerceaux de lit, etc
Côté social, on y trouve un bureau de sécurité sociale et une annexe de la caisse d’épargne. Il y a également des permanences de l’association des familles et de l’école des parents. Enfin une assistante sociale s’y trouve à disposition des familles dans le besoin.
Cours ménagers : ici un atelier cuisine en 1957 (Document Nord-Eclair)
On y donne des cours ménagers, notamment pour y préparer un CAP, dans lesquels les jeunes filles s’initient aux petits secrets de la coupe, de la couture, de la cuisine et de la puériculture. Les petites filles y apprennent les rudiments de ce que sera « leur tâche de demain ». Enfin les mères de famille peuvent y parfaire leurs connaissances.
Le coin lecture dans la bibliothèque en 1957 (Document Nord-Eclair)
Il y a aussi les jeudis de loisirs organisés (en1950, le jour de congé scolaire est encore le jeudi). Bricolage, peinture, dessin, modelage et pyrogravure sont proposés aux amateurs, ainsi que solfège, bibliothèque de plusieurs milliers de volumes et cinéma.
Le vaste terrain de loisirs devant la Maison (Document collection privée)
Dans les années 70, le dispensaire de la Maison de l’Enfance des 3 Baudets fonctionne tous les jours de la semaine, matin et soir et ½ heure le matin les dimanches et jours fériés. Des soins à domicile et rayons ultraviolets sont assurés sur indication médicale, ainsi qu’en témoigne le mémento public de Hem concernant le commerce, l’industrie et le tourisme.
Le terrain avant l’aménagement en 1973 (Document Nord-Eclair)
Devant la maison de l’Enfance est aménagé un vaste terrain de loisirs et de sports, afin que les enfants puissent y courir et se défouler. 20 ans plus tard, en 1973, le CIL termine finalement l’aménagement du terrain, en y installant un terrain de basket et de volley et 2 terrains de pétanque, des jeux pour les enfants et des coins de verdure.
Les jeux pour enfants dans le terrain aménagé en 1973 (Document Nord-Eclair)
Le but du Centre Social est également de fédérer les habitants du quartier autour d’événements festifs tels que fêtes de quartier et kermesses. A l’occasion de la kermesse organisée par le centre en 1973, il y a foule et un concert apéritif est animé par la fanfare St Corneille. Les enfants s’ingénient à créer des costumes pour participer à un défilé fort réussi.
La kermesse des 3 baudets et les enfants costumés du défilé en 1973 (Document Nord-Eclair)
Le centre social, dans les années 70, organise également, à l’intention des enfants en vacances, des après-midi de loisirs sous la surveillance de monitrices : courses au trésor, relais au ballon, confection d’oeufs de Pâques dans l’atelier cuisine.
Après-midi récréatif (Document Nord-Eclair)
Vers la fin des années 80 le centre garde sa vocation de santé publique et organise toujours des consultations prénatales et une permanence de planification familiale mais aussi des consultations de nourrissons. Il assure également une garderie périscolaire ainsi qu’une garderie les mercredis et en période de vacances scolaires. Par ailleurs, il propose de l’aide aux devoirs ainsi qu’une bibliothèque. Enfin il anime des ateliers couture et bois, des cours de gymnastique, de yoga et de danse, des clubs féminin, artisanaux et du 3ème âge.
A suivre…
Remerciements à la ville de Hem et à Philippe Waret
Gustave Isidore Monteuuis est né à Bourbourg en 1857 d’un père professeur. Il est le cinquième enfant d’une fratrie qui en comporte dix. Il sera prêtre du Diocèse de Cambrai (1882-1913), puis de celui de Lille. Il fut un temps professeur de philosophie au Collège des Dunes à Dunkerque puis il sera le Curé de Leers de 1898 à 1919. Son urbanité, son zèle et son dévouement lui valurent l’affection de ses paroissiens.
L’église de Leers Collection familiale
Licencié es Lettres en 1879, il est l’auteur d’ouvrages pieux ou historiques parmi lesquels « l’âme d’un missionnaire » primé par l’académie française (Prix Montyon 1894). Mais il est aussi l’historien de Leers, avec « l’Histoire de Leers » (1905), « Le Cambriolage de l’église de Leers », le 5 mars 1906, une belle page ajoutée à l’histoire de Leers (1906), de Bourbourg, Notice sur Notre-Dame de Bourbourg (1908), Un saint prêtre, le chanoine Hooft, ancien doyen de Bourbourg (1817-1908) (1908), enfin c’est un passeur de mémoire idéal, avec « Sous le joug allemand, les Allemands à Leers du 22 août 1914 au 11 novembre 1918 », chez l’imprimeur Desclée et De Brouwer, octobre 1919.
L’abbé Monteuuis Collection Particulière
Concernant Leers, les deux ouvrages qu’il consacre à sa paroisse sont ceux d’un historien de qualité et d’un passeur de mémoire. Il avait amassé dès son arrivée à la tête de la paroisse en 1898 une documentation abondante auprès des Archives Départementales et Communales, des sociétés savantes dont il était membre et des anciens Leersois dont il avait recueilli les souvenirs. Son ouvrage sur l’occupation allemande à Leers a vraiment été écrit de l’intérieur puisqu’il a été présent dans sa paroisse tout ce temps-là.
Paraphe du chanoine Monteuuis
L’abbé Monteeuis a célébré son jubilé à Leers le 22 septembre 1901. Puis il a prêché le Triduum d’Adoration en l’église de Notre-Dame, à Roubaix, les 27, 28 et 29 juillet 1909. Nommé chanoine titulaire à Lille en 1919, il décède quelques mois plus tard le 9 avril 1920. Il est inhumé à Leers.
La pierre tombale de l’abbé à Leers extrait site geneanet
Hockey. Le Racing Club de France n’a fait qu’une bouchée de la jeune équipe du Racing Club de Roubaix qui a été battue par quatorze buts à un sur ses terres.
Estaminet de la Tonne d’or rue de Lannoy Coll Particulière
Tir. La société d’archers du Cœur Joyeux établie chez M. Louis Dutrieux, donnera un tir de 500 francs le premier dimanche du mois de mars prochain. Alphonse Parsy de la société des Sans Peur de la rue d’Alger est sorti vainqueur de la partie d’arbalète qui s’est déroulée à l’estaminet de la Tonne d’Or rue de Lannoy. Il était opposé à M. Paul Dubus.
Football. Le Club Sportif Wattrelosien rencontrait l’Étoile Sportive de Roubaix Wattrelos ce dimanche. L’Étoile Sportive ne présentait que 9 hommes sur le terrain. Le score est éloquent, le CSW l’emporte par 22 buts à 0.
Escrime. L’académie d’armes de Roubaix se réunit en assemblée générale à son local au Café Fourmisien rue du vieil abreuvoir. Les personnes désireuses de faire partie de la société peuvent se faire inscrire chez le professeur M. Victor Fort, 164 rue de Lille à Roubaix ou auprès de M. Jules Scarceriau au Café Fourmisien.
Un partenaire incontournable ! extrait site Gallica
Cyclisme. Le club des Imperforables vient de se créer au Café du Cycle, 20 rue du Collège à Roubaix. Paul Six en est le président et Victor Turpain le capitaine de route. Le but de la société est de faire des excursions en groupe. L’adhésion des sociétaires au Nord Touriste a été décidée, afin de bénéficier des avantages que procure cet organisme : libre circulation aux frontières, assurance contre les accidents. On peut s’inscrire au local.
Cross Country. Le championnat du Nord de cross country se disputera à Calais le dimanche 7 février. Voici les clubs engagés pour cette épreuve importante : Racing Club Roubaisien (tenant), Racing Club d’Arras, Stade Roubaisien, Iris Olympique Roubaisien, Racing Club de Calais, Union Sportive de Calais. Une équipe militaire du 8e de ligne prendra part à cette épreuve mais ne comptera pas pour le championnat.
Classements football doc JdeRx
Football. Championnat du Nord. Le Racing Club Roubaisien a battu l’IS Lille par 8 buts à 0. Les roubaisiens sont donc champions du nord première série en terrien et rencontreront l’US Boulonnaise, champion de la région maritime.
Cross Country. M. Deregnaucourt du Stade Roubaisien s’est attribué la première place du classement individuel après avoir accompli les quinze kilomètres du parcours en 1 heure et 13 minutes. Il faut signaler l’excellent résultat de l’équipe militaire composée de huit hommes du 8e de ligne et qui a accompli le parcours de groupe en 1 heure et 16 minutes.
Athlétisme. Le Club des Sports de Roubaix va organiser une grande fête sportive au théâtre des menus plaisirs rue Cugnot à l’Epeule. Les principaux artistes et athlètes de la région prêteront leur gracieux concours y compris le meilleur athlète tourquennois. Le Cercle Athlétique de Lille enverra dix de ses meilleurs athlètes pour rehausser l’éclat de cette fête. Chant, escrime, boxe, poids et haltères, acrobaties, le programme sera aussi complet que varié.
Football. Les championnats du Nord. Le Racing Club Roubaisien reçoit l’US Boulonnaise et ne fait pas de quartier. Dix buts à zéro ! Cela fait du club roubaisien le favori de la finale du championnat de France !
Football. Sociétés indépendantes. Le Club des Sports de Roubaix se rendra à Wattrelos pour matcher l’Étoile sportive de Roubaix Wattrelos sur le terrain des courses hippiques.
Le marché aux poissons, appelé le Minck, est créé en 1862, place du Trichon, dans un des plus vieux quartiers de Roubaix. Tous les roubaisiens amateurs de poissons frais viennent au Minck pour y acheter du poisson à la criée. Le succès de ce marché ne se dément pas et, au début du siècle dernier, on compte 38 tables de vente.
documents collection privée
En 1912, le Minck a 50 ans. Le Comité des fêtes du quartier décide de célébrer cet événement, avec l’aide financière de la municipalité. Le Cinquantenaire du Minck a lieu les 18 19 et 20 Mai 1912. Il faut beaucoup d’ingéniosité de la part du Comité organisateur pour préparer les festivités dès le mois de Mars. Leurs efforts persévérants doivent aboutir à un succès total de cette manifestation.
Sur le document ci-dessous, on reconnait, assis de gauche à droite, Mrs Catteau, Lefebvre, Tiers, Meyer, Kerkhove et Delcambre
Le Comité des fêtes du Trichon ( document Journal de Roubaix 1912 )
Samedi 18 Mai 1912, tout est prêt. C’est l’effervescence dans tout le centre ville. Les festivités vont durer trois jours sur la place du Trichon. Dans toutes les maisons du quartier, on s’apprête à pavoiser et à décorer. De nombreux chars sont préparés pour ces fêtes originales et importantes pour la population. Les couturières se sont mises à disposition pour confectionner la robe et le manteau de la Fée du Trichon ( représentée par Emilienne Mathon ), et de la Reine de l’Industrie ( représentée par Blanche Bombecke ). Ces deux demoiselles sont deux modestes ouvrières que tout le quartier applaudira le jour de leur royauté éphémère. Leurs luxueux vêtements confectionnés sont exposés dans la vitrine de M. Potage, peintre décorateur au 9 place du Trichon.
documents Journal de Roubaix 1912
A 20h, la retraite féérique comprenant des chars avec de nombreux motifs lumineux, parcourt tout le quartier, au départ de la salle des fêtes de la rue de l’Hospice, puis défile dans la rue St Georges, la Grand Place, les rues Neuve et Sébastopol, la place du Trichon, les rues des Fleurs, des Arts, d’Inkerman, du Bois, et enfin revient rue de l’Hospice à la salle des fêtes. Pour faire bon accueil aux visiteurs, tout le quartier est paré d’ornements décoratifs : des drapeaux tricolores à toutes les fenêtres, des mâts surmontés d’oriflammes, des banderoles multicolores, des fleurs, des guirlandes et le soir d’une féerie d’illuminations.
document collection privée
Le défilé se met en route à 20h30 : des enfants avec des lanternes vénitiennes commencent l’itinéraire suivis par la fanfare des Trompettes, le char du Roi des Mers, le char à transformation La Fée, des porteurs de torches et d’autres lanternes vénitiennes terminent le cortège. La retraite lumineuse obtient un franc succès. Le cortège est accueilli chaleureusement par de vifs applaudissements. Une foule très dense entoure le Minck brillamment illuminé, orné d’une cascade du plus bel effet. Les spectateurs enchantés par cette soirée se dispersent vers 22h.
document Journal de Roubaix
Dimanche 19 Mai 1912, une braderie est organisée le dimanche matin dans la rue du Bois et la rue des Fabricants. De nombreuses manifestations ont également lieu dans le quartier : 2 courses cyclistes, l’une de 1000 mètres et l’autre de 3000 mètres, des combats de coqs, un lâcher de pigeons voyageurs.
A 11h30, les membres du comité de la fête, reçoivent dans le palais communal de la rue de l’Hospice, le roi George V d’Angleterre et le remercient pour sa présence, nouvelle preuve de l’amitié franco-anglaise. Un succulent repas est ensuite servi à de nombreux convives. Sur le document ci-dessous, A noter un clin d’oeil sympathique : la caricature de Théophile Meyer, épicier rue Jacquard et président honoraire du Comité d’organisation.
Le menu du repas proposé aux invités le 20 Mai 1912 ( document collection privée )
Après le repas, vers 14h30, Mrs Tiers, président, et Kerkhove, vice-président reçoivent Jean Lebas, maire, ainsi que ses principaux adjoints. Dans l’après midi, au square Pierre Catteau, est organisée une grande et charmante « Fête enfantine » pour une soixantaine de couples de garçons et filles, vêtus de costumes les plus divers. Beaucoup de roubaisiens font le déplacement pour contempler les évolutions de ces enfants. Les réjouissances attirent une foule considérable. Pendant ces trois jours de festivités, un concours photographique est organisé. Les épreuves doivent être envoyées au secrétaire du Comité au 21 rue du Trichon.
Lundi 20 Mai 1912 à 15h, une fête aérostatique a lieu au square Pierre Catteau. Un grand concours de ballons-pilotes ( un concours de ballonnets ) est proposé pour les enfants ; chaque enfant attache sur un ballon, une carte qui porte son nom et son adresse. L’enfant lance le ballon depuis la pelouse du square. Les distances sont ensuite calculées et les ballonnets qui ont parcouru la plus longue distance font gagner aux enfants de superbes cadeaux.
document Journal de Roubaix
A 17h30 a lieu la cérémonie du baptême du ballon Madeleine de 1200 mètres-cube. L’aérostat tout enguirlandé de roses et de feuillages décolle ensuite à 18h pour sa première ascension officielle, piloté par son propriétaire Georges Delcambre. Cette fête aérostatique de clôture connaît un grand succès. C’est une véritable réunion de famille pour les roubaisiens. Ces trois jours de festivité dans le quartier du Trichon remportent donc un immense et légitime succès populaire pour le plus grand bonheur des habitants du quartier et de tous les roubaisiens.
Le Minck sera rasé en 1950 pour raisons de vétusté et de sécurité ( voir sur notre site, un article précédemment édité et intitulé : la démolition du Minck )
La ligne de tramways Lille-Roubaix, de la compagnie des TELB (tramways de Lille et sa Banlieue) entre dans Roubaix par la rue de Lille. Le premier arrêt est pour le bureau de l’octroi, situé au coin du boulevard de Cambrai/Montesquieu. Il est constitué d’un bâtiment en maçonnerie au toit à six pans. On voit au premier plan le boulevard de Cambrai. La remorque est vers le photographe, alors que la rame est arrêtée en direction de Lille
Tout auprès du bureau de l’octroi, on édifie ensuite un kiosque au toit plat, largement vitré selon le modèle de l’époque, pour abriter les usagers du tramway. Les employés de l’octroi posent complaisamment sur la photographie, prise vers Lille.
En 1911, on instaure des services express entre Lille et l’exposition universelle installée au parc Barbieux pour concurrencer la ligne de Mongy qui suit le boulevard nouvellement ouvert. Cette dernière ligne a pourtant l’avantage de la rapidité, due au profil de la voie tracée en ligne droite, et de la proximité puisqu’elle possède un arrêt à l’entrée de l’exposition. Pour la ligne F, l’arrêt est situé face à l’octroi. Les voyageurs devront suivre à pied le boulevard de Cambrai pour se rendre à cette manifestation. Les photos, prises vers Roubaix, montrent deux fois la motrice 843.
Un peu plus loin, au croisement de la rue d’Inkermann, la ligne est constituée d’une seule voie comme c’est la règle à Roubaix. On le remarque sur la photo suivante, prise vers le centre ville. Au coin, l’estaminet au 208 est tenu en 1904 par P. Lecerf, qui y restera jusqu’au début des années 20. On aperçoit au loin à l’arrière plan une rame en circulation.
La ligne croise ensuite la rue de Soubise. La photo, prise vers Roubaix, nous montre une fois encore la motrice 843 peinte cette fois en couleur crème, couleur des trains directs. A cet endroit, la voie double est décalée vers le trottoir sud. Au coin, au 166, l’estaminet à l’enseigne du Petit Caporal, tenu par A. Vermeille en 1895, L. Delneufcourt en 1904, puis J. Roussel en 1910 et jusqu’à la fin des années 30.
Aux environs de la rue du Curoir, la voie est de nouveau unique, choix imposé par l’étroitesse des rues. Elle ne se dédouble qu’aux endroits où sont prévus les croisements. Ici, elle tient le centre du pavé, laissant juste l’espace nécessaire au stationnement le long des trottoirs. La photo est prise vers la Barque d’Or.
Nous arrivons à l’extrémité de la rue de Lille, à la Barque d’Or. Ici, la voie unique suit de près le trottoir pour élargir la courbe à gauche qui va la mener à la grand place par la rue Neuve, future rue du Maréchal Foch. En effet, l’extrémité de la rue de Lille se décale sur la gauche du fait d’un ensemble de constructions qui disparaîtront plus tard. Pour l’instant, la direction la plus pratique est donc à gauche.
Dans la courbe, on profite de l’élargissement de la chaussée pour dédoubler la voie de manière à faciliter les croisements. Ce dédoublement, dit « garage de la barque d’or », sera l’objet de nombreux échanges entre la municipalité et la compagnie de tramways, la ville demandant que la double voie ne se prolonge pas dans la rue Neuve, trop étroite.
Un état du projet
Au temps des tramways à chevaux, les tramways de la compagnie des TRT (Tramways de Roubaix-Tourcoing) avaient le même écartement que les trams à vapeur de la compagnie de Lille et sa banlieue. Les voitures de la première pouvaient emprunter la voie pour se rendre à Croix. Avec l’apparition à Roubaix des tramways électriques, les choses se compliquent puisque les TRT choisissent pour leurs motrices l’écartement métrique. Il devient impossible d’aller à Croix. On décide d’une convention qui confie l’exploitation de ce tronçon aux TELB.
Il est donc à noter que la partie limite de Croix-grand place de Roubaix est exploitée conjointement par les deux compagnies, ce qui ne concourt pas à simplifier les négociations avec les communes !
D’ailleurs, la traversée de la rue Neuve, a donné lieu également à de nombreuses discussions lors de l’électrification. La compagnie voulait installer les poteaux de soutien des fils de contact sur les trottoirs jugés trop étroits par la mairie, qui préférait l’installation de rosaces sur les façades, choix qui fut finalement retenu.
Les documents proviennent des archives municipales et de la médiathèque de Roubaix