En août 2000, soixante des 80 musiciens participent à une tournée de concerts d’une semaine dans la région de GAP (Hautes-Alpes). Chaque concert allie le classique, la variété et la musique de film et obtient un vif succès avec une fréquentation importante ; le talent des musiciens est mis à l’honneur dans la presse régionale. C’est un très bon prélude à la Sainte-Cécile de l’an 2000.
L’ensemble orchestral à Gap et les honneurs de la presse locale (Documents Nord-Eclair et Dauphiné)La Sainte-Cécile de l’an 2000 (Documents Historihem)
En ce début de 21ème siècle, l’ensemble orchestral continue de se produire à Hem plusieurs fois par an et se déplace également pour des concerts à Aljustrel pour célébrer le jumelage en 2001 ou à l’église Saint-Joseph, au Bizet, en 2001, à l’invitation des Amis des Orgues, où il enchante le public nombreux. C’est le concert de Sainte-Cécile qui demeure le point d’orgue de la saison et enchante les hémois comme celui de 2002 où l’orchestre revêt ses gilets ornés du logo pour la première fois.
A Aljustrel pour le jumelage et à l’église Saint Joseph au Bizet en 2001 et la Sainte-Cécile 2002 (Documents Voix du Nord et Historihem)
2003 est une année spéciale puisque l’ensemble orchestral, après avoir participé à un week-end de répétition à Amaury en mars, se rend à Arpajon, en mai, pour concourir au concours national de la confédération musicale de France, où il obtient un premier prix lui permettant d’accèder à la première division. C’est aussi l’année où l’ensemble orchestral se produit sur la scène prestigieuse du Théâtre Sébastopol à Lille et accompagne Isabelle Aubret à la soirée organisée pour le Noël des déshérités.
Répétition à Amaury, participation au concours, 1er prix et diplôme et photo souvenir (Documents Historihem)Noël des déshérités au théâtre Sébastopol en 2003 (Documents Historihem)
L’année suivante est l’occasion d’un concert champêtre organisé à l’extérieur, dans le parc de la mairie avec la participation de l’orchestre junior, et d’une nouvelle expérience européenne liée au jumelage à Wiehl. C’est en 2007 que les caméras de France 3 consacrent 4 reportages à la formation hémoise, dans le cadre de l’émission hebdomadaire « En avant la Musique ». A cette occasion Vincent Delerm vient travailler avec l’EOH.
Concert champêtre à Hem en 2004 et nouvelle expérience européenne en 2004 et 2005 à Wiehl (Documents Nord-Eclair et Voix du Nord)Ca tourne à l’harmonie en 2007 (Documents Nord-Eclair, Voix du Nord et Tout Hem)
Patrick Salmon se réjouit, en 2008, de constater que l’auditorium de l’école devient trop petit pour les répétitions de la formation qui compte alors 96 musiciens. Quant à l’orchestre junior, fort de 26 musiciens, il est prêt à prendre la relève ; c’est ainsi que 13 musiciens sont passés cette année de celui-ci à l’ensemble orchestral.
Succès et rançon du succès (Document Nord-Eclair)
C’est en 2011 que l’EOH décroche sa montée en division supérieure, avec mention bien, à Calais, pour la plus grande joie de son créateur et chef d’orchestre. Parti de zéro en 1994, avec 20 musiciens, l’EOH est alors l’une des plus importantes formations du département, avec 106 membres. C’est aussi une formation intergénérationnelle puisqu’il compte des musiciens âgés de 11 à 70 ans.
Montée en division supérieure en 2011 (Document Nord-Eclair)
Les palmes académiques sont décernées 6 ans plus tard en 2017 à Patrick Salmon qui, après toutes ces années hyperactives, notamment à la tête de la Cantoria, quitte l’école pour une retraite bien méritée et laisse la place à Thomas Lehembre, en janvier 2021. Ce dernier reprend alors bien sûr également la direction de l’orchestre si cher à Patrick Salmon.
Remise des palmes académiques à Patrick Salmon en 2017 (Document Voix du Nord)
Remerciements à l’association Historihem
Article dédié à mes enfants Julie et Romain qui ont fait partie de l’EOH pendant plusieurs années.
La Musique municipale de Leers participe aux grands événements de la commune et bien au-delà. Ainsi le 4 mai 1908, elle exécute la Marseillaise au moment de l’inauguration de la ligne de tramways Lille-Leers, devant de nombreuses personnalités parmi lesquelles le Préfet du Nord Louis Vincent, le Député du Nord Henri Delecroix et le maire de Leers Louis Courier. La société compte alors 50 exécutants et elle est dirigée par MM. Drieu jusqu’en 1907, Montignies, puis Jung jusqu’en 1912, Auguste Béghin jusqu’en 1914. Pendant la guerre, douze de ses membres tombèrent au champ d’honneur. En 1918, M. Bernard fut nommé directeur jusqu’en 1925.
Après la guerre, l’Harmonie municipale s’est reconstituée et Monsieur Anatole Desmet en est le Président. Le 28 septembre 1919, la société leersoise est invitée à prendre part à un concert à Armentières, et elle prend un train spécial pour y jouer. Les musiques de Lys et d’Armentières participent également à ce concert. En octobre, l’Harmonie Leersoise se produit à Lannoy, et le 23 novembre elle fête la traditionnelle Sainte Cécile.
Pendant les années vingt, les déplacements sont réguliers et nombreux : Orroir (Mont de l’Enclus) en mai, Wattrelos en juin, Mouscron en juillet, Lille en août, Lys-lez-Lannoy en septembre. En mai 1921, la société crée une caisse de chômage pour venir en aide à ses membres sans travail. Elle poursuit avec difficulté ses déplacements, en juin à Hem et à Wasquehal. En août la section des mutilés de Leers organise une fête à l’occasion de la remise de son drapeau. L’Harmonie de Leers y joue ainsi que les Amis Réunis de Lys-lez-Lannoy et la musique de Lannoy. En juin 1922, l’Harmonie est invitée à Haubourdin, puis à Lannoy. En juillet, elle est à Pecq, le même mois elle participe à la réception de la société municipale de gymnastique de Leers, les Volontaires pour la réception de leurs lauréats au concours d’Armentières. En septembre, l’Harmonie Leersoise est à Néchin.
L’Harmonie défile en 1924 dimdeRx
En mai 1923, les leersois participent au cinquantenaire de la fanfare de Toufflers. Le 17 juin, c’est la remise des décorations aux musiciens leersois par la Fédération : trois étoiles fédérales pour 50 ans de présence, cinq médailles d’honneur pour 30 ans de présence, trois diplômes d’honneur pour 20 ans de présence. Une fête est organisée à cette occasion avec cortège de la place de la Fabrique jusqu’à la place de Leers, concert apéritif, banquet, réception des sociétés route de Néchin, remise des décorations, défilé et concert par les différentes musiques de Lys, Lannoy, Toufflers. En juin encore, une fête de bienfaisance est organisée au profit des convalescents nécessiteux de l’Hôpital de la Fraternité, l’Harmonie Leersoise défile et donne un concert. En mars 1924, le congrès des mutilés de Roubaix, Lannoy et ses cantons est organisé à Leers, l’Harmonie y joue un pas redoublé, les scènes légendaires d’Alfred Richard et la marche des fiançailles de Pares. En juillet, les leersois jouent à Lys. Le 14 août, le Président sortant Anatole Desmet est reconduit dans ses fonctions pour cinq années. Un comité de membres bienfaiteurs est créé pour aider la trésorerie de l’Harmonie. La cotisation est de 50 francs et elle est versée à la Sainte Cécile.
Le 125e anniversaire DimdeRx
En 1925, l’Harmonie participe à toutes les fêtes de quartier et autres défilés, moyennant des primes allant de 50 à 100 francs. À l’époque les professeurs recevaient une petite allocation du Président, mais voulant continuer à encourager les bénévoles, le Maire obtient de son administration une prime annuelle de 400 francs. Le directeur de la société, Monsieur Bernard quitte ses fonctions, une annonce paraît dans le Journal de Roubaix pour recruter son successeur qui sera Victor Cottignies bien connu des musiques du canton de Lannoy. En 1928, le siège de l’Harmonie est situé rue de Wattrelos (ex rue de la mairie, aujourd’hui rue du Général de Gaulle, au café de l’Harmonie qui deviendra plus tard la poissonnerie Delescluse. En 1929, la société fête son 125e anniversaire.
Les années trente
Le siège de l’Harmonie est fixé chez M. Paul Lory (rue Thiers devenue rue des Patriotes) actuellement le café tabac le Liberty. Les festivités du 125e anniversaire ont entraîné un déficit de 769,90 francs que l’Harmonie doit emprunter sur la subvention 1930. L’Harmonie Leersoise est toujours beaucoup sollicitée : Annappes, Gibraltar, Ypres, Néchin, Lys, Estaimpuis. Elle participe également aux cérémonies à caractère officiel comme l’inauguration à Leers d’un monument élevé à la mémoire des aînés morts au champ d’honneur. Sans oublier la traditionnelle fête de Sainte Cécile.
En 1931, l’Harmonie participe à l’inauguration de la Maison des Œuvres de Toufflers en présence du Cardinal Achille Liénart, évêque de Lille. Puis ce sera Lys, Néchin, Lille, et les cérémonies officielles de la Toussaint et du 11 novembre. En 1933, l’Harmonie participe à la kermesse de Néchin. En 1934, c’est une audition à la Messe de Pâques sous la direction de Victor Cottignies : l’Harmonie Leersoise joue la marche héroïque de Saint-Saëns et la bohème de Puccini. Elle participe en juin aux fêtes de la musique municipale de Lannoy et après le concert du 14 juillet à Leers, elle donne un concert pour le 60e anniversaire de la fondation de la Musique de Toufflers. Puis ce sera Néchin en septembre, Lille, et Roubaix le 25 novembre.
Les membres de la commission 1934 DimdeRx
1935, le 14 avril, l’Harmonie Leersoise participe à l’inauguration de l’école des garçons, le dimanche de Pâques elle donne une audition à l’église puis à la fête Jeanne d’Arc. Le 14 juillet concert sur la Place. Elle est associée au 75e anniversaire des Enfants de la Lyre de Wattrelos. En août, elle est à Knocke le Zout. En 1936, l’Harmonie compte 65 musiciens. Le 22 et 23 août elle se voit offrir un nouveau drapeau par M. Oscar Fournie vice président d’honneur gracieux donateur. En 1937, en dehors des rendez-vous leersois, l’Harmonie Leersoise participe aux fêtes du cinquantenaire de l’Harmonie de Mouvaux. L’école de musique de l’Harmonie est florissante : dix sept élèves sont ainsi récompensés à l’occasion des examens de fin d’année.
Décorations 1935 DimdeRx
En 1938, le programme est le suivant : auditions de Pâques à l’église, fête de Jeanne d’Arc en mai, fête musicale de la musique de Lannoy le même mois, fêtes du Sartel en juin, en juillet c’est au tour de la kermesse flamande des Amis réunis de Lys lez Lannoy organisée dans le parc Boutemy. En juillet encore, gala à Toufflers, les fêtes du 11 novembre, et la Sainte Cécile du 11 décembre. Cette année-là, une allocation de chauffage est versée à l’Harmonie sous la forme d’une livraison annuelle de 200 kgs de charbon. En 1939, la saison musicale s’arrêtera après le 23 juillet quand l’Harmonie de Leers reprend son répertoire du 14 juillet à Lys Lez Lannoy. La guerre vient interrompre les concerts et les programmes pour une durée de six années.
Les drapeaux 1936 DimdeRx
à suivre
Sources :
Leers mon village, A.L.E.H.P
1804-2004, 200 ans de musique à Leers avec l’Harmonie Municipal par Michel Bourgois
Leers et les leersois sous la seconde République (1848-1852) par Lucien Demonchaux Association Leers Historique
En juin 1993, après une année de fonctionnement de l’école de musique hémoise « La Cantoria » (sur ce sujet voir un précédent article publié sur notre site), son directeur Patrick Salmon, qui en avait lancé le pari dès la rentrée de septembre 1992, a mis sur pied une classe d’orchestre. Sa première audition publique étant prévue pour le 1er juillet, à l’occasion de la fête de l’école, une première répétition a lieu.
ère répétition de la classe d’orchestre en juin 1993 (Document Nord-Eclair)
C’est en janvier 1994 que l’orchestre de l’école municipale se produit à la Résidence de la Marque. Sous la direction de Patrick Salmon, 25 jeunes musiciens, âgés d’une dizaine d’années, interprètent les traditionnelles mélodies de Noël sous les applaudissements fournis d’un public ravi. Le but avoué est de redonner vie à une harmonie municipale pour la ville qui en a été privée durant 30 ans.
Un concert à la Résidence de la Marque en janvier 1994 (Document Nord-Eclair)
Dès la fin de la même année, il n’est plus question de classe d’orchestre, ni même d’orchestre de l’école de musique mais de l’Ensemble Orchestral de Hem, lequel célèbre la Sainte-Cécile, à la salle Leplat, le 29 novembre. Avec la participation de la fanfare « La Gauloise », de l’orchestre junior de l’école municipale de musique nouvellement créé et de 120 choristes issus des ensembles vocaux hémois : Cantar’Hem, Cascade, Saint-Corneille, Saint-Paul ainsi que de Jeanne d’Arc (de Villeneuve d’Ascq), l’ensemble orchestral, fort de 70 musiciens, interprète un medley de musiques de films.
La Sainte-Cécile 1994 à la salle Leplat (Document Historihem)
Le répertoire de la nouvelle formation hémoise est composé de transcriptions d’oeuvres classiques et modernes (jazz, variétés, musiques de films) mais également de pièces spécialement écrites pour orchestres d’harmonies. Les musiciens qui le composent sont : des élèves de 2ème cycle de l’école municipale de musique (formés en 1er cycle à l’orchestre junior) et des musiciens adultes amateurs habitant Hem ou ses environs. A chaque prestation, l’encadrement de tous les pupitres est assuré par les professeurs de l’école de musique.
Logo de l’ensemble orchestral et vue de l’ensemble en concert avec la chorale à la Sainte-Cécile en 1994 (Document Historihem)
Pour la fête de la Cantoria et la remise de diplômes de fin d’année, en 1995, l’ensemble orchestral choisit d’interpréter un medley des musiques des succès de Disney. Ensuite, à l’occasion de la Sainte-Cécile, le concert apéritif a lieu à la salle des fêtes puis Mme Massart, Maire de Hem, et les musiciens posent devant l’ancienne fontaine de la résidence de la Marque.
Fête de l’école en juin 95 et Sainte-Cécile en novembre 1996 (Documents Historihem)
Pour fêter ses 5 ans d’existence, en novembre 1997, l’ensemble réunissant une cinquantaine d’élèves de l’école, une dizaine de professeurs et des musiciens amateurs de la commune, le plus jeune ayant 10 ans et le plus ancien 75, décide d’interpréter un programme allant des Beatles au jazz, en passant par des morceaux plus graves tels que la musique de la Liste de Schindler.
La Sainte-Cécile 1997 soit le 5ème anniversaire de la formation (Document Nord-Eclair)
La fin des années 1990 voit se succéder des fêtes de Sainte Cécile toujours plus brillantes avec le renfort de l’orchestre junior, de la fanfare La Gauloise et de nombreux choristes des environs. C’est à l’été 1999 que l’ensemble orchestral se confronte à 35 autres sociétés musicales et obtient un premier prix au concours national, revenant de Saint-Omer avec une coupe, un diplôme et du matériel musical offert par le conseil général.
Sainte-Cécile 1998 avec les 2 orchestres et plus de 200 choristes, le premier prix au concours national de 1999 et la Sainte-Cécile en 1999 (Documents Voix du Nord et Nord-Eclair)
L’orchestre propose dès lors généralement trois concerts par saison au public hémois (un concert de Ste Cécile, un concert de printemps, et un concert d’été pour la fête de la musique). Il lui arrive également de se produire dans d’autres pays comme dans les villes jumelées de Wiehl ou Aljustrel (sur le sujet du jumelage voir un précédent article édité sur notre site), mais aussi en Belgique.
Concert de printemps à Hem, à Aljustrel et à Kain en 2000 (Documents Nord-Eclair et Historihem)
Quatre musiciens leersois sont à l’origine de la création d’une phalange musicale qui allait devenir l’Harmonie municipale de Leers. Le 19 mai 1804, ces quatre musiciens, clairons et tambours, fêtent la nomination de Napoléon Bonaparte comme Empereur des français survenue la veille. On défile dans les rues en exécutant des marches et des pas redoublés. Le pas redoublé est un pas cadencé qui correspond au pas de charge et au pas de marche des armées de Napoléon Ier. Son rythme est le double de celui du « pas ordinaire ». D’autres musiciens rejoignent le mouvement et forment ainsi la mouture initiale de l’harmonie leersoise. Les aïeux fondateurs de la société sont issus des vieilles familles leersoises et musiciennes : Quique, Delbroucq, Broux, Delbecq.
Les leersois participent à leur premier concours à Tourcoing le 27 août 1820 où ils obtiennent le second prix, ayant disputé les places d’honneur avec les musiques de Courtrai et de Comines. Parmi les dirigeants de la société, il y a Narcisse Quique, décédé en 1855, son fils Auguste Quique, Jules Moulart, Henri Salembier (1886-1891). Narcisse Quique était cabaretier à la Place de Leers et il fut musicien dans un régiment d’Afrique avant de diriger la société leersoise. Son fils Auguste Quique entre à l’âge de 10 ans comme piston dans la société leersoise. Étant soldat, il fut caporal clairon. Musicien et compositeur, il dirigea la société leersoise dès l’âge de 30 ans ainsi que diverses sociétés de musique des alentours, comme Lys, Ascq, Sailly, Templeuve, l’Harmonie Franco-Belge de Néchin. Auguste Quique fut honoré par l’Institut Populaire de France et reçut huit médailles dans différents concours. Il décède le 27 octobre 1933.
Le siège de la société était alors au café Louis Leclercq au lieu dit l’Estocoi, à l’angle de la rue de Néchin et de la rue de la Marne. Le 17 juin 1850, la société de musique forte de 22 membres participe à la cérémonie de la pose du premier pavé de la nouvelle route, portant ainsi pour la première fois le drapeau municipal. Cette nouvelle route pavée permettra de joindre Leers à Lannoy.
Festival 1857 doc Leers Historique
Le 19 juillet 1857, la société leersoise organise un festival de musique dont elle fera l’ouverture, avec la participation de nombreuses sociétés de musique. Le 13 août 1867, elle participe aux fêtes d’inauguration des Eaux de la Lys à Roubaix.
Médaille des fêtes d’inauguration des Eaux de la Lys
Le 13 février 1875 la société prend officiellement le nom de société philharmonique de la commune de Leers. Le 14 juillet 1878, la commune de Leers organise un festival de musique et un carrousel. Le député Georges Brame offre un objet d’art.
Le 14 septembre 1880 intervient une scission qui entraîne la création d’une société dite l’Union musicale, établie chez Madame Veuve Quique avec les 16 musiciens dissidents. Le Président de la société est le brasseur Oscar Brame. Pendant la décennie, deux autres sociétés sont créées, ce qui montre l’importance de la pratique musicale à Leers : le 28 mai 1893, l’Union des Trompettes est installée chez Henri Englebert, Estaminet du Clairon à Leers. Le 18 mars 1897, naissait la Leersoise Philharmonique établie chez Jules Leruste.
L’Harmonie en 1898 doc Leers Historique
En 1886, la société philharmonique de la commune de Leers était dirigée par Henri Salembier, avec comme sous directeur Joseph Leroy et comme Président Monsieur Salembier Dhalluin. Le 23 septembre 1894 se déroule la fête du Hameau de la Royère à Néchin. Puis le 13 juin 1897, un grand concert de fanfares d’harmonies et d’orphéons est organisé à Leers par la musique municipale.
Le festival de 1904 doc Leers Historique
Pour son centenaire en 1904, la société municipale organise un grand festival international de musique le 14 août. Cinquante six sociétés sont affectées aux différents quartiers de Leers. La musique municipale ouvre les festivités avec la Marseillaise et une composition pour l’occasion intitulée le Centenaire. Elle comptait alors 45 exécutants et son directeur était M. Drieu.
À suivre
Sources :
Leers mon village, A.L.E.H.P
1804-2004, 200 ans de musique à Leers avec l’Harmonie Municipal par Michel Bourgois
Leers et les leersois sous la seconde République (1848-1852) par Lucien Demonchaux Association Leers Historique
Elle est issue d’une formation familiale, crée en 1923, par Mr Sueur, sous le nom d’Amicale d’Hem, reprise ensuite par son fils Gaston, puis, en 1969, par son petit-fils René. La clique elle-même est fondée plus tard, en 1936, par Mrs Charlet et Sequin.
La Gauloise en 1932, devant l’estaminet Corteville sur la place de la République (Document Historihem)
Après-guerre, la Gauloise se reconstitue et, dans les années 1950 elle est de toutes les fêtes, notamment la Sainte-Cécile. Ainsi, en 1956, la clique scolaire défile dans le quartier des Trois-Baudets avant de se réunir autour d’un banquet servi au Saint-Louis, rue Jean Jaurès avec de nombreuses personnalités de la ville.
La Gauloise en 1949 et 1956 (Documents Historihem)
Raymond Guyssens est nommé directeur chef de la clique en 1959, succédant ainsi à Gaston Vandecasteele, tandis que Jean Sequin reste président. Et c’est une clique renforcée de nombreux jeunes qui défile lors de l’inauguration officielle du groupe scolaire de Beaumont. Mr Jean Sequin est nommé quant à lui chevalier dans l’Ordre des Palmes Académiques.
Nomination de Raymond Guyssens, les jeunes cliquards et Jean Sequin à l’honneur en 1959 (Documents Nord-Eclair)
C’est le directeur de l’école Jules Ferry , René Birembaut, qui succède à Jean Sequin, en tant que président, en 1964, jusqu’à son départ en retraite quatre ans plus tard. La clique est alors forte de 35 instrumentistes et de 40 tambours et clairons. L’ambition affichée est de multiplier le nombre de sorties et de renforcer le succès déjà prometteur de cette fanfare scolaire. Cela n’empêche pas la clique, l’année suivante, d’honorer Jean Sequin, son ancien président actif devenu président honoraire.
Nomination de René Birembaut à la présidence en 1964 et son départ en retraite en 1968 et Jean Sequin mis à l’honneur en 1965 (Documents Nord-Eclair)
C’est Emile Taeckens qui lui succède à la présidence en 1969. Au cours de la réception organisée pour fêter l’événement, le maire, Jean Leplat indique l’espoir qu’il fonde dans « la Gauloise », surtout après la disparition de l’Harmonie. 2 ans plus tard, c’est Gaston Vandecasteele qui est le président de la formation.
Réception en 1969 et soirée de la Gauloise en 1971 avec les majorettes d’Hellemmes (Documents Nord-Eclair)
Notons que dans les années 1970, le chef est alors René Sueur et le tambour majeur Gaston Sueur petit-fils et fils du fondateur de la formation initiale. Jean-Pierre Sueur est, quant à lui, instructeur des fifres. La société compte alors un effectif de 50 membres, composé en grande partie de jeunes de moins de 20 ans, et participe à de nombreuses sorties dans la région. Le décès de Jean Sequin, l’un des fondateurs, survient en 1977.
Photo des minimes en 1974, la société au complet, lors du tournoi des minimes en 1976 et le décès de Jean Sequin en 1977 (Documents Historihem et Nord-Eclair)
1978 marque l’année du cinquantenaire de la Gauloise. A cette occasion est organisé un brillant gala de variétés à la salle des fêtes de Hem. C’est René Sueur qui en est alors le président actif et Mr Segard, président de la délégation des fanfares du Nord Pas-de-Calais, lui remet la médaille de la fédération des musiques de France. Notons la présence de la Musique Municipale de Wattrelos, du Musical Group’parade de Phalempin accompagné de ses majorettes.
Photo des minimes en 1974, la société au complet, lors du tournoi des minimes en 1976 et le décès de Jean Sequin en 1977 (Documents Historihem et Nord-Eclair)
A l’occasion du tournoi national des cadets, en 1985, la Gauloise défile à travers la commune, en compagnie des majorettes d’Hellemmes et du géant hémois Gustave le Teinturier. A partir de la rue Jean Jaurés, le défilé passe par la Tribonnerie et la rue du Général Leclerc jusqu’à Hem Bifur puis la place de la République avant de revenir par le parking de la mairie au stade Dubus.
Un ballon de bonne humeur en 1985 (Document Nord-Eclair)
Dans les années 1990, la Gauloise, qui possède un répertoire très varié : variétés, jazz, rock et morceaux militaires assure tous les défilés officiels de la ville de Hem. En 1994, elle est sélectionnée par le Conseil Général et la chaîne de télévision France 3 pour animer le départ à Lille du Tour de France cycliste. Elle est alors rhabillée de neuf et défile dans un uniforme rouge qui lui donne fière allure. Elle compte à son actif de nombreuses coupes et trophées dans diverses régions en France mais aussi à l’étranger.
Une prestation à la mairie en 1993 et un défilé dans Hem en 1994 (Documents Historihem et Nord-Eclair)
En 2002, témoignant de sa vitalité, la fanfare, qui a participé à de nombreuses manifestations l’année précédente, procède à un gros achat d’instruments. Une salle va lui être attribuée, pour ses répétitions, dans le nouvel aménagement du site de la salle Blaise Pascal. La bonne nouvelle est annoncée lors de l’Assemblé Générale de la Fraternelle Laïque.
Assemblée générale de la Fraternelle Laïque en avril 2002 (Document Nord-Eclair)
En ce début du 21ème siècle, la Gauloise compte 18 musiciens auxquels s’ajoute une formation de 4 filles au maniement « du fusil ». Son président est René Sueur et son directeur chef Jeremy Sol. La fanfare continue à défiler lors de manifestations telles que la cérémonie du souvenir en novembre 2012 où elle emmène le cortège de la mairie au cimetière ou le défilé du carnaval la même année.
La Gauloise et le groupe de filles au maniement du fusil (Documents You tube)
En 2013, la fanfare La Gauloise et son Drum and Bugle Corps, dirigés par René Sueur, président, depuis 45 ans, peut avoir la satisfaction d’enregistrer de nouveaux jeunes inscrits dans toutes les sections, clavier, cuivres, percussions. Le renouvellement est en marche, puisque René Sueur laissera sa place, en décembre, à Jérémy Sol.
Une réunion de la fraternelle laïque en juin 2013 comprenant la section de la fanfare la Gauloise avec René Sueur et une photo de la Gauloise nouvelle version (Documents Voix du Nord et Historihem)
René Sueur prend donc sa retraite en 2013 après 60 années de bons et loyaux services : il y a fait ses premiers pas en qualité de tambour à l’âge de 5 ans, avant d’y jouer du clairon puis de la trompette, avant d’être chef, directeur et enfin président. Les musiciens, dirigés par Jeremy Sol, lui rendent hommage avant que le maire Francis Vercamer lui remette la médaille de la ville.
Le départ en retraite de René Sueur en décembre 2013 (Document Ville de Hem)
Après son départ, la fanfare continue dans la même lignée, comme en novembre 2014 où elle interprète l’hymne national pour clôturer la cérémonie du souvenir qui a lieu face à la stèle du général De Gaulle, au jardin des perspectives. C’est aussi le cas le 8 mai 2018, pour la commémoration de l’armistice du 8 mai 1945, en présence du maire Pascal Nys, des élus, des représentants d’associations d’anciens combattants et de nombreux hémois, lorsque le traditionnel dépôt de la gerbe de fleurs se déroule au son de la fanfare qui a emmené le cortège.
La fanfare en mai 2018 (Document Voix du Nord)
Remerciements à l’association Historihem et la Ville de Hem
La naissance de la Fanfare remonte à 1920. Les abbés de Saint Corneille et quelques autres personnalités, décident de fonder une société de gymnastique, souhaitée par les jeunes et en confient la gestion à M. Jules Corman. Pour la doter d’une « batterie », ils font appel à Charles Debacker assisté de Jules Nys. Les 12 membres de la formation, qui débutent, ignorent le solfège mais sont décidés à travailler en assistant régulièrement aux répétitions et très vite la nouvelle formation recrute.
La batterie Saint Corneille en 1922 (Document Historihem)
Vers 1925, l’effectif atteint une trentaine de membres et elle se transforme en batterie fanfare de trompettes et clairons. Dès lors, pour le Chef, le problème des instructeurs se pose, mais il est rejoint et secondé par un excellent musicien et ami M. Marcel Noullet qui devient son sous-chef. C’est Maurice Vandenbruwaene qui en est alors président actif. Il restera par la suite président d’honneur.
Entre 1923 et 1930, l’abbé Delebois, qui vient d’être nommé Vicaire à l’église Saint Corneille, donne une impulsion décisive à cette fanfare. De ce fait, quand, vers 1930, la section gymnastique disparaît, la batterie demeure et devient la Fanfare Saint Corneille.
La fanfare en 1928 et 1930 (Documents Historihem)
Elle se développe et compte bientôt 45 sociétaires dévoués, assidus aux répétitions et sorties. Puis elle participe aux concours régionaux de musique de l’Union de Flandre, dans lesquels elle se classe honorablement en division «Excellence». Elle assiste également régulièrement aux fêtes communales et se produit dans de nombreuses festivités dans les villes environnantes. Après une dizaine d’années de travail ardu, c’est une formation homogène qui s’engage dans les concours nationaux. En 1937, c’est le National de Paris avec le premier prix d’excellence en 1939 avant que la fanfare ne soit dispersée en raison de la 2ème guerre mondiale.
La fanfare en 1937 (Documents Historihem)
Après-guerre, grâce au travail de tous, le Chef peut réaliser son projet : transformer la société en Fanfare de trompettes de cavalerie. Le travail musical est intensifié, de nombreux élèves sont formés et l’effectif oscille, durant une vingtaine d’années, entre 50 et 60 membres avec 45 trompettes, cors et basses et 12 tambours. Monsieur Noullet assure les répétitions de détail, les instructeurs perfectionnent leurs élèves, des oeuvres importantes et difficiles sont mises au pupitre et la fanfare participe à nouveau à des concours.
La fanfare après-guerre et lors d’un concours à Caudry en 1947 (Documents Historihem)
Ainsi, en 1951, la Fanfare participe au concours de Nantes et y obtient le premier prix d’excellence et les félicitations du jury, ramenant à Hem le fanion de champion de France de sa catégorie. L’année suivante, elle renouvelle sa performance au concours de Strasbourg. En 1953, au concours de la fédération, des musiques du Nord et du Pas-de-Calais, à Lille, elle obtient le premier prix d’honneur et les félicitations du jury. Et, en 1954, au concours national organisé à Lille, elle rencontre le même succès qu’à Nantes et Strasbourg pour la troisième fois en 4 ans. La fanfare est championne de France.
Concours de Nantes en 1951, Strasbourg en 1952, prix obtenu en 1953 et réception à la mairie en 1954 (Documents Historihem)
En tant que championne de France, la fanfare défile lors d’événements divers dans les localités avoisinantes ; ainsi à Roubaix, en 1955, lors de la visite des Anciens des Chars et leur démarche au Monument aux morts et au monument du Commandant Bossut. Puis, à l’occasion de la Sainte-Cécile à Hem, une audition a lieu à l’église Saint-Corneille avant un dépôt de fleurs aux membres décédés au cimetière. A cette occasion c’est Charles Merchez qui devient président.
La fanfare à Roubaix et la Sainte Cécile à Hem en 1955 et 4 piliers de la fanfare en 1959 (Documents Nord-Eclair)
Les années passant, le recrutement est devenu plus difficile, la jeunesse se tournant vers d’autres distractions. A compter de 1957, la fanfare est présidée par Paul Marquette, ancien porte drapeau. 1959 marque le quarantenaire de la fanfare célébré avec remise de médailles et banquet. A partir de 1960, la direction est confiée à Edouard Delattre , ex trompette solo, engagé dans la formation depuis 40 ans. La fanfare participe aux fêtes communales et, bien évidemment au concert annuel de la Sainte Cécile.
Le quarantenaire en 1959 puis la fanfare en 1960 et 1967, les concerts de Sainte-Cécile en 1964 et 1967 et les 4 piliers en 1969 (Documents Historihem et Nord-Eclair)
Lorsque sont médaillés Edouard Delattre et Emile Prevot en 1974, la fanfare est en fête. C’est Mr Rofiaen qui en est alors président et tous les membres de la fanfare sont présents. Ce sont les 5 plus jeunes clairons qui jouent durant l’apéritif qui précède le banquet suivi d’une soirée dansante. 5 ans plus tard c’est Emile Weckens le nouveau président ainsi que son vice-président et plusieurs membres de la fanfare qui sont médaillés et se retrouvent à la salle des fêtes pour la traditionnelle réception.
La fanfare en fête en 1974 et une photo des minimes durant la même année et les médaillés en 1979 et au cours de la réception en salle des fêtes et photo des piliers de la formation (Documents Nord-Eclair et Historihem)
Mais, dans la décennie qui suit, la fanfare voit ses effectifs décliner jusqu’à atteindre 30 membres seulement dont 5 joueurs entre 60 et 70 ans et des difficultés à recruter les jeunes. En 1984, la fanfare arrive à assurer les sorties prévues et la formation des débutants de même que des plus âgés. Pourtant les 2 personnes chargées de ces formations ne parviennent pas à se concerter et bientôt la rupture est consommée et la fanfare n’existe plus.
Fin de la fanfare en 1985 : photo ancienne de la formation dans les années 1950 (Document Nord-Eclair)
C’est un groupe de 6 jeunes qui prend officiellement la relève et les fonctions de secrétaire et de trésorier sont confiées à Frédéric Bernard, un étudiant de 19 ans. L’ensemble de cuivres ainsi constitué garde les mêmes statuts que la défunte fanfare, et se produit pour la première fois à l’église Saint-Corneille, en mai 1985. Leur espoir : animer des soirées, des messes et des réunions de famille.
Le nouvel ensemble de cuivres en 1985 (Document Nord-Eclair)
En 2000-2001, la mairie et la direction du Colisée décident de la rénovation intérieure de la salle : nouvelle entrée, plafond doré, sol clair, le hall est refait et semble plus spacieux. Il peut accueillir à l’occasion, quelques manifestations, des « extras » en quelque sorte. 1200 nouveaux fauteuils bleus ont déjà été installés l’année dernière. Des dispositions sont prises pour un meilleur accueil des PMR Personnes à Mobilité Réduite. Le restaurant est refait, avec des couleurs chaudes. La billetterie est plus spacieuse et ouverte sur le public. Le nouveau Colisée est magnifique.
document Nord Eclairdocument Nord Eclairdocument Nord Eclair
Pour passer le cap de l’an 2000, la directrice du Colisée, Marie Cécile Laidebeur décide de donner un coup de jeune au parvis, installé déjà depuis quelques temps. Elle fait appel à l’ESAAT, Ecole Supérieure d’Arts Appliqués et Textile de Roubaix, pour que quelques étudiants puissent y apporter quelque chose de gai, de coloré et de kitch. Cette belle expression de leur talent est baptisée : la porte des vœux du 3° millénaire.
document Nord Eclair
En Mars 2002, Marie Cécile est entrée dans la « Cour des Grands » elle reçoit, en effet, des mains de Gisèle Casadesus, la Croix de Chevalier de l’Ordre national du Mérite, le jour de la représentation de Jérome Deschamps : La Cour des Grands. Mais elle décède malheureusement en Septembre 2003 et laisse un grand vide à la direction du Colisée. Avec elle, disparaît une battante qui a su imposer « l’Olympia du Nord », grâce à une programmation éclectique. Brigitte Leman assure la direction par intérim.
document Nord Eclair 2002
Le Ballet du Nord, rebaptisé en 1985, Centre Chorégraphique National de Roubaix est confié en 2004 à Carolyn Carlson, une grande figure de la danse contemporaine. Elle génère alors un rayonnement à la fois sur le territoire et à l’international.
Carolyn Carlson ( document site C. Carlson )
En Octobre 2006, Bertrand Millet prend la direction du Colisée qui change de statut juridique. Bertrand apporte un sang nouveau : il adopte alors un théâtre pluridisciplinaire, développe la « programmation directe » et réduit la partie « location ». Il est chef d’entreprise ( il se qualifie même de taulier ), il mène le projet artistique avec la prospection, programmation et relation avec les artistes.
Bertrand Millet, nouveau directeur du Colisée ( document Nord Eclair )
Pour Bertrand, la Culture a un rôle essentiel : rassembler les gens, rapprocher les populations différentes et créer du lien. La colonne vertébrale des programmations devient le théâtre. La collaboration entre Carolyn Carlson et Bertrand Millet est de plus en plus importante.
Il présente au public, à chaque début de saison, le programme : un savant dosage entre les spectacles visuels, le théâtre, la danse, les concerts, les humoristes et même du cirque. Si le projet est essentiellement constitué de spectacles pour le grand public, l’objectif est également de faire découvrir certains artistes moins connus. Avec son équipe, il concocte la recette culturelle et met tout en œuvre pour transformer chaque soirée en moment inoubliable.
Affiche Programme saison ( document collection privée )
En Mars 2020, l’épidémie de Covid 19 se déclare. Cette pandémie perturbe fortement l’activité du Colisée car des mesures de protection sanitaires sont obligatoires. Entre toutes les vagues de confinement, le Colisée met en place des séparations originales en carton, sur les sièges entre les spectateurs d’une même famille, pour pouvoir continuer à proposer des spectacles culturels à la clientèle. « Quand on est à moins de 1 000, on replace le public pour avoir la distanciation, explique Bertrand Millet à la presse locale.
document B. Vanalderweltdocument B. Vanalderweltdocument Voix du Nord 2020
Après la pandémie, le Colisée reprend une activité normale. Il est le rendez vous des émotions, du rire, de la musique, de la danse et du spectacle. L’immense salle propose jusqu’à 1700 places dans une atmosphère intimiste, avec de nos jours, plus de 100 représentations chaque saison, accueillant plus de 100.000 spectateurs.
Jean Deconinck a créé le Colisée en 1926. Pour la saison 2026-2027 l’établissement va fêter son centenaire ! Nul doute que Bertrand Millet et son équipe, composée d’une vingtaine de collaborateurs, vont nous programmer des spectacles encore plus exceptionnels pour cet événement. Un siècle déjà, et toujours avec une jeunesse intacte ! De plus, le Plan de Rénovation Urbaine de la ville prévoit le réaménagement complet de la rue de l’Epeule en 2026, et en particulier la végétalisation du parvis du Colisée.
Projet 2026 ( document ville de Roubaix )document Colisée
Remerciements à Bertrand Millet, Bernard Vanalderwelt, Patrick Bullens ainsi qu’aux archives municipales.
C’est en 1845 que la Philharmonie de Hem est créée par le père du brasseur Louis Leclercq. Suite à une dissidence au sein de celle-ci, un groupe de musiciens fonde l’Harmonie de la Citadelle en 1888. Leur siège est situé au Café de la Citadelle. En 1910, leur uniforme bleu marine rappelle celui du Génie de l’époque. En 1914, les deux sociétés comptent chacune 55 membres.
Drapeau de la Philharmonie de Hem en 1845, l’Harmonie de la Citadelle à la fin du 19 ème siècle et la Philharmonie en 1913 (Documents Historihem)
En 1919, de trop nombreux membres des deux formations étant décédés durant la première guerre mondiale, les 2 sociétés se regroupent dans une seule et même association, déclarée en 1920 : l’Harmonie Municipale. Dès lors, sous la direction du chef Jules Delmet, la musique municipale de la ville participe aux différentes manifestations qui y sont organisées.
Harmonie municipale en 1922 et le chef Jules Delmet (Document Historihem)Différentes manifestations hémoises auxquelles participe la musique municipale en 1928 et 1935 (Documents Historihem)
L’harmonie municipale, subventionnée par la ville jusqu’en 1940, se dote d’un règlement intérieur en 1935. Charles Desmet, né à Hem en 1910, intègre la formation à l’âge de 14 ans en qualité de clarinettiste. En 1939, il y occupe la fonction de 1ère clarinette. Il est en charge de la garde des instruments durant les années d’occupation.
Le règlement intérieur de 1935, Charles Desmet et sa soeur en 1920 et l’Harmonie en 1938 (Doc 2)
Après guerre l’Harmonie se reforme et Jules Delmet en reprend la direction. Charles Desmet s’éloigne un temps pour participer à l’orchestre Ambiance, avant de réintégrer les rangs de la Musique. A la même époque, Maurice Desfontaine prend la direction de la Symphonie des anciens prisonniers de guerre.
Puis, l’âge venant Jules Delmet transmet la direction de l’harmonie municipale à son fils Paul. Quant à Charles Desmet, il prend ensuite le poste de « grosse caisse ». En 1950, Une nouvelle tenue est offerte à la Musique par la municipalité de Hem.
Photos de l’orchestre Ambiance après guerre (Documents Historihem)La Symphonie des anciens prisonniers de guerre en 1949 (Documents Historihem)Une nouvelle tenue offerte par la municipalité et photo de l’Harmonie Municipale en 1950 (Document Nord-Eclair et Historihem)
Les fêtes musicales et sportives de l’Harmonie Municipale remportent un vif succès dans la seconde moitié des années 1950. Il en est de même pour leur audition de Sainte Cécile. Il faut donc recruter des jeunes pour prendre la relève et, en 1959, de jeunes garçons âgés de 7 à 14 ans suivent les cours gratuits donnés par Maurice Desfontaine (père) et dont les meilleurs seront destinés à renforcer les rangs de la Musique.
La fête de l’Harmonie Municipale en 1955 et la Sainte Cécile en 1956 et 1957 (Documents Nord-Eclair)Préparation des jeunes musiciens à l’Harmonie Municipale en 1959 (Document Nord-Eclair)
Durant cette même année, Maurice Desfontaine (fils), en permission d’Algérie, participe à un concert de la formation où il joue, en tant que clarinettiste, avec son père. Durant l’année 1959, un hommage est rendu à Léon Sallez et Jean-Baptiste Amoris, vétérans de la Musique, ce dernier décédant quelques mois plus tard, après plus de 70 années d’activité musicale.
Maurice Desfontaine fils seul et avec le groupe, fête du vétéran Léon Sallez et décès de JB Amoris (Documents Nord-Eclair)La formation à la fin des années 1950 (Documents Historihem)
L’année 1960 est marquée par le gala de l’Harmonie Municipale, sous le patronage du journal Nord-Eclair, avec des solistes 1ers prix de conservatoire : le flûtiste Bernard Wistraete et le clarinettiste Maurice Desfontaine (fils), et une audition de l’Harmonie, sous la direction de Maurice Desfontaine (père), un gala qui remporte un vif succès.
Le gala de l’Harmonie Municipale en 1960 (Documents Nord-Eclair)
C’est aussi l’année où Charles Desmet est médaillé par le maire de Hem Jean Leplat, au cours d’une cérémonie officielle rassemblant un public conquis. Durant cette même année, se produit le décès du vice-président de l’Harmonie, Louis Manche, également vice-président de l’Union des sociétés mutualistes de Roubaix et environs, mais aussi président de la commission de gestion du sanatorium de Sailly.
Remise de médaille à Charls Desmet en présence de l’ensemble de la formation (Documents Historihem)Décès du vice-président de l’Harmonie (Document Nord-Eclair)
Le vétéran Léon Sallez prend sa retraite 2 ans plus tard, à l’âge de 81 ans, après 70 ans de pratique musicale. A cette occasion, il pose pour la presse avec la relève, à savoir Pascal Bernard âgé de 5 ans et demi et déjà musicien prometteur. Léon décèdera en 1964. C’est durant la même année 1962 qu’Alfred Vansteenkiste, entrepreneur épris de musique, accepte de reprendre la fonction de président de l’Harmonie vacante suite au départ d’Henri Mulliez pour raison de santé.
Léon Sallez et Pascal Bernard en 1962 et une photo de Léon sur sa pierre tombale (Documents Historihem)Le nouveau président de l’Harmonie en 1962 (Document Nord-Eclair)
Avec le temps, l’Harmonie voit malheureusement ses effectifs diminuer régulièrement et peine à recruter des jeunes éléments. Elle ne survivra pas à la 2ème partie des années 1960.
A la fin des années 1970, la télévision se développe et envahit les foyers au détriment des salles de cinéma. Tous les cinémas sont en difficulté et ferment les uns après les autres. Le Colisée n’est pas épargné par la crise des grandes salles obscures mais s’apprête à connaître un autre sort. En effet, la ville de Roubaix rachète l’établissement, en 1980, et dépose un dossier pour la réhabilitation et la transformation du Colisée en salle de spectacles et centre de chorégraphie. Le vieux cinéma s’apprête à couler des jours différents, il va devenir un point de ralliement de l’Opéra du Nord.
Maquette de la transformation ( document archives municipales )
D’importants travaux de rénovation ( pour 12 millions de francs ) sont ainsi programmés d’ici 1982. Le chantier démarre en Mars 1981. Tout d’abord, il est nécessaire de désenclaver le Colisée. La ville de Roubaix rachète l’entreprise voisine, les Ets Libbrecht, au 39 de la rue de l’Epeule, qui est ensuite démolie. La superficie de plus de 4.000 m2 peut alors être consacrée à la création d’une place. L’entrée de la rue de l’Epeule se fait sur un parvis latéral, qui permet lui-même aux spectateurs d’accéder à la salle de spectacle.
document Nord Eclair 1982
La salle de cinéma connaît alors de grands changements. La scène est large mais pas suffisamment profonde pour se prêter à des spectacles chorégraphiques, elle est donc agrandie. Plusieurs rangées de fauteuils ( environ 200 ) devant la rampe, sont supprimées. Une fosse d’orchestre est créée. La scène ne peut pas être réaménagée, elle doit être complètement rasée, avec la création d’un nouveau plateau, l’installation d’un nouveau dispositif de cintres, la pose de perches qui supportent les projecteurs pour les jeux de lumière etc. La capacité de la salle est dès lors de 1800 personnes.
document archives municipalesdocument archives municipalesdocument B. Vanalderweltdocument archives municipalesLes travaux sur place ( document archives municipales )Les travaux sur place ( document B. Vanalderwelt )
Un couac se produit pendant les travaux : la maison voisine de Jean Prez, accordéoniste au 43 de la rue de l’Epeule, subit quelques dommages . . .
document archives municipales
En Juin 1982, Pierre Prouvost, député maire, vient visiter le chantier. Il constate que les travaux avancent bien, et que les délais seront respectés, malgré l’ampleur de la tâche. La livraison devrait se faire fin Décembre ou en début d’année 1983.
Pierre Prouvost en visite ( document Nord Eclair 1982 )
Mr le Maire est impressionné par l’importance des travaux. Autrefois, derrière l’écran du cinéma, le mur du fond se trouvait à 4 mètres de distance. Aujourd’hui la tour de scène construite, mesure 23 m de haut, 30 m de large avec une ouverture de scène de 18 m sur 15 m de profondeur. Cette tour est vraiment très imposante.
vue aérienne des travaux ( document IGN )
La salle de spectacle peut, par ailleurs, être modifiée en fonction des spectacles. A partir du 10° rang jusqu’au 22° tous les sièges peuvent être relevés, grâce à l’installation de vérins hydrauliques. Ce système ingénieux permet de disposer les sièges en gradins. Cette disposition est particulièrement efficace au niveau acoustique pour les représentations de spectacle lyrique ou d’opéra.
la salle ( document Nord Eclair )document B. Vanalderweltla salle ( document Colisée )les vérins hydrauliques ( document B. Vanalderwelt )
Pierre Prouvost est heureux de constater que le nouveau Colisée est propre à accueillir le public, d’autant que le niveau artistique des spectacles proposés ne démentira pas la qualité de l’outil conçu.
document B. Vanalderwelt
Le 28 Janvier 1983, après près de deux ans de travaux, c’est l’ inauguration du Colisée-Opéra en présence de Pierre Mauroy premier ministre de l’époque, Pierre Prouvost député-maire, Monique Bouchez présidente de l’Opéra du Nord, Noël Josèphe président du Conseil Régional et Alfonso Catà chorégraphe du Ballet du Nord. Pour l’occasion, le ballet national de Marseille de Roland Petit présente son spectacle : « Les Hauts de Hurlevent », et ce pendant trois jours consécutifs.
Inauguration ( document Nord Eclair )Inauguration ( document B. Vanaderwelt )
Le Colisée démarre donc, en ce début d’année 1983, de façon importante et dynamique puisque sont programmés les spectacles de Julien Clerc le 3 Février, la revue du Casino de Paris les 4 et 5, l’opéra Faust les 18 et 20, Patrick Sébastien le 25 et la revue West Side Story les 26 et 27.
C’est également en 1983, que le Ballet du Nord, antenne de l’Opéra de Lille, s’installe au Colisée, sous la direction d’Alfonso Catà. Le ballet devient Centre Chorégraphique National.
La cafétéria installée au rez de chaussée ( document B. Vanaderwelt )
La salle d’entraînement et de répétitions du Ballet du Nord est installée à l’étage dans l’ancien dancing et peut également, à l’occasion, accueillir 200 personnes. Sur la photo ci-dessous, on reconnaît, en bas, les anciens gradins du dancing, et sur la droite, la scène ou se produisaient les chanteurs et orchestres.
document Ballet du Nord
Dans les années 1980, le Colisée est géré par l’association Roubaix Culture dont le président est André Diligent et la vice présidente Thérèse Constans. La direction de Roubaix Culture a son siège dans les locaux du Colisée. La ville de Roubaix et le Colisée travaillent toujours en étroite collaboration, en matière de choix des spectacles, de budget de fonctionnement etc
Patrick Bullens directeur du Colisée et Martial Guénée de Roubaix-culture en 1985 ( document Nord Eclair )
Les 20 ans de Roubaix-Culture en 1991 : Thérèse Constans, Martial Guénée et Patrick Bullens
En 1993, soit 10 ans après l’ouverture, le directeur, Patrick Bullens, pense déjà à effectuer quelques travaux de rénovation. 1) les peintures : la totalité des peintures intérieures soit 3000 m2 sont à refaire 2) le chauffage à air pulsé doit être repensé, pour éviter à certains spectateurs d’avoir trop chaud et d’autres d’avoir des courants d’air désagréables, et surtout que le chauffage soit plus silencieux. Les devis des travaux sont acceptés et ceux-ci vont durer tout l’été.
Patrick Bullens directeur en 1993 ( document Nord Eclair )
Le Colisée accueille des spectacles prestigieux et de nombreuses vedettes de variété s’y produisent : Barbara, Charles Trenet, Michel Sardou, Niagara, Georges Moustaki, Alain Souchon, Gilbert Bécaud, Charles Aznavour etc, ainsi que des célébrités dans le monde du théâtre :
Patrick Bullens nous conte une anecdote qui prête à sourire : Bernard Blier, peu avant de monter sur scène, se trouve dans sa loge en peignoir d’intérieur. Il se dirige vers le lavabo pour se nettoyer les mains, et malheureusement s’aperçoit que les robinets ne fonctionnent pas correctement ( eau froide à la place de l’eau chaude ! ) Bernard Blier, qui a du caractère, se met en colère, le fait savoir bruyamment et monte directement sur scène en peignoir ! Tous les techniciens sur place sont forcément surpris, essaient de l’interpeller pour qu’il puisse se vêtir, mais en vain. Bernard affiche un sourire moqueur : le peignoir est sa tenue de scène du premier acte !
Bernard Blier ( document collection privée )
Dans les années 1990, de nouvelles très grandes salles spécialisées dans la distribution musicale arrivent sur la métropole comme Le Zénith ou l’Aéronef. Le Colisée voit ainsi partir les grands concerts vers les autres salles. La directrice depuis 1997, Marie-Cécile Laidebeur, parvient cependant à maintenir une offre culturelle variée et de grande qualité.
En Novembre 1998, un incident se produit lors du concert du chanteur Faudel. En effet, le public est chaud-bouillant, les filles trépignent, sautent, crient, hurlent, dansent et se trémoussent pendant ce concert de musique raï. Le pompier de service s’aperçoit que des fissures apparaissent sous le balcon. Inquiet il prévient le responsable de la sécurité qui fait arrêter immédiatement le chanteur. Faudel annonce lui-même la nouvelle au public forcément mécontent. Il semble toutefois, que ce ne sont que des fissures superficielles du plâtre.
Faudel ( document Nord Eclair )
Arnaud Verspieren et Marie Cécile Laidebeur annoncent en 1999 l’installation de 1200 nouveaux fauteuils beaucoup plus confortables et silencieux ( en effet, ils ne couinent pas ! ) et de couleur bleu comme le rideau. 600 fauteuils arriveront plus tard pour être installés au balcon.
document Nord EclairLe Colisée ( document bnr )
à suivre . . .
Remerciements à Bertrand Millet, Bernard Vanalderwelt, Patrick Bullens ainsi qu’aux archives municipales.
Après la seconde guerre mondiale, Henri Deconinck, ressentant le frétillement de la reprise, reste très optimiste sur l’avenir du cinéma. Il décide donc d’entreprendre d’importants travaux de rénovation pour le Colisée de la rue de l’Epeule à Roubaix. L’objectif, très ambitieux, est de proposer à la clientèle le confort dans un cadre agréable et les améliorations techniques les plus modernes. Il fait appel à l’architecte parisien Edouard Lardillier pour ce projet très important. Le Colisée annonce fin Juin 1951 sa fermeture annuelle, mais, en fait, de très gros travaux pharaoniques démarrent début Juillet pour de nombreuses semaines
document Nord Eclairdocument Nord Eclair
L’art moderne, sobre et impressionnant à la fois, offre ici le maximum d’un mariage harmonieux des lignes courbes et droites, pour créer un cadre agréable :un écran de 7 mètres de long, des installations sonores stéréophoniques, des nouveaux fauteuils en velours pourpre, des lumières tamisées, des peintures de couleur beige, des murs recouvert de tapis isolants, un sol et un plafond insonorisés et anti vibrations, un chauffage à air pulsé, une sécurité absolue contre les risques d’incendie etc. Seule la charpente métallique est conservée.
document collection privée
La salle compte 2400 places confortables : des fauteuils fabriqués spécialement, car inspirés des sièges automobiles. La scène a été agrandie. La galerie de droite qui borde la salle est une exposition d’oeuvres des artistes roubaisiens. Dans la galerie de gauche, un bar spacieux accueille les clients pendant l’entracte. La façade sur la rue de l’Epeule est également refaite : un large escalier donne accès au dancing, une fresque occupe toute la largeur. Sur le thème des Muses de la mythologie, elle a été réalisée par Mr Ponsard un artiste parisien.
Le mur latéral droit de l’entrée est recouvert de miroirs, ce qui donne un aspect encore plus grandiose à l’ensemble.
document P. Bullens
Le dancing à l’étage est refait également : la trémie donnant sur le hall est comblée et sur des gradins sont installées des tables qui dominent désormais la piste de danse. Malgré toutes ces investissements coûteux, le prix du billet d’une place de cinéma ne devrait pas augmenter fortement et doit se situer autour de 160 Frs. Le Colisée devient la plus grande et la plus belle salle de cinéma de province : une salle polyvalente dédiée au 7° art, mais aussi aux spectacles de variétés.
document collection privéedocument Nord Eclair
Les travaux ont duré 5 mois, de Juillet à Novembre 1951. Pendant ces 160 journées de travail, 500 ouvriers ont oeuvré à la transformation du Colisée. On imagine sans peine les difficultés rencontrées sur le chantier, par l’architecte, les entreprises et leurs salariés. Il faut rendre hommage à tous ces artisans du succès, du plus humble ouvrier au grand architecte. C’est un bel exemple de réussite de ce que peut réaliser une coopération étroite entre gens compétents et motivés.
document Nord Eclair
La réouverture du Colisée a lieu le lundi 26 Novembre 1951. Pour fêter cet événement, qui coïncide avec le 25° anniversaire de la création, Henri Deconinck organise une soirée de gala : la projection d’un film « Paris chante toujours » qui réunit les 10 plus grandes vedettes de la chanson française : André Dassary, Georges Guétary, Luis Mariano, Yves Montand, Edith Piaf, Line Renaud, Jean Sablon, Georges Ulmer et Tino Rossi. Cette soirée exceptionnelle est organisée au profit d’oeuvres sociales de la ville.
Un film muet en noir et blanc est tourné pendant cette soirée d’inauguration ou l’on note la présence de Pierre Dac, Charles Verstraete etc. Cette date du 26 Novembre 1951, c’est la première étape dans la carrière du Nouveau Colisée ! ( document B. Vanalderwelt )
Deux ans après son ouverture, Henri investit à nouveau ! Il fait casser la scène pour l’agrandir en hauteur et en largeur et l’adapter à une technologie naissante : le cinémascope qui nécessite un écran incurvé de 17m de large et 7m de haut. Le Colisée accueille en exclusivité sur Roubaix, le premier film en cinémascope : « La Tunique » en 1953. Il dame ainsi le pion à son confrère le Casino de la place de la Liberté.
Dans les années 1950 et 1960, le Colisée remporte un succès colossal, aussi bien au cinéma qu’au dancing. Le rythme bat son plein dans cette salle atypique, où l’on peut découvrir des films, des spectacles variés, et danser. Des grandes vedettes de variété passent sur la scène, et leurs noms s’inscrivent en lettres rouges sur la façade de la rue de l’Epeule. Le Colisée est d’ailleurs souvent surnommé : « l’Olympia du Nord ».
En Octobre 1961, Henri Deconinck investit à nouveau dans du matériel : un projecteur 70/35 est installé pour la sortie du film Ben-Hur. Cet appareil permet d’utiliser deux types de film : soit 700 m de pellicule en 70 mm, soit 1100 m en 35 mm. A la sortie de la séance, les spectateurs sont émerveillés par la netteté de l’image pourtant monumentale sur l’écran de 17m et également par la qualité du son stéréophonique.
Ben Hur ( document Nord Eclair )
Le dancing à l’étage connaît aussi un grand succès dans ces années 1950 1960, les bals se succèdent surtout les fins de semaine. Henri Deconinck est présent tous les week-end, les samedi et dimanche après midi, où il alterne ses passages entre Le Fresnoy et le Colisée, au volant de sa jaguar Type E, pour vérifier que tout se passe bien et qu’il n’y a pas d’incident. Henri est très « à cheval » sur la tenue de ses clients : « Tenue correcte exigée » et donc pour les jeunes gens sans cravate, le responsable à l’entrée du dancing leur en prête une ! Il est souvent fier de rappeler que la plupart des couples roubaisiens se sont formés dans un des deux établissements qu’il dirige.
Compilation soirées organisées au dancing à l’étage 1950 1960 ( documents Nord Eclair )Henri Deconinck ( document Nord Eclair )
La télévision, apparue dans les années 1950, se développe fortement dans les années 1960 et 1970, surtout avec l’avènement de la télé couleur en 1967. La conséquence inévitable de ce développement du petit écran dans les foyers, est la baisse de fréquentation dans les cinémas dans les années 1970. Tous les cinémas sont concernés. Certains vont se subdiviser en salles de poche, d’autres vont fermer complètement. Le Colisée n’est pas épargné par la crise des grandes salles obscures, alors qu’il a atteint l’apogée de sa renommée, Henri Deconinck arrête les projections de films à la fin de l’année 1978, continue les spectacles de variété et cherche des solutions qui permettraient de conserver la salle en l’état en réorganisant le projet artistique. Le 18 Mars 1981, l’Orchestre Philharmonique de Lille donne un dernier concert au Colisée avant sa fermeture.
Le Colisée à la fin des années 1970 ( document archives municipales )
à suivre . . .
Remerciements à Bertrand Millet, Bernard Vanalderwelt ainsi qu’aux archives municipales.