3 rue du Général Sarrail

Au début des années 1900, au N° 3 de la rue Saint Georges ( aujourd’hui, renommée rue du Général Sarrail ), est implanté le commerce de lingerie de E.Souty-Dupont, à l’enseigne « A la Petite Jeannette ». De nombreux produits sont proposés à la clientèle : draps, taies, serviettes, torchons, chemises de nuit, nappes, linge de toilette mais également des chemises pour hommes confectionnées sur mesure.

document collection privée

Au début des années 1910, le commerce est repris par Charles Poitevin-Aufort, qui garde bien sûr l’enseigne bien connue des roubaisiens, et tous les produits référencés jusqu’alors. Il développe fortement son affaire en y ajoutant un rayon complet de ganterie, chapellerie et toute une gamme de confections pour dames.

documents collection privée

Charles décède au début des années 1920 et son épouse continue alors seule l’activité du commerce qui est ensuite repris dans les années 1930 par le fils Jean Poitevin. Juste après guerre, Mr Levanbel reprend le fonds de commerce et crée une nouvelle enseigne « Pacherchic » qui comme son nom l’indique, propose des vêtements de qualité à des prix tout à fait raisonnables. La gamme de produits reste exclusivement féminine : dames et fillettes.

Publicité 1948 ( document collection privée )

André Picavet est né en 1916, il est mécanicien et bien décidé à créer son affaire. Il reprend donc le fond de commerce du 3 de la rue du Général Sarrail, au début des années 1950, pour y installer un magasin de cycles à enseigne Motoconfort.

Publicité Nord Eclair 1961

Au milieu des années 1960, André développe sa gamme de produits en ajoutant des accessoires pour Kart et des cyclomoteurs de la marque Motoconfort ( Mobylette et Cady )

Publicité Nord Eclair 1962
Publicité Nord Eclair 1967

En 1968, André est présent au salon du cycle à Roubaix avec ses deux roues : le cady pour les jeunes, et le SP 93 pour jeunes adultes.

Le SP 93 Motoconfort ( Publicité Nord Eclair 1968 )

Au début des années 1970, André propose la gamme complète de Motobécane-Motoconfort : bicyclettes, vélomoteurs, mobylettes, scooters et même les nouvelles motos de 125 cc.

document collection privée

Christian Trioux reprend le commerce de cycles en Mai 1976. Il est officiellement dépositaire MBK Motobecane diffusion. Il commercialise également des cyclomoteurs de marque Honda. Il poursuit son activité jusqu’en fin d’année 1990.

Publicité Nord Eclair 1978
Publicité Nord Eclair 1981
document archives municipales

Le coureur cycliste nordiste, Alain Bondue, a fait partie du Vélo Club Roubaisien, puis s’est lancé dans une longue carrière amateur et ensuite professionnel de 1980 à 1987. Il a un palmarès impressionnant de courses gagnées sur piste et sur route. Notons en particulier : deux fois champion du monde en poursuite, vice champion olympique à Moscou en 1980, il finit troisième au Paris-Roubaix en 1984.

Alain Bondue s’associe avec son ami Patrice Dejonckere, ancien membre également du vélo club de Roubaix, cycliste passionné qui a longtemps évolué au top niveau de la compétition amateur. Ensemble, ils reprennent le magasin de cycles du 3 rue du Général Sarrail en fin d’année 1990.

Alain Bondue ( document Nord Eclair 1994 )

La carrière cycliste d’Alain est exceptionnelle et assure bien sûr un bon coup publicitaire pour le démarrage de son affaire. Le commerce de cycles, cyclomoteurs et scooters fonctionne très correctement. Alain et son associé restent bien sûr fidèles à la marque MBK.

Publicité 1998 ( document collection privée )
Publicité 2001 ( document collection privée )

Le samedi 4 Octobre 2003, un incendie se déclare en pleine nuit dans le magasin de cycles. Les pompiers arrivent sur place rapidement et doivent lutter pendant des heures pour l’éteindre. Un pompier est malheureusement blessé et transporté par le SMUR, au service des grands brûlés au centre hospitalier à Lille. L’incendie a complètement détruit le magasin de cycles et endommagé fortement la boulangerie voisine de Simon Cédric.

documents Nord Eclair 2003

Pour beaucoup d’inconditionnels, c’est une des plus belles adresses en matière de deux roues, qui disparaît. Mais ce n’est qu’une étape pour les cycles Bondue. Alain et Patrice retrouvent un espace équivalent en 2004 à Lys lez Lannoy au 60 rue Jules Guesde, proche du vélodrome de Roubaix : un endroit qui permet de rebondir après ce pénible épisode de la rue Sarrail. Malheureusement le succès n’est pas au rendez vous et le magasin ferme définitivement ses portes, quelques années plus tard.

document Nord Eclair 2004

Quant à la rue du Général Sarrail, en Juin 2004, Roubaix Habitat, propriétaire des immeubles des 3 7 9 11 et 13 de la rue, songe sérieusement à faire place nette et revendre l’ensemble.

document Nord Eclair 2004

Un permis de construire est déposé en Mairie en 2005 et rectifié en 2008, pour la construction d’un ensemble immobilier constitué de cellules commerciales au rez de chaussée et de 68 logements, du 3 au 23 de la rue du Général Sarrail, avec création d’une nouvelle rue : la rue Neuve.

Travaux de démolition 2008 ( document Google Maps )
document Google Maps 2013

Remerciements aux archives municipales

Rue des Ecoles (suite)

Puis, en janvier 1974, s’ouvre l’école primaire privée Saint-André, au 124 rue des Ecoles, face à l’emplacement de l’ancienne ferme Duthoit. Cette petite école, la seule école privée du quartier, n’est ouverte que durant 20 ans puisqu’elle ferme ses portes au 31 Août 1995, d’après le site de l’éducation nationale. Suite à la fermeture de l’école et sa destruction, le site reste en friche plusieurs années.(Sur ce sujet voir sur notre site un précédent article intitulé Les 3 Fermes à Hem).

Vue aérienne de l’école dans les années 1970 (Document Google Maps)

Enfin, en Octobre 2003 , c’est la Maison de la Petite Enfance qui est inaugurée, à l’emplacement de l’ancienne école, à l’angle des rues des Ecoles et Jules Watteeuw en présence de Jean-Louis Borloo, Ministre délégué à la Ville et à la Rénovation Urbaine. Bâti sur un espace vert de 6500 mètres carrés, l’immeuble n’occupe que 1200 mètres carrés et l’entrée se fait côté rue des Ecoles.

La Maison est composée de 3 bâtiments rectangulaires parallèles reliés par une sorte de rue intérieure entièrement vitrée et entre eux un espace minéral offre une cour pour les enfants. Le bâtiment de plain-pied est construit en briques, bois et béton enduit côté rue. Rouge, jaune et vert, chaque aille a sa couleur.

La crèche (24 places) et la halte-garderie (32 places) en occupent les deux tiers soit l’aile qui borde la rue Watteeuw et le bâtiment du milieu. L’aile d’entrée accueille l’animation/activité avec une salle d’éveil, une ludothèque, une bibliothèque et les locaux pour les assistantes maternelles à domicile, une salle de rencontre parents-enfants et enfin les locaux de la PMI situés auparavant rue Dominique Larrey.

Le projet de Maison de la Petite Enfance en 2002 (Document Nord-Eclair)
Maison de la Petite enfance en 2023 (Document Google Maps)

Le chantier de construction du Théâtre commence en 1990, au n°27, entre l’église St Joseph et l’Ecole Jules Ferry-Paul Bert, et ce n’est qu’en novembre 1991, cela fait donc plus de 30 ans, que l’Atelier Théâtre L’Aventure est inauguré. Très vite pourtant, principalement en raison du succès remporté par l’Atelier, celui-ci s’avère trop exigu et en 2005, l’Atelier théâtre bénéficie de travaux d’extension, venant ajouter à la salle de répétitions et la salle de spectacles, un espace régie, décors et accessoires, ainsi que deux loges équipées. La salle de spectacles peut alors accueillir 84 personnes.(Sur ce sujet voir sur notre site un précédent article intitulé Théâtre de l’Aventure).

La fin du chantier en 1991 et l’atelier théâtre dans les années 2000 (Documents collection privée)

L’église Saint-Joseph et le théâtre ne vont pas cohabiter longtemps puisqu’en 1995 la décision est prise de fermer l’église au 31 décembre, les travaux nécessaires à sa mise aux normes s’avérant trop coûteux à réaliser. Le temps de trouver le budget nécessaire à sa démolition et 4 ans plus tard l’Eglise Saint-Joseph est rasée. L’année suivante les travaux d’aménagement de la nouvelle place Saint-Joseph démarrent et, en 2001, un campanile y est installé en lieu et place de la vieille église.

L’église Saint-Joseph va fermer ses portes en 1995 et démolition en 1999 (Documents Historihem)
Aménagement du square et inauguration du campanile (Documents Nord-Eclair)

A partir de 2020 et courant 2021, des travaux impressionnants ont lieu dans la rue du Maréchal Foch : rénovation de l’école La Fontaine et construction de la nouvelle école Jules Ferry. A la rentrée 2022, les élèves investissent les locaux de la nouvelle école Jules Ferry qui voit son inauguration officielle organisée le 30 septembre 2022.

L’ancienne école voit donc ses derniers élèves la quitter en juin 2022. Une fois désaffectée il est possible qu’elle soit transformée en logements et en bureaux après d’importants travaux durant lesquels une partie des bâtiments historiques devrait sans doute disparaître. Elle pourrait également devenir un espace de projets accueillant à la fois un centre de formation, un espace de co-working et un espace culturel.

Vue aérienne de la rue des Ecoles en 2012 (Document IGN)

A l’automne 2010, l’épicerie solidaire de Hem s’est installée à l’angle de la rue Ambroise Paré et de la rue des Ecoles, au n° 733 de celle-ci, dans un local de 180 mètres carrés mais elle y est devenue très rapidement à l’étroit pour accueillir les 307 foyers qui recourent à ses services, rendus par 5 personnes : 2 salariés et 3 bénévoles. Après la désacralisation de l’église Saint-André, c’est dans ces locaux plus vastes qu’elle déménage ensuite sous le nom de « Petit Magasin des 3 villes ». (Sur ce sujet voir sur notre site un précédent article intitulé l’Eglise Saint-André).

L’épicerie solidaire en 2010 et le n° 733 en 2023 (Document Ville de Hem et Google Maps)

Plus récemment, en 2014, une micro-crèche s’est installée au n°220 de la rue des Ecoles. « Ma Cabane »ouvre ses portes aux enfants de 3 mois à 3 ans, avec une capacité d’accueil de 10 enfants à la fois. Fermée en janvier 2023, elle a cédé la place à une autre micro-crèche « Rigolo comme la vie », qui accueille les enfants de l’âge de 10 semaines à 4 ans.

Photos de la micro-crèche « Rigolo comme la vie » (Documents site internet)

Seuls les anciens de Hem se souviennent encore de la rue des Ecoles bordée de champs avec la vieille église Saint-Joseph pour repère dans ce quartier de campagne des Trois-Baudets du village de Hem. La longue rue bordée de maisons et d’immeubles qui relie le quartier à celui de Longchamp est à présent une rue citadine comme une autre où plus rien ne rappelle le caractère champêtre de la rue d’antan et les commerces des années 1960 l’ont totalement déserté à ce jour.

Remerciements à l’Association Historihem

Rue des Ecoles

Sur le plan cadastral de 1824, la rue n’est qu’un chemin vicinal à savoir le chemin de la Fosse de la Léverie à Lannoy. Ce n’est que sur le plan de 1928 qu’elle est répertoriée en tant que rue des Ecoles après la construction des écoles Paul Bert (pour les filles) et Jules Ferry (pour les garçons) au n°31 au début du vingtième siècle et l’inauguration de l’Eglise Paroissiale du quartier des Trois Baudets : l’Eglise Saint-Joseph à la même époque.

Extrait du plan cadastral de 1824 sur lequel on retrouve, reliant les 3 Baudets aux Hauts-Champs le chemin de la Fosse de la Léverie (Document archives départementales)

Malgré la construction de l’école et de l’église, la rue des Ecoles au début du 20ème siècle reste une rue de pleine campagne essentiellement bordée de champs et dépourvue tant d’habitation que de commerce. Les seules habitations isolées présentes sur la photo aérienne de 1933 sont les 3 Fermes qui ont donné leur nom à une rue et au quartier par la suite. (Sur ce sujet voir un précédent article paru sur notre site et intitulé Les 3 fermes).

Plan de 1928 (Document Historihem)
Vue aérienne de 1933 (Document IGN)

On y voit également le Parc du Château Olivier, aussi dénommé Château de la Lionderie, puisqu’il se trouve à l’angle que la rue des Ecoles fait avec la rue du même nom. Le château, qui sert de dépôt de munitions allemand est entièrement détruit durant la seconde guerre mondiale et c’est le lotissement de la Lionderie qui est construit sur ses terres. (Sur ce sujet voir un précédent article paru sur notre site et intitulé Période de guerre au Château Olivier).

Le Château Olivier (Documents Historihem)

En 1953, sans doute en raison du commencement du chantier, seule une alimentation générale est répertoriée au n°84 de la rue, dans les anciennes écuries du château, tenue par J. Picavet. Elle est ensuite reprise par les Van Vynckt Lehouck puis, dans les années 1960 par Paul Desmettre jusqu’au début des années 1970. C’est Ahmed Khalesse qui, au début des années 1980, sera le dernier à faire tourner cette épicerie de quartier. La maison abrite aujourd’hui une maison d’assistantes maternelles : Mes copains hémois.

Publicité des années 1950 puis des années 1960-1970 et photo de la maison en 2023 (Documents Historihem, Nord-Eclair et Google Maps)

Mais très vite le quartier change avec la construction de ce lotissement, situé entre la rue de la Lionderie et les 3 Fermes, et l’arrivée massive des nouveaux habitants, clients potentiels pour le petit commerce. Ces nouvelles familles s’ajoutent en effet à celles qui sont déjà logées dans les maisons des rue Ribot, Lemire et Foch. L’épicerie du quartier voit alors des voisins s’installer.

Construction du futur lotissement de la Lionderie en 1951 (Document IGN)
Le lotissement de la Lionderie en gros plan (Documents Histotihem)

Ainsi une entreprise de parquets apparaît dans le Ravet-Anceau de 1958, au nom de E. Dewitte, au n°81 de la rue des Ecoles, laquelle y restera en activité pendant plus de 20 ans avant que la maison qui l’abrite redevienne une simple maison d’habitation. La même année apparaît au n°88 le tabac-presse Lobry (Sur ce sujet voir sur notre site un précédent article intitulé Lobry-Milidée). Aujourd’hui ce bâtiment abrite les locaux d’Horizon9 : Association de prévention et d’éducation spécialisées intervenant auprès des jeunes de 11 à 25 ans et leur famille.

Le 81 rue des Ecoles, une ancienne publicité Lobry puis Mauricette Duquenne et le 88 en 2023 (Document Google Maps)

Puis c’est une alimentation générale, le magasin Hem-Service, qui ouvre ses portes. Sa publicité de 1961 spécifie que celui-ci se trouve face à l’église, ce qui n’est, de fait, pas du tout le cas puisque le magasin est en fait situé au coin de la rue des Ecoles et de la rue de la Lionderie. Au gré des annuaires il est ainsi référencé au 82 rue des Ecoles ou au 0 rue de la Lionderie. (Sur ce sujet voir sur notre site un précédent article intitulé Hem-Service)

Publicité pour le magasin d’alimentation générale au début des années 1960 et dans les années 1980 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

En janvier 1968, un groupe de 99 maisons, en accession à la propriété, construit par « la Maison Roubaisienne, est en voie d’achèvement face à l’église Saint-Joseph. Cette construction entraîne la création de 4 nouvelles rues : rue de Flandre, rue d’Artois, rue de Picardie et rue d’Alsace.

Le groupe de maisons construit rue des Ecoles et dans les 4 nouvelles rues situées derrière (Document Nord-Eclair)

Ce groupe s’ajoute au vaste lotissement des 3 Fermes, sorti de terre en 1 an, comprenant 264 logements neufs répartis dans les rues des Ecoles et des Trois Fermes ainsi que dans 3 nouvelles rues : Nadaud, Jules Watteeuw et Desrousseaux. La vue panoramique de janvier 1969 est à cet égard impressionnante car on n’y retrouve plus trace des 3 fermes de la rue ni de ses champs mais une ville semble sortie de terre.

Vue aérienne de la rue des Ecoles en janvier 1969 (Document IGN)

1968 est aussi l’année où apparaît, au n°43 de la rue, la bonneterie de Nicole Coquempot, boutique petite par la taille, mais où chacune trouve son bonheur pendant de nombreuses années, la boutique ne fermant ses portes qu’à la toute fin des années 1990. (Sur ce sujet voir sur notre site un précédent article intitulé Nicole Coquempot) Puis deux ans plus tard, dans le groupe de maisons créé en 1968 face à l’église Saint-Joseph, c’est un artisan peintre qui s’installe au n°4 à savoir Michel Decauchy. De nos jours, ces 2 maisons ont retrouvé leur usage d’habitation.

Publicité pour la boutique Coquempot et pour l’entreprise artisanale Decauchy (Documents Historihem)

Remerciements à l’Association Historihem

A suivre…

502 rue de Lannoy

Le n°502 rue de Lannoy à Roubaix se situe à l’angle de la rue du Chemin Neuf, dans un quartier appelé autrefois « le Pont Rouge ».

Plan cadastral

Au début du siècle dernier, s’y trouve, l’estaminet baptisé « au Pont Rouge » de H Dejonckeere.

estaminet ( document collection privée )

Dans les années 1920, à cet endroit c’est le commerce de lingerie de J. Verhenneman qui occupe les lieux, et, dans les années 1920 et 1930, la boucherie de D. Roussiaux. Après guerre, la boucherie du 502 rue de Lannoy est gérée par M.Lietaert, puis Jean-Claude Lemaitre qui se spécialise en charcuterie, et enfin par M. Fournel qui développe un rayon hippophagique.

Publicité 1967 ( document collection privée )
Publicité 1969 ( document collection privée )

Par la suite, le bâtiment est toujours occupé par une boucherie. Dans les années 1970, elle est tenue par D. Paris et dans les années 1980 par Mr DeWulf.

Publicité 1976 ( document collection privée )
Boucherie Dewulf ( document archives municipales )

Mr Dewulf est un commerçant très dynamique. Aidé par son épouse, il organise régulièrement des concours et tombolas pour ses clients.

tombola 1987 ( document Nord Eclair )

Alberto, un vrai italien d’origine sicilienne, y ouvre, en Janvier 2004, une pizzeria à enseigne « Il Piccolo Mondo », Le Petit Monde, avec son épouse Anne-Marie issue d’une famille napolitaine qui a de la famille à Roubaix. Alberto propose des pizzas faites maison, avec de la pâte fraîche préparée chaque matin. Il fait appel à la presse locale pour se faire connaître et, malgré la qualité de ses pizzas, il ne parvient pas à remplir son restaurant et assurer les 20 couverts. Il ferme la boutique en 2007.

Publicité 2004 ( document Nord Eclair )
Alberto ( document Nord Eclair

En 2007, le local du 502 rue de Lannoy voit arriver la création d’une boulangerie par Thabet Kaled à enseigne Le Fournil de Lannoy, qui ferme en 2015.

document Google Maps 2008

Catherine Brien y ouvre un salon de coiffure Femmes et Hommes à enseigne « JC Coiffure », en 2016 qui reste ouvert jusqu’en 2024.

document Google Maps 2016

Et en 2025 un commerce d alimentation : O’Bueno Shop, voit le jour.

document Google Maps 2025

Depuis plus d’un siècle, on ne peut que constater que de très nombreux commerces ont occupé ce local situé pourtant dans une des plus grandes artères de la ville.

Remerciements aux archives municipales.

Rue Jules Guesde : entre le boulevard Clémenceau et la rue de la Vallée (suite)

Dans les années 1950, la vue aérienne de cette portion de la rue ne présente pas beaucoup de différences avec celle de la décennie précédente. Pourtant nombre de nouveaux commerçants et artisans s’y installent ainsi que le commissariat de la ville qui prend place au n°69, au coin de l’impasse Vandemeulebrouck. Auparavant un salon de coiffure se trouvait à cette adresse, tenu d’abord par Mme Delhaye puis par Mme Duthoit. 25 ans plus tard, comme il n’est plus question de la construction d’un nouveau commissariat, une cure de rajeunissement est prévu pour ces locaux. (sur le sujet de la police à Hem voir un précédent article édité sur notre site).

Vue aérienne de cette portion de rue en 1951 (Document IGN)
Le commissariat de police en 1979 et en 2018 (Documents Nord-Eclair et Google Maps)

Ensuite apparaît une nouvelle épicerie, au n°78 : l’épicerie Lefebvre, qui sera remplacée 10 ans plus tard par l’épicerie/alimentation générale Leroy, laquelle assure les livraisons à domicile et fera également commerce de chaussures (d’après l’annuaire) dans les années 1980. Cette adresse accueillera par la suite un prothésiste dentaire.

Publicités et photos intérieures du magasin dans les années 70-80 et photo de la façade actuelle (Documents Historihem et Google Maps)

Le coiffeur Roussiaux s’installe à la même époque au n°87 où est également exploitée une boutique de parfumerie d’après le Ravet-Anceau, mais n’y demeure pas longtemps. Au 98, c’est l’entreprise de mécanique générale Beulens qui voit le jour et cédera la place à la fin de la décennie suivante aux ateliers Defebvre Frères. Ensuite la cordonnerie Kostec, auparavant installée 25 rue du Docteur Coubronne, occupera les locaux jusqu’à sa cessation d’activité.

Publicité Kostec, carte de visite et photo de la façade en 2016 (Documents Historihem, collection privée et Google Maps)

Puis, au, n°123 s’installe la fonderie d’aluminium Vanende G., au coin de l’impasse Briffaut. Ensuite c’est une boulangerie qui ouvre au n°134, au coin de l’impasse Lienart, d’abord tenue par Mrs Gesquières puis Olivier qui vendent également confiserie et vins au détail, boulangerie reprise au début des années 1960 et durant 2 décennies par Joseph Kolodziejczak.

Publicité de la boulangerie Kolodziejczak (Document Historihem)

En 1980, Mr. Kolodziejczak junior, Michel, de retour du service militaire crée un palais de Dame Tartine en chocolat qui a les honneurs de la presse locale. La boulangerie devient « la Maison Polonaise » et Michel expose plusieurs œuvres en chocolat dans sa vitrine, en particulier le stadium. Lui succédera la boulangerie de Michel Sagnier puis le salon de coiffure Valérie dans les années 1990.

La maison polonaise fait sa publicité au début des années 1980 (Documents Nord-Eclair)
Publicité boulangerie Michel Sagnier et publicité du salon Valérie et photo du n° 134 en 2008 (Documents Historihem, collection privée et Google Maps)

Face à la boulangerie, sur l’autre coin de l’impasse, au n°132, c’est la boucherie Lepers qui a ouvert ses portes et fait sa publicité sur sa spécialité de jambon et de lard fumé du pays préparé par la maison Lepers-Tournemine, qui assure également des livraisons à domicile pour sa clientèle.

Publicités de la maison Lepers-Tournemine (Documents Historihem)

La boucherie cède ensuite la place, dans les années 1960, à la maison Vanhasbrouck-Cimetière, spécialisée dans le hachis et les saucisses. Dans les années 1970-1980, Jean Vanhasbrouck varie son activité de boucher en proposant des hors d’oeuvre et spécialités puis des pains surprise et des plats préparés.

Publicités de la maison Vanhasbrouck-Cimetière, de Jean Vanhasbrouck dans les années 1970-1980 (Documents Nord-Eclair et Historihem)

Au début des années 1990, c’est Didier Vanhasbrouck qui reprend l’affaire avec son épouse Christine jusqu’en mai 2024. La façade de la boucherie connait plusieurs transformations au fil des décennies. Quant à Didier il est fier de sa certification artisan en or qu’il met en avant par une petite vidéo sur Facebook en décembre 2023 avant d’y annoncer sa retraite en 2024.

Publicité de 2004, et photo du comptoir en 2017, de Didier Vanhasbrouck et de la façade en 2022 (Documents Nord-Eclair et Google Maps)

L’épicerie R. Delhaye-Pollet est installée également, au début des années 1950, au n°160, où elle tient commerce d’alimentation générale, fruits primeurs et vins. S’agit-il de la même maison que celle que l’on retrouve en 1955 au n°50 de la rue (comme indiqué dans l’article consacré à la première portion de la rue Jules Guesde). Toujours est-il que le 160 disparaît alors des Ravet-Anceau…

Publicité de la maison Delhaye-Pollet et photo de la façade en 2008 (Document Historihem)

C’est au milieu des années 1950 qu’apparait le café Chastain, au n°106. Le café sera repris par la suite par Mrs Lapage puis Hayart avant de laisser la place à une crèche (sur le sujet voir un précédent article édité sur notre site). A la même époque au n°121, est installé un magasin de chaussures anciennement tenu par M. Loosfeld devenu la maison « Chaussures Duquenne-Loosfeld ». Puis le commerce devient le salon Joelle de Mme. Legrand Van Wambeke et, dans les années 1970-80, le salon de coiffure Nady Coiffure. Dans les années 2000, c’est l’alimentation générale De Oliveira qui occupe les lieux.

Publicité du café Hayart et annonce de la transformation du café en crèche en 2008 puis logo de la crèche (Document collection privée, Tout Hem et site internet)
Publicités Loosfeld, Duquenne-Loosfeld, Nady Coiffure et photo de l’ancien commerce en 2022 (Documents Historihem, Nord-Eclair, collection privée et Google Maps)

Au n°162 est alors installée la quincaillerie Mol-Homerin puis Vandenabeele, reprise au début des années 1960 par Gérard Leysens. C’est dans l’ancien magasin de ses parents que Marie-Paule installera ensuite sa fameuse boutique Marie-Paule Cadeaux (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site). Après sa cessation d’activité, c’est l’auto-école Olivier qui occupe les lieux.

Publicités Mol-Homerin, Leysens, Marie-Paule Cadeaux et Olivier et photo de l’auto-école (Documents Historihem, Nord-Eclair, collection privée et Google Maps)

Le Tissage de la Vallée d’Hem est installé au n°144 durant la 2ème partie de la décennie 1950. Il sera remplacé par la fabrique de gants Flinois durant la décennie suivante. Puis les lieux hébergeront le garage du tissage et, dans les années 1997à 1999, la société de menuiserie bois et matière plastique : Idéal Concept.

En-tête de lettre et publicité du Tissage de la Vallée, publicité du garage fiat WilliamTuszynski (Documents collection privée, Historihem et Nord-Eclair)

Dans les années 1960, la vocation agricole de Hem commence à faiblir et la présence des commerces dans cette rue principale de la ville s’accroit. Ainsi, c’est un autre commerce de chaussures : Bernard Chaussures qui ouvre, au début des années 1960, au n°110. Louis Bernard était auparavant cordonnier au 35 rue Victor Hugo. C’est sa veuve qui reprend la boutique après son décès, et ce jusqu’au milieu des années 1970.

Vue aérienne de 1964 (Document IGN)
Publicités de la maison Bernard et façade du N°110 en 2022 (Documents Historihem, Nord-Eclair et Google Maps)

L’ébéniste Marcel Desloovère est installé au n°109 où il a pris la suite d’Albert Desloovère-Bauduin. Ce dernier était spécialisé dans les cabinets de travail de tous styles et proposait des bureaux et classeurs pour usines en chêne, noyer, acajou et plaquage en tous genres et par la suite du formica pour les comptoirs. Marcel quant à lui se spécialise en cuisines sur mesure salons et literies et ce jusqu’à sa retraite dans les années 2000.

Publicités d’Albert et Marcel Desloovère (Documents Historihem et Nord-Eclair)
Photo de la vitrine du magasin au début des années 2000 et de la façade en 2008 (Documents Historihem et Google Maps)

Ajoutons qu’au n°170 l’imprimerie Brissart s’est installée durant quelques années. Par ailleurs l’impasse Briffaut, située entre le 121 et le 123 accueille les menuiseries Deroissart puis Duforest et Monagheddu ainsi que l’entreprise de couverture Vanhuysse. L’impasse Lienart entre les n°132 et 134 abrite un temps le garage Scopi. Enfin les charbons Dhulst s’installent au n°95 dans les années 1970 après avoir été un temps au n°15.

Les impasses Lienart et Briffaut et publicités Duforest et Monagheddu (Documents Google Maps et Historihem)
Publicités des charbons Dhulst aux N° 15 et 95 (Documents Historihem)

Aujourd’hui cette portion de la rue Jules Guesde n’a plus du tout l’apparence encore fortement agricole du début du vingtième siècle. Elle reste très animée même si elle a perdu nombre de ses commerces emblématiques des années 1950-60, comme bon nombre d’autres rues commerçantes des environs.

Vues aériennes de cette portion de rue en 2008 et 2023 (Document Google Maps)

Remerciements à l’association Historihem

Symphonie

Alfred Gabriel naît en 1920 à Roubaix. Passionné de musique, il poursuit ses études et devient facteur de piano, c’est à dire qu’il construit, répare et entretient tout type de piano. Son travail concerne toutes les parties de l’instrument, structure, mécanique et meuble. Après la seconde guerre mondiale, il installe son atelier dans un tout petit local, au 145 de la rue Jules Guesde, à l’enseigne « Symphonie », avec l’aide de son père Léon Gabriel.

le 145 rue Jules Guesde de nos jours

Dans les années 1950, les affaires s’avèrent un peu difficiles. Alfred décide donc, pour compléter ses revenus, de proposer à la clientèle, la vente de disques microsillon Pathé Marconi, en 33t et 45t, ainsi que des électrophones et tourne-disques.

Publicité 1956 ( document collection privée )

Cette activité complémentaire lui convient parfaitement, mais le manque de place se fait cruellement sentir. Ambitieux, Alfred cherche à trouver un local plus spacieux, dans une rue plus commerçante, afin de pouvoir se développer. Il trouve un local de 84 m2, au 115 rue de Lannoy, à l’angle de la place de l’église Sainte-Elisabeth, en 1958.

Plan Cadastral

C’était auparavant l’estaminet de Jules Ducoulombier dans les années 1920-1930, puis de Mr Dannequin dans les années 1940-1950.

Estaminet de Jules Ducoulombier années 1920 ( document archives municipales )

Par l’entreprise de Désiré Delfosse rue de la Potennerie, il fait transformer complètement la façade, et fait aménager une entrée de garage.

Modification de la façade en 1958 ( document archives municipales )

D’un local délaissé, il crée un commerce confortable et pimpant avec des couleurs fraîches et gaies. Le local très spacieux lui permet de proposer la vente de différents instruments de musique, en plus des disques vinyles. Il garde la même enseigne « Symphonie » que précédemment rue Jules Guesde, et continue bien sûr son activité de facteur de pianos. C’est un véritable palais de la musique. De très nombreux disques vinyles sont présentés dans des meubles modernes et attendent d’être écoutés par la clientèle, sur des électrophones mis à leur disposition.

Document Nord Eclair 1958

De nombreuses personnalités sont présentes pour cette inauguration de la Maison du disque et de la musique. Notons la présence de Mr le chanoine Carissimo, de l’église Ste Elisabeth, Mr VanHove, président de l’Union des Commerçants de la rue de Lannoy, et Francis Waeterloos, le principal confrère voisin.

Publicité ( document collection privée )

Pendant de nombreuses années, Alfred communique par de la publicité dans la presse locale, et se spécialise dans la vente de disques. Il bénéficie alors des différentes modes de musique qui se succèdent dans les années 1960 1970 : jazz, rock, yéyé, pop, disco, et informe ses clients lorsque des grandes vedettes de la chanson sont de passage dans les grandes salles de spectacle de notre ville.

Publicité Nord Eclair

Alfred décide de donner un coup de jeune à son magasin en 1984. Il fait repeindre complètement la façade par l’entreprise de Jean Marie Verguchten, au 93 rue d’Italie : les boiseries en blanc, et les murs en blanc également mais avec de longues bandes diagonales de haut en bas de couleurs flashy vertes et rouges. En 1985, Alfred alors âgé de 65 ans, prend sa retraite et ferme définitivement son magasin.

Document Nord Eclair 1985

L’entreprise Ecco, société de Travail Temporaire, reprend le local en 1988 pour y installer ses bureaux. Ecco garde les couleurs de la façade de l’étage.

document archives municipales

Jérôme Andrieux reprend le bâtiment, en 2003 pour y créer 2 logements à l’étage. Le commerce du rez-de-chaussée, quant à lui connaît différents changements d’orientation, dans les années suivantes.

documents Google Maps

Remerciements aux archives municipales

Rue des Trois Baudets

Cette rue de Hem, longue de 1041 mètres, relie la rue Jean Jaurès à la rue Jules Guesde et figure sur les plans de la ville sous ce nom depuis les années 1920. Dans les années 1930, il ne s’agit encore que d’une rue bordée de champs des deux côtés.

La famille Masquelier y possède une ferme à la fin du 19 ème siècle qu’elle revend au début du 20 ème à Georges Paul Dufermont qui la cède à son fils Robert au mariage de celui-ci, en 1946. Robert exploite la ferme jusque dans les années 1970 avant de vendre les terres. Dans les années 80, il est encore domicilié au n°41 de la rue.

La rue des Trois Baudets en 1933 (Document IGN)

C’est encore le cas juste après guerre mais, dans les années 1950, la rue des Trois Baudets commence à accueillir des entreprises, la première, en 1953, étant celle de M. Labbé au n°19, répertoriée dans l’annuaire comme entreprise de radio, électricité industrielle. L’entreprise, également installée 40 rue Jean Jaurès à Croix, deviendra une « station service Philips » avant de rester classée dans la catégorie électricité générale jusqu’au milieu des années 1970.

Publicité des Ets Labbé des années 1950 à 1970 (Documents Ravet-Anceau, Historihem et Mémento Commerce Industrie Tourisme de Hem)

Lui succèdent dans les années 1980 la Plâtrerie Hémoise, spécialisée dans la plâtrerie, le cimentage, le carrelage, l’isolation et toutes transformations. Celle-ci cède la place dans les années 1990-2000 à Hem TV qui propose des dépannages Télé Hifi Vidéo. Puis l’entreprise ferme et le bâtiment subit de lourds travaux de rénovation pour devenir celui que l’on connait aujourd’hui.

Publicités de la Plâtrerie Hémoise dans les années 1980 (Documents Historihem et Nord-Eclair)
Publicités Hem TV dans les années 1990 (Documents collection privée et guide pratique de Hem en 2000)
Le bâtiment au début des années 2000 puis en 2008 et 2023 (Documents collection privée et Google Maps)

Dans les années 1950, on note de manière éphémère, l’apparition au n°104 d’un maraîcher : les sœurs Delberghe ainsi que d’un marchand forain de chaussures au n°42 : A. Vercort. A la fin de la décennie s’installe, au n°108, la boucherie hippophagique (chevaline) Th. Delattre et ce pendant une dizaine d’années. Aujourd’hui le bâtiment abrite une habitation.

Publicités Delattre et la maison en 2008 et 2023 (Documents Historihem et Google Maps)

Puis, au milieu des années 1960, s’installent trois nouvelles entreprises à savoir : Claude Brissart, Jacques Lainé et Jean et Pierre Deren. Le premier est imprimeur au n°21, avec un atelier à Lannoy, et demeure dans les lieux jusque dans les années 1980. Le second est réparateur de meubles et sera ensuite répertorié comme entrepreneur de menuiserie. En 1986, l’entreprise devient la SARL Entreprise Lainé.

Publicités Claude Brissart (Documents collection privée, Mémento CIT de Hem et Office Municipal d’Informations de Hem)
Publicités Lainé des années 1960, 1970, 1980 et 2000 (Documents Nord-Eclair, collection privée, Office Municipal d’Information de Hem et guide pratique de Hem)
Photos de 2008 et 2023 de l’entreprise Lainé (Documents Google Maps)

La troisième entreprise, Deren, est installée, en tant que commissionnaire en produits laitiers, au n° 88 de la rue. Sous forme de société anonyme elle commercialise, jusqu’au milieu des années 1980 : beurre, œufs, fromage et margarine, dont elle assure commission, représentation et importation. Depuis la fin des années 1980, l’ancienne entreprise Deren abrite dans ses locaux l’association cultuelle Lectorium Rosicrucianum.

En-tête de facture et publicités des années 1970 (Documents collection privée, Historihem et Mémento CIT de Hem)
Photos du n°88 en 2008 et 2023 (Documents Google Maps)

Durant les années 1970, de nombreuses constructions de maisons changent l’aspect de la rue des Trois Baudets qui avait jusqu’alors conservé un caractère général très champêtre. A la fin de cette décennie, s’installe, au début de la rue, au n°11, une entreprise de couverture : Emile Dewailly-Despinoy, laquelle y demeure active durant une dizaine d’années. En 1979, se trouve également un autre artisan couvreur Eugène Dewailly dont un incendie ravage l’atelier, au n°2, lequel est complétement détruit ainsi que les matériaux de couverture qui s’y trouvent.

Photo aérienne de l’année 1976 (Document IGN)
Publicité des années 1970 pour Dewailly-Despinoy (Documents Historihem, Nord-Eclair et Mémento CIT de Hem)
L’incendie de 1979 au n°2 (Document Nord-Eclair)

C’est à partir de la décennie 1980 que la rue prend son aspect actuel avec la construction du tennis-club en 1985 et surtout du stade Hidalgo en 1988 (sur le sujet voir sur notre site un article intitulé : le complexe Michel Hidalgo). Dès lors l’ancienne petite rue champêtre devient une rue essentiellement résidentielle mais aussi le point d’entrée sur l’un des principaux ensembles sportifs de la ville.

Photo aérienne de 1995 (Document IGN)

Remerciements à l’association Historihem

Rue Jules Guesde : entre le boulevard Clémenceau et la rue de la Vallée

Une fois traversé le boulevard Clémenceau, la rue Jules Guesde comporte encore, à la fin de la seconde guerre mondiale de nombreux champs et une ferme importante, côté impair. Celle-ci existait déjà au 19ème siècle et appartenait à la famille Delcroix qui l’exploite encore à l’époque, et ce jusqu’à ce que Françoise Delcroix épouse, en 1964, François Lefranc. Le couple a un fils François-Xavier l’année suivante qui reprendra l’exploitation.

Vue aérienne de cette portion de la rue Jules Guesde en 1946 (Document IGN)

Dans les années 1980-2000, il n’est pas rare de voir la circulation interrompue dans la rue par la traversée des vaches, revenant de leur pâtures dans la rue du Cimetière et débouchant dans la rue par un petit sentier situé entre 2 maisons juste en face de la ferme. Autobus comme automobiles patientent alors de bonne grâce tandis que le troupeau regagne la ferme.

Vues de la ferme à l’époque et en 2023 (Documents Historihem et Google Maps)
Vaches en pâture et leur retour à la ferme et le sentier emprunté pour leur retour en 2008 (Documents Historihem et Google Maps)

Au début du 20ème siècle, au coin de la rue de la Vallée, et tantôt répertorié au n°128 de cette rue ou au n°174 de la rue Jules Guesde, au carrefour des 4 Chemins, se trouve un estaminet. D’abord nommé Au Pinson, il devient ensuite « Aux quatre chemins » et sera tenu par Marcel Walla, avant que Blanche Depresteer n’en prenne la direction dans les années 1960. Le café fonctionne jusqu’au début des années 2000 avant de céder la place à une agence immobilière.

Photos de l’estaminet au Pinson 128 rue de la Vallée, cachet de la Maison Walla et publicité du café Depresteer au 174 rue Jules Guesde (Documents Historihem)
CPA de l’endroit vu vers la Vallée et vu vers Jules Guesde début 20ème siècle et les mêmes vues aujourd’hui (Documents collection privée et Google Maps)

En dehors de l’agriculture, dans les années 1920, peu de commerçants ou artisans sont installés dans la rue Jules Guesde, laquelle porte alors le nom de rue de Lannoy ou encore rue du Petit-Lannoy. Parmi eux on peut citer, au n°68 de la rue du Petit-Lannoy, Henri Liagre, secrétaire de l’UN des Mutilés pour la section d’Hem, mais aussi dépositaire de l’entreprise générale d’électricité roubaisienne Albert Deny.

Carte publicitaire des Ets Albert Deny (Document collection privée)

On trouve également à cette époque la maison Lemenu-Mathon, au n°63 de la rue du Petit-Lannoy, spécialisée dans la peinture, la vitrerie, les décors, papiers peints, les brosses et toiles cirées. L’entreprise est-elle ensuite partie au n°115 de la rue Jules Guesde où on la retrouve dans les années 1950 (voir plus loin) ou bien y a t’il eu un changement de la numérotation au moment où la rue a changé de dénomination, voire plus tard ?

Publicité de la maison Lemenu-Mathon en 1928 (Document collection privée)

Presqu’en face, au n°56 et 58 de la rue du Petit-Lannoy, est alors installé le charpentier menuisier Edouard Bélin, spécialisé en ébénisterie mais aussi cercueils et meubles en tous genres, qui a donné à son entreprise le nom « A la ville d’Hem ». On retrouvera aussi, dans les années 1950, la maison Deffontaine Bélin au n°92 de la rue Jules Guesde (voir plus loin).

Publicité de 1928 « A la ville d’Hem » (Document collection privée)

Puis, dans les années 30, apparaît l’artisan Z.Duhamel, spécialisé en peinture, décors, vitrerie et tapisserie, au n°81 bis de la rue Jules Guesde. On peut suivre le même raisonnement à moins qu’il ne s’agisse d’une simple homonymie, le prénom étant différent, lorsque l’on retrouve une maison du même nom , avec la même activité, dans les années 1950 au n°139.

Publicité de Z Duhamel dans les années 1930 (Document collection privée)

Côté pair, au n°92, dans les années 1940 est installé un charpentier, nommé Deffontaine. De fait la maison Deffontaine Bélin a des activités multiples : charpentier, menuisier, pompes funèbres et meubles. Elle demeure en activité durant plusieurs décennies, cédant la place à la maison Deffontaine Parent dans les années 1970, avant de cesser totalement son activité.

Publicités des années 1960 à 1990 (Documents Nord-Eclair et Historihem)
Photos du commerce dans les années 1980-1990 et après la cessation de l’activité en 2008 (Documents Historihem et Google Maps)

A la même époque le n°97 abrite l’électricien Van Eeckout qui cède la place à l’épicerie Van Eeckout durant la décennie suivante puis à l’épicerie Lietanie Marescaux dans les années 1960 et enfin à l’alimentation générale Hovart dans les années 1980. Actuellement cette adresse n’héberge plus d’activité commerciale.

Publicité et intérieur dans les années 1970, façade du commerce en 2008 et façade actuelle (Documents Nord-Eclair, Historihem et Google Maps)

A la fin des années 40, au n°69, plus exactement dans l’impasse Vandemeulebrouck, s’installe le garage Van den Bruwaene, tenu par Maurice Van den Bruwaene qui est aussi un pilote automobile renommé (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site). C’est le garage Delecroix qui prend la suite dans les années 1970 et on retrouve toujours aujourd’hui le garage de Pascal Delecroix au n°63 de la rue et ce depuis les années 2000.

CPA du début du siècle à hauteur du 63 au 69
Photos de Maurice Van den Bruwaene et publicités du garage dans les années 1960 (Documents Nord-Eclair)
Publicités du garage Delecroix dans les années 1980 et photo du garage au n°63 et publicité dans les années 1990 et photo en 2022 (Documents Nord-Eclair, Historihem et Google Maps)

A la même époque l’artisan peintre Lemenu est installé au n°115 où il tient aussi un commerce de droguerie et vend des papiers peints. Prendront la suite les drogueries Deraedt et Lepers dans les années 1960 puis Burlin avant qu’une agence de la banque Société Générale n’investisse les lieux au milieu des années 1970 jusqu’à son déménagement dans la ZAC de la Blanchisserie (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site). C’est depuis une agence notariale qui a investi les lieux.

Publicités Lemenu, Deraedt, Société Générale et photos de la banque (Documents Historihem, Nord-Eclair et Google Maps)

Plus loin dans la rue, au n°139, est installé un autre artisan peintre qui tient également un commerce de droguerie et de papiers peints : la Maison Jean Duhamel. La publicité se fait dans les journaux mais aussi à l’aide de portes clés distribués à la clientèle. Dans les années 1980, c’est Jacques Duhamel (le fils) qui occupe les lieux et y exerce son activité de décorateur.

Publicités de Jean et Jacques Duhamel et photo de la façade en 2022 (Documents Nord-Eclair, Historihem, collection privée et Google Maps)

Un marbrier est installé durant la même période au n°150 de la rue : la maison Waulter, qui, jusqu’à la fin des années 1960 fait commerce de caveaux et de monuments funéraires mais aussi de pierres de construction et de cheminées de tous styles. Ses bureaux sont à l’adresse indiquée mais ses ateliers se situent dans l’impasse Lienart toute proche.

Publicités de la Maison Waulter et façade du 150 en 2008 (Documents Nord-Eclair, collection privée, Historihem et Google Maps)

Ajoutons pour être complet la bonneterie Cochez-Beghin au n°129 et la blanchisserie Boussemart au 172 indiquées dans le Ravet Anceau de 1947 à 1949 et qui n’apparaissent plus dans les annuaires de la décennie suivante. Si le n°129 n’a manifestement plus abrité d’activité professionnelle par la suite, un chirurgien dentiste a exercé dans les années 1970 au n°172.

Façades des 129 et 172 en 2008 et publicité d’installation du chirurgien dentiste en 1976 (Documents Google Maps et Nord-Eclair)

Remerciements à l’Association Historihem

A suivre…

UNA rue de l’Epeule

Dans les années 1930 et jusque dans les années 1950, le 151 rue de l’Epeule à Roubaix est occupé par Georges Créteur, qui exerce la profession de costumier, puis ensuite par Mr J.Ricour, et l’immeuble voisin du 153 est toujours un commerce d’épicerie.

Plan cadastral

En 1962, Albert Van Malleghem reprend les 151 et 153 de cette rue de l’Epeule et demande un permis de construire pour un magasin d’alimentation à la place des deux bâtiments qui ont été démolis à la fin des années 1950. Les travaux sont confiés à l’architecte Marcel Forest. La surface de vente est de 250 m2. A l’arrière du terrain, le hangar construit en 1949 par les Ets Roussel, propriétaire du terrain à l’époque, est bien sûr conservé et sert au stockage des produits.

document archives municipales

L’enseigne choisie pour le magasin est UNA ( Union des Commerçants en Alimentation ) car bien connue des consommateurs. Cette organisation regroupe plus de 2000 adhérents, détaillants en alimentation, sur le territoire.

document collection privée

L’ouverture a lieu en Octobre 1962. Albert Van Malleghem annonce cet événement dans la presse locale, propose des prix dynamiques et compétitifs, des cadeaux et des surprises. Il sponsorise la fête champêtre du parc Masurel à Mouvaux.

Publicité 1962 ( document Nord Eclair )
Publicité 1963 ( document Nord Eclair )

Peu de temps après son ouverture, Albert étoffe sa gamme de produits et en particulier la gamme des « vins Nicolas ». Il propose alors toute l’alimentation sous un même toit.

document collection privée
Publicité ( document Nord Eclair )

Albert transforme de plus en plus son magasin en supérette, met à disposition des clientes des petits chariots « caddie » pour plus de facilité, communique régulièrement dans la presse par de la publicité, comme celle ci-dessous de 1964 où il annonce le prix de la bouteille de lait à 0,70 Frs.

Publicité 1964 ( document Nord Eclair )

Albert est un homme dynamique, il organise en 1965, devant son magasin, des courses de « chars ». Ce sont des anciens bacs à légumes sur lesquels il a monté des roulettes. Une vingtaine de chars sont ainsi réalisés, mais pas suffisamment pour satisfaire l’énorme demande des jeunes concurrents. Albert doit alors prendre la décision d’arrêter les inscriptions. Cette course de chars est un brillant prélude à la fête des allumoirs du quartier.

Publicité 1962 ( document Nord Eclair )

En Février 1974, le magasin change d’enseigne et devient « ECO Service », puis, en 1977, la supérette devient « Corso ». Enfin dans les années 1980 c’est l’enseigne « Lauda Shop » que l’on trouve à cet emplacement. C’est une solderie : un point de vente où l’on trouve de tout à des prix très bas.

Publicité 1974 ( document Nord Eclair )
Publicité 1977 ( document Nord Eclair )
Publicité 1986 ( document Nord Eclair )

En Décembre 2004, un incendie se déclare à deux heures du matin, au 153 rue de l’Epeule. Les secours arrivent rapidement, mais l’incendie s’est déjà propagé à l’ensemble du bâtiment. Plusieurs heures après, le magasin est entièrement détruit, les produits ( objets en tout genre ) ont brûlé également. Il ne reste rien. En revanche, les pompiers ont pu éviter que le feu ne détruise également la boucherie ( chez Kamel ) et l’épicerie voisines.

( document Nord Eclair 2004 )

Mr Taleb Abdelaziz dépose ensuite un projet de construction d’un d’immeuble de 5 appartements en 2005, mais le projet est refusé et n’aboutit pas.

terrain vierge en 2005
maquette du projet 2005 ( document archives municipales )
Le terrain en 2008 ( Photo BT )

Le terrain de 626 m2 est toujours vide d’occupation en 2008, mais en 2010, un permis est déposé en mairie par Mr Kamel Kamoun, pour la construction d’un local commercial sur les deux parcelles du 151 et 153 rue de l’Epeule, mais également pour un accès pour la livraison à la boucherie voisine.

document archives municipales
document archives municipales

Le point de vente ainsi construit est destiné à la location. En 2013 un magasin Super Cours de Halles est annoncé, il ouvre en 2014 à l’enseigne « Fa-wa-ki » spécialisé en fruits et légumes. Aujourd’hui c’est le commerce « Aux Marchés Frais » qui occupe les lieux.

Photo BT 2014
Document google maps 2025

Remerciements aux archives municipales

Au paradis exotique

Hubert Minne est né en 1938 à Hem. Pour son quinzième anniversaire, on lui offre un petit aquarium avec des poissons rouges. Hubert commence à s’y intéresser sérieusement. Il fait alors, l’acquisition d’un deuxième aquarium pour y mettre des poissons exotiques, puis d’un troisième et un quatrième. . . . Son loisir va devenir rapidement une passion. Hubert se marie avec Denise. Elle travaille en tant que vendeuse du rayon lingerie au premier supermarché Auchan de l’avenue Alfred Motte à Roubaix. Hubert partage sa passion avec son épouse, et en particulier sur la reproduction des poissons. Au retour d’Hubert de la guerre d’Algérie, en 1962, le couple habite une petite maison rue de Denain, et en Novembre 1968, ils ont une fille : Sandrine. Hubert et Denise trouvent un local au N° 6 de la rue Jules Guesde. qui se compose d’un rez de chaussée composé d’une salle de séjour, cuisine, chambre, garage et petit jardin ; leur projet étant d’ouvrir un magasin très prochainement. Ce local était autrefois, le commerce de Joseph Weerts, dépositaire de la marque Motobécane et leur célèbre mobylette.

Publicité Weerts ( document collection privée )

L’année suivante, en 1969, Denise ne veut pas confier sa fille Sandrine à une nounou ou à la crèche, elle souhaite donc rester à la maison pour l’élever elle-même. Le couple décide donc d’ouvrir leur magasin d’aquariophilie, car ils sont tous deux, toujours passionnés par leurs poissons exotiques. C’est une évidence : ils ont le local, c’est un ancien commerce, ils ont peu d’argent mais qu’importe, Denise va effectuer les travaux elle-même, il n’y a pas vraiment de concurrence, 3 magasins seulement à Roubaix. Mais surtout, ils ont beaucoup de motivation pour leur création, d’ailleurs le patron de Denise, Gérard Mulliez en personne, l’incite à se lancer et la félicite pour son projet, et sera même un de ses premiers clients !

Plan Cadastral

Le magasin ouvre en Mars 1969, l’enseigne choisie est : « Au Paradis Exotique ». Les débuts sont certes un peu laborieux, mais les talents de Denise amènent le succès rapidement. Elle est commerçante, tenace et efficace et ne compte pas ses heures. Le magasin est ouvert 6 jours sur 7, du lundi 14h au dimanche 13h. Hubert travaille à l’extérieur, il est représentant mais donne un sérieux coup de main en fin de semaine et Denise s’éclate dans son point de vente. La vie de la famille est alors rythmée par le magasin et ils habitent désormais sur place.

Façade du commerce ( document S. Minne )

L’intérieur du magasin est merveilleux : des poissons de toutes les couleurs, des aquariums, mais également des accessoires : des plantes aquatiques, des adoucisseurs, des pompes à eau, des filtres, des testeurs PH pour l’eau, des systèmes de chauffage pour eau tempérée, des livres conseils et bien sûr un choix considérable de nourriture pour les poissons.

documents collection privée

Denise passe régulièrement de la publicité dans la presse locale, surtout lors d’événements locaux, comme la braderie de la rue Jules Guesde, début Juin, ou pour communiquer sur les services qu’elle peut apporter à la clientèle : des livraisons, des installations, des soins à domicile etc.

Publicités années 70 ( documents Nord Eclair )

Denise s’investit pleinement dans son quartier de la Potennerie où elle est membre de l’Union des Commerçants des rues Jules Guesde et Jean Goujon. Elle participe à chaque fois lors des concours de vitrines de commerçants et gagne d’ailleurs le premier prix en 1989, lors des festivités du bicentenaire de la révolution.

Concours de vitrine ( document S. Minne )

Elle a d’excellents rapports avec les autres commerçants de la rue. Ils s’entendent très bien, toujours dans un climat très sympathique. Un jour, elle s’aperçoit que son enseigne Paradis Exotique a été modifiée : Le X a été remplacé par un R. C’était une bonne plaisanterie d’un commerçant voisin à l’occasion d’un 1er Avril !

Denise devant son magasin ( document S. Minne )

Hubert et Denise finissent par acheter l’immeuble qu’ils louaient jusqu’à présent, à la fin des années 1980.

Denise effectue quelques travaux de peinture pour entretenir son commerce ( document S. Minne )

Dans les années 1990, les affaires deviennent un peu plus difficiles, la concurrence belge est agressive, des supermarchés spécialisés s’ouvrent un peu partout. Denise prend sa retraite en 1995 à l’âge de 60 ans et ferme définitivement son point de vente.

Sur la photo ci-dessous, Hubert et Denise fêtent leur 50° anniversaire de mariage en 2007 à la mairie de Roubaix

document S. Minne

Remerciements à Sandrine Minne ainsi qu’aux archives municipales